vendredi, avril 30, 2004

Service Social & Culturel du Collège d'Analyse Laïque

Service Social & Culturel du Collège d'Analyse Laïque
Dans chaque voix, dans chaque interdiction, j'entends les chaînes forgées par l'esprit (W.Blake)
May 01, 2004 - 12:16 AM


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Le symptôme : une métaphore ?



Le symptôme : une métaphore ? J. Lacan, influencé par la linguistique, considère que l’inconscient est structuré comme un langage et que les lois qui le régissent sont la métaphore et la métonymie. Pour lui, certains symptômes peuvent être assimilés à une métaphore, mais qu’est-ce qu’une métaphore ? Dans une chaîne signifiante, c’est-à-dire dans une succession de mots (de signifiants) on remplace un signifiant par un autre de sorte que le signifiant remplacé devient le signifié et génère au niveau de la phrase un sens nouveau. Pour illustrer cette substitution prenons le vers connu de V. Hugo : « sa gerbe n’était point avare ni haineuse.» Ici le signifiant gerbe remplace le nom Boos qui devient le signifié de gerbe. C’est une métaphore qui a pour propriété de créer du sens ; la gerbe pouvant évoquer le père, la fécondité, la fraternité. Selon le même mécanisme de substitution, le symptôme relève dans certains cas de la métaphore. Ainsi cette jeune patiente, à certains moments, ne voit que la partie gauche des objets, des personnes et d’elle-même dans le miroir. Or ce symptôme ne se produit que lorsqu’elle est confrontée à une situation dont elle n’a pas tous les éléments, plus particulièrement après des disputes de son père avec sa mère dont elle ne voit pas les raisons. C’est comme si à un moment donné, elle s’était dit je n’ai pas tous les éléments pour y voir clair ; je ne peux donc voir la totalité des choses. Le symptôme voir la moitié des choses s’est substitué à la réflexion qu’elle a pu se faire ; cette réflexion a été refoulée à son insu de sorte qu’il n’est resté que le signifiant corporel (ne voir que la moitié) détaché de son signifié (je n’ai pas tous les éléments.) Une autre patiente présentait une impossibilité de marcher d’origine hystérique associée à une difficulté à garder la station debout. Sous-jacente à cette difficulté, l’analyse révéla que cette patiente avait cruellement souffert du manque de la présence de son père. La verbalisation de la remarque par l’analyste que l’appui de son père lui avait toujours manqué eut pour effet de la guérir de son symptôme. Prenons un autre exemple, célèbre celui-là, d’une patiente de Freud qui souffrait de douleurs au bas du dos. Au cours d’associations libres, elle s’arrête au mot Kreuz qui signifie croix en disant que la croix symbolise sa douleur morale. En Allemand, Kreuz signifie également le sacrum, Freud lui fait remarquer le lien entre sa douleur morale et ses douleurs au sacrum ce qui eut pour effet de faire disparaître les douleurs. La souffrance physique s’était substituée à la souffrance morale. On voit à travers ce cas, comment d’une souffrance morale le patient est passé sans s’en apercevoir à une souffrance physique par l’intermédiaire du double sens du mot Kreuz (croix et sacrum) et comment le signifié la douleur morale s’est trouvée refoulée dans l’inconscient du fait de son caractère insupportable pour le sujet. L’échec de la symbolisation, de la mise en mots, s’est traduit par une inscription au niveau corporel voulant dire la même chose mais dans un autre registre (celui où les mots ne sont plus nécessaires.) Le symptôme est donc bien dans certains cas une métaphore : un signifiant s’est substitué à un autre signifiant dont le signifié a été refoulé. Traduire le symptôme physique en mots pour qu’il puisse se faire reconnaître et nommer par la parole permet sa disparition. C’est aussi pour le sujet l’écriture de la page manquante ou censurée de son histoire dont la continuité et l’unité sont restaurées. JP BÈGUE Psychanalyste www.monpsychanalyste.com



Bienvenue au SS & C du Collège



Le Collège d'Analyse Laïque a pour vocation à la fois la mise en place d'un outil de travail pour les analystes (et non-analystes) en formation et le retour à la pratique et aux interrogations nées de cette pratique pour tous les praticiens del'analyse, dont la formation n'est d'ailleurs jamais achevée




médecins du monde...
Posted by: franstassigny@hotmai on Thursday, April 29, 2004 - 01:39 AM GMT



De : Augustina
Envoyer : mercredi 28 avril 2004 6:02:24
À : , ,
Objet : malaise...




--------------------------------------------------------------------------------

Pièces jointes : dbarrows.gif (146 octets)

http://www.medecinsdumonde.org/nl%20avril%2004/irak.html

22.04.04 - Territoires palestiniens - Attaque contre trois ambulances dans la Bande de Gaza. Deux secouristes du Croissant Rouge Palestinien blessés.
>> English Version

15.04.04 - France - Rroms - Les forces de l’ordre ont procédé le 14 avril à trois expulsions de lieux de vie, amplifiant encore les difficultés que connaissent les Roms en Ile de France

14.04.04 - Irak - Evacuation des équipes de Médecins du Monde en Irak La détérioration de la situation en Irak a contraint les équipes expatriées de Médecins du Monde (France et Espagne) à quitter le pays. L’association dénonce la prise d’otage de travailleurs humanitaires comme constituant une violation du droit international humanitaire.





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Carnage dans la civilisation
Posted by: franstassigny@hotmai on Monday, April 26, 2004 - 11:54 PM GMT


Carnage dans la civilisation

24 avril 2004

Par Augustina...



Luna - Comment ça a commencé ?

Luna tourne sur elle-même et regarde, désolée, latéralement l’étendue du désastre… les yeux perdus à l’horizon des poubelles humaines, des cadavres desséchés répandus volontairement par la milice en guise de représailles… des livres jonchent le sol… Pas un mot ne sort de sa bouche, elle est comme muette…

Jean – Moi, je me souviens qu’au réveil, je ne pouvais plus rien voir…

Luna – Je me souviens très bien, mais je n’aime pas en parler… J’étais à Paris, j’écrivais sur mon ordinateur… il avait fait exceptionnellement chaud ce jour-là, le printemps s’était montré audacieux, comme une sorte de présage, tout le monde était dans les rues, les parcs, les voitures. Les bruits du dehors montaient comme une odeur qui se répandait dans les appartements, j’avais aussi ouvert les fenêtres pour respirer un peu... Il y a eu d’abord une panne d’électricité, puis les sonnettes d’alarmes se sont mises à hurler. Je venais de trouver l’appartement, nous nous apprêtions à déménager… tout était prêt… dans la cour le son du jet d’eau de la gardienne courait le long des dalles et laissait présager qu’il était 20 heures, l’heure du ménage, de la toilette des poubelles vertes… Les radios des décapotables ronflaient des bruits rythmés à la mode… puis toutes sortes de sonnettes, d’alarmes et de sirènes s’égosillaient, déchiraient l’atmosphère tranquille d’un samedi après midi de printemps… Sale printemps !





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les combats des chercheurs
Posted by: franstassigny@hotmai on Friday, March 12, 2004 - 12:30 AM GMT


Plus de 2 000 chercheurs votent leur démission
LEMONDE.FR | 09.03.04 | 09h16 • MIS A JOUR LE 09.03.04 | 21h13
"La démission n'est ni une fin en soi, ni un arrêt du mouvement, c'est un passage obligé", a lancé mardi le porte-parole du collectif Sauvons la recherche. La veille, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, estimant qu'"une démission n'est jamais un succès", a affirmé ne pas souhaiter "que la renommée scientifique internationale de la France soit ainsi fragilisée". Les chercheurs en appellent au chef de l'Etat.
Plus de 2 000 chercheurs (976 directeurs d'unité et 1 110 chefs d'équipe), réunis mardi 9 mars en assemblée générale à l'Hôtel de ville de Paris, ont voté massivement pour la démission de leurs responsabilités administratives, a annoncé Alain Trautmann, le porte-parole du collectif Sauvons la recherche, à l'issue d'un vote à bulletin secret. Ils ont ensuite rejoint plusieurs milliers de chercheurs - 15 000 selon les organisateurs, 5 300 selon la police -, qui étaient rassemblés sur la place de l'Hôtel-de-Ville pour manifester leur soutien à leurs patrons démissionnaires, puis ce sont rendus au ministère de la recherche, rue Descartes dans le 5e arrondissement.





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virgule de M.Antonis
Posted by: franstassigny@hotmai on Monday, February 02, 2004 - 06:55 PM GMT


J'habite au bord des mots qui ne commencent ni ne finissent rien. Des mots intérieurs dont l'oeuvre est une braise portée à du bois sec. Des mots qui font la pointe et ne souffre ni qu'on les ignore ni qu'on les touche. Je suis, regardez-moi, leur compagne orpheline, leur part de voix, leur seconde. Je les contiens de loin. Ils sont au bout du chemin, j'y suis, ils se répètent, j'induis une différence, ils s'énumèrent, j'établis une distance, çils font une digression, j'endigue le fleuve et prépare en aval le lit d'un ruisseau. Ils sont entre guillemets je les sauve d'une liaison encombrante. Entreparenthèses j'emboite le pas de cette grossière intruse afin - laissez-moi vous montrer - afin de casser le volume et d' amortir le choc car, c'est vrai, les coins, tous les coins y compris celui qui soutient mon effort et qui porte mon nom ont eux aussi le pouvoir d'arrêter un convoi et de mettre en partance les nouveaux arrivants. Il est également vrai que nul ne signe, nulle trace écrite, nul habitant de la phrase n'a connu et fréquenté d'aussi près les membres pliants de l'écriture : - ces poignets, ces coudes, ces genoux, tout ce par quoi elle tourne, se penche, se courbe dans les creux, les articulations, les plis. Mais je devine, mais oui, je sais, je vous entends me dire que la virgule de nos jours n'a plus cette importance, que les mots désormais courrent, accourent, drainent, charient, dévalent, n'apportent, déportent, emportent et déchargent comme ici des monts éclatés qui n'ont que faire de nos prisons dorées, que là où Baudelaire nous confiaient le soin de border les abîmes Joyce et Mallarmé se sont entourés de vide réduisant de moitié nos heures de veilles, il n'en demeure pas moins - lisez les biens qu'ils ont besoins eux - de nous, fondant tantôt leurs souffles sur notre rareté et trouvant ce soupçon d'air qui relance le cerf volant sur le point d'atterrir et tantôt oubliant leur ascèse subitement étonné et ravi de nos humbles services, nous sonnant comme des soubrettes tous les deux ou trois mots. Ainsi cette réplique de l'hérodiade je m'en vais vous dicter afin que tout se sache
Non virgule
Pauvre aïeul virgule
Soit calme et virgule
En t'éloignant virgule
Pardonne à ce coeur dur virgule
Mais avant virgule
Si tu veux virgule
Clos les volets virgule
L'azur sera fixe
Sourit dans les vitres profondes virgule
Et déteste virgule
Moi virgule
Le bel azur point d'exclamation

Quoi d'autre
Ah si quand même
Un brin d'histoire

Je suis né en 1534, fille du mot latin "virga" qui veut dire verge, j'en suis le diminutif, l'allégorie, la plus simple expression. Je suis donc bel et bien l'instrument secret des accouplements des adieux et des retrouvailles. Moi virgule la verge miniature que les latins et les slaves tracent prudemment la pointe fine vers le bas tandis que les Arabes d'un trait inversé la tourne vers le haut en position heureuse.
(Dominique Edé ?)
Amicalement.
Marianne Antonis.




Note: source : psychanalyse

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dossier "zizek"
Posted by: franstassigny@hotmai on Wednesday, January 28, 2004 - 09:15 PM GMT


sur http://membres.lycos.fr/aubedor/lamoire/index.php


psychanalyse & philosophie
28 janvier 2004 à 00:00:00 CET par aubedor (3 lectures)
Pouvoir désirer, pouvoir vivre, pouvoir mourir : pouvoir domination et
liberté chez Kant, Fichte, Hegel.
par Nicole-Edith Thévenin
La problématique du pouvoir renvoie, dans la quête exclusivement judiciaire
des comportements financiers de nos politiques, au seul problème de la
légalité, à la seule question de l'honnêteté. Déficit du politique certes
qui laisse au seul droit et à la morale qui s'y rattache en son fond le
terrain déserté de la parole publique où le scandale remplace la pensée des
processus.





Note: envoi chez franstassigny@hotmail.com

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La Moire
Posted by: franstassigny@hotmai on Tuesday, December 23, 2003 - 09:35 PM GMT


Les Moires étaient la personnification du Destin. On les considérait comme les filles de Zeus et de Thémis mais parfois elles sont les filles de la Nuit. En général elles surveillent le destin des hommes plus qu'elles ne le déterminent.



Les Moires par STRUDWICK

Dans la mythologie grecque le Destin est parfois personnifié tantôt distinct de Zeus, tantôt confondu avec lui. Mais en général, les autres dieux et Zeus lui même paraissent soumis au Destin comme l'affirmait Eschyle dans "Prométhée enchaîné". De nombreux d'auteurs classiques considéraient les Moires comme plus puissantes que les dieux eux mêmes; Homère et Virgile représentaient Zeus pesant sur une balance les sorts des héros. Ainsi, Zeus apparaît plus comme l'exécuteur du destin que comme celui qui le détermine. C'est la Moire qui empêche les dieux d'intervenir sur les champs de bataille de Troie lorsque le héros voit sa dernière heure arriver.
Le Destin a divers noms ou divers agents qui se rapportent tous à l'idée de "la part réservée à chaque être"(de vie, de bonheur, de malheur).
On peut citer: l'Aisa ou la Moira homérique, le Moros d'Hésiode qui était fils de la Nuit. Plus tard on imagina plusieurs Moires et d'autres abstractions divinisées telles que Anankê ou Tyché, Fatum des Romains (la parole immuable), les Parques, la Fortune, la Nécessité.

Les Moires étaient trois:
- Clotho, qui filait les jours et les événements de la vie.
- Lachesis, qui enroulait le fils et tirait les sorts.
- Atropos, qui coupait avec ses ciseaux le fil de la vie.
Chez les Romains les Parques se nommaient Nona, Decima et Morta. Elles présidaient à la naissance, au mariage et à la mort. Elles étaient représentaient sur le Forum et on les appelait Tria Fata ( les 3 fées).

Les Moires ne jouèrent pas un rôle directement très important: Elles aidèrent Zeus dans son combat contre les Géants et contre Typhon. Par contre elles furent trompées par Apollon qui les fit boire et elles laissèrent ainsi vivre au delà de sa part de vie son ami Admète.





"Cessons d'être passif ou spectateur du désastre" Amab Diotime




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L’aL’analyste : un sorcier des temps moderne ?
Posted by: franstassigny@hotmai on Wednesday, December 17, 2003 - 06:33 AM GMT


L’aL’analyste : un sorcier des temps moderne ?


Dans le village d’Auvergne où je vais passer les vacances depuis mon enfance vit un homme qui possède un pouvoir particulier.
Il a le don d’arrêter le feu ; il supprime la douleur provoquée par la brûlure et prévient les éventuelles séquelles puisque quel que soit le degré de la brûlure il n’y a aucune cicatrice après son intervention.




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PETITION AMAZONIE
Posted by: franstassigny@hotmai on Wednesday, December 17, 2003 - 06:33 AM GMT


PETITION AMAZONIE
Le congrès Brésilien vote maintenant un projet qui réduira la Forêt
d'Amazonie à 50 % de sa taille. Cette pétition vous prendra 1 MINUTE,
mais S'IL VOUS PLAÎT, mettez vos noms en bas de la liste et envoyez-la.
Le secteur à déboiser représente 4 fois la taille du Portugal et serait
principalement utilisé pour l'agriculture et les pâturages pour le
bétail. Tout le bois doit être vendu aux marchés internationaux par des
grandes sociétés multinationales sous la forme de tranches de bois.

La vérité est que le sol de la forêt d'Amazone est inutile sans la
forêt.Il est très acide et la région est encline aux inondations
fréquentes. À ce jour plus de 160 000 km. carrés déboisés dans le même
but sont abandonnés et ont entamé un processus de désertification. Le
déboisement et le traitement du bois à cette échelle libèrent dans
l'atmosphère des quantités énormes de carbone, qui sont actuellement
enfermées dans le bois, accentuant ainsi l'effet de serre et les
changements climatiques. Nous ne pouvons pas laisser faire !

Copiez s'il vous plaît le texte dans un nouvel e-mail, mettez votre nom
complet dans la liste ci-dessous et envoyez à chaque personne que vous
connaissez.
( NE FAITES PAS SIMPLEMENT SUIVRE CETTE PETITION EN APPUYANT SUR "FAIRE
SUIVRE", AFIN D'EVITER LES RANGEES DE >>>>>>>>.) Si vous êtes la 400ème
personne à signer, s'il vous plaît, envoyez une copie à :
Fsaviolo@openlink.com.br


Note: augustina.b@free.fr

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aide aux malades du cancer
Posted by: franstassigny@hotmai on Sunday, December 14, 2003 - 05:06 AM GMT


http://www.psychisme-et-cancer.org

Depuis quelques années, de nombreuses formes d'aide et de soutien se sont développées pour accompagner les malades atteints de cancer dans cette expérience douloureuse à laquelle les confronte la maladie.

Il n'est pas toujours facile de comprendre la spécificité de ces aides : soutien social, soutien psychologique, entraide entre malades, chaque forme d'aide peut être utile. Mais chacune aussi comporte ses limites.
C'est pourquoi il nous paraît important de comprendre la spécificité, très particulière, de l'aide que nous apportons, et quelle est notre compétence.



Pourquoi ce Centre ?

Le cancer, par la gravité et le caractère angoissant de l'atteinte qu'il représente, est une maladie qui affecte le sujet dans tout son être et peut provoquer de profonds bouleversements physiques, mais aussi psychiques et existentiels.

Notre expérience de psychanalystes consultants et thérapeutes auprès des malades cancéreux nous a montré la nécessité de créer, en marge des institutions hospitalières et en complémentarité avec la prise en charge essentiellement médicale qu'elles assurent, un lieu d'accueil thérapeutique répondant aux besoins psychiques spécifiques de ces malades et de leur entourage, aux problèmes et aux questions que leur pose la maladie cancéreuse.

L'esprit qui anime ce Centre






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laïcité....et construction européenne
Posted by: franstassigny@hotmai on Wednesday, November 12, 2003 - 10:14 AM GMT


LAÏCITÉ,CONSTRUCTION
EUROPÉENNE

Quelle que soit la géographie de l'Europe politique
que nous puissions envisager,les trois religions monothéistes
et autres sont présentes à l'intérieur et à sa périphérie.

- une laïcité européenne ne pourra pas
se construire en ignorant ce constat.
- ne risquons nous d'aller vers une Europe
où les restes des identités nationales influenceraient
une conception particulière de la laïcité ?
- de sa réussite dépendront aussi les relations
que cette Europe entretiendra avec les pays de l'est
et du sud de la Méditérranée.





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la ligne jaune

Article de R.Abibon Posted by: franstassigny@hotmai
Ligne jaune

Liminaire

Je vais parler d’un de mes rêves, fait à propos d’un de mes analysants. Le but n’est pas de parler de cet analysant, mais de la psychanalyse, en son exercice. Tout cet article et tout ce que je peux écrire par ailleurs va dans ce même sens : on ne peut pas parler de l’autre, surtout pas en analyse. Par contre on peut parler de soi, et de l’effet que l’autre a produit sur soi. C’est ce que je me propose de faire, sous le registre d’analyse du transfert, par le bout qui est le mien.
Je cite donc cet analysant sous un pseudonyme, et je crois que le peu de chose que je dis de lui ne permet pas de l’identifier. J’y ai veillé. Mais si jamais lui-même tombait sur cet article, et si par hasard il se reconnaissait, ce dont je doute, je lui dis ici bien clairement qu’il ne s’agit pas de lui, mais de moi… dans ma relation à lui, certes. Il se trouve que cette relation s’est interrompue dans le moment où j’achevais l’interprétation de ce rêve. Je ne lui en avais pas fait part, évidemment, d’autant qu’il s’agit de ma façon d’avoir vécu ce transfert. Je pense à présent que ma résistance à entendre ce qui dans cette relation était de l’ordre du désir est la cause de cette rupture.
Si donc, il tombe sur cet article, je lui demande instamment de prendre contact avec moi : il y a là de l’inachevé, dont la seule façon qu’il me reste de le travailler, c’est d’accomplir cette étude théorique.


Un rêve qui écrit le transfert

J’ai fait le rêve suivant :
Claude Debrouwer, l’un de mes analysants, est mon père. Je m’entretiens avec lui devant la porte de son bureau, situé dans une petite maison située en contrebas de la mienne. Je revois les moments de la construction de ma maison. Il fait de la formation ; il me confie les clefs de son local, pour que je puisse répondre au téléphone en son absence. Je lui demande, avec sollicitude : Tu as des contrats au moins ? Non, hélas, mais je veux partir en vacances pour me décrasser un peu la tête ; faire un voyage, un tour en Europe, dans les îles. (Je reconstitue, ses paroles n’étaient pas aussi précises je sais qu’il a dit quelque chose comme ça). Je me dis, bon, il a les moyens quand même, pour quelqu'un qui n’a pas de contrats. Il est un peu affolé il voudrait justement que je sois là au cas où on téléphonerait. Je lui demande s’il a des fiches, des textes, des dossiers, afin que je puisse répondre…il me dit qu’il préparera ça. Je reçois une analysante, il me semble dans cette petite maison qui aurait une seule pièce. Puis je la raccompagne au seuil ; c'est-à-dire, je suis sorti avec elle par derrière, on a fait le tour de la maison ensemble, et on se retrouve devant la porte principale, devant, là où je m’entretenais auparavant avec mon « père ». Là, je rencontre la mère de ma fille, qui me dit que j’ai 50 et quelques balais, et que j’ai dit ça il y a peu, à l’occasion d’un jeu de mot dont je ne me souviens plus… l’analysante a de très longs cheveux frisés, le nez camus, jolie, pas très jolie, agréable, quoi…un battle dress, un jean…je la raccompagne jusqu’à la porte du jardin, en me disant que c’est un peu inhabituel, mais enfin, la porte ou la porte du jardin, puisque j’ai un jardin, c’est toujours la raccompagner à la porte. Or, je me retrouve à marcher à côté d’elle dans la rue. Ça loupe pas, elle m’invite à boire un pot. Je refuse aimablement, amusé par la puissance de son transfert. Elle insiste, mais je refuse, c’est non.

1) premier tour de l’interprétation : à propos du rêveur, analysant.
a) globalement
Une ligne jaune est ici bien lisible, écrite en pointillés : d’abord un trait sur le seuil du bureau de mon « père », redoublé par le moment où je rencontre au même endroit la mère de ma fille ; puis sur l’autre seuil situé de l’autre côté de la maison, enfin à la porte du jardin. Trois traits que je franchis comme autant de transgressions. Jusqu’au dernier « trait » qui n’est écrit d’aucun seuil et que je ne franchis pas : à l’opposé de l’écriture qui différencie des lieux, je pose cette parole qui dit non. Le pointillé est ambigu : localement, autant au niveau de chaque trait, on peut le considérer comme un continu interdicteur, autant il peut être lu au niveau de chaque vide, comme une autorisation. Mon attitude l’est aussi, franchissant des seuils comme autant d’interdits dont je ne tiens pas compte, puisque j’en fais des portes, mais des portes ouvertes. Pourtant, si tous ces passages écrivent une lettre signifiant mon désir, celui-ci finit par m’amener, paradoxalement, à émettre moi-même un interdit sous une autre forme que d’écriture : une parole qui dit non.
Je parle encore de lignes jaunes, alors que sur les routes, il y a beau temps qu’elles sont devenues blanches. La couleur vue dans l’enfance prévaut, pour moi comme pour les analysants qui ont connu autrefois cette couleur comme signe de l’interdiction du franchissement. Dans mon rêve, je la lis comme pointillée, signe au contraire d’une autorisation.
C’est environ six mois plus tard que l’analysant de mon rêve, que j’ai nommé ici Claude Debrouwer, évoque la ligne jaune dans une séance. Il l’énonce comme une métaphore des excès dont il se rend coutumier . Cette évocation me fera revenir à ce rêve que j’avais noté, m’amenant à en revoir l’interprétation. L’originalité de la méthode psychanalytique, nous dit Freud dans la « Traumdeutung », c’est que, au contraire de toutes les autres méthodes, elle confie au rêveur le soin d’interpréter son propre rêve. Par conséquent, que le propos d’un analysant m’amène à interpréter un rêve, c’est le juste retour de la fonction interprétative. Comment pourrais-je par contre m’autoriser à parler de cet analysant ? La question ne se pose même pas : il m’est impossible d’en parler. Pas seulement du point de vue de l’éthique, mais simplement du point de vue de la méthode analytique, telle que Freud la décrit en rapport aux rêves. Certes, Freud ne s’est pas privé d’analyser de nombreux rêves d’autres personnes, mais sa méthodes ainsi que les conséquences qui en découlent, ils les a établies lors de l’élaboration de « L’interprétation des rêves ».
Si on veut s’en tenir à la méthode analytique, telle qu’il l’a strictement développée dans cet ouvrage alors, il ne saurait être question d’interpréter d’autres rêves que les miens. Mais, que je m’en tienne aux rêves qui font intervenir mes analysants, voilà qui me permet de parler de mon exercice de la psychanalyse. Lacan l’avait radicalisé dans deux formules lapidaires : « il n’est de transfert que de l’analyste » et « il n’est de résistance que de l’analyste ». On notera l’emploi du discordantiel, dans lequel on peut lire que, si l’analyste veut parler du transfert ou de la résistance, il ne peut qu’en passer par le bout qui lui appartient, mais que ce n’est pas pour ça que, ce faisant, il ne dit rien de l’autre, l’analysant. Car « le bout qui lui appartient » est déjà une formule bien étrange. Comment puis-je dire qu’un bout de parole m’appartient ? C’est comme le bâton de Raymond Devos, vous lui coupez le bout, et vous n’obtenez pas un bâton privé d’un bout, mais deux bâtons munis chacun de deux bouts ! Aussitôt énoncée, la parole est entendue, et ceci avec toutes les déformations que l’auditeur ne manque pas d’y introduire ; ainsi la parole n’est-elle jamais celle de quelqu'un, mais celle produite dans un certain contexte par la mise en présence d’un qui parle à un autre qui écoute. Et celui qui écoute contribue tout autant au façonnage de ce qui s’énonce entre les deux. Il est même l’élément essentiel de la résistance : c’est en fonction de ce que j’imagine de l’autre auquel je m’adresse que je vais me censurer plus ou moins ou de telle ou telle façon.
Tout le monde a fait cette expérience : au-delà de se vouloir toujours « un » et d’être celui qui toujours « dit ce qu’il pense », et qui pense toujours la même chose (ce qui est bien triste), au-delà de cette unité de façade, un peu d’honnêteté suffit pour se rendre compte que, tel événement je ne l’ai pas raconté de la même façon à un tel et à tel autre. Par exemple, de mon conflit momentané avec mon patron je ne vais sûrement pas lui en dire la même chose à lui, que, le soir, à ma femme… quant aux difficultés avec ma femme, je ne vais certainement pas en dire la même chose avec elle et avec mon collègue de travail.
Alors où est l’objectivité de « l’événement » ? Il n’y en a pas ; il n’y a que des points de vue divers, qui ne tiennent pas seulement à la diversité des personnes, mais à la diversité des moments chez une même personne.
Pas de « cas » en psychanalyse, si ce n’est le mien. Impossible donc de parler, en analyste, de l’autre : l’analysant. Je ne peux en parler que de mon point de vue, qui est aussi celui d’un analysant. Mais c’est ça, exercer pour quelqu'un la fonction de l’analyste : se faire l’analysant du rapport à l’analysant, afin par une parole sur ce qui se noue dans la cure, de dissoudre ce qui, au moins chez l’analyste, fait résistance à l’avancée de celle-ci.
Comment puis-je, en effet, m’autoriser à parler de mon exercice de la psychanalyse, si ce n’est de la façon dont je me suis autorisé de moi-même, c'est-à-dire en parlant de moi ? La formule de Lacan « le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même » offre à la lecture deux remarques : d’abord son aspect modal, qui emprunte la négation discordantielle. En effet pourquoi « ne s’autorise que » plutôt qu’un « s’autorise » qui serait une assertion forclusive ? Je réponds : parce que dans ce discordantiel, « ne…que », je lis ce qui fait le contenu de ma deuxième remarque : entre moi et même se lit un trait d’union qui tout aussi bien sépare. Le forclusif, c’est ce qui empêche que, passé une certaine date, telle candidature ne soit plus valable ; soit, d’une manière plus générale, que, franchie une certaine limite, telle lettre ne soit plus retenue comme lisible. Le discordantiel, ce qui est propre au discours, permet au contraire de lire dans ce « moi-même » le clivage du sujet. Ainsi devant un miroir pourrais-je avancer : ce n’est pas moi, ce n’est que mon image…et pourtant, c’est bien de moi qu’il s’agit.
Ici s’engendre le sujet dans sa différence d’avec le moi. Le sujet naît de cette parole qui entonne la discordance du « ne…que », brisant l’illusoire unité du moi et du m’aime. Le narcissisme ne tient pourtant que de cela : comment pourrais-je aimer ce moi comme objet s’il n’était distinct de moi-même ?
Je vais donc m’autoriser à lire les seuils de mon rêve comme autant de traits liant et séparant le moi du même, au même titre que le trait d’union typographique qui en fait la saveur littérale. Un de mes analysants est cité dans ce rêve, sous la forme étonnamment proche de mon père. Nous allons voir que toute la question de l’analyse comme traversée du transfert, se trouve posée par ce rêve. Entre l’analysant et l’analyste, est-ce Un ? est-ce deux ? S1 à S2 ? Cette question est déjà posée depuis belle lurette pour tout un chacun, et donc pour moi : mon père et moi, est-ce Un ? Est-ce deux ? Nous avons le même nom, mais un prénom et une génération nous sépare. Nous avons surtout le même objet d’amour : la mère, et c’est pourquoi nous convoitons la même place
La question était aussi posée dans le premier concile, à Nicée, dans la controverse d’Arius et d’Athanase : le père et le fils, est-ce un, est-ce deux (S1 à S2) ? Sont-ils oui ou non la même personne divine ? Elle se redouble au 4ème concile, celui de Calcédoine : Jésus a-t-il une double nature, homme et dieu, ou n’en a-t-il qu’une seule ?
b) Localement : premier seuil, père et fils.

Pour ce qui est d’occuper la même place, je parle de mes aspirations inconscientes, évidemment. Mon père, lui, il y est autorisé, à avoir de telles aspirations. C’est normal, ce n’est pas sa mère : pour lui, c’est sa femme. Pour cet objet là, il a droit à la place vacante dans les pointillés, tandis que je n’ai qu’à me conformer au trait interdicteur. Sauf que mes aspirations ne s’éteignent pas, elles font semblant de s’éteindre : elles tombent sous le coup du refoulement.
Et voilà qu’à la faveur d’un rêve, elles se manifestent encore, sous cette forme dissimulée (mon père, ce n’est que l’un de mes analysants) et inversée (au lieu de me l’interdire, voilà qu’il me fait savoir que sa place est vacante, et, mieux, il me demande de la prendre ! Et, mieux encore : pour répondre aux appels à sa place !!).
Dans « L’interprétation des rêves », Freud établit que tout rêve est la réalisation d’un désir. Il ne faut pas oublier que, comme tout rêveur, je suis le metteur en scène de mon rêve, et en tant que tel, je tente une écriture de mon désir. En l’occurrence je désire que mon « père » me demande de prendre sa place.
Il n’y faut pas grand-chose de plus pour y reconnaître le complexe d’Œdipe le plus commun. Pourquoi prendre la place qu’il laisse si complaisamment vacante (il part en vacances), si ce n’est pour que je réponde aux appels à lui destinés ? C’est ce qui va se passer à la fin du rêve : je me mets en position de recevoir une demande… de mon analysante. Autrement dit, tout ce parcours autour de la maison et à travers trois seuils décrit une boucle autour de ce désir qu’on me demande. Le désir de mon rêve attribue à l’Autre, mon « père », le désir de s’en aller : c’est donc mon propre désir qui se dévoile ici, désir qu’il parte et me laisse sa place. Loin de me faire avoir par sa demande, à laquelle je pourrais agréer par piété filiale, ce vide me démasque comme organisateur d’un départ dans lequel c’est lui qui se fait avoir, puisque je lui pique sa place.
Bonne vérification du principe de plaisir : ce rêve est bien la réalisation d’un désir.
Mais vingt ans plus tard, Freud remettait en partie en question sa formule du rêve « réalisation d’un désir », c'est-à-dire en dépendance du principe de plaisir : avec le fort-da, et les rêves des traumatisés de guerre, la répétition prend le pas sur le plaisir. Vous savez, le fort-da, c’est ce jeu que Freud repère chez son petit-fils, qui consiste à jeter des objets au loin. L’enfant jette un objet au loin en disant « O-O-O-O», ce que Freud entend comme « fort », loin, dans la mesure où il a entendu aussi comme « da », (là ) ce qui se produit moins souvent : le retour de l’objet salué d’un « A-A-A ». Selon le principe de plaisir, ce fameux « AAA », signant les retrouvailles avec l’objet aimé, aurait dû être le moment le plus fréquemment joué. Or c’est l’inverse dont Freud est le témoin. Au lieu de lutter contre le départ ou la perte, ce qui serait la logique du principe de plaisir, le sujet en rajoute. L’enfant souffre du manque de sa mère, et il crée du manque supplémentaire. A première vue, il se crée donc de la souffrance supplémentaire. La répétition prend le pas sur le plaisir.
Cette répétition est un essai de nouer par une création symbolique ce qui échappe sans cesse, et que Lacan nommera le Réel. Les rêves qui répètent le traumatisme, le jeu qui reproduit le départ redouté, témoignent d’un effort de ce qu’il nomme alors la pulsion de mort : une tentative échouée de lier le troumatisme par de la parole et de l’écriture. Freud interprète alors ainsi la globalité du phénomène : la mère s’en va à son gré, laissant l’enfant impuissant devant ces départs inexpliqués. En l’envoyant balader sous la forme métaphorique d’un objet quelconque, l’enfant récupère de cette perte un semblant de maîtrise : c’est lui qui la fait partir. Ce départ-là, celui du jeu, il s’accorde la satisfaction de l’avoir créé lui-même. Autrement dit : de la perte consentie de l’objet, naît du sujet.
Ça n’a aucune incidence sur la réalité, mais ça aide quand même à vivre. De ce fait l’enfant inaugure, dans l’opposition O-A, la parole, nouée à l’écriture du geste par lequel il jette et reprend. Je dis écriture, mais il s’agit, non pas de l’écriture alphabétique que nous connaissons en occident, mais une écriture qui « ressemble », non au son, mais à l’événement représenté : partir et revenir. En ce sens, c’est une écriture qui aurait la structure des hiéroglyphes égyptiens et de l’écriture chinoise.
De là se noue le nœud borroméen de Lacan : trois ronds, par lesquels le rond imaginaire (écriture) et le rond symbolique (parole) permettent au rond du Réel de trouver sa place au sein de la structure ; mais ce n’est plus le réel, c’est ce tenant lieu que nous nommons réalité. Ce nœud se présente comme le noyau élémentaire d’une étoffe voilant la perte, tissage dont les allées et venues de l’objet, les retours récurrents du rêve ou du symptôme constituent la navette.
Tout le problème réside dans le consentement associé à cette perte, qui est une autre façon de parler de l’inversion de la pulsion, pour parler freudien : il s’agit de passer du passif à l’actif, de la perte subie à la perte créée. Autrement dit encore : pas de sujet sans objet, ni sans objet… perdu.
Les départs de ma mère, son manque d’attention à mon égard étaient un troumatisme ? J’en attribuais la cause à ce père pas souvent là, mais dont elle parlait souvent. Et je fais partir ce père, lui attribuant l’aimable intention de me laisser sa place pour répondre aux appels - de la mère : c’est le seul complément que j’ajoute au titre d’une interprétation qui jusqu’ici ne concerne que moi. Malgré les années d’analyse, cette inscription reste encore là, tissant la toile de fond sur laquelle vient s’inscrire toutes les nouvelles expériences, y compris celles que me racontent les autres.
Mais tout cela reste conforme au principe de plaisir : jeter le père, ce n’est pas jeter la mère. Ce n’est pas en rajouter sur la perte comme dans l’interprétation freudienne du fort-da, c’est au contraire se donner les moyens de la permanence de la possession de l’objet.
Freud mentionne dans la suite de son texte que ce même enfant, « avait coutume un an plus tard, de jeter par terre un jouet contre lequel il était en colère en disant « va-t-en à la guerre ! ». On lui avait raconté alors que son père absent était à la guerre et, loin de regretter son père, il manifestait de la façon la plus évidente qu’il ne voulait pas être dérangé dans la possession exclusive de sa mère. »
Là, Freud donne un exemple qui va dans le sens du principe de plaisir, et non dans son au-delà, la pulsion de mort. Et il ne signale pas que cet exemple, loin d’aller dans le sens de sa démonstration de la pulsion de mort, va dans le sens du principe de plaisir. Cela constitue quelque difficulté à comprendre son texte. C’est plus proche de mon rêve. Cependant, mon désir de voir partir mon « père » est aussi double que contradictoire. En le faisant partir et en lui attribuant le fait qu’il me demande, d’une part il s’agit subrepticement de prendre sa place auprès de l’objet (libido d’objet) qu’il possède (la mère), d’autre part, de se conformer à une loi en renonçant à cet autre objet (le père), ce qui est satisfaire aux exigences de l’Idéal du moi (libido du moi). Car mon père est aussi un objet d’amour, et si j’accepte de faire ce qu’il me demande, si je me conforme à sa parole, c’est aussi pour m’identifier à lui en tant qu’il avait su se faire aimer.
Mais ce n’est que le début de la complexité. J’éprouve en effet en rêve une certaine réticence à faire ce qu’il me demande. Je me dis : quand même il part en vacances, c’est qu’il doit avoir de l’argent, ne peut-il lâcher un peu son boulot au lieu de me demander de le faire à sa place en son absence ? J’interprète : n’a-t-il pas la ressource de dire, de répondre aux appels, plutôt que de me laisser le soin de le faire ? Cette notation-là, très ténue, je ne peux l’attribuer à mes parents. Elle vient de mon transfert à cet analysant qui, dans le rêve, joue le rôle de mon père. Mais je ne veux pas parler de lui ici. S’il a quelque chose à dire, je lui laisse la place, toute la place qu’un analyste doit laisser à un analysant, en ne parlant surtout pas à sa place. Ma position logico-éthique s’est frayé un chemin dans le rêve, sous cette forme d’une légère réticence à répondre à la place de quelqu'un, même si ce quelqu'un me laisse sa place en me demandant de le faire.
C’est pourquoi j’ai surtout développé jusqu’à présent ce qui dans ce rêve renvoie à ma propre histoire. Pour moi, ce rêve condense la question de l’Œdipe et de l’identification au père ; si, par ailleurs, le rêve identifie mon père à cet analysant, c’est que ce que m’a dit cet analysant, j’ai dû l’identifier à cette structure en moi. Voilà l’hypothèse. Je ne vous parlerai donc pas de lui, ce qui ne serait ni éthique, ni, surtout, logique. Car je pourrais ressortir tous les bons souvenirs que j’ai gardé de ce que j’ai entendu de lui, soigneusement trié pour se conformer à cette hypothèse
Mais quelque chose me dit que ma résistance ne vient pas seulement de là. Ça, c’est l’éthique élémentaire de l’analyste, en tout cas selon moi. C’est donc un peu trop conforme à la belle image pour que je me laisse avoir. Mon rêve l’envoie balader : du point de vue du principe de plaisir, et si c’est mon père, il n’y a pas de raison qu’il y ait de réticence. Cela satisfait à la libido d’objet. Mais ce point de vue du principe de plaisir, suppose aussi la satisfaction du narcissisme. Celui-ci réclame au contraire une identification aux injonctions d’un père : tu ne prendras pas ma place auprès de ta mère !
Voilà une seconde raison de ma réticence : la libido narcissique n’a pas les mêmes intérêts que la libido d’objet. C’est la où ma résistance logico-éthique rencontre quelque chose de beaucoup moins noble. Mais c’est toujours du principe de plaisir qu’il s’agit, sauf que les impératifs de satisfaction sont conflictuels. Aimer le père, c’est se montrer près à lui rendre service, mais pas au point de répondre à sa place aux appels, c'est-à-dire, et là j’interprète, aux désirs sexuels de la mère. S’identifier à lui, c’est le remplacer dans son travail s’il me le demande, mais c’est aussi ne pas le remplacer dans la couche maternelle, parce qu’il l’interdit. L’identification suppose donc un clivage entre les deux libidos et les deux objets.
Ce conflit laisse me laisse désorienté. Il se présente, en tant que conflit, comme un réel, un impossible à saisir. Ce n’est pas seulement le départ d’un être aimé qu’il s’agit de jeter au loin, c’est un conflit qu’il s’agit de circonscrire. Si ça tire d’un côté et d’un autre, ces tensions contradictoires entre deux bords finissent par définir entre les deux la surface d’une écriture. Ce que je ne peux pas dire, je l’écris. Lorsque deux chinois ne parlant pas le même idiome se rencontrent, et s’ils ne parlent pas le mandarin, qui est la langue véhiculaire pour toute la Chine et une bonne partie de l’Asie, il leur reste la ressource de s’écrire. Les caractères chinois, eux, sont les même pour tous même si chaque peuple en a sa prononciation particulière.
Je fais l’hypothèse que ce que mon analysant n’a pas pu dire explicitement, il l’a dit néanmoins d’une façon implicite, et ce dire s’est présenté à moi comme une écriture dont je n’aurais pas la clef. Je l’ai entendue, mais je ne l’ai pas comprise. Tout se passe comme si elle s’était transmise directement comme écriture. Dès lors elle est allée s’inscrire - c’est là l’hypothèse - là où, en moi, se trouvent à mon insu des écritures semblables. Autrement dit dans ma mémoire inconsciente.
De celle-ci, je me bornerai à en donner une description topologique. La structure inscrite dans ma mémoire inconsciente se comporte comme une feuille de papier accueillant cette écriture nouvelle. Une feuille de papier faite elle-même d’écriture, ou encore un tissage qui viendrait accueillir un nouveau tissage semblable au premier, en ce qu’il vient se greffer là où il trouve à s’insérer, parce que les nœuds en sont identiques. Ce pourrait être complémentaire, comme des molécules s’assemblent lorsque les places vacantes d’électrons appellent les électrons d’une molécule différente. Mais ces deux hypothèses ne viennent présenter que l’entrecroisement de ce nœud qui fait la structure du langage, le croisement de la métaphore (condensation) et de la métonymie (déplacement).
Et donc il s‘agit d’une écriture sur l’écriture, où la lettre s’inscrit soit par similarité, soit par contiguïté, l’une étant forcément dans un croisement avec l’autre. Mon rêve est une tentative d’écriture de ce réel que j’ai rencontré dans mon rapport à cet analysant. Et ce réel présente vraisemblablement une structure identique à celle de mon complexe d’Œdipe - et nous allons le voir plus loin également d’un Œdipe inversé : non seulement les deux ne sont aps incompatibles mais le plus souvent, ils cohabitent. L’écriture cherche à trouer ce réel qui est vécu comme blocage, elle cherche à saisir la part d’insaisissable qui, dans mon propre complexe pourrait éventuellement s’identifier avec la part d’insaisissable qu’il y a dans le sien.
C’est là que nous retrouvons l’hypothèse freudienne de la pulsion de mort, prolongée par Lacan comme une tentative du symbolique visant à trouer ou tuer ce qui lui résiste, comme le réel du mur auquel on se cogne. En ce sens, l’écriture du rêve rejoint la structure du fort-da. Ce qui est impossible à saisir, l’objet mère, l’objet père, ou l’objet du conflit entre l’objet sexuel et l’objet moi, j’en trouve une écriture : geste qui, de l’opposition du jeter et du ramener, tisse l’élémentaire d’une écriture, avec son lexique (fort-da) et sa syntaxe (passif-actif) ; j’en trouve un dire, par la voix qui, du divorce du O et du A, construit le trognon du signifiant ; nœud, qui lie d’emblée les représentations de choses (loin-près) et les représentations de mots (O-A).
Je circonscris le réel impossible par ces ronds qui écrivent sur une surface déjà tissée des mêmes nœuds, le nœud d’une écriture ouvrant sur une parole.
Et dans cette identification, dont j’ai pris acte ici même en supprimant tout guillemet de mon récit, je désire prendre la place de mon père. Ce désir est vraiment le mien, comme celui de n’importe quel Œdipe. Prendre la place du père pour répondre à sa place aux désirs sexuels de la mère. Donc peu importe qu’il s’agisse aussi de son désir, et d’ailleurs, peut-on parler, au fond, de mon désir et de son désir ? Non seulement le désir n’est pas quelque chose que je possède mais en plus, c’est plutôt le désir qui nous possède, lui et moi. Non seulement je suis plutôt possédé par le désir, mais encore le désir n’est défini par Lacan que comme désir de l’Autre. Nous avons tous à reconsidérer le désir dans une acception qui n’en fait pas une entité personnelle. Je n’ai pas de désir « indépendant ». Il est toujours fonction de ce qui se passe avec l’autre, que dans mon rêve je confonds évidemment avec l’Autre intrinsèque qui révèle non pas mon désir, mais ce que, pour ma part, je peux dire de ce désir qui nous anime, moi et lui, se nouant avec ce qui nous animait, mon père, ma mère et moi. .
Lorsque j’affirme : comme celui de n’importe quel Œdipe, je fais un saut hypothétique, qui fait passer du particulier à l’universel. Est-ce scientifiquement tenable ? puis-je affirmer qu’il s’agit aussi de son désir ? Oui, au même titre que je prends acte de mon identification ; l’affirmation ne vaut peut-être pas pour n’importe quel Œdipe, car je ferais alors simplement état d’une croyance en la théorie. En ce sens, je ferais de la psychanalyse une religion. L’affirmation vaut seulement pour cette identification-là : je désire à la place de mon père, mais c’est mon analysant que mon désir place en ce même lieu.
C’est de ma place que je tiens cette assertion, et c’est en ce sens qu’elle est irréfutable. Donc, non scientifique au sens de Popper. Ça n’empêche pas de prétendre à un autre type de scientificité, qui est celui que Freud inaugurait dans sa «Traumdeutung ». A condition de s’en tenir à la règle qu’il énonce en sa méthode, et qu’il fut loin de respecter lui-même à tout coup : on ne peut interpréter que son propre rêve.


c ) Localement : dans la maison : fils et fille

Mon rêve met en scène une analysante femme, mais au fond très masculine. Elle me représente à une époque où je n’étais pas encore très clair avec mon identité sexuelle. Avoir les cheveux longs pour un homme n’était à ce moment-là pas courant. Or, mon analysant aussi pose un problème avec l’identité sexuelle - mais qui ne pose pas ce genre de question ? la question sexuelle est loin de se suffire de la réponse anatomique. Donc, ce que j’entends de lui vient s’inscrire là où, en moi, des lettres semblables viennent s’en faire le support.
Si ça fonctionne ainsi chez moi, n’est-ce pas un indice de ce que j’ai pu entendre de mon analysant ? Lorsqu’il se plaint de se faire avoir, lorsqu’on lui demande d’en faire plus, n’en tire-t-il pas un certain bénéfice, semblable à celui qui se dévoile ainsi chez moi ? Faire à la place de l’autre, n’est-ce pas, au fond, réaliser un désir oedipien ? Ne m’a-t-il pas raconté, peu avant la survenue de ce rêve, la demande de sa femme de reprendre les relations sexuelles interrompues depuis longtemps? Ne m’a-t-il pas dit que cette demande le laissait décontenancé, au point d’avoir laissé la place vacante ?
Or, à ma manière, c’est également ce que je fais à la fin du rêve : certes, je désire qu’on me demande mais c’est aussitôt pour répondre par la négative. Je ne cède pas sur mon désir. Comme dans le fort-da, le problème n’est pas d’obtenir l’objet, mais le nouage du vide laissé par la perte de l’objet, nouage obtenu par l’écriture du geste et l’énonciation de la parole, suscitant l’engendrement d’un sujet. Claude Debrouwer, vraisemblablement, m’a fait part de sa façon de jouer au fort-da : en me racontant les demandes dont il est l’objet, en se soustrayant à sa séance (ce qui venait d’arriver à plusieurs reprises) comme s’il se dédouanait d’avoir à répondre à une demande chez moi supposée, il réactive en moi ce qu’il y a de semblable, et son dire vient s’inscrire là où de l’identique l’y appelle. L’identification est au seuil du rêve, il suffisait de l’identifier.
En effet : acceptant sa place, je franchis le premier seuil, et dans cette pièce qui est la sienne, j’exerce mon activité à moi, analyste, auprès d’une jeune fille qui m’apparaît d’abord, à l’écoute de mes associations, moi-même…A vingt ans, j’avais en effet cette dégaine d’époque, les cheveux longs, le blue-jean, le battle dress frappé de l’inscription « make love, not war ». Ainsi je suis identifié à un fils, par cette époque où je n’étais pas encore père, en me rappelant que le fait de devenir père est une des raisons qui m’a poussé à entrer en analyse : en plein divorce je me sentais très coupable par rapport à cette petite fille qui venait de naître un an plus tôt. Et c’est elle qui réapparaît sous cette forme où se trouve identifiés ce que j’étais jeune homme en voie de devenir père, et ma fille devenue jeune femme. Ce jeune homme moi-même une fois devenu père est presque aussitôt devenu analysant, ce que rappelle mon rêve.
En entrant dans cette maison de mon « père » de rêve, j’ai donc franchi le seuil entre fils et père. Mais à l’intérieur je me retrouve dans les deux positions, le fils pas encore père, et le jeune père entrant en analyse, confondant l’analysant d’alors et l’analyste que je suis devenu, la fille par laquelle je suis devenu père et le jeune homme qui ne l’était pas encore. Je mets donc en scène dans cet intérieur un double seuil que je ne franchis pas : de fils à fille, cette coupure qu’en psychanalyse on nomme castration, d’analysant à analyste, ce retournement qu’en psychanalyse on appelle la passe. Comme fils en effet, j’aurais peut-être bien préféré être fille, pour correspondre au désir de ma mère, tel que je l’ai reconstitué par mon analyse, son désir de récupérer la seule fille qu’elle a eue, morte à l’âge de trois jours. Comme analysant, déjà à l’époque, je souhaitais devenir analyste.
Cette zone interne de la maison est donc un lieu de grande désorientation puisque j’y suis à la fois fils et père, fils et fille, analysant et analyste, actif et passif. Toutes les pertes possibles y sont représentées, sans être assumées, puisque faire un choix de position, c’est en perdre une autre, et que dans cet intérieur, je ne choisis aucune place, les occupant toutes : le risque de se perdre en se « faisant avoir », c'est-à-dire en se faisant avaler par cette place désignée par le père où toute activité, en ne se rapportant qu’à l’assignation à une place désignée par l’autre, ne serait que passivité. En tant que fils, perdre la place de fille que j’aurais peut-être voulu occuper pour me conformer au vœu inconscient que j’attribue à ma mère. En tant que fille, perdre ma place de garçon et donc, le pénis. En tant que père, perdre ma fille dans les convulsions du divorce, ce qui m’aurait fait perdre cette place de père, non seulement telle que je désirais l’occuper, mais telle que j’imaginais que mon père aurait désiré me la voir tenir…et peut-être même, telle qu’il aurait aimé la tenir lui-même, puisque j’ai appris après sa mort qu’il avait eu deux filles d’une liaison adultérine antérieure à ma naissance.
Claude Debrouwer m’avait raconté qu’il rêvait souvent qu’il perdait quelque chose. Et qu’il perdait souvent des choses, dans la vie quotidienne.
N’ai-je donc pas rêvé, moi aussi que je perdais quelque chose ?
J’effectue ce que Freud nommait un deuil : ingérer l’objet pour s’y identifier. En l’occurrence le rêve représente ça sous une forme inversée, puisque je rentre dans la maison de mon « père », je me fais avaler par elle au lieu de manger quelque chose de lui. Se faire avaler par la maison présente la même position passive que celle de se faire avoir par ce « père » qui me demande de faire le travail à sa place, comme cet analysant qui se plaint de ce que son collègue lui laisse faire tout le travail. Pourtant, dans cette maison, j’y rentre activement, et pour pratiquer ma propre activité…celle d’analysant étant, en analyse, la position active par opposition à la position passive de l’analyste, ici confondues dans l’identification. L’analyste, je le rappelle, est selon moi, l’analysant de son rapport avec son analysant, l’analysant du transfert, ce que j’opère ici même, inversant la passivité de l’analyste en l’activité de l’analysant que je ne cesse pas d’être.
Dans cette maison, toutes les identifications se chevauchent, tous les objets successifs auxquels j’ai pu accorder un intérêt sont condensés en une seule opposition de deux personnages, qui ne sont finalement que deux moitiés de moi-même. Cette opposition dernière elle-même a du mal à se maintenir, se présentant comme unité dès la première association qui m’est venue : cette analysante c’est le jeune homme que j’étais. Si l’opposition élémentaire peut se représenter spatialement et abstraitement par l’opposition dessus-dessous, dans ce lieu, il n’y a plus ni dessus ni dessous, mais une unité indifférenciable de toutes les identités. Ce lieu peut donc être dit sans troisième dimension, puisque c’est par celle-ci qu’il faut passer pour aller du dessus au dessous (jaune). Cette maison dans mon rêve n’est qu’un lieu de passage. Elle présente une certaine surface (la zone jaune), mais elle n’est jamais qu’un seuil. Et d’ailleurs je n’y reste que le temps d’un franchissement.
Ce qu’écrit fort bien la mise à plat de la bande de Mœbius :




Comme par hasard, cette zone jaune est un lieu sans parole, et c’est ce qui me fait dire que c’est le lieu de l’écriture, dont les deux dimensions s’avèrent dépourvues de cette troisième que serait la parole. Celle-ci en effet est celle qui introduit les identités en même temps que les pertes : avant le seuil, un « tu es mon fils » et à la sortie, un « tu es un père ». Nous pouvons y lire ce que Lacan désignait par « paranoïa dirigée » ou « autisme à deux ».


Cette bande de Mœbius-là, je l’appelle « homogène » par opposition à la précédente, « hétérogène ». Elle écrit une extension de la zone jaune de la précédente. Chaque face est à la fois dessous la précédente et dessus la suivante (sens anti-horaire). Toutes les torsions sont de même sens. Ça pourrait donc n’être que de la troisième dimension, puisque tout y est à la fois dessus et dessous. Mais cette troisième dimension -là n’est que représentation de la troisième dimension, et encore une représentation qui a du mal à se laisser lire. Pour lire, il faut de la différence, et ici, il n’y a pas de différence entre les trois zones, ni entre les sens des trois torsions. La différence se réduit à l’intérieur de chaque zone, entre un bout (dessous) et l’autre bout (dessus). Ce sont les différences qu’on peut mettre en œuvre à l’intérieur d’un rêve.
La cure analytique est ce lieu où, de tout dire sans orientation, on finit par lire ce qui dans la parole faisait écriture, c'est-à-dire blocage. Tout se qui, faisant surface (jaune), s’oppose au trou (entre rouge et vert). On laisse s’y écrire les lapsus, les homophonies, les rêves, les actes manqués, les symptômes : ce faisant on se met en position de pouvoir lire la deuxième ligne signifiante (le long de la face rouge) qui, dans son contre sens à la première (le long de la face verte), faisait lettre volée, autrement dit le blocage des formations de l’inconscient (le long de la face jaune, mais elle fait le tour des trois faces). Lettre volée, car l’absence de différence entre des lettres distinctes empêche la lecture. C’est le récit du rêve qui apporte toutes ces différences qui, dans le rêve, n’apparaissent pas. Par exemple, cette différence introduite par la lecture du personnage qui dans le rêve est « mon analysant »(jaune) : il devient, par mes associations : moi-même jeune homme (vert), puis, ma fille (rouge) :




Le rêve est vraiment le lieu où la parole passe de une à deux dimensions. Parce que dans cet espace, elle écrit ses deux dimensions, ses doubles sens qui ne sont entendus que dans une lecture à haute voix qui divise en deux bords sonores ce que l’écriture réunissait en une surface unique. La lecture à haute voix troue aussitôt la surface qu’elle est en train de construire. Deux images associatives se présentent (zones vert et zone rouge) et il faut bien deux signifiants distincts (bords bleus) pour en parler.



Lacan appelait ça la traversée du fantasme : le passage à travers cette surface que la parole tisse comme écriture, pour aussitôt la restituer à son statut de parole, c'est-à-dire de trou, au centre de la figure ci-dessus, dont on idée que grâce au bord. .
Freud avait dit du deuil cette phrase magnifique : « l’ombre de l’objet tombe sur le moi ». L’objet perdu confère au moi le trait qui le caractérisait. Une ombre est à deux dimensions, contrairement à l’image du miroir, qui en a trois, comme la réalité. Ecriture, elle abrase les reliefs. L’objet aimé, s’il est perdu, ne peut plus parler, c'est-à-dire qu’il ne peut plus faire état de la troisième dimension. Mais ce qu’il ou elle a dit, ou écrit vient se coller à ce que je dis comme un deuxième voix superposée à la première. Si je ne m’en rends pas compte, ce deuxième sens alourdit ma parole à mon insu, provoquant inhibitions, symptômes et angoisses.
Dans cette maison où j’entre pour exercer la psychanalyse, il y a foule, en fait. J’y suis l’analyste, certes, mais l’analyste de ce jeune homme que j’étais, qui se cherchait jusque dans son identité sexuelle, éventuellement pour satisfaire au désir imaginé de sa mère, d’avoir une fille. En ayant eu une lui même, étant ainsi devenu père, il a dû aussi accepter de se séparer de cette fille, non seulement pour cause de divorce, mais plus tard, tout simplement, pour la laisser faire sa vie. Toutes ces pertes successives laissent chacune leur trace, comme autant de fragments d’identité, à la manière d’une fractale qui recompose à petits traits (le long de la face rouge, le long de la face verte) les courbes impossibles à atteindre d’un trait de référence (le long de la face jaune, mais qui fait tout le tour). En définitive, cet impossible référence ultime fait de moi l’objet a de chaque analysant (face jaune), impossible à atteindre, mais cause de son désir (de ce qui tourne autour).
La deuxième ligne brisée, composée de la mise bout à bout de ces différents traits, ne rejoindra jamais la ligne du « un » qui serait censé s’exprimer comme sujet. Entre les deux s’ouvre la double dimension de la surface, trou impossible à combler, mais recouverte d’un voile nommé fantasme.
D’un trou, chaque seuil donne une image, comme passage d’un lieu à un autre, mouvement même de l’écriture qui tente de se boucler en une lettre lisible. Elle se bouclera néanmoins d’un « non ».

d) Paroles « dites », paroles « entendues » dans le rêve.

On remarque ici la profonde différence de nature entre ce « non » qui sépare et tous ces seuils franchis, qui identifient. A ce « non » se rapporte aussi le discours de ma « femme ». Dans un rêve, personne ne parle réellement. Topologiquement, il n’y a pas de trou : ça ne sort pas, ça ne s’adresse pas à un autre. On est dans la narcissisme du rêve. Au moment du récit (trouure), le rêveur dit qu’il a dit telle et telle parole, ou qu’il les a entendues des autres personnages du rêve, mais au moment même du rêve, rien n’est prononcé : nous sommes dans le domaine des représentations de choses seules (sur l’écriture de la bande de Mœbius : les surfaces ; le bord signifiant est devenu surface ; deux dimensions) comme le disait Freud dans la « Métapsychologie » de 1915. Néanmoins, il reste des traces des représentations de mots, des signifiants (sur l’écriture de la bande de Mœbius : les bords ;une dimension) sous la forme de ces paroles dont je peux dire que je les ai dites ou entendues en rêve, Cependant dans ce rêve-là - rien ne dit que cela va s’appliquer à d’autres rêves - une curieuse correspondance s’établit entre les lieux et les paroles en ce qu’elles se distinguent des silences.
A l’intérieur de la maison rien ne se dit. J’ai dit qu’il s’agissait du lieu de plus grande confusion.
Avant ce seuil une parole (de mon « père-anlaysant ») me demande de prendre une place d’identification ; dans une conviction non-dite, je sais qu’il est mon « père », mais il part en « vacances », laissant une place vacante dans laquelle il me dit de m’installer, pour répondre à sa place aux appels. Lorsque je passe à l’autre seuil, situé sur l’arrière de la maison, franchissant une nouvelle limite : je n’ai pas pour habitude d’accompagner mes analysants au-delà du seuil. Cela nous fait faire le tour de la maison, et ce retournement, opération topologique que j’ai beaucoup étudiée (passage dessous à dessus), me ramène auprès de la mère de ma fille -condensée avec ma compagne actuelle- qui, d’un mot, me rappelle mon âge : je ne saurais échapper à mon identité de père. En entrant dans la maison je suis dans une identité multiple, à la fois fils et père, fils et fille, analysant et analyste. En faisant le tour de la maison, je retourne de fille à fils, de fille à père. Il restera cependant une ambiguïté entre homme et père, qui se résoudra au moment où je tranche d’un « non », après le franchissement d’un dernier seuil.

Ces paroles ne disent pas mais ramènent deux convictions opposées : dans la première, c’est comme si, m’offrant sa place, mon analysant me disait « tu es mon fils », tandis qu’à mon deuxième passage sur ce même seuil, la mère de ma fille, me rappelant mon âge, me disait : « tu es un père », ce qui sous-entend encore : « tu ne peux être le fils de Claude Debrouwer, puisque tu as à peine quelques années de plus que lui … à la rigueur, tu es son père. » Mais ce n’est pas dit explicitement.
Je développe ici, par des représentations de mots, c'est-à-dire des signifiants, ce que le rêve écrit avec des représentations de choses, des places et des seuils, c'est-à-dire des déplacements d’une place à une autre. Le rêve remplace la linéarité de l’énonciation par des surfaces et des trous (les seuils) .

Enfin, c’est un dialogue imaginaire (elle m’invite à boire un pot, je réponds non) qui opère la différenciation finale entre amant potentiel et analyste. Mon désir est présent, il n’est pas question de le nier : mais justement c’est un désir, sur lequel je ne cède pas . Un désir, cela suppose qu’il n’est pas satisfait, comme le rappelle Socrate dans « Le Banquet », sinon, ce n’est plus un désir : on ne saurait désirer ce qu’on a déjà, on désire ce qu’on n’a pas. Et c’est ainsi que c’est le désir de l’analyste qui opère.
Outre mon changement de lieu, c'est-à-dire le passage d’une lettre à une autre lettre, ce sont des paroles qui opèrent pour la qualification des places que représentent ces lieux. Elles ne sont pas réellement prononcées mais ce sont des signifiants, c'est-à-dire, en termes freudiens, des représentations de mots, telles qu’elles sont inscrites dans la mémoire sous forme de lettres, comme elles le seraient sur les pages d’un livre. Les places, elles, restent des représentations de choses, c'est-à-dire des lettres, identifiables à des caractères chinois. Le rêve est donc un travail de nouage entre des lettres d’une part (entre des représentations de choses, surfaces ) et entre des lettres et des signifiants (des représentations de mots, bords) d’autre part. Ce nouage se fait par écritures successives qui, d’abord condensent le maximum de lettres, (dans l’intérieur de la maison) puis laissent tomber un certain nombre d’entre elles comme autant d’objets incompatibles et encombrants : l’identification au « fils », puis à la fille, et enfin à l’homme, c'est-à-dire l’amant potentiel. Ne restent que « père » et « analyste » : par où on voit le difficile travail de coupure qui s’accomplit la nuit afin que s’exerce la fonction de l’analyste comme modalité de la fonction paternelle.
Ainsi, tout cela serait mis en jeu dans mon rapport à cet analysant.
Je pourrais vous conter ici ce que j’ai entendu de lui - c'est-à-dire, ce dont je crois me souvenir de ce que je crois avoir entendu - pour vous monter les coïncidences avec ce qui s’est mis en scène dans mon rêve. Par exemple, qu’il a rêvé qu’il perdait quelque chose, et que c’est un rêve récurent chez lui…j’y retrouverais sans doute tous le deuils dont j’ai parlé plus haut.
Justement : autant en parler de ma place et non à sa place.
2) deuxième tour d’interprétation : homophonie.

Quelques 6 mois plus tard, j’en reparle à une collègue, dans une séance de travail que nous consacrons régulièrement à la clinique. Et soudain, au moment où je parle, je me rends compte de ceci : à la fin du rêve, je me mets en position de me faire désirer, et sous quelle forme apparaît alors le désir de l’Autre, c'est-à-dire celui que j’attribue à l’autre mais qui révèle le mien ? Une analysante m’invite à « boire un pot » ; or c’est bien ça son problème à ce monsieur, ce pourquoi il est venu me trouver. L’excès auquel j’ai fait allusion plus haut, c’est, entre autres, qu’il boit trop. Mais il faut bien entendre la double connotation de cette formule : c’est bien à la fois le symptôme (alcoolique) de cet homme qui fait ainsi retour, mais en se dissimulant sous l’invite sexuelle (d’une femme) que je décline. En effet, je pourrais supporter une invite de cet ordre de la part d’une jeune fille, mais de la part d’un homme mûr, c’est une autre paire de manches.
De ce fait, l’aspect sexuel dissimulé sous la formule « boire un pot » voilait l’invite du monsieur à s’alcooliser en commun, qui à son tour me permet de ne pas voir qu’il s’agit bien d’une invite … homosexuelle. C’est pourquoi mon rêve avait besoin de transformer mon analysant en jeune fille.
Voilà ma résistance, et du coup, une hypothèse plausible sur la sienne, c'est-à-dire en fait, sur « la » résistance. Voilà ce qui, au-delà du principe de plaisir fait appel à la pulsion de mort. Cette invite était impossible à entendre. Elle correspond dès lors au Réel lacanien : le Réel, c’est l’impossible. Le symbolique (la pulsion de mort), c’est ce qui tente d’ouvrir un trou dans ce réel, c'est-à-dire de lui trouver un bord lisible. La formule « Tu viens boire un pot ? » est l’écriture du signifiant, c'est-à-dire la lettre représentant les sons. Comme son, ça ne veut rien dire, c’est le bord bleu qui fait le tour de la bande de Mœbius. Comme Réel, ça engendre la surface désorientée jaune. Comme semblant, ça engendre l’imaginaire des deux signifiés (vert), zone de surface tendue entre les deux interprétations possibles du boire, et des deux significations (rouge) possibles de l’invite sexuelle.
Il est possible de lire cette suite dans l’ordre inverse : le désir homosexuel se présente comme un réel, car il est impossible à dire. Le rêve en donne une écriture cryptée. La voix, en faisant résonner l’invite finale, lui confère l’interprétation qui va achever le trou.

Les réfractaires à la topologie peuvent se passer de lire les lignes qui suivent. Néanmoins, s’ils font cet effort, je leur promets qu’il auront la surprise de me voir tenter de dépasser la langue de bois qui consiste à dire : la topologie, c’est la psychanalyse, sans plus de justification. J’essaierai au contraire de garder une constante liaison entre les données cliniques telles que je viens de les fournir, les concepts de la psychanalyse, et les contraintes de la topologie. Quant à cette dernière, ce ne sera pas celle des livres de mathématiques, pour lesquels il faudrait au lecteur disposer de cette science supplémentaire, ce sera celle que j’invente pas à pas pour donner une expression rigoureuse à la psychanalyse.
La formule « Tu viens boire un pot ? » est donc une surface et, dans la mesure où elle n’est pas repérée, elle n’est pas orientée : on ne saurait dire si elle est dessus ou dessous. C’est une zone jaune, que la pulsion de mort a dû trouer pour faire apparaître l’orientation des deux faces, celle de dessus et celle de dessous :



L’interprétation se fait en deux tours, distants d’environ six mois. La parole « boire un pot » qui n’est pas vraiment prononcée dans le rêve, puisque personne ne parle. Elle est représentée par la marche côte à côte dans les rues de la ville, couplée avec la certitude de ce que, à un moment donnée, je « l’entends ». Avant de l’entendre, j’ai la certitude que ça va arriver. Il est donc logique que ça arrive sous la forme du message inversé, selon la formule de Lacan : le sujet reçoit de l’Autre son propre message sous une forme inversée. L’Autre, le discours de l’inconscient, prend dans le rêve la forme d’un autre, c'est-à-dire d’un autre personnage. Cet autre a l’air animé d’un désir qui est le sien, alors qu’il s’agit du désir de l’Autre, c'est-à-dire le mien : c’est bien moi le metteur en scène et l’auteur du rêve. C’est ce rapport de voisinage qui est représenté par la zone jaune de droite, correspondant à la ligne supérieure du graphe de Lacan dans « Subversion du sujet » (jouissanceà castration).
Lacan, dans ce graphe, comme dans la plupart de ses schémas ultérieurs, ne fait pas la distinction que nous propose la topologie entre surface, bord, et trou, entre inorientable, orientable orienté et orientable inorienté. Il ne fait que mettre en rapport des concepts, chaque concept occupant un point, des lignes reliant ces points entre eux. Je réécris donc ce graphe ci-dessous, avec la symbolique suivante, issue de la bande de Mœbius : les lignes sont les bords, c'est-à-dire les signifiants. Ce qu’elles produisent du fait de leur croisement, c’est de la surface c'est-à-dire du signifié (orientable orienté, vert) et de la signification (orientable inorienté, rouge) d’une part, et de l’objet a (inorientable, jaune) d’autre part :


La logique théorique de ce graphe n’étant pas encore, chez Lacan une logique topologique, cett interprétation de son graphe est sujette à discussion. Par exemple, pour être en accord avec sa définition, aussi bien linguistique que lacanienne, le signifié (vert) serait topologiquement plus à sa place dans une zone fermée, c'est-à-dire à la place de la zone ci-dessus en jaune. La zone rouge de la signification serait, quant à elle, plus à sa place dans la zone ouverte du bas. Mais cela ne correspondrait alors plus aux concepts indiqués à ces places par des petites lettres. La signification, en effet, c’est celle du symptôme, elle est de l’ordre inconscient, et ne serait pas à sa place entre le moi (m, conscient) et son image (i(a)). Enfin la zone jaune de l’objet a serait conceptuellement plus à sa place dans le trou s’ouvrant entre le désir (d) et le fantasme ($ ◊ a). mais alors la désorientation de l’objet a ne pourrait être rendue comme elle le serait dans une zone ouverte…
Je ne cite donc ce graphe que pour mémoire, et afin de faire saisir le saut nécessaire pour arriver à une représentation topologique. Celle-ci devrait tenir compte à la fois des contraintes de la topologie (surfaces, bord, trou, orientation) en se donnant la contrainte supplémentaire de satisfaire à la définition des concepts psychanalytiques.




Les 4 interprétations possibles de « boire un pot », qui comme telle, est hors sens, constituent finalement les 4 bords des deux zones représentant les deux faces de la bande de Mœbius, confondues en une seule au niveau de la zone jaune.
Mais ce qui compte, en définitive, ce n’est pas la fixation sur telle ou telle signification qui serait enfin « la bonne » mais le mouvement de la parole autour de cette bande réduite alors à sa valeur de simple coupure, ou de simple bord écrit ici en bleu.

3) Mises en continuité du signifiant

Lacan, les non-dupes errent, séance du 11 décembre 73 :

. C'est pas tellement ce nœud qui est important, c'est son dire.

, toute parole n'est pas un dire,

Un dire est de l'ordre de l'événement.

Donc je traduis selon moi, le dire de Lacan : C'est pas tellement l’écriture de ce nœud qui est importante, c'est son dire, c'est-à-dire les mouvements par lesquels on passe d’une écriture à une autre. .
C’est ce qui représente par excellence la pratique de la psychanalyse : elle est là pour, par le dire, modifier ce qu’il en est de l’inscription.

Ma topologie n’est pas exactement la même que celle de Lacan, mais je trouve qu’elle éclaire les questions autour desquelles il tourne.
Je pose le trèfle comme une écriture des formations de l’inconscient. Pourquoi ? Parce que Lacan l’a mis au principe et du sujet et de la paranoïa. Mais surtout parce que c’est un nouage à un seul brin. Ça tourne en rond, ça ne débouche pas sur de l’autre, sur de l’hétérogène.



Les croisements par lesquels le trait se recoupe lui-même sont de l’ordre d’une rencontre avec l’Autre intrinsèque, pas l’autre de la réalité. C’est donc bien de réalité psychique qu’il s’agit - mais y en a-t-il une autre ? Dans un rêve, ça tourne en rond : rien ne sort, tant que le sujet n’en parle pas. Il réécrit les représentations de choses dont il dispose. Le rêve est fait pour ça : pour tenter de réécrire les lettres qui ne trouvent pas encore bonne place. Il en est de même pour le symptôme, l’acte manqué, le lapsus.
Dans le rêve je crois à la réalité de ce que je vois. Ce que je vois, ce que j’entends c’est vrai, c’est la réalité. C’est ce sur quoi je parviens à me mettre d’accord avec un autre, en en parlant, là où il n’y a pas de place pour l’équivoque. Le signifié découle de la lettre, comme les zones de surface jaunes dépendent de la ligne noire (signifiante) de leur contour :


Il n’y a pas l’ambiguïté que laisse planer l’écriture d’un nœud borroméen. Le trèfle n’a qu’un triskel, et ici, c’est un vide. Ce pourrait être un plein : avec une seule signification, on ne va pas bien loin. Trois est toujours le minimum du mouvement d’une phrase : sujet, verbe, objet. Mais dans le trèfle, ces signifiés, ces représentations de choses, sont le produit de seulement deux croisements. Dans le borroméen, il n’y a que des triskels (un triskel = trois croisements), et la coupure dans la surface d’empan note l’ambiguïté d’une telle configuration. Chaque triskel peut se cliver en un signifié (entre deux traits, verte, définie) et une signification (entre trois traits, rouge, toujours indéfinie). Seuls deux triskels (jaunes) restent en dehors de ce clivage, accentuant l’hétérogénéité de la structure.
Le nouage analytique, celui que proposait déjà Freud, c’est le nouage des représentations de choses avec les représentations de mots. C’est parler du rêve à quelqu'un qui peut l’entendre. Autrement dit, c’est le passage du trèfle au borroméen.
Le trèfle n’est qu’une autre écriture de la bande de Mœbius homogène, celle où toutes les zones sont à la fois dessus et dessous. Si c’est à la fois dessus et dessous, c’est que ces surfaces-là se réduisent à leur bord, ou que le bord ne parvient pas à rester à sa place de bord, il occupe toute la surface. Autrement dit la représentation de chose (surface) ne parvient plus à se distinguer de la représentation de mot (le bord). C’est une définition freudienne de la psychose (prendre les mots pour des choses), et ici, de cette psychose limitée qu’est un rêve, elle-même représentant cette paranoïa dirigée qu’est l’analyse.
Dans le rêve personne ne parle réellement. Pas de voix qui se laisse moduler pour porter le message à un autre. De même, dans le trèfle, je ne suis confronté qu’à moi même et à l’Autre intrinsèque ; c’est le même trait qui se referme sur lui-même. Si j’en parle, j’en réfère à un autre, je brise cette auto référence, et il y a un minimum de trois ronds. Je noue représentation de mot et représentation de chose, et pour que ce nouage soit possible, il faut que la différence soit établie entre les deux. Il faut avoir restitué au bord son statut de bord, en tant que différent de la surface.
Comment faire ?
Les surfaces du rêve présentent une équivalence d’une zone à l’autre. Elles sont « identiques ». Il y a une place qui va devenir vacante, et l’un va prendre la place de l’autre :








Le troisième pétale pourrait très bien représenter l’enjeu de cette place à prendre : les appels, les contrats, l’argent, et donc les objets, c'est-à-dire l’objet, quel qu’il soit. A ce stade, l’identité des faces rend le sujet identique à son objet et à l’Autre. Comme dans une psychose, le rêve met l’objet a dans la poche du rêveur. Cette place convoitée dans laquelle il réponds aux appels à la place de son père, il se la donne en confiant au père lui-même le soin de la lui laisser. Mais la circulation en jeu est une première tentative de coupure, de différenciation : $ ◊ a. Le sujet barré, coupure (ou poinçon) de petit a, l’objet. C’est la formule lacanienne du fantasme. L’objet perdu, petit a, fait barre sur le sujet.
Je voudrais au passage faire remarquer l’analogie de ce trèfle avec le schéma de l’identification de Freud, celui de « Psychologie des masses et analyse du moi », comme s’il avait pressenti l’étalement des trois pétales reliés par un tronc commun :



Evidemment, Freud décrit là la processus d’une foule, mais après avoir parlé de l’hypnose comme une foule à deux, ce qui me ramène à l’autisme à deux que serait l’analyse selon Lacan. Et pour figurer le minimum d’une foule, Freud s’est borné à trois personnages. Mais ne serait-ce pas ainsi que fonctionne la structure, celle du langage dans laquelle baigne tout un chacun ? Ne doit-on pas en passer par une identification au père pour entrer dans lalangue ? L’objet extérieur, l’objet aimé, se retrouve ainsi à l’intérieur sous forme d’un substitut de la place vide que décrit le signifiant en s’enroulant autour des trois places possibles : le signifiant représente un sujet pour un autre signifiant.
Je ne tiendrais pas ça pour un théorème, mais comme une piste à explorer pour l’avenir.
A l’interprétation, j’écris ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, ce réel du mouvement du dire qui fait événement, en inscrivant un trait qui cesse de s’écrire. L’accent se déplace de la surface au bord. J’écris un trou, un vide qui interrompt le trait :




C’est l’énonciation. Cette coupure correspond à l’écart qui, dans le graphe de Lacan, sépare la ligne du haut de la ligne du bas. Lors d’une première énonciation, les deux sens sont confondus dans « l’inconscient ». A l’analyse, c'est-à-dire à l’énonciation deuxième, la deuxième ligne se distingue de la première. Sur ce pétale de mon trèfle il n’y avait qu’un trait ; la coupure le scinde en deux. Je sors de « mon propre inconscient » pour en faire part à un autre. Je pourrais tout aussi bien formuler : en « en » faisant part à quelqu'un d’autre, je crée cela, qui vient à la conscience par la vertu de la parole, je le crée après-coup comme « ayant été inconscient ». Mais rien ne me dit que c’était ça. Après tout, je le crée peut-être de toutes pièces. Eh bien peu importe, puisque c’est ainsi que ça me vient : Il est vrai que ça se formule ainsi. Ce n’est peut-être pas la réalité, mais c’est la vérité.
C’est une raison supplémentaire pour ne pas parler à la place de l’autre, ne pas interpréter à sa place. Je peux savoir « ce qui me vient » lorsque je m’entends parler. Je ne peux pas savoir ce qui vient à l’autre, sauf s’il en parle.
C’est le trouage de la pulsion de mort, dont on peut entendre les résonances dans les formules latentes du rêve : « tu es (tuer) mon fils…tu es une fille…tu es un père…tu es un analyste ». Ça tue surtout le réel insupportable. Mais ça ouvre dans la surface un orifice qui va faire entendre le double sens. La ligne est coupée en deux, comme dans le graphe de Lacan. L’inconscient devient, comme le conscient d’ailleurs, ce qui passe d’un sujet à un autre via le langage ; dans son champ, il s’agit ici non plus de la lettre, mais du dire, qui fait événement au sens où il remodèle l’écriture.
Mais qu'est-ce qui passe d’un sujet à un autre ? Pas le signifié, bien sûr puisqu’il est de l’ordre des deux dimensions de l’imaginaire. Ce qui passe, c’est le signifiant. Et, dans le cadre analytique, où l’attention flottante de l’analyste accueille les associations libres de l’analysant, le signifiant de l’énonciation est (censé être) le même que celui de l’écoute. Il y a identification du signifiant. Rien à voir avec l’identification moïque dénoncée avec raison par Lacan. Celle-ci est affaire de surface. Je parle de l’identification des signifiants, c'est-à-dire des bords. Identification c'est-à-dire : à condition de s’en tenir à la seule dimension linéaire du son, en faisant abstraction des surfaces imaginaires du signifié et de la signification, alors et alors seulement, ce qui est entendu est la même chose que ce qui est dit.
L’identification du signifiant consiste à identifier chaque signifiant. Dans « tu es mon fils », la phrase à la fois identifie et sépare. Le mot « tu » n’est pas le mot « fils ». Pour identifier, il faut d’abord reconnaître la différence, sans quoi, il n’y a rien à identifier. Poser x = x, c’est poser deux x différents que le signe « égale » identifie.
Comment le savoir, si cette identification a eu lieu ? Par une formation de l’inconscient de l’analyste, qui aura été produite par cette identification.
Je l’écris comme l’identification des traits d’un trèfle à un autre trèfle, d’une formation de l’inconscient de l’analysant à une formation de l’inconscient de l’analyste. J’écris ainsi l’ouverture emblématique de mon rêve ; j’acris le savoir qui n’est dit mais qui est contenu dans le dialogue manifeste :



Pour continuer la correspondance avec le graphe de Lacan, ceci pourrait être le développement de la ligne mài(a), ou dà $ ◊ a , cette dernière étant médiane entre les lignes supérieures et inférieures. Mais il faut se garder des correspondances trop terme à terme. D’un schéma à l’autre, comme je l’ai dit, la logique n’est pas la même.
On remarquera que la figure ci-dessus écrit deux trèfles de sens inverse, un lévo-droit et un dextro-gauche. Raboutés, ils construisent un ensemble qui tient. Ils sont l’un la figure renversée de l’autre (basculée de bas en haut sans sortir du champ à deux dimensions de la page). On remarque aussi que je n’ai mis en continuité qu’un seul pétale du trèfle. Au passage, cette trouure de leur différence produit un effet de signifié (vert) doublé de son effet de signification (rouge). C’est le long du signifiant entendu que se déploie un arc de surface imaginaire qu’on pourrait qualifier de la formule bien connue : « vous voyez ce que je veux dire ». Quand on le dit, c’est que justement on ne voit pas vraiment, car on voit un côté et pas l’autre, sans compter les bouts de surface jaune, qui, comme reste de cette découpe, rappellent le discordantiel de l’affaire : « ce n’est pas moi, ce n’est que mon image ». Ici, cette figure renversée est l’homologue d’une image dans un miroir vertical, qui inverse haut et bas et droite et gauche, mais pas devant et derrière.
Cette discordance essentielle ne doit pas faire oublier l’identification du signifiant : c’est le même trait, qui fait tout le tour de la figure. Nous compliquons le trèfle, mais nous ne passons pas encore au nœud borroméen, malgré les six croisements obtenus (le nœud borroméen a six croisements aussi, mais pas agencés de la même façon).


On pourrait se demander ce que donnerait une mise en continuité de deux, ou de tous les pétales d’un trèfle. Mais pour cela il faut d’abord se repérer dans les modes d’écriture.
Comme pour le nœud borroméen, il existe quatre façons d’écrire le trèfle, et chacune d’entre elle peut de mettre en rapport avec les trois autres par trois opérations différentes :


Les trèfles de même sens (du point de vue de la gyrie) se lisent sur les deux diagonales tandis que les trèfles de sens contraire se lisent sur les bords horizontaux et verticaux. Je d

Note: voici deux articles, l'un rendant compte de mon périple chinois, des enjeux
qui y ont été les miens, en rapport aux enjeux qui s'y sont joués pour la
psychanalyse;
s'y adjoint un article sur lequel je travaille depuis fort longtemps,
rendant compte de ce que j'ai travaillé cette année dans mon séminaire.
je pourrais dire que l'un ne va pas sans l'autre. ces deux articles se
complètent; on trouvera donc des redites; mais elles ne sont pas inutiles, car
dans un contexte différents elle contribuent à donner du relief à l'ensemble.

j'espère que ça suscitera des réactions, et que ça engegera un débat
fructueux pour tous.
amicalement

Richard Abibon 60-64 rue Emériau Tour Panorama entrée sud. 23ème
appt 0475015 Paris01 45 75 15 22 / 06 84 75 94 06richard.abibon@wanadoo.frhttp://perso.wanadoo.fr/topologie/