samedi, octobre 25, 2003

colloque evolution psychiatrique - oct 2003

colloque evolution psychiatrique - oct 2003
L'instance de Freud et l'objet de Lacan

Charles Melman - Septembre 2003

Pré-rapport pour le Colloque d'Evolution Psychiatrique 'Psychanalyse, psychiatrie : objets perdus, objets présents"
Samedi 18 et Dimanche 19 Octobre 2003 Auditorium St Germain 4 rue Félibien, 75006 PARIS

Cette rencontre a lieu à un moment où "le malaise dans la culture" n'est plus ce qu'il était. Pour un peu on en viendrait même à le regretter. Le "refoulement excessif des désirs sexuels" et les "exigences d'une morale trop élevée" accusés par Freud d'être à l'origine des névroses, ne semblent plus avoir cours, du moins en Occident. Ailleurs ces mêmes "valeurs" sont encore énergiquement défendues et font évoquer une "guerre de civilisations" avec celles devenues maintenant les nôtres. En tout cas, on conçoit que chez nous les pathologies névrotiques s'en trouvent communément allégées, sinon modifiées.

L'idéologie libérale à l'oeuuvre dans le champ de l'économie marchande semble s'être directement communiquée à celle de la vie psychique. Elle promeut entre partenaires une relation duelle affranchie de la soustraction de jouissance que coûte toute médiation tierce. Au niveau collectif c'est le rôle de l'État qu'il s'agit ainsi de restreindre. Le message culturel reçu par l'individu n'est plus celui de la restriction ou de l'interdiction des désirs mais au contraire celui de l'invitation sinon de la provocation aux jouissances accomplies, quelles qu'elles soient. Il est notable que ce message, dans une zone culturelle jusqu'ici réglée par le respect dû à des textes révélés, se dispense, lui, de la référence à un émetteur ou à un livre. Il ne prend que plus de force de sembler venir de partout comme de nulle part et, faute d'être clairement localisé et dialectisé, rend incertaine la contradiction, le dire que non. Retenons au titre de pierre d'attente l'énigme de ce qui se donne ainsi à entendre sans pourtant se référer à quelque voix ou à un écrit. Elle est contemporaine du déclin de la figure paternelle comme d'ailleurs de celles représentatives de l'autorité. C'est ainsi que hommes politiques, policiers, enseignants, médecins, prêtres etc. sont frappés à priori de suspicion, entourés d'irrespect et accusés par projection d'immoralité. La culpabilité ordinaire du sujet face à l'Idéal se trouve nourrir la dénonciation des manquements de ceux qui étaient chargés de le représenter auprès d'un sujet qui est maintenant, par retournement, devenu l'Idéal à son tour et leur victime. La malgouvernance par la corruption des élites explique la frustration de chacun. Si les psychanalystes bénéficient encore dans ce climat d'un relatif crédit public c'est sans doute qu'on attend d'eux comment la réparer.

Cette authentique paranoïa collective n'est pas sans raison. L'exigence moderne d'une dualité accomplie des rapports interhumains met paradoxalement en relief l'instance tierce idéale qui, d'organisatrice jadis, est devenue maintenant gêneuse : forclose, elle saille dans le réel. Et la part qui lui était dévolue au titre du sacrifice s'interprète aujourd'hui comme la marque de son avidité dévoreuse. (remarquons que plus un couple est amoureux –- affaire à deux –- plus risque de surgir en son sein la figure du tiers supposé dérober à l'un –- jaloux –- la complétude de la jouissance que l'autre ne peut jamais parfaitement assurer : certitude que se cache un voleur entre eux.)

Quelle est aujourd'hui la place de la castration (séparation de l'enfant avec la personne qui lui est la plus chère, exercée par un père égoïste et sexuellement intéressé) dans l'avènement d'un sujet apte à soutenir un désir sexuel ? Il est frappant que, dans les nouvelles pathologies que nous avons évoquées, la demande formulée par un sujet devenu sexuellement ambigu puisse paraître faiblement motivée et sans objet précisément imaginé. Le dynamisme semble surtout alimenté par de périodiques fêtes collectives.

Ce contexte fait hésiter ainsi l'action des psychanalystes entre la promotion d'une réhabilitation de la figure paternelle, au demeurant impossible à réaliser, et le conseil psychothérapique, forcément aléatoire.

Mais il est l'occasion offerte de vérifier si leur discipline relève d'un objet propre et si son éventuelle spécificité leur donne valablement le pouvoir de déchiffrer les mutations actuelles et de répondre à leur pathologie.


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Certes l'originalité de Freud est d'avoir déplacé le centre de gravité du sujet, montrant qu'il se tenait en un lieu qui échappait à la conscience et à la maîtrise ; qu'il se manifestait par éclipse, sous une forme interlocutoire ou bien par actes manqués ou encore dans les rêves. Pour notre démonstration toutefois on retiendra surtout que, contrairement aux règles de la vie animale où c'est un trait distinctif et spécifique qui destine le partenaire sexuel, chez l'homme

1) c'est au contraire la perte de l'objet significativement marqué, la mère, qui est la condition de l'accès à la sexualité.

2) qu'il est nécessaire que cette privation ait une cause sexuelle (pas un abandon, un rejet, un deuil, etc) et qu'elle soit le fait d'un homme (pas une autre femme) auquel l'enfant puisse légitimement s'identifier, c'est-à-dire un homme dont l'activité sexuelle soit cause de lui (on sait que la petite fille y trouve également une première identification virile)

3) la scène de la réalité est dès lors régie par le semblant devenu la qualité du partenaire aussi bien que de soi-même (semblant à la place de l'objet perdu), réduits au rôle de substituts et donc toujours déficitaires par rapport à l'Idéal.

4) l'horreur de la castration, c'est-à-dire ici l'obligation d'avoir à renoncer à la donation du sexe qui est attendue de la part de la mère, est contemporaine de la découverte qu'elle en est privée, voire frustrée (cas ordinaire). Celle-ci est, par le biais des mesures de défense, génératrice des deux grandes névroses, de la phobie, voire des psychoses.

Le génie de Freud est d'avoir établi que la béance propre au système était la condition de l'accès du sujet à la sexualité, pourvu que dans le drame familial le père lui ait conféré ce sens-là ; et c'est à consentir de s'accorder à cette béance que le sujet sera orienté, fût-ce avec une tendance incestueuse, vers des substituts de la figure maternelle perdue, définitivement à retrouver.


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Une surprenante difficulté va pourtant surgir. La fixation libidinale précoce peut se révéler déterminée en effet moins par une personne que par une chose (das Ding, dans l'Esquisse d'une psychologie à l'usage des scientifiques), un objet.

Un étrange catalogue se trouve ainsi dressé par Freud d'une série d'objets choisis, dont on pourrait tenir que l'équivalence tient à ce qu'ils sont parties du corps : sein, pénis, fécès, voire enfant, si l'argent, associé à eux, n'introduisait une intéressante disparité.

Il est remarquable que ces objets valent non pas comme substituts, comme semblant, mais comme l'objet même du fantasme et organisent avec le sujet un couple inébranlable, bien plus solide que le "conjugo" de la passion amoureuse. Freud voit dans cette fixation la spécificité d'une phase prégénitale destinée à être balayée par l'irruption de la sexualité et dans sa subsistance névrotique ou perverse la manifestation d'une défense contre elle.

Des éléments cliniques font pourtant objection à cette thèse. La génitalité –- le plaisir d'organe –- fait partie intégrante de la sexualité précoce de l'enfant, comme l'ont mis en évidence les psychanalystes intéressés par cet âge. D'autre part, la participation de ces objets n'est nullement incompatible avec une sexualité adulte libre, active et accomplie. On peut même remarquer qu'ils ont une place plutôt ordinaire dans les préliminaires amoureux. Et s'ils réalisent eux-mêmes ce qui est visé dans l'acte, c'est dans le cadre des perversions, qui confirment plutôt le rôle central de ces objets dans l'économie libidinale. Alors, ce que le désir a la charge de retrouver, est-ce la mère ou un objet ?

Le voeuu du fantasme de réduire le partenaire à l'état d'objet, –- c'est-à-dire de corps inerte, guéri dans la relation des exigences restrictives opérées par les désirs qui lui seraient propres –- relance de façon plausible la question de savoir si la perte originelle intéresse la mère ou un objet.

Au passage, remarquons comment cette mise en place permet la seule définition apparemment correcte qu'on puisse donner d'un objet : corps inerte, non mu par une impulsion qui lui serait propre, contrastant ainsi avec l'embarras des dictionnaires.


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Lacan avance que le seul apport qu'il ait fait à Freud est celui de l'objet a. Le texte qui sert d'introduction aux Écrits est extrait du séminaire qui prend appui sur "The purloined letter" de E. Poe pour l'illustrer. L'argument implicite est sans doute que le complexe d'Oedipe est trop culturellement et géographiquement marqué pour rendre compte de l'universalité du processus formateur de la subjectivité et du désir humains ; bref, que d'autres dramatisations, intéressant d'autres figures sinon des objets en sont possibles. La castration dès lors renonce à occuper le devant de la scène pour faire s'interroger sur les conditions de structures qui semblent la rendre nécessaire. Freud s'était, on s'en souvient, précocement intéressé aux troubles du langage, aux aphasies précisément, soit déjà à ce qui ne parvient pas à se dire, mais en neurologue. Sa recherche antécédait de peu la découverte de de Saussure. Pour la première fois un linguiste établissait que le signifiant n'avait un effet de sens que par la différence qui le distinguait d'un autre signifiant. Le signifiant n'opérait donc pas à l'égal d'un signe, plombé par un sens (malgré la pente que de Saussure allait retrouver) mais, incapable de s'identifier de façon univoque à quelque être, renvoyait à un système constitué de pures différences. Dispositif horizontal donc, réfractaire à la substantification de ce qui est signifié, et dont l'énigme fait coupure dans l'étoffe.

Avançons de façon intuitive que l'objet que le signifiant semble dénoter (l'arbre, par exemple, pour suivre l'exemple de de Saussure, cet arbre-là) se détache sur le fond de ce que le langage manque en permanence et que le jeu des métaphores et métonymies ne cesse à notre oreille de chanter. Quelles que soient nos certitudes bourgeoises, le langage a pour essence d'être poétique, et d'essence il n'y en a jamais d'autre que trompeuse. Ouvrons Dante et son éloge de l'éloquence en langue vulgaire, poursuivons en nous arrêtant sur Pétrarque, et nous vérifierons comment une langue ne se constitue pas avec l'établissement d'un index mais l'intarissable élégie de celle –- en l'occurrence nommée Béatrice ou Laure –- qui, à peine entrevue, ne cesse de fuir et d'échapper. Mais n'est-ce pas déjà beaucoup de la nommer ?

La Novlangue, pas moins vulgaire, en train de s'inventer sur Internet et dans les texto permettra-t-elle moins d'échappatoire ? Affaire à suivre.

En tout cas, par le biais inattendu de sa pratique, Freud a su entendre au delà de toute proposition l'intuition de sa visée et le désaveu de son caractère assertif, la libido. Il n'y a de proposition qui ne soit du semblant : la position analytique en fait son miel. Mais celui-ci se met à coller aux doigts quand le lapsus, le mot d'esprit, l'acte manqué le disent en clair ou bien font appel à l'interprétation.

Car le matériel qui supporte les manifestations de ce désir qui infiltre le texte au delà de ce qu'il dit et veut se donner à reconnaître, c'est la lettre. Pour rester fidèle à l'expérience, le corps de l'inconscient paraît ainsi constitué de lettres, celles qu'il ne faut pas puisque porteuses des désirs refoulés et qui cherchent à se faire reconnaître (la question de leur agencement in situ en phonèmes, signifiants, voire phrases ne peut être abordée ici ; elle soulève le problème de ce qui fait unité dans l'inconscient). À ce point on croule sous les exemples, à devoir se fier à l'oeuuvre de Freud. Pour mémoire, celui de cette patiente qui a passé des années à faire la bête alors que ce qu'elle désirait était d'être the best. Le refoulement de ce voeu a porté sur une lettre, tombée dans les dessous. Le seul problème est celui du temps qui peut s'avérer nécessaire pour arriver à un résultat à la fois aussi ténu et essentiel. Mais la phobie du petit Hans qui portait sur le Pferd n'a-t-elle rien à voir avec la place qu'occupait dans cette famille le Pr Freud ? Et la girafe dont il roule en boule le dessin, ne devient-il pas ainsi le Graf, son nom propre décrié ?

Ernst Lanzer, l'homme aux rats, ne termine-t-il pas sa cure sur un rêve où trois lettres WLK font énigme ? Il s'amuse de voir son analyste s'échiner à leur trouver un sens et le quitte, soulagé, sur cet égal partage d'ignorance. Il était prévisible qu'elle se prolonge puisqu'il semble que, pour les langues slaves, WLK, soit racine du mot : loup ( ! ) La castration est bien ce qui fait limite au savoir et dans ce cas l'amputation réciproque qu'elle a exercé sur les partenaires a su sonner l'extinction des feux, en marquant la limite infranchissable. Et l'auraient-ils fracturée, ils auraient débouché sur une grande gueule ouverte, celle précisément que le sujet espère fermer avec l'objet sacrificiel, cause de son désir.


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Il y a l'Urverdrängt, qui attend le sujet avant même qu'il soit né, avant toute scène primitive, et qui –- n'est-ce pas le plus étrange –- commande les refoulements ultérieurs. Tout se passe comme si la mise en rapport du sujet avec le système langagier qui l'enveloppe et dont la béance le méduse passait par le sacrifice symbolique de l'objet le plus représentatif du désir, le pénis, et par cette injection de sens, voilait le trou du pré vert promis aux ébats à venir. C'est le bon sens, celui promis par Freud pour convaincre Dora, par exemple ; l'explication s'en trouvera dans l'article sur "la féminité" où la femme est invitée à sacrifier une bonne part de sa virilité (clitoridienne) pour accéder à la jouissance vaginale, c'est-à-dire pénienne.

Ainsi stylée, la culture occidentale mettait sur la scène ces étranges animaux dont le narcissisme était proportionnel à l'effacement du sexe, celui-ci étant réservé à une activité en coulisse, obscène mais ritualisée, pour toujours l'amputer de la part du sacrifice.

Freud en était donc venu à mettre en cause, à l'origine des névroses, le malaise dans la civilisation.

L'intervention de Lacan concerne le fait que ce sacrifice suppose, rationalisant la béance présente dans le système langagier, la présence d'un Dieu, à figure paternelle dans le meilleur des cas, c'est-à-dire bénissant l'activité sexuelle des fils dès lors qu'elle se met à son service. "Totem et Tabou" est bien le mythe du meurtre que les fils s'imaginent avoir commis, puisque leur droit au sexe passe ainsi par l'élimination du père de la scène du monde. On sait comment ce trait (ôte-toi de là pour que je commence) va définitivement marquer la relation fils-père et lier le sexe à la mort. Pas moins celle des fils d'ailleurs dès lors que leur jouissance est à mettre au service de la glorification du Père, sauf à être volée, clandestine et coupable. Dilemme existentiel banal.

Freud semble prendre son parti de cette impasse (la fermeture de la béance du système par l'instance paternelle) lorsque avec la deuxième topique il envisage le bien-être psychique comme un équilibre entre les désirs (le Ça), l'Idéal (le Surmoi) et la représentation que se donne le sujet (le Moi). Mais est-il jamais possible à un organisme vivant d'équilibrer en permanence des forces qui l'écartèlent ?

De toute façon, on peut admettre que l'instance paternelle invoquée fonctionne comme défense contre l'incapacité d'un système ouvert à guider le sujet .


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Le rôle de l'objet est central dans l'économie libidinale de l'obsessionnel. Certes sous la forme de l'objet anal, qu'il s'agit de retenir, et l'on sait la place paradoxale de l'analité dans la vie sexuelle comme dans le jeu de la pensée (rétention insistante de l'idée obsédante, par exemple). Mais aussi de l'objet regard, supposé placé dans cet Autre qui est déjà impliqué comme demandeur du "cadeau" anal, et qu'il s'agit de leurrer par l'offrande d'une image de soi parfaite, tirée à quatre épingles, rasée de près, soigneusement castrée, en boule. En réalité, l'obsessionnel joue admirablement de ces deux valeurs, le phallus et l'objet, pour satisfaire la première en sacrifiant son pénis (remis à la femme) et en ritualisant sa vie, tout en se réservant la pleine jouissance de l'objet qu'il refuse de céder.

Cette disposition explique en tout cas pourquoi l'obsessionnel est trop aisément confondu avec un psychotique (envahissement par l'idée obsédante) un sadique (réduction du partenaire à l'état d'objet) un masochiste (réduction de soi à l'état d'objet pour l'Autre) voire encore un pervers (alors que l'économie de ce dernier est phallocentrique).

À la béance ouverte dans le système du langage et qui lui fait appel (Urverdrangung) le sujet répond, du seul fait de parler et de constituer une chaîne articulée, par l'exonération de lettres qui, à tel moment, se trouvent interdites dans la séquence donnée (une démonstration en est proposée, sous une forme métaphorique puis mathématique dans l'introduction des Écrits). Il ne s'agit donc pas d'interdit moral mais d'impossibilité logique.

Qu'un père vienne pour l'enfant donner à la perte un sens sexuel et la lettre (en tant que telle) peut ainsi venir donner corps à ce qui manque au désir ; le corps d'un objet puisque le signifiant seul pourrait valoir, lui, comme représentant d'un sujet. Dans la formule du fantasme qu'écrit Lacan , l'objet est ce dont la résurgence viendrait mettre le sujet en état de fading. Dans "The purloined letter" conte de Poe dont Lacan fait son profit avec l'introduction ci-dessus évoquée, la lettre en souffrance, en trop, celle qui n'aurait pas dû être là, concerne la trahison amoureuse de la Reine ; il est vrai que l'objet cause du désir est bien hors-la-loi même si c'est de la loi qu'il tient son pouvoir.

Mais pourquoi parler d'objet "perdu" si le retour du refoulé témoigne que la lettre ne manquera pas de faire retour, en souffrance ?

C'est sans doute qu'il n'est au pouvoir d'aucun objet de répondre par la clôture de la béance de l'Autre, qui continue d'interroger en dépit de lui sur ce que serait la jouissance accomplie. Le toxique lui-même n'a qu'un effet transitoire et débouche, on le sait, sur la gueule de plus en plus démesurée de la demande. Notre "progrès" –- technologique, bien sûr –- aboutit à la multiplication des objets qui donnent à l'activité de nos sens le plus qui fait que nous en devenons dépendants. En même temps, la maîtrise de la fécondation et demain de l'activité sexuelle nous affranchit des contraintes liées à l'instance paternelle. On travaille dans les ministères à l'égalité dans le couple. Le jour n'est sans doute pas loin –- mais peut-être est-il là –- où sera occultée la condition de notre humanité : la dépendance à l'endroit du langage en tant que son incomplétude est source de la pensée comme de l'action.

Il n'est pas indifférent que les psychanalystes puissent reconnaître en l'objet comme perdu celui qui est spécifique de leur discipline.

© 2003 association lacanienne internationale

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