vendredi, février 03, 2006

l'année Freud

L'Autriche prépare l'année Freud, qui commencera en mai



vec Mozart, l'Autriche célèbre l'harmonie. Avec Freud, la démystification des illusions. Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 à Freiberg, une petite ville de Moravie qui se trouve aujourd'hui dans la République tchèque. Pour célébrer le 150e anniversaire de sa naissance, la trentaine d'instituts culturels autrichiens dans le monde se transformeront, le 5 mai, en "Institut Freud" et seront le lieu d'expositions et de débats. Moins pour faire l'exégèse de la pensée du fondateur de la psychanalyse que pour en montrer l'actualité.


Emil Brix, directeur des affaires culturelles au ministère autrichien des affaires étrangères, coordonne les diverses manifestations qui auront lieu tout au long de l'année. "Freud nous met en garde contre l'illusion que les institutions seraient un remède aux conflits, contre l'idée que la culture conduirait nécessairement à l'harmonie. C'est son apport au dévoilement du XXIe siècle que nous voulons mettre en valeur", dit-il. A travers Freud, l'Autriche ne veut pas projeter une image à l'étranger mais tenir compte des situations locales.


AU MUSÉE DU RÊVE


En Iran, le débat devrait porter sur "le malaise de la civilisation". A Belgrade, sur la question de l'agression et de la guerre. A Saint-Pétersbourg, les manifestations auront lieu dans le Musée du rêve, ouvert en 2003 en hommage au rêve de Pierre le Grand quand il a construit la ville. Le musée est dirigé par un psychanalyste, ancien collaborateur de Boris Eltsine. En France, des débats seront organisés avec les auteurs du Livre noir de la psychanalyse (éd. Les Arènes, 2005).

L'Autriche va soutenir la publication des oeuvres de Freud dans des langues où elles n'existent pas encore, par exemple la traduction de L'Interprétation des rêves en vietnamien. Des philosophes et intellectuels autrichiens préparent un "manifeste Freud" pour replacer la psychologie du sujet au centre des questions de pouvoir.

La centaine de colloques, conférences, débats est aussi un "geste de réparation" envers une personnalité poussée à l'exil parce que les juifs se trouvaient en danger dans une Autriche passée sous la botte nazie. Si l'année Mozart est une aubaine touristique, "l'année Freud" doit "avoir une efficacité symbolique" pour les Autrichiens, dit encore M. Brix. Etre l'occasion d'une réflexion sur l'apport à l'innovation scientifique d'un pays qui n'est pas seulement un conservatoire des arts.


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Informations sur les diverses manifestations : www.freud-institut.com.

Daniel Vernet
Article paru dans l'édition du 04.02.06

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