mardi, janvier 24, 2006

Nos républicains seraient-ils schizophrènes ? (présentation)

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Nos républicains seraient-ils schizophrènes ?

Critique de la rhétorique anti-pédagogique*


Michel Fabre



Agrégé de philosophie

Professeur des universités en sciences de l’éducation

Directeur du Centre de Recherche en Education de Nantes (CREN)
Ouvrages

- L'enfant et les fables, Paris PUF 1989.

- Penser la formation, Paris PUF 1994 (traduction italienne).

- Bachelard éducateur, Paris PUF 1995.

- Situations-problèmes et savoir scolaire, Paris, PUF, 1999.

- Jean-Jacques Rousseau: une fiction théorique éducative, Paris, Hachette, 1999

- Gaston Bachelard et la formation de l’homme moderne, Paris, Hachette, 2001.

- Le problème et l’épreuve : formation et modernité chez Jules Verne, L’Harmattan, 2004.


En France la thèse républicaine se fige en une gesticulation formelle qui n’a d’autre effet que d’enliser le débat scolaire.

La rhétorique républicaine fait flèche de tout bois : culte du fait divers monté en épingle, colportage des rumeurs sans le moindre souci de vérification des sources, témoignages reçus sans critiques et enfin souvenirs personnels plus ou moins nostalgiques érigés à la dignité de faits historiques et opposés aux “charlataneries” des statisticiens. On ne traite d’ailleurs par mieux l’histoire que la sociologie. L’intégrisme républicain, contempteur du présent de l’école, peut tranquillement se fabriquer un âge d’or, une école parée de toutes les vertus républicaines. Les républicains accusent la gauche de trop aimer le monde qu’elle ambitionnait jadis de transformer. On pourrait dire d’eux qu’ils haïssent trop le monde pour tenter de le changer et même tout simplement de le comprendre.

Le refus du temps et de l’histoire conduit au primat d’une argumentation formelle, à la fois impeccable et vide : un “géométrisme abstrait ” qui s’épuise dans une symétrie manichéenne, sans dialectique ni compromis.

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