lundi, février 02, 2004

Manafeste pour les thérapies jeunes

Les thérapies jeunes ne disposent pas de réélles références séculaires.
Il faut donc s’adapter, englober, vivre d’héritages ou d’apports souvents incompris.
Leur histoire se bâtit sur de fragiles évidences, des fondations discutables.

“la psychanalyse n’a jamais obéi à aucun dogme philosophique; elle a interprété les idées philosophiques et les doctrines politiques comme la manifestation de la nature psychologique humaine...
La psychanalyse n’a jamais reconnu aucun des partis individuels ou collectifs comme de véritables représentants de la nature humaine, elle a attendu de l’avenir une orientation “socialo- individuelle” qui respecterait les différences naturelles entre les individus, la lutte pour accéder au bonheur, à l’ indépendance, en accordant au moins autant d’importance qu’à l’ organisation inéluctable, mais guère supportable de la vie en collectivité.”

La pensée psychanalytique résulte du refus de s’enfermer dans des systèmes (ésotériques) car ceux-ci portent en eux le germe des réponses à leurs incertitudes et le canevas de leurs possibles.
La tâche analytique explore les zones d’ombres du savoir un peu comme le revers de ces sociétés scientifiques qui se donnent si bel air de se vouloir parlantes, convaincantes, définitives.

Donnerons-nous encore aux inquisiteurs de la psychanalyse le soin de nous révéler une avant-garde. La psychanalyse n’a cure de métaphysique, elle ne s’inquiète que de biographie. Elle puise dans le vécu et se ressource de mémoire. Comme si pour certains il y eut des failles secrètes, des rejets tus, des drames non perceptibles, non avouables. Il serait donc de plus grandes souffrances: celles que l’homme méconnaît. Il serait donc des “maux” enfouis qui sans cesse taraudent, abîment, sans pour cela que quelque pharmacie opère. Comme si dès le départ les dés étaient pipés, la donne faussée. Comme si la pierre angulaire de la vie s’inscrivait de malentendus et de distorsions où les rôles humains seraient distribués en désertions qui tout au long de l’existence rendent sourds au chant du monde.




Prendre la psychanalyse en "état", c’est déplacer le centre de gravité de sa pensée, ouvrir des brèches aux murailles des vérités, reconnaître humblement que la majorité de nos décisions seraient déterminées non par des choix provenant du libre arbitre mais par l’inquisition de la culpabilité ou la dictature de l’angoisse.
L’analysant élabore sa douleur tissée dans les mots de tous, ourlée de verbes ordinaires, blasonnée de l’écu du quotidien.
Il est le premier témoin (de ses rêves) et voilà qu’à la croisée des chemins convergent “le survivant”, “l’assassin” et tous “les disparus”. Tous ces morts qui maintenant prennent la parole dans l’hallucination d’une autre réalité.
L’analysant accepte de parler avec ses mots qui lui ont permis de vivre, de survivre.
Comme s’il abordait l’incertitude d’une ombre cassée qui tient une partie de sa vie en secret, il ne peut s’exiler en silence.

cordial

tassigny Frans

source : http://membres.lycos.fr/aubedor/lamoire/