mardi, février 21, 2006

L'École de psychosomatique

Cycle de formation

Initier une psychothérapie, en suivre l'évolution, en évaluer les résultats

Organisé par l'Ecole de Psychosomatique

En relation au référentiel d'auto-évaluation des pratiques en psychiatrie de l'HAS, comment répondre aux questions du diagnostic et de ses rapports à l'indication et au choix d'une psychothérapie ? Comment la recherche peut-elle apporter au praticien des outils pour le suivi de ses psychothérapies ? Comment le praticien peut-il contribuer à la recherche sur la psychothérapie ?

Argument : La psychothérapie est une des approches thérapeutiques majeures dans le champ de la santé mentale. Dans le cadre de l'évaluation des pratiques professionnelles (EPP), les cliniciens sont invités à préciser individuellement, dans le dossier des patients qu'ils suivent, sur quelles bases diagnostiques et sur quels critères ils posent l'indication d'une psychothérapie, établissent ses objectifs et déterminent le choix de sa méthode. Vaste tâche ! Dans la pratique, ces éléments restent peu construits. Comment faire ?
Nous proposons de considérer l'EPP comme une occasion pour les cliniciens de réfléchir ensemble à ces questions et de se familiariser aux méthodes qui permettent d'y répondre. Au delà de l'exercice intellectuel et de l'introduction d'un tiers dans les modes habituels de pratique et de présentation de celle-ci, peut-on transformer la démarche individuelle en un processus collectif de mise en commun de ce qui est acquis et de recherche sur ce qui ne l'est pas ? C'est notre pari.

L'action se propose d'apporter au clinicien les moyens d'expliciter son approche thérapeutique et ses résultats, et au delà d'initier une démarche de recherche individuelle et en réseau sur les pratiques psychothérapiques. Elle est animée par trois cliniciens chercheurs et un chercheur mâtiné de clinique, ce qui est aussi une façon de mettre en relation deux cultures que tout est censé séparer : celle de la clinique et celle de la recherche.
Professionnels concernés : psychiatres, psychologues, psychanalystes, chercheurs, internes...
Déroulement : cette formation se découpe en quatre modules :
1. Initier une psychothérapie : Formulation de cas et décision thérapeutique - 31 mars 2006
2. En suivre l'évolution a): utilisation de l'ESM et pertinence d'un auto questionnaire - 16 juin 2006.

3. En suivre l'évolution b): Présentation et utilisation d'un outil du processus de la psychothérapie : le PQS - 6 octobre 2006.
4. En évaluer les résultats : terminer une psychothérapie et l'évaluer - 8 décembre 2006.
Lieu : Siège de la Fédération Française de Psychiatrie - Hôpital Ste Anne - Bâtiment B (2ème étage) - 1, rue Cabanis 75014 Paris
Inscriptions : 240 euros pour les 4 formations (280 euros formation continue) - Possibilité de s'inscrire à chacune des formations (70 euros (Formation continue 80 euros))
Chèque à l'ordre de l'Ecole de Psychosomatique et à adresser au Dr Jean-Michel Thurin - 9, rue Brantôme 75003 PARISn° activité Formation continue 11750953375
Renseignements : mthurin@internet-medical.com et 01 48 04 32 22

vendredi, février 17, 2006

Une sociologie de la psychanalyse

Fansten vient de faire paraître une partie de sa thèse de doctorat en Sociologie* sous le titre “Le divan insoumis. La formation du psychanalyste : enjeux et idéologies” (Hermann, 2006, 182p.) :
“L’annonce du vote par l’Assemblée nationale, en 2003, de l’amendement Accoyer provoqua la mobilisation des psychanalystes contre la réglementation de l’exercice des psychothérapies. Ils s’illustrent à cette occasion par la radicalité de leurs propos et de leurs revendications : la psychanalyse, contrairement à la masse indifférenciée des psychothérapies, ne saurait être mise au pas. Elle serait radicalement différente des autres pratiques et systèmes de pensée, et appartiendrait à un tout autre régime normatif. Ainsi se trouvent justifiés les statuts d’exception scientifique, réglementaire et professionnelle de la psychanalyse. Loin des pamphlets facilement caricaturaux sur le sujet, l’auteur analyse les fondements, les manifestations et les enjeux de cette ” exception psychanalytique “. Les processus logiques de cette insoumission psychanalytique sont envisagés à partir de la formation du psychanalyste et de la réglementation de la profession Ce livre montre aussi en quoi l’exception psychanalytique, en même temps qu’elle se fonde sur les spécificités de la psychanalyse, produit des effets protectionnistes incontestables pour la profession.”
Je lui réserve également un compte-rendu…
* La Demande d’extraterritorialité de la psychanalyse française : fondements, enjeux, problèmes, thèse de doctorat de sociologie, Université de Paris V, 2004.

mardi, février 14, 2006

psychanalyse et formation

la formation des psychanalystes :Elisabeth Roudinesco rappela d’abord à grands traits l’histoire des rapports entre la psychanalyse et l’Université. Son intervention mit à jour deux points intéressants : d’abord elle mentionna que le projet de Freud, qui ne vit pas le jour, consistait à créer des universités qui contribueraient à la formation des psychanalystes en invitant des chercheurs de tous horizons. Lilia Mahjoub insista alors sur le fait que la formation du psychanalyste voit le jour dans la cure et est ensuite orientée par les Ecoles. Elle mentionna l’existence du département Psychanalyse de Paris 8, précisant qu’il est une création de Jacques Lacan. Ensuite, elle s’interrogea sur la possible création à l’avenir d’instituts qui permettraient une formation qui puisse être prise en compte par le politique sur le modèle d’Instituts des Hautes Etudes. Enfin, elle fit remarquer que l’inscription des quatre courants majeurs proposés dans le cadre du nouveau diplôme rayaient de fait la tendance psycho-dynamique

psychanalyse et cinéma

LE REGARD QUI BAT . . . Le cinéaste et son œuvre
« Il y a en effet un chemin qui permet le retour de l’imagination à la réalité, et c’est l’art. », Sigmund Freud

Cinéma ESCURIAL PANORAMA
11, Bd de Port- Royal 75013 PARIS
Dimanche 26 janvier 2006 à 10h30, Projection du film

SPIDER
DE DAVID CRONENBERRG(2002)


Projection suivie d’un débat Animé par : M. Landau, B. Didier, V. Micheli -Rechtman, C. Erman, Siksou, N. Farès, J -J. Moscovitz,…

Le Synopsis du film

Un homme quitte l'asile psychiatrique et se retrouve sur les lieux de
son enfance. Enfance qu'il va explorer à nouveau pour tenter de se reconstruire…

Avant propos au débat

…Spider nous emmène avec force au plus intime d’un homme égaré qui nous perd entre sa réalité
et ses fantasmes. Quelle est le destin de cette rencontre traumatique pour le petit garçon qu’il fut avec la sexualité de ses parents …

Prochaines projections
En mars , sous réserve, « La langue ne ment pas » de Stan Neuman
En mai le 14, « La Captive » de Chantale Ackerman


L’œuvre, pas plus que le regard, ne se consomme. Qu’est-ce qui, dans une œuvre, regarde chaque spectateur, et le captive ? Le cinéaste fait œuvre à mettre le regard en scène. Le regard est au cœur de l’œuvre, et non pas extérieur à elle. C’est en l’y déposant que l’artiste, faisant événement, nous donne notre réel à voir.

Proposé par Psychanalyse Actuelle, Le Regard Qui Bat, c’est un dimanche par mois la projection d’un film suivie d’ un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens… au Cinéma ESCURIAL PANORAMA.
Organisation : Barbara Didier, Véronique Haguenauer, Maria Landau, Françoise Moscovitz, Nabile Farès, Jean-Jacques Moscovitz, Vanina Micheli-Rechtmann, Fred Siksou et d’autres
Renseignements: psyact@free.fr- Tél : 01 43 38 64 14 - Le Site de Psychanalyse Actuelle -Contacts cinéma:tm@cinema-tm.com - http://www.cinema-tm.com

Mobilisation contre le projet de décret

Mobilisation contre le projet de décret

Chers amis,

J’ai assisté le 04 février dernier à l’après-midi de la deuxième journée organisée par l’AFFOP et le SNPPsy qui réunissait à peu près 70 personnes. Françoise Stark-Mornington et Alicia Buckstein étaient présentes.

La matinée, selon Alicia Buckstein, avait été teintée de pessimisme quant à l’évolution de l’actualité liée au décret d’application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004. L’après-midi ne fut pas plus réjouissant. D’où une nécessaire mobilisation de chacun : les enjeux sont beaucoup plus directement liés à notre combat qu'il n'y paraît de prime abord.

Voici un bref compte-rendu de l’après-midi. J’espère pouvoir le compléter par un point sur la matinée.

Bien à vous.
Benoit Drunat


Le compte-rendu

L’après-midi se déroula en deux moments : interventions puis table-ronde.

Dans un premier temps, Norbert Hacquard, psychologue, ancien administrateur du Syndicat National des Psychologues, prit la parole pour s’inquiéter de la mention du Code de la Santé Publique dans le premier visa de l’avant-projet de décret et pour rappeler que, si la psychiatrie trouve sa place dans le champ de la santé mentale, ce n’est pas le cas des trois autres instances du champ Psy, à savoir les psychologues, les psychothérapeutes et les psychanalystes. Il précisa que l’inscription au code de la Santé Publique induit une reconnaissance d’un titre sans reconnaissance de la profession. Il mentionna également le rapport Piel-Roelandt, De la psychiatrie vers la santé mentale (2201), pour en signaler les visées sécuritaires inquiétantes (proposition de mise en place d’une police de santé ).
Puis Lilia Mahjoub, Présidente de l’Ecole de la Cause freudienne, orienta son intervention autour de la Question de l’Analyse Profane de Freud pour réaffirmer que « La formation des psychanalystes n’a pas besoin de cinq ans de néo-scientisme universitaire.» Elle fit valoir que le savoir psychanalytique ne saurait être validé par unités de valeur. Elle fit remarquer que le politique ne s’était pas hasardé à définir la psychothérapie par son objet mais s’en était tenu à la question du statut du psychothérapeute, induisant dans un premier temps un glissement de la thérapeutique à la fonction d’un diplôme de psychothérapeute définissable juridiquement. Elle reprit ainsi la logique du discours de l’hypermodernité qui objective son produit soit en l’occurrence les sujets. Ce à quoi elle ajouta que la définition par l’objet aurait conduit le politique à prendre acte de l’existence du sujet de l’inconscient qu’il réfute. Il ne voit pas que son choix conduira au pire.

La table ronde a réuni Lilia Mahjoub, Elisabeth Roudinesco, Jean-Michel Fourcade, président de l’AFFOP, Philippe Grauer, président du SNPPsy et Norbert Hacquard.
Les échanges commencèrent par une réflexion autour de la formation des psychanalystes :
Elisabeth Roudinesco rappela d’abord à grands traits l’histoire des rapports entre la psychanalyse et l’Université. Son intervention mit à jour deux points intéressants : d’abord elle mentionna que le projet de Freud, qui ne vit pas le jour, consistait à créer des universités qui contribueraient à la formation des psychanalystes en invitant des chercheurs de tous horizons. Lilia Mahjoub insista alors sur le fait que la formation du psychanalyste voit le jour dans la cure et est ensuite orientée par les Ecoles. Elle mentionna l’existence du département Psychanalyse de Paris 8, précisant qu’il est une création de Jacques Lacan. Ensuite, elle s’interrogea sur la possible création à l’avenir d’instituts qui permettraient une formation qui puisse être prise en compte par le politique sur le modèle d’Instituts des Hautes Etudes. Enfin, elle fit remarquer que l’inscription des quatre courants majeurs proposés dans le cadre du nouveau diplôme rayaient de fait la tendance psycho-dynamique.
Puis la discussion revint sur la proposition de Norbert Hacquard de dissocier les quatre pôles du champ Psy.
Alors, les intervenants insistèrent sur le fait que l’actualité trouvait son point d’origine dans deux facteurs : premièrement, un probable rapport avec la proximité de l’élection présidentielle et le développement d’une politique sécuritaire pour tenter d’éviter que ne se renouvelle le premier tour de l’élection de 2001 et « rassurer à bon compte » (comme l’écrivait récemment Jean-Pierre Sueur) ; deuxièmement l’effondrement de la psychiatrie clinique et la volonté politique de remplacer les psychiatres par des auxiliaires placés sous l’autorité du médecin psychiatre référent dont il fut dit qu’il se verrait confier des pouvoirs exorbitants.
En prévision de la réunion de concertation du 21 février, on regretta que les invités à cette réunion arriveraient en ordre dispersé (en dépit de l’axe AFFOP-SNPPsy-ECF) et trois propositions furent enfin évoquées:
Demander la rédaction de deux décrets : le premier pour les psychiatres, le second pour les psychologues, psychothérapeutes et psychanalystes ainsi placés hors champ de la santé mentale.
Refuser toute discussion.

mardi, février 07, 2006

site Psychanalogie.fr

Une découverte sur blogger :

http://psychanalyse.psychanalogie.fr/ est un blog lié à un groupe de discussion dont voici un résumé :


Le groupe-liste d'abord 'expérimental' de discussion-info
psych_ana_logie est complémentaire du site http://psychanalogie.fr/


Suivant les développements de l'actualité, il pourra servir à
diffuser les mises à jour du site Psychanalogie.fr , et à des
discussions ou communication d'information le cas échéant. Toute
personne incrite aux services Google peut poster ; l'inscription est
simplissime au moment de poster la première fois sur le présent site
GoogleGroupes.


François-R. Dupond Muzart

source : http://groups.google.com/group/psych_ana_logie/browse_thread/thread/727b1dab41fcc207

vendredi, février 03, 2006

Jean Benjamin Stora, psychosomaticien et psychanalyste

Depuis 2000, vous avez rencontré de nombreux greffés pour étudier le rôle joué par le psychisme dans l'acceptation de l'organe qu'ils reçoivent. Quelle est votre conclusion la plus marquante ?

La question essentielle était pour moi de comprendre comment un être humain accueille un organe étranger, comment il retrouve ensuite un équilibre. Ce qui m'a frappé, c'est l'espoir, très fort chez de nombreux patients, de recouvrer après l'opération une qualité de vie similaire à celle qu'ils avaient avant leur maladie. Comme si la greffe pouvait magiquement tout effacer... Or la vie après une transplantation est au contraire très médicalisée, et la plupart des patients sont très mal préparés à affronter cette épreuve.

Vivre avec une greffe. Accueillir l'autre
Livre de Jean Benjamin Stora, éd. Odile Jacob, 2005, 312 p., 25 euros.

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La dimension psychologique de cette intervention ne serait pas assez prise en compte ?

Elle ne l'est véritablement ni avant ni après l'opération. Avant, le problème fondamental est celui de l'indication de greffe. En France, celle-ci est essentiellement décidée sur des critères biologiques, sans que soit toujours suffisamment étudié l'état psychopathologique des patients. A cet égard, les Etats-Unis sont plus avancés que nous : dans certains services, psychiatres et psychologues cliniciens sont systématiquement associés à la décision de greffe d'organe.

Après l'opération, le problème est celui du suivi à long terme des greffés. Dans la majorité des cas, ceux-ci sont devenus des "patients à vie", que la greffe a fragilisés. Mais le personnel des services de transplantation, même avec la meilleure volonté du monde, n'a pas les moyens de prendre cette détresse en charge. Il faudrait que des psychologues soient recrutés par les services de transplantation d'organes.


La psychosomatique, c'est la discipline qui étudie les relations entre le corps et le psychisme... Comment, concrètement, ces relations influent-elles sur la qualité de vie des greffés ?

Une greffe entraîne toujours un état dépressif, à la fois au plan somatique — du fait de la modification interne subie par l'organisme — et au plan psychique — à cause du sentiment de perte qu'elle suscite. Or un tel état déprime à son tour le système immunitaire. Plus on favorise l'acceptation psychique de la greffe, plus on renforce donc le système immunitaire du patient. Et plus on augmente aussi ses chances d'accepter l'observance de son traitement immunosuppresseur.


Ce traitement est-il prescrit à vie, quelle que soit la greffe ?

Oui, sauf dans les cas — très rares — où se produit un lien biologique particulier entre le receveur et le donneur. Ce phénomène, connu sous le nom de microchimérisme, a été découvert en 1992 par des chercheurs américains. En étudiant un groupe test de patients qui avaient été greffés d'un rein et d'un foie au début des années 1960, ils s'aperçurent que les globules blancs des donneurs, transférés avec l'organe greffé, avaient migré dans le sang du receveur et y survivaient encore trois décennies plus tard.

Pour la première fois, on avait ainsi la preuve que les systèmes immunitaires de l'organe greffé et du receveur pouvaient fusionner sans s'agresser mutuellement, se concilier pour créer une chimère. Depuis, les Américains ont observé que ce phénomène permettait même, dans certains cas, de libérer définitivement les patients de leur traitement immunosuppresseur. Le psychisme intervient-il dans ce processus ? On ne le sait pas.

Propos recueillis par Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 01.02.06

l'année Freud

L'Autriche prépare l'année Freud, qui commencera en mai



vec Mozart, l'Autriche célèbre l'harmonie. Avec Freud, la démystification des illusions. Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 à Freiberg, une petite ville de Moravie qui se trouve aujourd'hui dans la République tchèque. Pour célébrer le 150e anniversaire de sa naissance, la trentaine d'instituts culturels autrichiens dans le monde se transformeront, le 5 mai, en "Institut Freud" et seront le lieu d'expositions et de débats. Moins pour faire l'exégèse de la pensée du fondateur de la psychanalyse que pour en montrer l'actualité.


Emil Brix, directeur des affaires culturelles au ministère autrichien des affaires étrangères, coordonne les diverses manifestations qui auront lieu tout au long de l'année. "Freud nous met en garde contre l'illusion que les institutions seraient un remède aux conflits, contre l'idée que la culture conduirait nécessairement à l'harmonie. C'est son apport au dévoilement du XXIe siècle que nous voulons mettre en valeur", dit-il. A travers Freud, l'Autriche ne veut pas projeter une image à l'étranger mais tenir compte des situations locales.


AU MUSÉE DU RÊVE


En Iran, le débat devrait porter sur "le malaise de la civilisation". A Belgrade, sur la question de l'agression et de la guerre. A Saint-Pétersbourg, les manifestations auront lieu dans le Musée du rêve, ouvert en 2003 en hommage au rêve de Pierre le Grand quand il a construit la ville. Le musée est dirigé par un psychanalyste, ancien collaborateur de Boris Eltsine. En France, des débats seront organisés avec les auteurs du Livre noir de la psychanalyse (éd. Les Arènes, 2005).

L'Autriche va soutenir la publication des oeuvres de Freud dans des langues où elles n'existent pas encore, par exemple la traduction de L'Interprétation des rêves en vietnamien. Des philosophes et intellectuels autrichiens préparent un "manifeste Freud" pour replacer la psychologie du sujet au centre des questions de pouvoir.

La centaine de colloques, conférences, débats est aussi un "geste de réparation" envers une personnalité poussée à l'exil parce que les juifs se trouvaient en danger dans une Autriche passée sous la botte nazie. Si l'année Mozart est une aubaine touristique, "l'année Freud" doit "avoir une efficacité symbolique" pour les Autrichiens, dit encore M. Brix. Etre l'occasion d'une réflexion sur l'apport à l'innovation scientifique d'un pays qui n'est pas seulement un conservatoire des arts.


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Informations sur les diverses manifestations : www.freud-institut.com.

Daniel Vernet
Article paru dans l'édition du 04.02.06

jeudi, février 02, 2006

LE SITE DES ETATS GENERAUX DE LA PSYCHANALYSE

Avec l’Appel pour la convocation des Etats Généraux de la Psychanalyse qui se sont tenus à la Sorbonne à Paris en juillet 2000, René Major aura souhaité que l’esprit qui avait présidé à cette initiative puisse trouver des suites, chaque fois à inventer, qui échapperaient aux pièges de l’institutionnalisation tels que nous les connaissons.
Dans la préparation de la réunion internationale de l’an 2000, le site aura permis la mise en ligne de plus de 250 textes qui étaient ainsi proposés à la lecture des participants et dont des lecteurs devaient rendre compte au cours des Journées. Ce fut une innovation marquante que d’avoir mis à la disposition du plus grand nombre les contributions de tous ceux qui avaient souhaité s’associer à cet événement qui devait initier une discussion ouverte sur l’état actuel de la psychanalyse, sur les problèmes qui n’allaient pas manquer de se poser à elle, soit dans les résistances qui lui viennent de l’extérieur, soit dans celles qui surgissent constamment de l’intérieur. Tous ces documents restent archivés dans le site et sont donc consultables dans leur intégralité. Quant aux présentations des différents thèmes des Journées, aux arguments qui ont alors été exposés et aux conférences des invités, ils ont fait l’objet d’un volume publié aux éditions Aubier en 2003, sous le titre Les Etats Généraux de la Psychanalyse.
La suite de la réunion internationale de l’an 2000 a été laissée à l’initiative de ceux qui devaient en manifester le souhait. Le relais fut pris par des collègues brésiliens qui s’étaient rendus très nombreux à la première convocation. Notre site s’associa donc à ceux de Sao Paulo et de Rio pour la préparation des EGP II qui devaient se tenir à Rio en novembre 2003. L’intégralité des archives disponibles est également consultable sur ce site.
Une troisième rencontre s’annonce pour 2006 à Bruxelles sur l’initiative de Claude Van Reeth et de collègues belges. Le site sera à la disposition de ce nouvel événement.
L’actualité du printemps dernier en France a mobilisé le site autour du projet de loi gouvernemental concernant la pratique des psychothérapies impliquant directement ou indirectement la psychanalyse. Il a servi de relais à une pétition émanant d’un Front du refus associée à celle du Manifeste pour la psychanalyse qui ont organisé un Grand Rassemblement le 26 juin dernier. La pétition en cinq langues, la liste des signataires et les textes de références au débat se trouvent archivés.

Il n’est ni dans l’esprit ni dans les objectifs du site des EGP d’annoncer les séminaires, réunions et congrès divers. D’autres sites, fort nombreux maintenant, donnent toutes les informations et renseignements nécessaires. En revanche, nous souhaitons intensifier la diffusion de textes qui s’inscrivent dans la poursuite de la recherche ouverte par la réunion inaugurale de l’an 2000. Pour ce faire, nous créons une nouvelle rubrique intitulée les Annalytiques* qui reprend des textes déjà sur le site et qui accueillera des travaux en gestation dont le caractère novateur sera fidèle à la politique des EGP. Les textes seront disponibles par nom d’auteur et un moteur de recherche, en cours de préparation, permettra une consultation par thèmes.
Les débats de l’an 2000 prenaient acte de la nécessité de donner suite au projet de Freud, tel que précisé dans Analyse laïque, de créer des Psychoanalytische Hochschulen - des Hautes Etudes en psychanalyse - qui donneraient son plein statut à la psychanalyse au sein de la pensée et de la recherche contemporaines. Un texte de présentation de ce projet a été élaboré collectivement au cours de l’année qui a suivi la tenue des premiers Etats Généraux. On en trouvera une première version sur le site à la rubrique IHEP (Institut des Hautes Etudes en Psychanalyse). Ce texte sera d’ailleurs revu en fonction des problèmes de plus en plus aigus qui peuvent se poser à la psychanalyse aujourd’hui aussi bien dans le champ de sa pratique que dans le champ socio-politique. L’inauguration officielle de l’Institut a eu lieu en février 2003 avec une Controverse sur Pourquoi la guerre ? (en rappel de la lettre de Freud à Einstein), à la veille de l’intervention américaine en Irak, avec la participation de Jacques Derrida, Jean Baudrillard et Alain Gresh. Cette Controverse devrait prochainement être publiée chez Galilée. Aux Controverses qui devraient se poursuivre sur l’actualité s’ajouteront des projets de recherche tels qu’ils sont indiqués dans les dix intersections prévues par l’Institut. Par ailleurs, des délégués de plusieurs pays européens oeuvrent à mettre sur pied des initiatives qui vont dans le sens d’un tel projet. Le site s’emploiera à faire écho aux programmes qui se développeront au sein de cette nouvelle perspective.
Nous espérons, avec cette nouvelle orientation, contribuer au développement et au renouvellement de la langue psychanalytique, à son insertion dans les grands débats contemporains, participer à la lutte contre ce qui tend aujourd’hui à l’appauvrissement de la pensée et de la culture et restaurer toute la place de la raison freudienne.


* Nous entendons restituer la noblesse de la tradition des Annales dans ce néologisme.

APPEL À SIGNATURE

APPEL À SIGNATURE

Nombre de mesures que prend l’actuel gouvernement vont dans le sens d’une restriction des libertés et des responsabilités individuelles. Le projet de loi visant à réglementer l’usage du titre de psychothérapeute en impliquant les associations de psychanalyse par le biais de leurs annuaires s’inscrit dans ce processus.

En accord avec notre pratique et en cohérence avec la raison psychanalytique, nous appelons à s’opposer à ce projet de loi.

*
En tout premier lieu, il faut situer le contexte de ce souci de réglementation. Il s’agit de l’une des dispositions d’une loi de santé publique, dont la philosophie est précisément explicitée dans un rapport sur la psychiatrie demandé par le ministre dans la même période et qui confirme l’orientation des politiques de ces deux dernières décennies. La médicalisation de la psychiatrie va de pair avec son dépérissement, tandis que l’inflation de la demande de psychothérapie est encouragée et organisée. Les réponses proposées dans le champ de la santé sont préférentiellement orientées vers des solutions techniques standardisées qui se juxtaposent : à la prescription massive de psychotropes, on ajoute désormais la prescription de parole (deuils, traumatismes, viols, harcèlement, etc.). Il s’agit aujourd’hui d’enserrer cette proposition sociale de “ psychothérapie ” dans les règles bureaucratiques qui déferlent dans le champ médical.

En effet, l’évaluation, les “ recommandations de bonnes pratiques ” font partie de l’appareil qui a rapidement fait passer l’hôpital à un statut d’entreprise, sous le règne du discours administratif. La médecine libérale connaît le même sort, et le marché énorme des “ psychothérapies ” doit y être rapidement inclus. Cette évolution majeure ne touche pas seulement la médecine ; bien d’autres pratiques connaissent le même encadrement soupçonneux. Le sort qui sera fait à la psychanalyse aura des conséquences bien au-delà d’elle-même : chercheurs, créateurs, artistes sont confrontés au même enjeu.

*
Or, en tant que science du sujet et de la subjectivité, la psychanalyse ne saurait, sans se renier, se prêter à une quelconque gestion administrative. Qu’un psychanalyste ne soit pas ignorant des savoirs hétérogènes (clinique psychiatrique, psychopathologie, sciences sociales, juridiques, politiques, littérature, etc.) qui peuvent et doivent éclairer son action est une chose. Mais, quels que soient les diplômes et les compétences qu’il possède, un psychanalyste est confronté à une pratique qui ne se réduit pas à l’application de connaissances. Chaque psychanalyse est une expérience singulière qui déroute tout programme et toute garantie a priori. Elle se fonde sur un rapport au symptôme qui vise à en extraire la vérité et non à l’éradiquer en vue d’une normativité. En ce sens, elle est antagonique de toute psychothérapie. D’autre part, alors même que ses effets thérapeutiques sont avérés, il faut rappeler que la psychanalyse est née du refus de subordonner son action à la suggestion, ce en quoi elle se démarque encore de la psychothérapie.

*
La formation des psychanalystes ne saurait s’envisager sans tenir compte de cette spécificité de la psychanalyse. Dans ce domaine, la grande difficulté a trait à ce qui constitue la formation qu’un psychanalyste peut considérer comme véritable pour s’autoriser à exercer la psychanalyse. La demande de l’État vise nécessairement à substituer à ce qui fait question pour chaque analyste la réponse d’une instance quelconque - qu’elle soit d’État ou qu’elle reste celle des associations analytiques importe peu -, garante de sa légitimité. Or, même si diverses associations se plaisent aujourd’hui à souligner leur communauté de point de vue en réponse à la demande sociale, il n’en reste pas moins que la question de la formation n’a cessé de hanter la communauté analytique, y provoquant débats et divergences. Au point que l’on peut affirmer aujourd’hui que l’existence de cette question de la formation des analystes fait partie de la formation même. Les diverses associations qui s’opposent sur des éléments décisifs de la formation et de la reconnaissance par les pairs en sont la preuve vivante, dont témoigne tout autant le fait qu’il existe un nombre très important d’analystes qui ne sont pas inscrits dans une association.

Devenir analyste est toujours une décision anticipatrice. Celui qui prend cette décision, même s’il est autorisé par une hiérarchie, l’a déjà fait quand il le demande. Il inaugure ainsi le mode de solitude qui sera le sien, à chaque fois, dans son acte par rapport à un analysant, jamais le même, jamais équivalent. Aucune autorisation ne peut soutenir cette solitude en se consignant dans une liste, chaque liste s’ajoutant à l’autre dans un ensemble qui les contiendrait toutes.

La question de savoir comment peut s’authentifier ce franchissement qui consiste dans le passage de l’analysant à l’analyste doit donc rester ouverte. Mais c’est un fait : quand un analysant prend cette décision de se dire “ analyste ” et même s’il le fait après consultation d’autres analystes, y compris le sien, il engage toujours un désir dont il est le seul à pouvoir répondre.

*
Certains estiment satisfaisant le projet de loi voté par le Sénat : selon leur lecture, il respecterait l’entière liberté de la pratique analytique tout en dispensant les psychanalystes inscrits comme tels dans les listes de leur association de l’enregistrement préfectoral exigible des psychothérapeutes non médecins et non psychologues. Outre que c’est préjuger de l’obligation pour un psychanalyste d’appartenir à une association, comment ignorer que cette discrimination des psychanalystes est, sous couvert de reconnaître les uns comme psychothérapeutes, les autres non, un pas insidieux vers l’intégration de la psychanalyse dans la psychothérapie et, par conséquent, vers le contrôle de celle-là à travers celle-ci ? D’autres collègues sont tentés par une adaptation de la législation italienne à la France, solution qui présente le même danger sous d’autres modalités. Nous estimons que le renforcement, par ce biais, du pouvoir institutionnel des associations de psychanalyse sur les psychanalystes va à l’encontre des exigences que nous avons exposées concernant la formation des psychanalystes. De fait, qu’une association de psychanalyse puisse qualifier comme psychothérapeutes ceux de ses membres qu’elle aura inscrits comme psychanalystes dans son annuaire transformera ipso facto ladite association en institut privé de formation psychothérapeutique, sans parler du problème plus qu’épineux des modalités d’habilitation des associations de psychanalyse qui seraient habilitées à…

Pour ces raisons, nous nous opposons au projet de loi voté par le Sénat (Giraud-Mattei) ou à tout autre qui viserait à réglementer l’exercice de la psychanalyse et nous vous appelons à vous joindre à nous en signant ce texte