vendredi, avril 28, 2006

Arpenter l'inabitable Roland Léthier, avril 2005

Arpenter l'inhabitable



Le massacre des Innocents, Nicolas Poussin, 1628-1629

Musée Condé, Chantilly



Arpenter l'inhabitable


Les études critiques promues par l'école lacanienne de psychanalyse dans ses
publications (revues et livres) ont modifié et élargi le champ d'intervention des
psychanalystes1.
Les classifications et les diagnostics se trouvent bousculés.
Les énoncés de Lacan ouvrent des voies inédites.
Des problématiques originales trouvent un écho, un début de prise en compte2.
Nous allons essayer de dire ce qu' enseigne la rencontre avec des jeunes qui sont
en rupture avec la famille, l'école, la vie sociale.


En mars 1962, dans son séminaire sur l'identification, Lacan étudie les
modalités de constitution du sujet. Il reprend la deuxième identification décrite
par Freud, dite identification oedipienne. Lacan considère cette deuxième
identification freudienne comme celle qui constitue le sujet avec le trait unaire.
Dès le début de la séance du séminaire, Lacan raconte une belle histoire qu'il a
trouvée dans l'Odyssée de « l'Endurance »3 de Sir Ernest Henry Shackleton.
En 1915, Shackleton et ses compagnons essayent de traverser le continent
antarctique. A plusieurs centaines de kilomètres au sud des côtes du Chili les
explorateurs arrivent sur des banquises vierges.
Ces territoires n'avaient pas encore été visités par des humains.


1

Allouch J. « Perturbation dans pernepsy » in Littoral N°26, clinique du psychanalyste,
Toulouse, Éres, novembre 1988.


2

Allouch J. « Accueillir les gay et lesbian studies, in L'UNEBÉVUE N°11, l'opacité
sexuelle, Paris, L'Unebévue-éditeur, hiver 2003-2004.


3

Shackleton Sir E.H., L'odyssée de « l'Endurance », Paris, Payot, 1993.



Sur ces banquises non encore possédées par l'imagination humaine, il se produit
un drôle de phénomène. Shakleton et ses compagnons se comptaient toujours un
de plus qu'ils n'étaient.

Shackleton raconte :

« Pendant cette marche longue et torturante de trente-six heures parmi les
montagnes, les glaciers inconnus, il me semblait souvent que nous étions quatre
et non pas trois. Je n'en parlai pas à mes compagnons ; mais plus tard Worsley
me dit :

-Patron, pendant la marche, j'ai eu la bizarre impression qu'une autre
personne nous accompagnait.
Créan confessa avoir eu la même idée.
On se demandait toujours où était passé le manquant. »
Avec cette belle histoire Lacan complète son début d'élaboration à propos de la
constitution du sujet :

« Vous touchez là l'apparition à l'état nu du sujet qui n'est rien que cela, que la
possibilité d'un signifiant de plus, d'un un en plus, grâce à quoi il constate lui-
même la possibilité qu'il y en a un qui manque. »4

L'exemple utilisé par Lacan permet de saisir à quel point la dimension du « pas
encore possédé par l'imagination humaine » apporte une perturbation
fondamentale dans le comptage des existants. Cet exemple confirme la thèse de
Lacan de la formation de la fonction du « je » par l'identification à une image
(spéculaire et du semblable)5. Cet exemple nous introduit aux questions qui nous
sont posées par les jeunes que nous recevons dans un centre d'accueil .

Ce départ avec l'odyssée de « l'Endurance » nous conduit à visiter les paysages
apportés par des jeunes qui ont été confrontés à une rupture la plupart du temps
incompréhensible.
Ces jeunes, de 16 à 21 ans, soit ont été retirés de leur famille parce qu'ils étaient
en danger : ils étaient objets de violences sexuelles, soumis à des mauvais

4

Lacan Jacques, L'identification, séance du 28 mars 1962, version Roussan.

5

Lacan J., « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du je telle qu'elle nous est
révélée dans l'expérience psychanalytique » in Écrits, Paris, Seuil, 1966, pp93-100.



traitements, soit ils sont partis en fugue car la situation au sein de la famille leur
était invivable.
Ces jeunes font l'objet d'une mesure judiciaire appelée O.P.P. (Ordonnance de
Placement Provisoire) auprès de l'Aide Sociale à l'Enfance (organisme d'état
qui prend en charge ces jeunes).


Ils ont connu la vie dans la rue et une multiplicité de placements en foyers et
familles d'accueil.
Ils arrivent au centre d'accueil après l'expérience de bribes de relations qui sont
restées éphémères et qui n'ont pas vraiment laissé de trace.


Ces jeunes sont habités par les effets de la rupture, c'est ce que nous allons
essayer de développer.


I Crise du logement

Ces milliers de jeunes pris en charge par l'A.S.E. sont en fait assimilés aux
autres jeunes de la société. Ils vivent en foyer ou en famille d'accueil,
ils sont scolarisés, ils sont considérés comme rencontrant les problèmes
communs aux jeunes de leur génération.
Une approche, d'abord phénoménologique, va apporter quelques correctifs à
cette manière assimilatrice de considérer leur position. Cette manière
assimilatrice est aveuglée par les valeurs majoritaires qui privilégient la
puissance intégrative de la famille, pilier de l'état, et de l'école, pilier de la
formation du citoyen républicain.

Ils ne sont pas malades au sens médical ou psychiatrique, ils ne sont pas
handicapés, ils sont passagèrement des cas sociaux qui sont alors pris en charge
par l'A.S.E. qui assure leur survie économique (logement, nourriture, argent de
poche) et leur encadrement éducatif.



La fréquentation quotidienne de ces jeunes révèle une problématique qui n'a pas
de logement dans les nomenclatures identifiant les humains.
Ces jeunes sont habités par les effets de la rupture, ce qui n'est pas pris en
considération.


a) Les habités de la rupture

La rupture avec le milieu familial, scolaire, social, appelle la rupture.


La rupture est immédiatement le lieu d'une intensification de la rupture.


La rupture est immédiatement le lieu d'une épidémie.
Elle fait tache d'huile, elle se répand comme une marée noire, elle atteint tous
les registres de la vie.


La rupture atteint l'identité. Cela se manifeste par la perte systématique des
papiers d'identité, de la carte de santé, de la carte de transport.


La rupture atteint la présence : la date et l'heure sont englouties.
Les rendez-vous, les rencontres organisées, prévues sont dissous comme un
sucre dans un verre d'eau.
Ces rencontres ratées ne sont pas des actes manqués, des oublis au sens des
formations de l'inconscient.
Ces rencontres ne sont pas calculées : dans le langage des banlieues et des cités
le verbe « calculer » est utilisé pour parler de la rencontre avec l'autre.
Il est principalement utilisé à la forme négative :
« je ne l'ai pas calculé = je ne l'ai pas vu, je n'ai pas fait attention à lui ».


La rupture atteint l'image narcissique.
Une question théorique est là à discuter.
D'après la doxa lacanienne, l'image narcissique se constitue à partir de la
reconnaissance de l'image spéculaire (cf. le stade du miroir comme fondateur de
la fonction du je). Or cette reconnaissance appelle une confirmation.




C'est par un mouvement de rotation de la tête vers la mère qui le tient que
l'enfant va chercher la confirmation que cette image dans le miroir est bien la
sienne6.
L'image spéculaire, tel un timbre (avec la jolie proximité du timbre de la voix et
du timbre de la lettre), appelle une opération de marquage par une approbation
verbale : « mais oui c'est bien toi » et un tampon, une oblitération :
« c'est bien toi, c'est ton image ».


Or la rupture atteint les opérations de cette formation de la fonction du je.


Alors, une espèce d'engloutissement touche ce moment où se fait jour la
conscience d'habiter le corps propre.
Le corps propre n'est pas un étranger, pas une étrangeté7, pas un parasite.
Il se manifeste comme un « intermittent du spectacle » !.
Parfois il est utilisé de façon spectrale et spectaculaire pour affirmer une
prestance, l'instant suivant il peut être négligé, il n'a pas de stabilité, pas de
valeur, il est un gadget admirable et négligeable.


Les effets de la rupture nous conduisent à formuler et à étudier la possibilité
d'une constitution qui n'est même pas psychotique.


6

Guy le Gaufey a soigneusement analysé ce mouvement de retournement de la tête

vers l'Autre : « Le second retournement », IV.1.2., le lasso spéculaire, Paris, EPEL,

1997, p.231-241.

7

Peretti H. « Esa extrañeza inquietante » in Me cayó el veinte N°10, Mexico, Editorial Me
cayó el veinte A.C. ,2004.



7

b) une difficulté pour la psychanalyse

C'est un problème, une difficulté pour la psychanalyse qui se trouve confrontée
à la question du hors sujet, du « Horla ».

D'un point de vue clinique des questions simples se posent :

-Y a-t-il eu expérience du miroir, la reconnaissance par le sujet de son
image spéculaire étant constituante de sa réalité ? :

« L'image spéculaire, en raison même de ses affinités, donne un bon symbole
de cette réalité : de sa valeur affective, illusoire comme l'image, et de sa
structure, comme elle reflet de la forme humaine
[.]

Appelons-la intrusion narcissique : l'unité qu'elle introduit dans les
tendances contribuera pourtant à la formation du moi. Mais, avant
que le moi affirme son identité, il se confond avec cette image qui le forme,
mais l'aliène primordialement. 8»

Ce premier temps du stade du miroir est constitutif du je spéculaire, du je
social et du je grammatical.


Lacan ne s'en tient pas à ce premier développement de la constitution
imaginaire du moi et du je. Après 1953, après l'arrivée du ternaire RSI,
l'expérience du miroir trouve une extension dans la présence du sujet au
monde :
« C'est exactement le rapport d'identification qui s'appelle idéal du moi,


à savoir ce point d'accommodation que le sujet, je dirais de toujours.
de toujours, ce n'est pas qui couvre une histoire, à savoir l'histoire de
l'enfant dans sa relation d'identification à l'adulte.

8

Lacan J., « La famille, le complexe, facteur concret de la psychologie familiale.
Les complexes familiaux en pathologie ». in Encyclopédie française, 1938.




.c'est donc d'un certain point d'accommodation dans le champ de
l'Autre.en tant qu'il est tissé, non seulement de la relation symbolique, mais
d'un certain plan imaginaire, tels ses rapports avec les adultes qui veillent
sur sa formation.9 »

Ce scénario lacanien peut se problématiser ainsi :
Si l'image narcissique n'a pas été oblitérée, elle n'a pas de localisation dans le
désir de l' Autre, elle est soumise à une balade sans repères (les instances
freudiennes du moi, du moi idéal, de l'idéal du moi, du surmoi, sont absentes).


La rupture atteignant l'image narcissique prive du rapport au semblable, prive
des procès de rivalité.
Elle expose le quidam à une étrange asocialité par défaut de localisation du soi-
même et de « l'otre » (nous utilisons cette écriture « otre » qui est un néologisme car à ce
stade de la discussion, il n'est pas possible de distinguer « autre » et « Autre »).


La rupture atteint la fonction désirante :
L'inscription dans le désir de « l'otre » ayant été volatilisée, la fonction
désirante n'a pas de sens, elle se modèle à un conformisme statistique ou
télévisuel.


c) une difficulté pour l'entourage

Les jeunes habités par la rupture se manifestent dans une position de passivité
fataliste, soumise, inéluctable, et très irritante pour l'entourage.

Cette économie inédite n'est pas orientée par les figures du sacrifice, du reste,
du déchet qui sont des formations liées au désir de « l'otre ».

La rupture atteint qui veut s'en occuper : l'éducateur, le psy, l'enseignant le
responsable de service.

10 Lacan J. séance du 3 février 1965 du séminaire Les problèmes cruciaux pour
la psychanalyse, version Roussan



Ils vont être atteints d'une paralysie invalidante, il vont être piqués comme par
une mygale.
La rupture contient l'invalidation des protagonistes, mais aucun ne saura jamais
qui a commencé et pourquoi. La rupture met en scène avec fidélité l'interruption
du procès de subjectivation qu'elle a réalisé.


L'irritation de l'entourage tient à sa disqualification :
l'entourage n'entoure plus rien, il ne lui reste que la rage d'avoir été ainsi
disqualifié.


Or le désarrimage du désir de « l'otre » n'est pas total.
A ce moment, l'entourage, principalement éducatif, est sollicité sur le mode de
la tyrannie du dû.
Les expressions insistantes et répétitives sont :
« On me doit cela », « il me faut ça », « j'ai droit à ça ! ».
« L'otre » est une vache à lait qui doit répondre dans l'instant à la demande de
cigarette, de dix euros, de passer un coup de fil, de conduire chez le médecin.
Ces demandes tyranniques ne sont pas inscrites dans un échange, elles
s'imposent avec violence et chantage.
Ces demandes ne méconnaissent pas l'engagement désirant des professionnels
qui sont les interlocuteurs de ces jeunes. Cet engagement désirant est attaqué car
il présentifie le temps où la rupture est venue détruire les engagements désirants
en place (parents, enseignants).
Les jeunes menacent ce désir qui les concerne, et, alors, le soumettent à une
pression qui exhibe la destruction : «si tu ne me donnes pas ça je pète les
plombs, ou je casse tout », « si tu me touches, je porte plainte ».
Il est repérable que cette posture de revendication occupe l'espace, fait du bruit,
paralyse l'autre, le terrifie, le persécute.
En effet, ces demandes tyranniques concernent des choses relativement
mineures, elles font écran.
Elles ne peuvent approcher ce qui est définitivement englouti :
une famille, une éducation, une école, une culture, de l'amour.


Cette posture expose à la rupture par exclusion.




Cette nouvelle rupture ne fera pas leçon, elle ne viendra que comme
confirmation que la rupture est un lieu d'habitation inhabitable.

d) rupture dans la question de la rupture

La rupture atteint la problématique de la rupture.
La rupture n'est pas l'issue d'un procès, d'un conflit.
Le conflit n'a pas eu la place de se constituer, il a été tué dans l'oeuf.


Le conflit est une occasion discursive et politique. Un conflit suppose que des
positions se formulent, s'argumentent, s'affrontent.
La rupture introduit l'abdication de la nécessité discursive et de son
développement.
Alors, elle laisse béant l'espace de la revendication tyrannique.


II Un savoir inédit et gênant

La rupture apporte un enseignement paradoxal sur la rupture.
La rupture a introduit une cassure dans le rapport au savoir.

Comme nous l'avons montré la tyrannique revendication est accompagnée
d'une attaque systématique de l'autre.

Sur l'autre, on ne peut compter en aucun cas, ni recevoir un don de lui.
La rupture de la réciprocité et de tout rapport dialectisé met en branle une
machine célibataire qui avance droit et qui ne connaît que les murs réels.
Ce sont le plus souvent les murs crasseux des cellules de garde à vue des
commissariats de police, de la prison.

La rupture se manifeste comme une lettre sans enveloppe qui est tombée d'un
alphabet non constitué. Le système des signes graphiques qui supportent des



11

sons n'est pas établi ou a été volatilisé. Les sons se baladent sans signe
graphique pour les supporter, ils n'entrent pas dans un système d'écriture10.
La manifestation de cette situation inédite (puisqu'elle reste hors écriture) est
repérable dans le parlé « onomatopéique ». Il n'y a pas de phrase constituée ou
alors elle fait l'objet d'une immédiate destruction.
Les expressions : « je m'en bats les couilles », « enculé de ta mère », « va te
faire foutre », « tête de mort », sont exemplaires de la violence destructrice qui
atteint le corps propre et toute relation socialisée.

a) Rupture dans la psychanalyse

La rupture fait enseignement dans la mesure où elle introduit de la démesure, de
l'insaisissable, de l'aberrant, de l'irrationnel non délirant. Elle fait rupture avec
le champ de la parole et du langage tel que Lacan l'avait circonscrit à Rome.


La rupture ouvre un champ peu propice à un jardinage avec les outils de la
psychanalyse. Cependant ces outils, du fait de leur inutilité, se trouvent
utilisables par ce qu'ils ne peuvent atteindre.
D'une certaine façon les manifestations de la rupture découvrent des régions
inconnues des arpenteurs de l'inconscient.
Leur impuissance théorique et pratique les rend innocents, incompétents,
désolés et désolants.
Ces qualités favorisent une proximité avec ces autres innocents que sont les
habités de la rupture.


La psychanalyse dans sa version freudienne et lacanienne d'avant « Encore »
croit encore en l'analyse, à la maturation, à l'élaboration du sujet, à
l'herméneutique.


Lacan prend des précautions et évoque la situation d'avant le sujet, d'avant la
subjectivation :


10

Allouch J., « La "conjecture de Lacan" sur l'origine de l'écriture », in Lettre pour lettre
Toulouse, Erès,1984.



« C'est exactement dans la mesure où la parole progresse que se réalise cet
être, bien entendu absolument non réalisé au début de l'analyse, comme au
début de toute dialectique, car il est bien clair que si cet être existe
implicitement, et d'une façon en quelque sorte virtuelle, l'innocent, celui qui
n'est jamais entré dans aucune dialectique, n'en a littéralement aucune espèce
de présence de cet être, il se croit tout bonnement dans le réel.11 »

Ce développement concernant la rupture apporte une question théorique
cruciale : en effet il n'est guère possible de savoir si l'innocent n'est jamais
entré dans une dialectique ou si cette entrée a été détruite par la rupture.

Or, il n'y a pas de sujet de la rupture, la question du sujet est atteinte de façon
inédite et ineffable.

b) La rupture fabrique des « ahuris ».

La rupture précoce d'avec les lieux où se dialectisent les identifications
constitutives, conduit à la mise en place de stratégies de survie12 et fabrique des
« ahuris innocents ».
Ces « ahuris », qui sont inévitablement menteurs, trompeurs, voleurs,
falsificateurs assurent leur position de hors sujet.


La réparation est l'erreur politique qui a conduit les services sociaux à proposer
des solutions de remplacement à la rupture d'avec le milieu familial et scolaire.


Ces solutions de remplacement sont calquées sur le modèle du milieu qui n'a
pas contenu ses membres. Les foyers et les familles d'accueil restent des
modèles conformes avec les lieux qui ont été discrédités par la rupture :
la famille et l'école.
Ces solutions réparatrices effacent, dénient la rupture.


11

Lacan J., Les Écrits techniques de Freud , 30 juin 1954, Sténotypie.

12

Léthier R., « Les stratégies de survie », 2003, inédit.



13

c) Comment respecter la rupture ?

Respecter la rupture est une pratique de l'inhabitable.
Pratiquer l'inhabitable est un exercice collectif, car pratiquer l'inhabitable en
solitaire est mortel.
Ce nouveau collectif habilité à occuper l'inhabitable est proche de ce que
Georges Bataille a appelé « la communauté négative : la communauté de ceux
qui n'ont pas de communauté.»


Pratiquer l'inhabitable consiste à développer un bouillon de culture dans la
communauté négative. La création d'un marais nauséabond et en même temps
étrangement accueillant dans lequel les germes peuvent commencer à se
développer.


La communauté négative n'est pas docile. Elle ne sera ni domptée, ni adaptée.


III Alors la subjectivation ?
une expérience qui flirte avec la schizophrénie.

Il n'y a pas de terme diagnostic pour nommer ces situations.
Ces situations ne sont pas vraiment habitées, ni par un individu, une personne,
une personnalité, un sujet.
Les habités de la rupture se retrouvent proches des schizophrènes, sans pour
autant pouvoir être supportés par ce terme si pratique en psychiatrie.
L'article de François Perrier « Fondements théoriques d'une psychothérapie de
la schizophrénie »13 est pour l'occasion très éclairant pour essayer d'approcher
les mécanismes en jeu chez les habités de la rupture.


13

Perrier F., « Fondements théoriques d'une psychothérapie de la schizophrénie »
in L'Évolution psychiatrique, tome 2,1958.




14

La définition que François Perrier donne des schizophrènes leur convient
presque bien :

« Des voyageurs sans bagages, sans patrie, sans itinéraire, qui ignorent à ce
point leur statut d'étrangers qu'ils ne se sentent jamais importuns, jamais
responsables, jamais insignifiants. »14

Les habités de la rupture n'inspirent pas les psychiatres car ils ne sont pas
fiables. Il n'est pas sûr qu'ils prendront leur traitement, ils fuguent de l'hôpital,
ils taguent leur chambre; ce ne sont pas des vrais malades.


A l'instar des schizophrènes, les habités de la rupture présentent une carence
foncière de la catégorie de l'imaginaire, tout au moins sur le plan de la relation à
l'autre15.
En effet, le procès d'identification spéculaire, le procès de rapport de rivalité au
semblable n'ont plus cours ou ont été annihilés par une circonstance soudaine,
incompréhensible, engloutissante.
Comment un enfant peut-il intégrer le fait d'être battu à mort, d'être violé ?


Freud avec « Un enfant est battu »16 avait intégré un versant de cette expérience
dans la construction grammaticale d'un fantasme, Lacan commence son
parcours avec sa thèse « De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la
personnalité »17, la magistrale reprise de cette thèse par Jean Allouch découvre
ce lien inédit entre la folie et l'enfant mort18.


C'est une destruction du statut de l'humain, c'est une destruction des valeurs qui
soutiennent l'existence humanisée.


14

Perrier F. op.cit. p. 439.

15

Mélenotte G-H., Substances de l'imaginaire, Paris, EPEL, 2004.

16

Freud S., « Un enfant est battu » in Névrose, psychose et perversion, Paris, P.U.F.,
1973,p.p. 219-243.


17

Lacan J., De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité,
Paris, Seuil,1975.


18

Allouch j. Marguerite ou l'Aimée de Lacan, Paris , EPEL, 1994.



A l'instar des schizophrènes, les habités de la rupture présentent une absence de
moi.
Leur dire, leur présence ne se brode pas dans la trame, le canevas d'un passé
symbolisé.
Une réparation idéalisante et artificielle est l'artifice utilisé pour essayer de se
rebrancher avec la culture humaine.
L'effet de la rupture insiste de façon prégnante, il annihile la tentative de se
fabriquer une présence normalisée.
Cette tentative est en général immédiatement désavouée par un passage à l'acte
destructeur, une agression sauvage, une fugue.
Il est remarquable que des expériences de socialisation, de participation active à
un groupe organisé (classe, groupe de formation professionnelle, le permis de
conduire) peuvent être fortement investies, marquées par une application
studieuse et courageuse, et patatra !
au moment de la validation, l'échafaudage s'écroule avec le bâtiment, et il n'y a
même pas de regret.


Les habités de la rupture sont soumis à un principe économique très efficace :
« Il ne faut pas que cela réussisse ».
Ce principe est une modalité du respect de la rupture.


Une autre manifestation de la rupture, enchaînée avec les précédentes, consiste
au développement de postures qui poussent à la maîtrise.


L'être volatilisé par la rupture pousse les adultes à des interventions de maîtrise :
-une maîtrise physique réelle, assurée par des vigiles qui empêchent les
destructions matérielles, les agressions sauvages.

-une maîtrise morale et éducative, assurée par les éducateurs, les
animateurs d'atelier, qui patiemment réintègrent les jeunes dans un fil de
présence, de relation, et leur rappellent les règles de vie dans la
communauté négative.

Ce pousse à la maîtrise témoigne de la rupture de la posture du maître qui n'a
pas su tenir contenir ses « ouailles ».



Pour conclure provisoirement

Ces pérégrinations dans les arcanes de l'inhabitable nous conduisent à nous
inspirer des manières utilisées par des artistes pour non seulement survivre.
Ils apportent à l'humanité des astuces qui contiennent le respect et l'admiration.
Nous développerons ultérieurement les manières de Simon Hantaï19 et de David
Nebreda20.


La fréquentation des habités de la rupture entraîne une subversion des pratiques
dominantes de nomination, de possession et d'analyse.


Le dépouillement de l'être socialisé l'expose à la crudité de la langue non
habitée, juste tremblante, juste dansante.


La suspension des procès d'identifications livre à une présence hors sens, juste
soutenue par ce que la langue contient de diableries.
Les diableries de la langue prêtent à rire, elles introduisent à l'homo ludens, à
celui qui inaugura l'humanité21.


Roland Léthier, avril 2005

19

Didi Huberman G., L'étoilement, conversation avec Hantaï, Paris, Minuit, 1999.

20

Lauze M. et Rouaud J. « Je me transformerai en l'un de vous et je le détruirai » in
L'Unebévue N°22, Paris, L'Unebévue-éditeur, décembre 2004.

21

Bataille G., Bataille -Lascaux, Genève, Skira, 1955.

jeudi, avril 27, 2006

le titre de psychothérapeute

Chers amis,
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-après le deuxième courrier relatif au titre de psychothérapeute en France, que j’ai adressé le 21 avril 2006 au Ministre de la Santé au sujet du nouveau projet de Décret qu’il a dévoilé le 7 avril 2006, pour l’application de l’article 52 de la Loi du 9 avril 2004.
Comme le courrier du 7 mars 2006 qui vous a été diffusé précédemment, ce document est publié sur le site www.IHEP.fr - où il est également possible de s’associer à sa signature, à l’adresse lettre-21-avril-2006@ihep.fr
LE TEXTE DE CE COURRIER TRÈS DÉVELOPPÉ AU MINISTRE NE SEMBLE PAS POUVOIR ÊTRE DIFFUSÉ INTÉGRALEMENT DANS UN TEL ENVOI COLLECTIF, AUSSI VOUS VOUDREZ BIEN TROUVER L’ENSEMBLE AVEC ANNEXES À L’ADRESSE WWW.IHEP.FR , aussi avec version « PDF » téléchargeable.
Bien cordialement,
René Major
rene.major@ihep.fr

____________________________________________


Docteur René MAJOR
23, quai de Bourbon
75004 Paris
0146336876
[ www.ihep.fr ]

Paris, le 21 avril 2006

Monsieur Xavier BERTRAND
Ministre de la Santé et des Solidarités
14, avenue Duquesne
75007 Paris

Monsieur le Ministre,
Je vous remercie de votre réponse à mon courrier précédent du 7 mars 2006, relatif au projet de décret, en date du 10 janvier 2006, d’application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004, relatif à l’usage du titre de psychothérapeute.
Le nouveau projet de décret que vous avez communiqué le 7 avril [2006] étant disponible dès l’après-midi sur des sites de l’Internet, j’ai pu apprécier sur quels points nos réflexions s’étaient rencontrées, sans attendre l’analyse de mon courrier que vous annonciez avoir requise du Directeur de l’Hospitalisation et de l’Organisation des soins.
Ce nouveau projet du 7 avril 2006 appelle de nouvelles réflexions, sans ôter aux précédentes dont je joins une copie mémoire.
1. J’indiquerai tout d’abord deux points omis précédemment :
1.1. En premier lieu, je suis surpris qu’un projet de décret restreignant l’usage d’un titre professionnel, et par là touchant au principe de liberté d’exercice des professions, ne paraisse pas préparé en coordination avec la Chancellerie. Il me paraît que la sécurité juridique des intéressés à ce décret et le sérieux qu’il mérite justifieraient amplement une telle démarche en un domaine si connu pour engendrer des déconvenues imprévisibles, s’agissant de la matière délicate de grand principe du droit de liberté d’exercice des professions, si ce n’est principe à valeur constitutionnelle. L’on n’attend d’ordinaire d’aucun ministère de pouvoir assurer une sécurité juridique convenable en tel domaine, sans lumières de la Chancellerie. Le Conseil d’État pour avis pourrait s’étonner qu’un projet de décret à prendre par le Premier Ministre en un tel domaine ne présente, de façon manifeste, pas trace d’une telle précaution.
1.2. En second lieu, je me suis avisé d’une éventuelle confusion dans la représentation devant vous, pour la préparation de ce décret, des « psychanalystes et de leurs associations », selon les termes des dispositions législatives qu’il s’agit d’appliquer. En effet, ces dispositions n’ont pas pour finalité de reconnaître « les psychanalystes et leurs associations », même si ceux-ci sont dûment constatés à cette occasion, mais de créer le titre de psychothérapeute et de restreindre le droit d’usage de celui-ci.
Les questions que cet aspect d’application soulèvent se divisent en deux branches : la représentation des psychanalystes et de leurs associations dans le cadre législatif des dispositions de l’article 52, la nature spécifique des « associations de psychanalystes » constatées par ces dispositions.
1.2.1. Sur la représentation des psychanalystes et de leurs associations :
Sont tout d’abord mentionnés pour l’usage de droit du titre de psychothérapeute les titulaires d’un diplôme de docteur en médecine, et les récipiendaires du titre de psychologue, ce dernier dépendant lui aussi exclusivement de la titularité de diplômes. Or, de nombreux psychanalystes sont dans l’un ou l’autre de ces deux cas. La titularité de diplôme étant viagère, il s’en évince que dans ces deux cas le droit d’usage du titre de psychothérapeute le sera aussi, autant qu’une activité professionnelle sera exercée tout du moins. La stabilité du droit au titre de psychothérapeute des titulaires d’un diplôme de docteur en médecine et des récipiendaires du titre de psychologue est donc elle-même ainsi quasi-viagère. S’agissant des titulaires de tels diplômes, ils n’avaient nul besoin de la mention supplémentaire « des psychanalystes et de leurs associations » dans la loi pour bénéficier, et à vie ou presque, du droit d’usage du titre de psychothérapeute.
Dès lors, la mention « des psychanalystes et leurs associations » n’a de portée spécifique qu’en ce qu’elle vise ceux des psychanalystes ni titulaires d’un diplôme de docteur en médecine, ni récipiendaires du titre de psychologue.
Surabondamment, il semble que ces psychanalystes au sens des dispositions de l’article 52, qui se voient reconnaître le droit d’usage au titre de psychothérapeute par suite d’enregistrement sur annuaire de leurs associations, disposent de ce droit à titre annuel, ce qu’indiquerait le terme « annuaire », par différence avec diplôme par hypothèse « à vie », dont la collation relève du monopole légal de l’État. Il ne saurait en effet être question de confondre la mention sur annuaire avec la collation d’un diplôme, ni les effets généraux de ces actes, ce que la loi représente fort bien.
Et dès lors, l’on ne saurait concevoir, au sens, pour portée effet et application des dispositions législatives qui nous occupent, que des psychanalystes titulaires d’un diplôme de docteur en médecine ou récipiendaires du titre de psychologue représentent devant vous « les psychanalystes et leurs associations » dans le cadre et au sens des dispositions de l’article 52, et pour commencer lorsqu’il s’agit de concertation pour l’élaboration du décret d’application. Surabondamment, dans le cas de droit annuel dû à la mention d’« annuaire », des personnes titulaires d’un droit viager ou quasi-viager ne sauraient représenter d’autres personnes à droit annuel, avec circonstance aggravante dans laquelle lesdites personnes à droit viager cumuleraient le droit annuel : le conflit juridique d’intérêts en chaque personne concernée par ce cumul de droits distincts au sens de l’article 52 serait de plus fort manifeste, au détriment aggravé des personnes titulaires seulement du droit annuel.
C’est exactement le cas ouvert par l’article 52. Il est manifeste que la mention « des psychanalystes et de leurs associations » dans les dispositions de l’article 52 a pour seul sens de désigner les psychanalystes qui n’ont pas déjà, prévu par les dispositions de cet article même, droit distinct d’usage viager ou quasi-viager du titre de psychothérapeute reconnu au titre de diplômes soit de docteur en médecine, soit de psychologue.
Certes, vous avez observé dans la réponse que vous m’avez faite, que je m’adressais à vous avec due mention de ma qualité de docteur en médecine. Mais vous avez pu observer aussi que j’invoquais dans mon courrier la qualité de psychanalyste, et par là, l’intérêt légitime que je présente à évoquer la psychanalyse envers vous, au delà des seules dispositions de l’article 52. L’intérêt légitime que j’invoque relatif à la psychanalyse m’autorise à m’assurer que la psychanalyse et les psychanalystes sont correctement représentés devant vous.
Et en l’occurrence, l’intérêt et réputation de la psychanalyse et dès lors des psychanalystes impose de considérer que pour la représentation de ceux-ci et de celle-là devant vous pour concertation sur teneur du projet de décret à établir, au sens des dispositions législatives qu’il s’agit d’appliquer, il vous appartient de vérifier les conflits d’intérêts précités en la personne de chacun de vos interlocuteurs. Il appartient dès lors aux associations concernées de désigner des personnes présentant la seule qualité convenable pour participer devant vous à la concertation en tant que représentants ad hoc d’associations de psychanalystes au sens limitatif des dispositions législatives de l’article 52, et point en de quelconques autres perspectives hors de propos.
1.2.2. Sur la nature spécifique des « associations de psychanalystes » constatées par les dispositions de l’article 52 de loi du 9 août 2004 :
1.2.2.1. Il est constant que l’expression « leurs associations », s’agissant des « psychanalystes » dans les termes des dispositions de l’article 52, vise des associations du régime de la loi du 1er juillet 1901. Il ne saurait être contesté non plus que le pronom « leur », quoique dit en grammaire « possessif », ne puisse dans ces conditions indiquer en droit une « possession » imaginaire contraire d’ordre public au régime prévu par les dispositions de la loi du 1er juillet 1901. Or, jusqu’aux plus récents communiqués d’organisations de diverses professions inclus, et dans la concertation avec le ministère, la plus grande confusion semble perdurer. Il semble que soient très largement confondues les notions d’« association de psychanalyse », dont le « but associatif » présente le thème de « la psychanalyse », et d’« association de psychanalystes ». Si bien que pour la compréhension de la question au sens des dispositions de l’article 52, l’exemple le plus plaisant rencontré ne me paraît pas superflu : en termes juridiques, une association de boulangers ne saurait être composée d’amateurs de la brioche et d’historiens de la baguette ; une association de psychanalystes ne saurait être composée que de psychanalystes, comme une association de boulangers, de boulangers. Tel est le seul sens juridique possible aux termes « leurs associations » : non sens possessif, mais sens de composition desdites associations. Ceci, pour ce qui concerne les membres ayant participation statutaire en assemblée générale et désignés à tous organes d’administration, collectifs ou individuels, à l’exclusion de tous autres que psychanalystes en assemblée générale et auxdits organes dans les faits pratiqués, et quelques autres critères de pur fait à constater.
Ceci ne bouleverse en rien directement les associations plus larges « de psychanalyse », mais les dispositions de l’article 52 évoquant les « associations de psychanalystes » par les termes « leurs associations », il vous appartient de vérifier que les interlocuteurs que vous recevez, dans le cadre de l’article 52 et d’abord de préparation de ses mesures d’application, comme représentants des associations relatives à la psychanalyse, sont effectivement selon les statuts associatifs respectifs des représentants d’associations « de psychanalystes » comme les dispositions législatives d’article 52 l’exigent. Ceci, pour la clarté et régularité des débats à présent, et surtout à l’arrière plan la question précédente relative à conflits juridiques d’intérêts en chaque personne respective de représentant.
1.2.2.2. Pour le futur, i.e. après promulgation d’un décret d’application, l’on trouve sans cesse soulevée la question selon laquelle les associations relatives à la psychanalyse envisagées par l’article 52, se mettraient à pulluler aux seules fins d’abus de droit à l’usage du titre de psychothérapeute par confection d’annuaires frauduleux, ou, pire, même pas perçus comme frauduleux. Ceci semble même agité comme une menace d’origine bien entendu indéterminée, par nombre de participants à la concertation jusqu’ici. La question semble vous laisser sans voix, puisque dans l’entretien que vous avez accordé, paru dans l’édition du 8 avril 2006 du quotidien Libération, vous en attendez de vos interlocuteurs la réponse.
D’un côté, je pense comprendre très bien cette « bonne politique » ; d’un autre côté, ceci est une raison de plus de vous inviter à procéder à la préparation du décret conjointement avec la Chancellerie, comme évoqué ci-avant, plutôt que de laisser vos interlocuteurs dans le vague de leurs digressions. En tout hypothèse, des éléments de la réponse à cette question si insondable semblent se présenter pour moitié dans les paragraphes qui précèdent, relatifs à la distinction entre « associations de psychanalyse » dont le sort est indifférent à l’article 52, et « associations de psychanalystes » seules considérées par les dispositions législatives de cet article. Sans question d’improbation ni approbation de ma part à cet égard, comme je pourrais l’indiquer de tous autres points soulevés : mais nulle opinion ne saurait modifier le droit en vigueur au fil de l’examen des questions que présente celui-ci.
1.2.3. La composition et de là la nature des associations de psychanalystes étant précisées, reste à constater selon des critères juridiques la qualité de psychanalyste pour la composition desdites associations :
1.2.3.1. Comme il ne semble pas qu’un Ministre de la Santé ou même un Premier Ministre puisse présenter la témérité de définir par mesure à caractère réglementaire ce qu’est un psychanalyste, il en découle que cette question restera une question de fait, et comme telle, ressortissant selon le droit commun à la compétence en dernier ressort des Juges du fond et du contrôle de droit des Hautes Juridictions.
Mais l’administration n’est pour autant pas démunie pour remplir son rôle de prévention de la provocation à contentieux, ce qui serait le cas en celui de passivité sur cette question. Je vous prie donc de bien vouloir vous reporter sur ce point aux passages de mon courrier du 7 mars 2006, ci-joint en copie mémoire, relatifs à l’expérience et au précédent juridique de substance de travaux de Commission Gérolami, dont vous n’aurez pas de peine à vous procurer les travaux soit directement par vos services, soit par ceux dépendant des Finances.
Bien entendu, si les DDASS ne pourront qu’avoir, au titre de police administrative, à cœur de déjouer les fraudes à la loi dans la prétention à la constitution fantaisiste d’associations de psychanalystes et constitutions de faux annuaires, il est à noter que de tels actes seraient susceptibles de lourdes qualifications selon le droit commun du Code Pénal, de nature à dissuader les candidats à la fraude. Bien plus, l’on doit s’attendre, s’agissant d’interlocuteurs sérieux, qu’en particulier les représentants des psychothérapeutes non psychanalystes, mais aussi ceux des médecins et des psychologues, soient les premiers à exercer leur vigilance sur cette question, à propos non pas de praticiens inconnus perdus dans la nature, mais qui viendraient, par hypothèse, se signaler eux-mêmes à l’attention par inscription volontaire sur les listes départementales.
1.2.3.2. Ceci pose la question des mesures d’accès public aux listes départementales. D’évidence, l’accès public purement local et exclusivement sur archaïque support papier prévu par votre projet de décret du 7 avril 2006 aux « cent » listes départementales est de nature à rendre inefficace le dispositif prévu par la loi, en présentant provocation à fraudes et contentieux. Ceci paraît inconcevable de la part du Ministère de la Santé en un domaine si sensible, où la coopération de tous pour le respect mutuel par chacun s’impose.
Vous ne pourrez dès lors conclure qu’à la nécessité de rendre public « en temps réel » sur l’Internet l’ensemble des listes départementales, présentées de manière homogène, avec accès commun sur le site national du Ministère de la Santé et possibilités de recherches « multicritères » ; au cas contraire, c’est le pouvoir réglementaire lui-même et l’administration qui seraient seuls responsables de quasi-fourniture de moyen de fraude démultipliée par le nombre de départements, et de contentieux démultipliés. La garantie du minimum qu’il est possible par l’État est à ce prix, au demeurant trop peu élevé pour qu’il soit contesté.
Si le Ministère de la Santé n’assume pas la loi de la sorte, il est inutile d’attendre qu’elle le soit par d’autres : et il est à prévoir que les juridictions ne se prêteront pas à parer aux carences du pouvoir réglementaire et de l’administration à ce sujet, qui seraient caractéristiques d’une recherche d’échec dans la mise en œuvre de la loi. Je ne peux que souligner que d’autres législateurs d’Europe notamment observent avec le plus grand intérêt l’originalité, souplesse et rigueur articulées de la solution législative retenue, mais qui ne pourront se reconnaître que dans l’application, et que seront scrutées les origines d’échec éventuel quant à la mise en œuvre.
1.2.3.3. Et bien évidemment, le régime du titre de psychothérapeute et ses finalités, prévus par la loi, ne sauraient nullement être respectivement réalisé et remplies, s’agissant des psychanalystes, sans indication sur les listes départementales de l’inscription sur annuaire d’association, et de quelle association.
D’une part, l’absence de telles indications sur la liste publique constituerait aussi, de la même façon qu’évoqué ci-dessus, incitation et fourniture de moyens par abstention, à la fraude à la loi, de la part du pouvoir réglementaire et de l’administration. D’autre part, l’enregistrement sur annuaire d’association de psychanalystes est posé par les dispositions de l’article 52 comme constatation, selon finalité spécifique de la loi, d’une formation équivalente à celle suivie par les titulaires d’un diplôme de docteur en médecine et à celle suivie par les récipiendaires du titre de psychologue, dans la catégorie qui leur est commune du droit d’usage du titre de psychothérapeute.
Dès lors, dans le cadre des dispositions de l’article 52 de la loi du 9 août 2004, le régulier enregistrement sur les annuaires des associations de psychanalystes est, par constatation législative, représentatif de formation, de la nature de celles dont l’indication à la disposition du public sur la liste des personnes ayant droit d’usage du titre de psychothérapeute est rendue impérative par la loi.
Ceci renseigne d’ailleurs sur les critères, ou plutôt le « faisceau de critères (ou : de motifs) », en termes classiques de raisonnement juridictionnel, de ce que la loi qui nous occupe entend par « association de psychanalystes », ôtant tout espoir de fraude brute ou plus subtile par « syncrétisme des pratiques », pour ce qui concerne la psychanalyse regardée par la loi en les seules « associations de psychanalystes » à l’effet que ses dispositions prévoient.
1.2.3.4. Et dès lors, par la connaissance donnée au public, en ce compris tous autres récipiendaires du droit d’usage du titre de psychothérapeute, de l’enregistrement sur annuaire d’association de psychanalystes, et respectivement lesquelles, le pouvoir réglementaire et l’administration auront évité l’incitation et complicité passives de fraude à la loi ou autres « simples » détournements.
Au demeurant, si, comme je le crains et le soulevais plus haut, la mention d’« annuaire » dans les dispositions législatives d’article 52 évoque une justification annuelle — il s’agit des « psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations », je ne vois pas bien l’intérêt de déclarations frauduleuses ou imprudentes à répétition annuelle et à effet seulement annuel, mises en perspective des lourdes sanctions encourues selon le droit commun. L’articulation d’une telle observation avec la due publication des indications d’inscription sur annuaire d’association de psychanalystes, et respectivement lesquelles, rendrait de plus fort fantaisistes les récriements relatifs à pullulation d’associations de psychanalystes et annuaires relevant de la fraude, de l’abus de droit ou détournement de la loi, en rendant le profit de ces infractions aussi éphémère qu’asymptote à zéro.
La prescription desdits actes d’infraction ne serait jamais acquise, puisque ces actes par hypothèse seraient renouvelés chaque année pour un effet annuel. Quant à la fraude, elle exclut par nature toute prescription au bénéfice de son auteur en droit public. Plus fort encore, aucun droit acquis d’une durée supérieure à celle de l’année en cours ne pourrait être opposable à l’administration, puisque l’effet des actes d’inscription sur annuaire ne peut être qu’annuel, selon les termes mêmes des dispositions de la loi.
1.2.4. Ainsi se complète la question relative aux « associations de psychanalystes » à propos de laquelle vous avez déclaré par voie de presse solliciter des éclaircissements ; et bien d’autres points trouvent leur solution à l’occasion des mêmes éclaircissements, le tout sans attentat aucun à la liberté d’association à valeur constitutionnelle, organisée par la loi du 1er juillet 1901, comme vous l’avez rappelé avec l’insistance qui convient notamment dans l’entretien publié dans l’édition du 8 avril 2006 du quotidien Libération.
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Il en ressort de plus fort que la réputation des psychanalystes dans leur ensemble, au sens large, et de la psychanalyse, ne pourrait qu’être entachée par des représentations devant vous faites par des personnes présentant conflit d’intérêts, au sens des dispositions législatives qu’il s’agit d’appliquer. Vous avez pu constater à mon courrier précédent, comme il est et sera le cas de celui-ci, que la totalité de mes observations relatives « aux psychanalystes et leurs associations » s’inscrivent dans cette même préoccupation, la qualité de titulaire de diplôme de docteur en médecine portant fondement symétrique et cumulé à de telles observations relatives à confusions éventuelles de qualités et conflits juridiques d’intérêts, ainsi qu’à autres abus de toutes origines dans l’application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004.
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2. Je poursuis dès lors par de nouvelles et itératives considérations sur le plus récent projet de décret, en date du 7 avril 2006 :
2.1. J’ai relevé dans votre projet de décret communiqué le 7 avril 2006 la nouvelle rédaction de l’article 1er, débarrassée désormais de la mention que l’usage du titre de psychothérapeute exigerait l’exercice de l’activité de psychothérapie. Nos réflexions se sont donc rejointes sur ce point. Mais quelle n’est alors pas ma surprise de voir cette exigence revenir à l’article 4 du projet de décret, alinéas 2 et 3.
L’article 1er ayant été dûment corrigé depuis mon courrier précédent, la double mention résiduelle à l’article 4 des termes « en tant que psychothérapeute » aux alinéas 2 et 3 doit être attribuée à l’inadvertance.
2.2. Je reviens sur l’article 4, son alinéa 1er cette fois. Il est prévu « Elle (l’inscription sur la liste départementale) doit s’effectuer avant l’installation du professionnel ».
Sauf votre respect, comment voulez-vous qu’un titulaire du diplôme de docteur en médecine, inscrit au Tableau de l’Ordre et exerçant la médecine, puisse exercer son droit à l’usage du titre de psychothérapeute, s’il doit pour cela d’abord se faire omettre du Tableau et liquider son cabinet, pour le rouvrir après son inscription sur la liste des psychothérapeutes lorsqu’il s’avise de vouloir exercer son droit à l’usage de ce titre ?
D’ailleurs, il s’agit dans les dispositions législatives de l’usage d’un titre par un professionnel non déterminé, et il est illogique de reconnaître cet usage de titre par inscription sur la liste alors que ledit professionnel ne serait pas encore « installé », ce qui signifie qu’il ne serait pas encore « professionnel » au moment de son inscription sur la liste départementale des psychothérapeutes.
2.3. L’article 7 se voit affublé de l’expression maintenue, quoique légèrement transformée, d’« une connaissance des fonctionnements et processus psychiques ». Mais il n’entre toujours pas dans les compétences du Premier Ministre de décider que le « psychique » « fonctionne » et est pourvu de « processus » à l’instar d’une usine d’emboutissage. Ceci représente un parti-pris incompatible avec la neutralité de l’État et ne désigne que des descriptions mécanicistes. Il entre éventuellement dans la compétence du Premier Ministre de constater que se présentent des « théories et-ou doctrines relatives au psychisme » — au moins comme l’on dit « doctrines juridiques » de différents auteurs en sciences juridiques.
2.4. Enfin, il est apparu selon vos déclarations parues dans l’édition du 8 avril 2006 du quotidien Libération, que vous vous interrogiez sur une éventuelle trop brève formation à la « psychopathologie clinique » prévue dans votre projet en cent cinquante heures et quatre mois de stage, et attendiez des observations à ce sujet. Or, une telle question est en l’occurrence étroitement liée à celle de la responsabilité encourue par la personne morale de droit public de l’État.
2.4.1. On peut lire dans un article paru dans l’édition du 9 avril 2006 du journal Le Monde que des participants à la concertation s’élèvent contre une éventuelle brièveté de formation. Je crains qu’il s’agisse des mêmes qui par ailleurs s’élèvent contre la perspective de détournement du texte législatif prévoyant la création d’un titre, pour en réalité ériger une nouvelle profession par l’exercice du titre — que cette profession soit « réglementée » au sens du Code de la Santé publique ou autre n’importe nullement à cet égard ; je ne peux que vous contredire sur ce point, même si c’est à d’autres égards qu’il importe. Il semble que ces personnes ne se soient que fort peu avisées que plus la formation prévue est artificiellement longue, par rapport aux finalités et mentions restrictives claires du texte législatif, plus l’on tend vers la constitution juridique d’une nouvelle profession, qu’elle soit ou non « profession réglementée » : l’on ne peut vouloir à la fois tout et son contraire, ou du moins si on le peut, reste à savoir l’effet recherché de le vouloir.
Votre appel à observations à ce sujet d’éventuelle insuffisance de durée de formation, paru dans la presse, n’en présente dès lors que plus de saveur. Mes observations seront dès lors les suivantes : la durée de formation dite « théorique » en cent cinquante heures convient aux finalités des dispositions législatives d’article 52 et aux termes de celles-ci, tandis que la durée de formation dite « pratique » comme stage en quatre mois est excessive, sans parler de la mention « au moins » appliquée à cette durée — une durée de trois mois d’un tel stage étant largement suffisante.
Précisément, une durée de formation à la « psychopathologie clinique », qui laisserait par sa seule longueur entendre au public l’acquisition de compétences aux pratiques de psychothérapies, auxquelles les dispositions de l’article 52 restent indifférentes, engagerait la responsabilité de la personne morale de droit public de l’État qui en cela aurait dépassé la prudence du Parlement.
2.4.2. Vous conclurez dès lors à éviter d’engager cette responsabilité de l’État, comme le Parlement vous y a invité par débats compris, en signifiant, par une durée de formation à la « psychopathologie clinique » convenablement brève, que l’État ne se porte en rien garant des pratiques de psychothérapie, mais exige de ceux qui les pratiquent une connaissance en commun de la « psychopathologie clinique » appropriée à faire supporter aux praticiens et à eux seuls, et non à l’État, la responsabilité civile et pénale de l’application des pratiques psychothérapeutiques qu’ils décident ou non de proposer en chaque cas individuel particulier de personne qui se présente à eux.
Un avertissement circonstancié à cet effet porté sur les listes mises à la disposition du public paraît s’imposer ; à défaut de quoi, l’État serait attrait devant les tribunaux en tout contentieux indemnitaire, et ces contentieux indemnitaires eux-mêmes pulluleraient de façon autonome en épidémie comme résultant du moindre désagrément ou de la moindre déception parfaitement subjective. Or, il importe que l’État ne puisse être condamné en la matière qu’au cas de faute lourde des services de l’enregistrement sur liste, la situation étant aggravée par une « décentralisation » départementale très dangereuse à ce sujet. Le Parlement, en paraissant laisser les décisions d’inscription aux services départementaux de l’État, a commis là une apparence de décalque irréfléchi du régime d’inscription sur liste des psychologues. En effet, les inscriptions de psychologues résultent de la seule titularité de diplômes, ce qui n’est pas le cas de la reconnaissance du droit d’usage du titre de psychothérapeute, et ce qui est insusceptible, s’agissant des psychologues, d’engager la responsabilité indemnitaire de l’État quant aux pratiques de ceux-ci, au contraire des personnes dont le droit d’usage du titre de psychothérapeute sera reconnu par inscription sur liste.

mercredi, avril 26, 2006

Illettrisme et Sexuation-Essai, de Charley Supper

Illettrisme et Sexuation-Essai, de Charley Supper
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Table des Matières


INTRODUCTION : Quel Illettrisme ?
1 - Est-il possible d'aborder l'illettrisme sans aborder la sexuation ?
2 - La Lettre et la Sexuation.
3 - Métaphore et Métonymie.
4 - L'Amour et la Mort.
5 - La Coupure signifiante.
6 - Dépasser les bornes !
7 - L’Autre de la lecture.
8 - Où 4 = 3.
9 - Mais qu’est-ce qui pue comme ça ?
10 - INTRINSEQUE-EXTRINSEQUE, le retournement .
11 - La double négation
12 - Le "Faut du Vrai" - Le Vrai du Faux.
13 - Vérité et Sexuation.
14 - Une logique trinitaire.
15 - L’Amour et la Haine.
16 - Circulez, il n'y a rien À voir !
17 - Le Hasard et la Nécessité.
18 - Les Trois Personnes de la Trinité grammaticale.
19 - Arrière toute !
20 - Le dénouage du Noeud Trèfle.
21 - A comme Amour ou comme l'Autre.
22 - ILLETTRISME ET DIFFERENCE 134
23 - Délire, dé-lire et délier. 141
24 - SE DONNER UN GENRE. 151
25 - Conclusion : Quel savoir faire? 151
INDEX 154
BIBLIOGRAPHIE.



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(Début du Chapitre 2)

Fg du Temple, 17/10/01. O verbe, ô mon Époux, montrez moi
le lieu où vous vous êtes caché !
Saint Jean de la Croix :
(Le Cantique spirituel).
"Très vidit et Unum adoravit"
(Il vit trois personnes et les adora en Une).
Hymne de Saint Ambroise.





2 - La Lettre et la Sexuation.





.Il y a lettre et Lettre...
Tout d'abord la petite lettre a, b, c, etc..., soit la lettre de l'alphabet.
Déjà ici nous avons à faire un effort inhabituel pour parvenir jusqu'à ce qu'elle représente symboliquement.

Tous, nous savons ce qu'est un "a".
Un "a" c'est un "a". ("A la guerre comme à la guerre", ou "ce qui est dit est dit"!)

Ici sans le savoir nous faisons référence à la symbolique des mathématiques qui tendrait à vouloir nous faire tenir pour établi que A = A. Une tautologie, autrement dit!
Rien n'est moins sur aujourd'hui où les éléments d'une logique non analogique sont définitivement acquis.
En effet, symboliquement, "la Lettre" fait référence à la fonction de la lettre, à sa fonctionnalité pourrait-on dire.
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Qu'est donc la fonction symbolique de "A"?
Elle est en rapport avec la nécessité de l'effacement du sujet de la Lettre en tant que telle et n'a rien à voir avec une fonction imaginaire en miroir où A serait égal à A.
Non, la fonction de "A", c'est de n'être ni B, ni C, ni D, …etc., comme la fonction de "b" sera de n'être ni a, ni c, ni …etc. (Je ne sais plus ce que j'ai fait mais je sais parfaitement ce que je n'ai pas fait, on appelle ça la mémoire sélective négative).
De même la fonction signifiante du mot éléphant est de ne représenter ni un bœuf, ni un rouge-gorge, ni un marsouin, ni… etc., jusqu'au tout dernier des animaux de la création.
Je voudrais profiter de cet exemple pour aborder des maintenant une notion sur laquelle nous reviendrons par la suite : le "Tout",
la "Totalité".
Nous serons confrontés sans cesse au fait que le concept de "Tout" ne peux s’envisager autrement que depuis la négation ou partiellement, c’est à dire le Tout qu’il n’y a pas, car à le prendre en compte de façon entière ou positive, le Tout est mortifère et mène au "Totalitarisme".
Notre exemple parle du tout des animaux de la création, mais en l’abordant du côté ni un rat, ni un chat, ni tous les autres.
Ainsi, Il y a dans le cas de la fonctionnalité de la Lettre une nécessité de faire référence à une négation pour la faire apparaître.
C'est cette négation (ou place vide) qui tient le chaînage de la liste du catalogue comme cohérent.

Que constate-t-on à ce stade où nous en sommes ?
La lettre n'échappe pas au lot de tous les concepts, elle sera tantôt imaginaire, symbolique ou réelle, ce qui ne l'empêchera pas, d'ailleurs de prétendre à une certaine existence dans la réalité.
- Imaginaire
- Symbolique
- Réel
- Réalité.

La lettre imaginaire, nous l'avons vu, se reconnaît à ce qu'elle fait référence à sa propre image pour se définir (A = A).
C'est bien sur une aberration qui n'a pas d'efficace !
Les enfants demandent souvent"pourquoi me dis-tu de faire ça ?", et lorsqu'on leur répond "parce que je te le dis !", cela revient comme explication, à leur dire "je te le dit parce que je te le dit".
C'est à dire A = A.
Cela rend les enfants fous.
Cela mène à ce que la psychanalyste Françoise Dolto appelait "se mêmer" et on l'entend, "personne ne m'aime !".
C'est sur, si A = A, personne ne peut m'aimer !
La Lettre symbolique est une fonction de la lettre. Nous avons dit que cette fonctionnalité lui vient de la négation par laquelle elle s'appréhende et qui sert à faire de la suite des autres lettres un ensemble cohérent, pertinent, chaîné.
La Lettre réelle se classe plutôt du côté du chiffre. Je rappelle que le mot "chiffre", vient de l'arabe "siffer" (çifr) qui signifie zéro ou le vide (la racine sémitique SFR voulant dire en hébreu livre ou récit et aussi coupure ).
La lettre réelle c'est la lettre symbolique, mais qui de n'être pas là, de n'être pas inscrite dans la réalité, fait référence au mystère, , que ce soit celui de Dieu (dont je vous rappelle que le nom ne doit pas être inscrit ni l'image représentée) ou des mythes.
Mystère au sens des anciens rites initiatiques d’Éleusis ou mystère de ce qui fait tenir le discours quand discours il y a (c'est à dire non bla-bla).
Mystère, en tout cas, proche de celui de l'interdépendance des sphères dans les cieux .
La lettre réelle (qu'on écrit: la Lettre, avec un grand "L") est celle de la loi non écrite des hommes.
C'est elle qui apparut à Moïse dans une fulgurante ignition avant qu'il ne s'en inspire pour graver la loi des humains, ou à Mahomet sans qu'il puisse dire d'où cela pouvait lui venir à part de Dieu.
La lettre dans la réalité, c'est celle qui est là, rouge ou noir sur du papier ou du bois.



On peut marcher dessus, la brûler,
la sculpter, la manger
ou aussi la lire quand on parvient à la
dé-chiffrer.




Nous laisserons de côté ce qu'on appelle la lettre missive dont Edgar PÖE nous a donné un aperçu exemplaire dans son oeuvre "La lettre volée;" exemplaire en ce qu'elle n'est pas sans rapport avec ce dont nous parlons .
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Que peut on ajouter à cela, sinon que la lettre imaginaire et la lettre symbolique peuvent être apparentes, visibles ou faire l’objet d’une représentation.
Un logo, c'est à la mode aujourd'hui. C'est ce qui symboliquement unit des humains sous son signe, en tant que lettre qui les représente comme unis imaginairement sous un même emblème.
i.La Lettre réelle ;que l'on écrit toujours avec une majuscule, ne peut pas être visualisée, c'est sa non présence dans la réalité qui fait son efficace et qui lui donne son imprescriptibilité.
C'est la Lettre, celle de la loi non écrite (et non inscriptible, ce qui pose question quand à ce qu’ont pu en faire Moïse ou Mahomet) qui régit la conduite d'Antigone chez Sophocle et qui va la porter à refuser de se soumettre à la lettre de la loi écrite des hommes de son clan. Elle en mourra sous les lamentations du chœur.
En quoi ce que nous venons de voir est-il en rapport avec la notion de sexuation qui fait l'objet de notre titre ?

Comme nous aurons l'occasion de le répéter, la sexuation est ce qui d'inscrire, d'enregistrer dans des instances spécifiques le vide symbolique (la féminité, autrement dit) fait tenir le registre du discours auquel on se réfère.

mardi, avril 25, 2006

oedipe info

Bonjour à tous,
Avec un peu de retard ce numéro d’oedipe info dans une actualité chargée: Actualités
Les derniers articles parus :
Analyse comparative des projets de décrets(10/01-7/04) ARTICLE 52 (mis à jour le 24 avril 2006) Philippe Grobois Verbatim de la rencontre du 7 avril augmenté d'une rectification de M.Clément (SNP) (mis à jour le 23 avril 2006) Philippe Grauer Rene Major - IHEP.fr _ 21 avril 2006 au Ministre de la Santé / Lettre ouverte (mis à jour le 24 avril 2006) (... pour :) René Major Zéro de conduite pour le directeur de l’Inserm : les organisateurs de la pétition s’expliquent devant les journalistes (mis à jour le 2 avril 2006) Laurent Le Vaguerèse L'intrusion du médicament affublé des insignes de la Loi (mis à jour le 19 avril 2006) Alain Dufour
Les faits et les fantasmes . À propos d'une affaire de parricide .Le juge et l'expert psy . (mis à jour le 2 mars 2006) Daniel Boulet Colloque « du Séminaire aux séminaires. Lacan entre voix et écrit .Le texte de l’intervention de Jacques-Alain Miller nous est parvenu ce mois-ci.Seul manque encore celui de René Lew mais il ne faut pas désespérer. Il serait souhaitable d'assurer également la transcription des interventions et des discussions de la salle. Si quelqu’un veut s’en charger qu’il me contact.Il gagne un exemplaire gratuit des DVD du colloque toujours en vente au prix de 60 euros (Chèque à association Œdipe sur internet.6, rue Mizon 75015 Paris.) On se souvient que le« Livre noir de la psychanalyse » avait soulevé la question de l’autisme . Nous y avons répondu avec la publication d’une interview de Marie-Christine Laznik. La deuxième partie sera bientôt prête et d’autres articles viendront compléter ce dossier. On lira ce mois-ci une réplique à cette interview signée José Morel Cinq mars : Dépister, reconnaître, accompagner, adresser
Nouveaux sites Guy Flecher nous écrit :Partant de l'affirmation de Lacan « Je me suis aperçu d'une chose, c'est peut-être que je ne suis lacanien que parce que j'ai fait du chinois autrefois » (20/01/1971) je poursuis la construction d'un site concernant Lacan et le monde chinois A consulter également : • http://Médecine et Psychanalyse
et Psychanalyse sans frontières
Livres
* L'Anti livre noir de la psychanalyse sous la direction de Jacques-Alain Miller * La Jalousie - délices et tourments Marcianne Blévis * Dépression, la grande névrose contemporaine Roland Chemama * Un monde de fous - Comment notre société maltraite ses malades mentaux Patrick Coupechoux/préface de Jean Oury * L'enfant lecteur - De la Comtesse de Ségur à Harry potter, les raisons du succès Sophie de Mijolla-Mellor * L'incidence de la vérité chez Thérèse de lisieux - Catholicisme, psychanalyse Louis-georges Papon /préface de René lew * Wilhelm Reich et la révolution sexuelle Frédéric de Rivoyre * L'être-là du schizophrène Gisela Pankow * Histoires de psychiatrie infantile Michel Soulé * Psychologie et psychanalyse en France - L'impossible rencontre (1919-1969) Annick Ohayon * Le pouvoir des commencements - Essai sur l'autorité Myriam Revault d'Allonnes * Comment taire le sujet? - Des discours aux parlottes libérales Serge Lesourd * Adolescentes et mères - leurs enfants, leurs amours, leurs hommes Pierre Kammerer * psychanalyser quand même Patrick Lacoste * Femme d'un seul homme - les séparations impossibles Louise Grenier * La maison mer Esther Freud Le noeud pape - Sur le grand âge : la fin d'une analyse Diane Chauvelot * L'éloge du risque dans le soin psychiatrique Sous la direction de Marcel Sassolas * Épreuves de la folie - Travail psychanalytique et processus psychotiques Jean-claude Polack * Le prochain, nouage et dénouage de la jouissance Isidoro Vegh * L'arbre effeuillé et autres brindilles Daniel Bonetti * De l'infantile au juvénile Sous la direction de Michèle Benhaïm et Jean-Jacques Rassial * Le corps de l'élève dans la classe Claude Pujade-Renaud * Le corps de l'enseignant dans la classe Claude Pujade-Renaud * Conférences Michael Lucey David M Halperin Leo Bersani
Plusieurs livres sont également commentés ce mois-ci par Frédéric Rousseau ( * Psychologie et psychanalyse en France - L'impossible rencontre (1919-1969) Annick Ohayon et Le pouvoir des commencements - Essai sur l'autorité Myriam Revault d'Allonnes) et Véronique Hervouet (Serge André : « Le sens de l’Holocauste »)
Revues Insistance N°1 Art Psychanalyse Politique Langage et Inconscient N°1 Linguistique et Psychanalyse Études Freudiennes N° 38 Destins de la Bisexualité Revue Française de Psychanalyse 1/2006 l'Acte Penser/rêver N° 9 la double vie des mères La cause Freudienne N° 62 Savoir y faire avec son symptôme Adolescence N° 55 Parentalité Le Coq-Heron N° 184 Secret, honte et violence. La honte à l'épreuve de la psychanalyse Journal Français e Psychiatrie N° 24 Le corps et ses marques Figures de la psychanalyse N° 12 La structure et la névrose
Et n’oubliez pas de consulter le compte rendu du « Groupe de lecture des revues de Psychanalyse »
Par ailleurs Michel Fennetaux propose à qui le souhaite plusieurs collections complètes et gratuite de la revue « Césure »
Dans la page humour se sont ajoutés deux dessins à propos des dérives de l'Inserm dénoncée notamment par la pétition « zéro de conduite »
Enfin 2 spécial copinage :
L'initiative de « créatures de la nuit de Jean-Claude Aguerre à la bibliothèque polonaise . Il nous invite à assister à une série de concerts avec de jeunes virtuoses Le prochain concert devrait avoir lieu le lundi 19 juin à la bibliothèque polonaise, avec le pianiste américain sanjay mody. Il a 19 ans, a eu son premier prix de cnsm l'année dernière, et lorsqu'il joue on peut se demander s'il n'a pas 7 doigts à chaque main.
Enfin avec les longs « ponts » du printemps et les perspectives de vacances pourquoi ne pas aller faire un tour en mer avec un voilier du siècle passé sur Lola of skagen Ambiance super. Niveau zéro accepté dans la plupart des cas. En particulier du 5-8 mai : les iles charentaises
Enfin, n’oubliez surtout pas le rendez-vous du 29 avril à 14h au 100 rue de la Santé 75014 pour faire le point sur la nouvelle mouture du décret . A Samedi donc
Laurent Le Vaguerèse

samedi, avril 15, 2006

le site du IVème Groupe

Editorial du 6 février 2006
Bienvenue sur le site du IVème Groupe.
Des livres, des articles récents et des contributions inédites sont régulièrement mis en ligne.Les bibliographies de Ghyslain Lévy et de Marie-Thérèse Milcent sont en ligne ainsi que quelques changements de la page histoire.Enfin, se trouve aussi la position du IVème Groupe par rapport à l'avant-projet du Dr Basset concernant le futur statut de psychothérapeute.Jean Peuch-Lestrade


Le Quatrième Groupe est composé de Psychanalystes qui tendent à développer une conception originale de la formation analytique en privilégiant un processus individualisé plutôt qu’un cursus institutionnalisé. Il est issu de la scission en 1969 de quelques Membres de l'Ecole freudienne, scission qui résultait d'un profond désaccord avec la " passe ". Piera Aulagnier, François Perrier et Jean-Paul Valabrega rejoints immédiatement par un petit groupe de collègues, fondèrent le Quatrième Groupe, Quatrième puisque trois sociétés d'analystes existaient à cette époque. Nos fondateurs élaborèrent donc une plate-forme commune qui mettait en avant ce qu'ils considéraient comme souhaitable et exigible dans la formation et l'habilitation d'un analyste.

inconscient blogs et psychanalyse

Depuis les premiers arguments de ce site, nous pensons qu'un des problèmes à étudier en ce qui concerne la psychanalyse dans le cybermonde est l'évolution des rapports au temps, les zones de "contact" entre ce qui est zeitlos et les modalités du présent, de l'immédiat etc.Avec la blogosphère, il s'agit maintenant et très directement de la circulation du "quotidien instantané".On pourrait dire des blogs qu'ils numérisents la nouveauté du quotidien (nouveauté concernant aussi bien les avancées des technologies que ce qui se passe dans la cité). Ces possibilités inédites peuvent-elles concerner les concepts et les idées psychanalytiques?Je vais chercher un commencement de réponse à cette question en étudiant les blogs qui existent déjà.
Certains utilisent à plein la forme blog (telle que définie par exemple dans l'excellent PointBlog), grâce auquel nous sommes quotidiennement informés de l'essentiel de ce qui se passe dans la blogosphère:
PointBlog
Ils mettent en oeuvre avec plus ou moins de bonheur les évolutions techniques à la pointe de l'actualité(par exemple le cloudtag, le podcast , la syndication..) et , travaillant sur cette avancée vers le web.2, ils y développent une pensée personnelle au fil des jours.
Le lecteur a un peu la même impression que quand il lisait les hebdomadaires de culture au beau temps du structuralisme par exemple : l'impression d'être mis en relation avec quelqu'un qui interroge les idées, très souvent avec une réelle compétence, et avec qui des dialogues pourraient s'ouvrir. Apparentée au meilleur du journalisme, la forme blog le permettrait, et bien mieux que l'ancien courrier des lecteurs.


Quand on a vu la vitesse et la fécondité en applications quasi immédiates des développements technologiques de l'Internet, le rythme des modifications en tous genres, il était facile de penser que de tels bouleversements produiraient un jour ou l'autre des restructurations de fond de tout l'ensemble, c'est ce qui se passe depuis les années récentes autour de l'idée et des pratiques dites du Web2.0.Le temps du premier Internet s'est comme brusquement accéléré: il s'agit maintenant de mises en circulation et de réception immédiates de toutes sortes de contenus: textes, images, video. C 'est la forme blog et ses possiblités particulières d'existence dans des boucles multiples qui se trouve privilégiée. On pourrait dire des blogs qu'ils sont une nouvelle forme de l'organisation des flux numériques à partir de l'irruption de toutes les nouveautés dans le quotidien du monde, nouveautés qui se trouvent transformées à leur tour dans les flux qui les brassent et les emportent.Cette forme qui privilégie la vitesse et les inter-actions et dans laquelle (dès la structure de la page) le présent chasse continuellement le présent peut-elle être une alliée pour le travail des concepts et les idées psychanalytiques? Et d'autre part, a-t-elle des aspects qui intéressent plus particulièrement les psychanalystes

jeudi, avril 13, 2006

Voici la lettre de suivi éditorial du site Psychanalyse-Paris.com.

Sandor FERENCZI

Symbolisme de la tête de méduse et autres textes

Expériences et exemples de la pratique analytique (1923)
« À partir de l’analyse de rêves et d’associations, j’ai souvent été amené à interpréter la tête de Méduse comme le symbole effrayant de la région génitale féminine, dont la spécificité aurait été déplacé “de bas en haut”. Les nombreux serpents qui s’enroulent autour de la tête, peuvent - selon le principe de la représentation par le contraire - suggérer l’absence du pénis et répéter la terrible impression que produisent sur l’enfant les organes génitaux qui en sont dépourvus (castration). Quant aux yeux de la tête de Méduse, qui suscitent tant d’angoisse et d’effroi, ils sont à interpréter du côté de l’érection » (Sandor Ferenczi, Symbolisme de la tête de méduse).
\n \n Salomon REINACH\n La tête magique des Templiers\n Revue de l’histoire des religions (1911) \n « Ainsi, plus de cent ans avant le procès des Templiers, nous trouvons en Orient, sur la côte syrienne, une légende dérivée de celle de Persée et de Méduse, mais où Persée est devenu un chevalier, miles. Alors que Persée décapite la Gorgone endormie, le chevalier décapite une morte ou retire de sa tombe une tête magique, fruit d’un viol perpétré dans le tombeau même. Le chevalier cache avec soin cette tête redoutable ; il la tient enfermée dans un coffret. Le mystère qui enveloppe ce talisman et le coffret où on le transporte sont des traits qui se retrouvent dans les dispositions que l’enquête a recueillies. Dans un pays où le Templier était le chevalier par excellence, il n’est pas étonnant que l’on ait raconté d’un ou plusieurs Templiers la légende du héros grec devenu un chevalier de leur temps. Une fois cette histoire d’une tête magique mise en circulation, on imagina naturellement qu’elle servait à la fois de talisman et d’idole » (Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions).\n \n L’Humanité.fr\n\t",1]
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Salomon REINACH

La tête magique des Templiers

Revue de l’histoire des religions (1911)

« Ainsi, plus de cent ans avant le procès des Templiers, nous trouvons en Orient, sur la côte syrienne, une légende dérivée de celle de Persée et de Méduse, mais où Persée est devenu un chevalier, miles. Alors que Persée décapite la Gorgone endormie, le chevalier décapite une morte ou retire de sa tombe une tête magique, fruit d’un viol perpétré dans le tombeau même. Le chevalier cache avec soin cette tête redoutable ; il la tient enfermée dans un coffret. Le mystère qui enveloppe ce talisman et le coffret où on le transporte sont des traits qui se retrouvent dans les dispositions que l’enquête a recueillies. Dans un pays où le Templier était le chevalier par excellence, il n’est pas étonnant que l’on ait raconté d’un ou plusieurs Templiers la légende du héros grec devenu un chevalier de leur temps. Une fois cette histoire d’une tête magique mise en circulation, on imagina naturellement qu’elle servait à la fois de talisman et d’idole » (Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions).
L’Humanité.fr
\n par Sophie Aouillé, psychanalyste\n « Rappelant ce propos d’Arthur Miller, “seule la fiction ne ment pas ; elle ouvre sur la vie d’un homme une porte dérobée”, Martine Bacherich rappelle et démontre au travers des cas abordés que ce qui va intéresser le psychanalyste dans le récit que fait un patient, ce ne sont pas tant les faits en eux-mêmes que la manière singulière dont ils vont être rapportés, énoncés, révélant en creux la combinatoire qui aura donné son empreinte à l’histoire d’un sujet.\n Freud, qui lui-même a défini l’observation psychanalytique comme le “rebut” de l’observation médicale, d’abord étonné que ses histoires de cas se lisent comme des romans, avait fini par penser que c’était la nature même du sujet plus que son propre choix qui imposait ce style, soulignant dans cette proximité entre l’analyse et les histoires quelque chose de structural » (Sophie Aouillé, L’Humanité.fr).\n
\n Libération.fr \n Pas de vagues chez les soigneurs de l’âme\n par Éric Favereau\n « Est-ce la fin de la polémique qui dure depuis plus de trois ans autour de ce que l’on a appelé au départ l’amendement Accoyer ? En dépit du nom de son auteur, il ne s’agit pas du CPE, mais de psychothérapie (...) Sur des points importants, l’avant-projet de décret que Libération s’est procuré ­ apparaît sous une forme plus consensuelle. Il est rappelé que “l’usage du titre de psychothérapeute nécessite une démarche volontaire des professionnels”. Et que “le professionnel doit s’inscrire sur une liste départementale”. Le décret précise que les médecins, les psychologues et tous ceux qui sont inscrits “à un annuaire d’association de psychanalystes” peuvent user de ce titre. Une automaticité qui ne pourra que satisfaire le milieu analytique » (Éric Favereau, ",1]
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Dans le laboratoire empli de rêves et d’histoires du psychanalystepar Sophie Aouillé, psychanalyste
« Rappelant ce propos d’Arthur Miller, “seule la fiction ne ment pas ; elle ouvre sur la vie d’un homme une porte dérobée”, Martine Bacherich rappelle et démontre au travers des cas abordés que ce qui va intéresser le psychanalyste dans le récit que fait un patient, ce ne sont pas tant les faits en eux-mêmes que la manière singulière dont ils vont être rapportés, énoncés, révélant en creux la combinatoire qui aura donné son empreinte à l’histoire d’un sujet.Freud, qui lui-même a défini l’observation psychanalytique comme le “rebut” de l’observation médicale, d’abord étonné que ses histoires de cas se lisent comme des romans, avait fini par penser que c’était la nature même du sujet plus que son propre choix qui imposait ce style, soulignant dans cette proximité entre l’analyse et les histoires quelque chose de structural » (Sophie Aouillé, L’Humanité.fr).

Libération.fr Pas de vagues chez les soigneurs de l’âmepar Éric Favereau

« Est-ce la fin de la polémique qui dure depuis plus de trois ans autour de ce que l’on a appelé au départ l’amendement Accoyer ? En dépit du nom de son auteur, il ne s’agit pas du CPE, mais de psychothérapie (...) Sur des points importants, l’avant-projet de décret que Libération s’est procuré ­ apparaît sous une forme plus consensuelle. Il est rappelé que “l’usage du titre de psychothérapeute nécessite une démarche volontaire des professionnels”. Et que “le professionnel doit s’inscrire sur une liste départementale”. Le décret précise que les médecins, les psychologues et tous ceux qui sont inscrits “à un annuaire d’association de psychanalystes” peuvent user de ce titre. Une automaticité qui ne pourra que satisfaire le milieu analytique » (Éric Favereau,
\n \n Théodore FLOURNOY\n Introduction et aperçu général\n Des Indes à la planète Mars (Chapitre I) \n « Pour ne parler que de ce qui me concerne (car nous fûmes trois à partager les honneurs de cette soirée), je ne fus pas peu surpris de reconnaître, dans les scènes que Mlle Smith vit se dérouler dans l’espace vide au-dessus de ma tête, des événements de ma propre famille antérieurs à ma naissance. D’où pouvait donc venir à ce médium, que je rencontrais pour la première fois, la connaissance de ces incidents anciens, d’ordre privé et à coup sûr bien ignorés de la génération présente ? Les prouesses retentissantes de Mme Piper, l’illustre médium bostonien dont la géniale intuition lit dans les souvenirs latents de ses visiteurs comme en un livre ouvert, me revinrent à la mémoire, et je sortis de cette séance avec un renouveau d’espoir - l’espoir si souvent déçu, vestige des curiosités enfantines et de l’attrait du merveilleux, qui rêve de se trouver enfin une bonne fois face à face avec du “supranormal”, mais du vrai et de l’authentique : télépathie, clairvoyance, manifestation spirite, ou autre chose, n’importe quoi, pourvu que cela sorte décidément de l’ordinaire et fasse sauter tous les cadres de la science établie » (Théodore Flournoy, Des Indes à la planète Mars).\n Cordialement,\n Christophe Bormans\n \n \n \n\n\n\n\n",0]
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Libération.fr).

Théodore FLOURNOY

Introduction et aperçu général

Des Indes à la planète Mars (Chapitre I)
« Pour ne parler que de ce qui me concerne (car nous fûmes trois à partager les honneurs de cette soirée), je ne fus pas peu surpris de reconnaître, dans les scènes que Mlle Smith vit se dérouler dans l’espace vide au-dessus de ma tête, des événements de ma propre famille antérieurs à ma naissance. D’où pouvait donc venir à ce médium, que je rencontrais pour la première fois, la connaissance de ces incidents anciens, d’ordre privé et à coup sûr bien ignorés de la génération présente ? Les prouesses retentissantes de Mme Piper, l’illustre médium bostonien dont la géniale intuition lit dans les souvenirs latents de ses visiteurs comme en un livre ouvert, me revinrent à la mémoire, et je sortis de cette séance avec un renouveau d’espoir - l’espoir si souvent déçu, vestige des curiosités enfantines et de l’attrait du merveilleux, qui rêve de se trouver enfin une bonne fois face à face avec du “supranormal”, mais du vrai et de l’authentique : télépathie, clairvoyance, manifestation spirite, ou autre chose, n’importe quoi, pourvu que cela sorte décidément de l’ordinaire et fasse sauter tous les cadres de la science établie » (Théodore Flournoy, Des Indes à la planète Mars).
Cordialement,Christophe Bormans

articles de lituraterre

Zen Psychanalyse
http://www.lituraterre.org/illettrisme_topologie_et_psychanalyse-Zen_et_psychanalyse.htm

Naissance de la notion de Réel chez Lacan

http://www.lituraterre.org/Illettrisme_et_Topologie-Naissance_du_Reel_chez_Lacan_1.htm

La violence de l’homogénéisation sociale, et de sa conséquence, l’acculturation,de Pier Paolo Pasolini

http://www.lituraterre.org/Illettrisme-Violence_de_l'homogeneisation_sociale.htm_______________________

le feuilleton français des psychothérapies.

Bonjour,
Pour info, le feuilleton français des psychothérapies. Bien cord. NBT
http://www.ffpp.net/modules/news/article.php?storyid=153
http://www.ffpp.net/modules/news/article.php?storyid=153

Infos diverses
Voilà l'avant projet relatif a la réglementation du titre de psychothérapeute qui était discuté ce vendredi 7 avril entre le ministre et diverses associations...
Si ce texte était adopté, il n'y aurait qu'à créer une association de psychanalyste loi 1901 (par exemple « association des psychanalystes allumés n'étant pas analystes ni thérapeutes »), de créer un annuaire des membres (en faisant simplement une déclaration auprès de la cnil), et voilà, plus besoin de justifier de quoi que ce soit...
Je vous laisse apprécier ce texte qui est contraire à l 'esprit de la loi originelle qui était de protéger le public des charlatans et des dérives sectaires face aux psychothérapeutes dont le titre à ce jour n'est pas protégé, ce qui signifie que n'importe qui peut s'installer en tant que psychothérapeute..
« Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de la Santé et des Solidarités, Vu le code de la santé publique, notamment les articles L.4111-1 et suivants ;
Vu la loi n°85-772 du 25 juillet 1985 modifiée portant diverses dispositions d'ordre social, notamment son article 44 ;
Vu la loi n°2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, notamment son article 52 ;
Vu le code de l'Education notamment ses articles L.331-1 et suivants,' Vu la loi n °84-52 du 26 janvier 1984 modifiée sur renseignement supérieur ;
Vu le décret n°90-255 du 22 mars 1990 fixant la liste des diplômes permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue modifié ;
Le Conseil d'Etat (section sociale) entendu,
DECRETE :
Article 1 - L'usage du titre de psychothérapeute nécessite une démarche volontaire de la part des professionnels.
Pour user de ce titre, le professionnel doit s'inscrire sur une liste départementale,
L'ensemble des listes départementales constitue le registre national des psychothérapeutes prévu à F article 52 de la loi du 9 août 2004 susvisée.
Section 1 : Le registre national des psychothérapeutes
« Article 2 -L'inscription, à leur demande, sur la liste départementale prévue au deuxième alinéa de l'article 52 de la loi du 9 août 2004 susvisée est subordonnée, pour les professionnels, inscrits de droit, en application du troisième alinéa de cet article, à la fourniture de l'une des attestations suivantes :
- l'attestation de l'obtention du diplôme de docteur en médecine ;
- l'attestation ds l'obtention de l'un des diplômes visés au décret n6 90-255 du 22 mars 1950 modifié ;
- l'attestation de l'inscription à un annuaire d'association de psychanalystes. « Article 3 - L'inscription, à leur demande, sur la liste départementale des professionnels, autres que ceux visés à l'article 2, visés au deuxième alinéa de l'article 52 de la loi du 9 août 2004 susvisée, répond aux conditions ci -après :
I. Les professionnels, qui souhaitent faire usage du titre de psychothérapeute, pour la première fois, postérieurement à la date de publication du présent décret doivent fournir :
- l'attestation de la formation en psychopathologie clinique prévue par l'article 6 ;
- une déclaration sur l'honneur, accompagnée de la photocopie des pièces justificatives, faisant état des autres formations suivies dans le domaine de la pratique de la psychothérapie ;
- le cas échéant, l'attestation de l'obtention d'un diplôme relatif à une profession réglementée dans le champ sanitaire et social.
II. Les professionnels, justifiant au moins de cinq années d'expérience, en qualité de psychothérapeute, à la date de publication du présent décret doivent fournir :
- une déclaration sur l'honneur, accompagnée de la photocopie des pièces justificatives, faisant état des formations suivies dans le domaine de la pratique de la psychothérapie , le cas échéant, l'attestation de l'obtention d'un diplôme relatif à une profession réglementée dans le champ sanitaire et social. »
La déclaration sur l'honneur prévue aux 1 et n ci-dessus mentionne notamment l'intitulé et la date d'obtention du diplôme, la durée de la formation, le nom et les coordonnées de l'organisme de formation public ou privé qui a délivré le diplôme, »
III. Les professionnels usant du titre de psychothérapeute à la date de publication du présent décret mais n'attestant pas de cinq années d'expérience professionnelle, en qualité de psychothérapeute, sont inscrits à titre temporaire, sur la liste départementale jusqu'au 1er janvier 2010. Leur maintien sur cette liste au-delà de cette date est subordonné à la production, par leurs soins, de l'attestation de la formation en psychopathologie clinique prévue par l'article 6 du présent décret,
«Article 4- L'inscription sur la liste départementale est gratuite. Elle doit s'effectuer avant l'installation du professionnel, auprès des services du Préfet du département de sa résidence professionnelle principale.
Dans le cas où le professionnel exerce dans plusieurs sites en tant que psychothérapeute, il est tenu de le déclarer et de mentionner les différentes adresses des lieux d'exercice. En cas de changement de situation professionnelle, le professionnel en informe les services du Préfet du département.
Le transfert dans un autre département ou l'interruption de l'activité professionnelle pendant deux ans, en tant que psychothérapeute, donne lieu à une nouvelle inscription, auprès du service de l'Etat compétent de la résidence professionnelle principale ».
« Article 5 - La liste départementale comprend l'identité, le lieu d'exercice principal du professionnel, ainsi que la mention des différentes formations suivies.
Cette liste est tenue la disposition du public qui peut, gratuitement, la consulter sur place ou en obtenir des copies.
Chaque année, un extrait de la liste départementale mentionnant le nom des professionnels usant du titre de psychothérapeutes et leur formation en psychopathologie visée à Particle 6 est publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture ».
Section II : La formation minimale commune théorique et pratique en psychopathologie clinique pour user du titre de psychothérapeute
« Article 6 - En application du dernier alinéa de l'article 52, les professionnels, souhaitant user du titre de psychothérapeute et visés aux 1 et in de l'article 3 du présent décret doivent avoir validé une formation théorique et pratique en psychopathologie clinique conforme au cahier des charges fixé par arrêté du ministre chargé de la santé.
(Cette formation peut être confiée à l'université ou à des organismes passant convention avec l'Université».
« Article 7 - Le cahier des charges mentionné à Farticle 6 définit les modalités de la formation en psychopathologie clinique, n vise à permettre aux personnels souhaitant user du titre de psychothérapeute d'acquérir :
- une connaissance des fonctionnements et des processus psychiques ;
- une capacité de discernement des grandes pathologies psychiatriques ;
-une connaissance des différentes théories se rapportant à la psychopathologie ;
-une connaissance des principales approches utilisées en psychothérapie'
Ce cahier des charges doit notamment prévoir une formation théorique d'une durée de, 150 _ heures et un stage pratique d'une durée minimale de quatre mois, fractionnable en tant que de besoin, dans un établissement de santé ou un établissement médico-social accueillant des patients atteints de pathologies psychiques. »
La liste des formations en psychopathologie clinique répondant au cahier des charges est fixée par arrêté.»

. http://www.psychologue.fr/newsletter.php

psychanalyse & cinéma

LE REGARD QUI BAT... Le cinéaste et son œuvre

L’œuvre, pas plus que le regard, ne se consomme. Qu’est-ce qui, dans une œuvre, regarde chaque spectateur, et le captive ?
Le cinéaste fait œuvre à mettre le regard en scène. Le regard est au cœur de l’œuvre, et non pas extérieur à elle.
C’est en l’y déposant que l’artiste, faisant événement, nous donne notre réel à voir.

Proposé par Psychanalyse Actuelle, Le Regard Qui Bat, c’est un dimanche par mois la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…

Avril 2006

MARDI 25 Avril 2006 à 19h30

Cinéma L’Arlequin

76, rue de Rennes 75006 Paris - Projection du film

DEBAT AVEC CLAUDE LANZMANN
APRES LA PROJECTION DE

SHOAH (1985)
Seconde époque
Seconde partie

“Shoah nous apparaît aujourd’hui aussi inquiétant, bouleversant, qu’il y a vingt-et-un ans au moment de sa sortie. Le film dégage une puissance pérenne, éternelle, son coeur immortel n’en finira jamais de nous épouvanter. Chacun est ici appelé à voir / revoir une grande oeuvre, à écouter et questionner son auteur.”
LE REGARD QUI BAT... Le cinéaste et son œuvre

L’œuvre, pas plus que le regard, ne se consomme. Qu’est-ce qui, dans une œuvre, regarde chaque spectateur, et le captive ?
Le cinéaste fait œuvre à mettre le regard en scène. Le regard est au cœur de l’œuvre, et non pas extérieur à elle.
C’est en l’y déposant que l’artiste, faisant événement, nous donne notre réel à voir.

Proposé par Psychanalyse Actuelle, Le Regard Qui Bat, c’est un dimanche par mois la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…

Avril 2006

Cinéma ESCURIAL PANORAMA
11, Bd de Port- Royal 75013 PARIS

En partenariat avec Les écrans de Paris

Mercredi 19 Avril 2006 à 19h30
Soirée exceptionnelle organisée autour du film

SOPHIE SCHOLL
les derniers jours

de Marc Rothemund
2005

Projection suivie d’un débat animé par :
Maria Landau, Fred Siksou, Jean-Jacques Moscovitz,…

Extraits : Vidéos

"Ce film redonne vie à Sophie Scholl, l'une des rares héroïnes de l'histoire allemande, une figure devenue quasiment mythique. Il est centré sur les six derniers jours (du 17 au 22 février 1943) de sa vie, depuis la préparation de l'opération de distribution de tracts à l'université de Munich jusqu'à son arrestation, son interrogatoire, puis sa condamnation et son exécution. Il ne s'agit pas d'atteindre à une épure censée présenter Sophie Scholl comme une sainte, mais comme la jeune femme qu'elle était : aimant la vie, courageuse et fervente, totalement impliquée dans son combat au sein de La Rose Blanche contre le nazisme."
Marc Rothemund

Le synopsis du film :
Munich, 1943. Tandis que Hitler mène une guerre dévastatrice à travers l'Europe, un groupe d'étudiants forme un mouvement de résistance, La Rose Blanche, appelant à la chute du IIIème Reich. D'obédience pacifique, ces membres propagent des tracts antinazis, couvrant les murs de la ville de slogans, et invitent la jeunesse du pays à se mobiliser.
Le 18 février, Hans Scholl et sa soeur Sophie - qui font partie du noyau dur du mouvement - sont aperçus par le concierge de l'université de Munich en train de jeter des centaines de tracts du haut du deuxième étage donnant sur le hall. Ils sont immédiatement appréhendés par la Gestapo et emprisonnés à Stadelheim.
Durant les jours suivants, l'interrogatoire de Sophie Scholl est mené par l'agent de la Gestapo Robert Mohr, un véritable duel psychologique s'engage...

L'hommage de Thomas Mann :
Thomas Mann en exil, sur les ondes de la BBC, en juin 1943, dit à propos de la lutte de la Rose blanche (traduction P. Jundt pour les éd. Martin Flinker, 1948, p. 160-161) : "Le monde est, aujourd'hui, très profondément ému par les incidents qui se sont déroulés à l'université de Munich et dont la nouvelle nous a été transmise, tout d'abord sans précisions, puis avec des détails toujours plus saisissants, par les journaux suisses et suédois. Nous savons maintenant ce qu'il en a été de Hans Scholl, survivant de Stalingrad et de sa soeur, de Christophe Probst, du professeur Huber et de tous les autres. Nous connaissons l'émeute des étudiants qui s'élèvent, à Pâques, contre l'allocution obscène d'un bonze nazi à l'auditorium maximum, leur mort en martyrs sous la hache (...) Courageux, magnifiques jeunes gens ! Vous ne serez pas morts en vain, vous ne serez pas oubliés. Les nazis ont élevé des monuments à de solides apaches, à de vulgaires tueurs... la révolution allemande, la vraie, les détruira et, à leur place, elle immortalisera vos noms, vous qui saviez et qui proclamiez, alors que la nuit couvrait encore l'Allemagne et l'Europe, qu'il "naît une foi nouvelle, la foi à l'honneur et à la liberté"."

Prochaines projections

Le mardi 25 Avril à L’Arlequin 76 r.de Rennes Paris 6e: ‘SHOAH’ de Claude Lanzmann
Le dimanche 14 Mai : « La Captive » de Chantal Ackerman en partenariat avec le Groupe Asphère

Organisation : Barbara Didier, Maria Landau, Françoise Moscovitz, Véronique Haguenauer, Catherine Erman, Nabile Farès, Jean-Jacques Moscovitz, Vanina Micheli-Rechtmann, Fred Siksou et d’autres…
Renseignements Le Regard Qui Bat : psyact@free.fr Site : Le Regard Qui Bat
Contact pour l’organisation de projections : http://www.cinema-tm.com - tm@cinema-tm.com
« Il y a en effet un chemin qui permet le retour de l’imagination à la réalité, et c’est l’art. », Sigmund Freud