jeudi, mai 11, 2006

Lacan & Bataille (2)

Amitiés



Ce lien amical entre Bataille et quelques autres se retrouve dans des­ collaborations à des productions et dans des histoires d'appartements à ­Paris.

- André Masson illustra Histoire de l'oeil,[1] L'anus solaire [2],­ Sacrifices [3]..., Giacometti et le fidèle Leiris collaborent à la revue­"Documents" créée par Bataille en 1929.
- En 1933 Masson et Bataille créent­ la revue Minotaure[4], revue dans laquelle seront publiés : "Le Problème du­ style et la conception psychiatrique des formes de l'expérience", et ­"Motifs du crime paranoïaque - Le crime des soeurs Papin" du Docteur ­Jacques Lacan.
- En 1937 avec Caillois, Leiris, Klossowski, Waldberg, Bataille monte la­ société secrète "Acéphale"[5] et la revue du même nom.

Ils fonderont également­ le Collège de Sociologie et la Société de Psychologie Collective dont ­l'objet est d'étudier "Le rôle, dans les faits sociaux, des facteurs ­psychologiques, particulièrement d'ordre inconscient,...".
- En 1941, Bataille, qui habitait chez Denise Rollin au 3, rue de Lille,­ signale à Lacan qu'un appartement vient de se libérer au 5, rue de Lille, et lorsque en 1943, Denise Rollin quittera l'appartement du 3, après sa séparation­ avec Bataille, Lacan le reprendra pour y loger Sylvia Bataille,­ Laurence et Judith[6].
La relation amicale intervient éminemment à propos de l'adresse, du lieu­ d'habitation, un ami n'est pas laissé sans lieu. La relation amicale sait­ les effets ravageants du "non-lieu"[7].
Le 17 mars 1961 fut organisée à l'hôtel Drouot une vente de solidarité pour ­permettre à Bataille de travailler "en paix".
Arp, Bazaine, Ernst, Fautrier, Giacometti, Masson, Matta, Michaux, Miro,­ Picasso, Viera da Silva, Tanguy...ont donné une peinture, un dessin, une ­aquarelle dont la vente permit à Bataille d'acheter un appartement :

...dans le quartier même que j'ai presque toujours­ habité, rue Saint-Sulpice, et qui sera, ce qui était pour ­moi impensable, aussi agréable que celui que j'avais­ rue de Lille au moment où j'ai dù en quelque sorte­ m'exiler [8].

Alors que les histoires d'amour se prêtent facilement à faire grand bruit­ dans le public, qu'avec les catastrophes et les affaires criminelles elles­ conviennent bien pour alimenter "le poids des mots et le choc des­ photos", les liaisons amicales sont l'objet d'un respect et d'une­ transmission discrète.
Alors que les histoires d'amour, dans leur passage au public, voisinent les événements catastrophiques déjà passés, les liaisons amicales restent­ considérées comme appartenant à un temps de fomentation, un temps auquel le ­public n'a pas accès et qu'il respecte comme tel. La discrétion de­ l'information concernant les liaisons amicales témoigne de la présence dans ­ces liaisons d'une création, d'une formation, ce qui les met en proximité­ avec la cure analytique.

Les témoignages des relations amicales avec Bataille et autour de lui ne ­sont ni cachés, ni exhibés, ils se trouvent comme les veines de minerai ­dans le sol, à suivre à la trace, sans hâte.
L' amitié, c'est le titre d'un petit livre de Maurice Blanchot[9], il­ commence avec, en exergue, une citation de Georges Bataille :

"mon amitié complice : c'est là
tout ce que mon humeur apporte
aux autres hommes"

"...amis jusqu'à cet état d'amitié
profonde où un homme abandonné,
abandonné de tous ses amis,
rencontre dans la vie celui qui
l'accompagnera au-delà de la vie,
lui-même sans vie, capable de l'amitié libre,
détachée de tous liens"

Le premier chapitre de L' amitié est intitulé : "Naissance de l'art", il­ fait explicitement référence à l'étude de Bataille : LASCAUX ou la ­naissance de l'art[10].
Le dernier chapitre intitulé "L'Amitié" est aussi dédié à Bataille, il­ contient ce que l'on pourrait appeler la théorie de l'amitié, qui justement­ n'a rien de théorique:

Nous devons renoncer à connaître ceux à qui nous lie ­quelque chose d'essentiel ; je veux dire, nous devons­ les accueillir dans le rapport avec l'inconnu où ils­ nous accueillent, nous aussi, dans notre éloignement.­
L'amitié, ce rapport sans dépendance, sans épisode et­ où entre cependant toute la simplicité de la vie, passe ­par la reconnaissance de l'étrangeté commune qui ne­ nous permet pas de parler de nos amis, mais seulement ­de leur parler, non d'en faire un thème de­ conversations, mais le mouvement de l'entente où, nous parlant, ils réservent, même dans la­ plus grande familiarité, la distance infinie, cette­ séparation fondamentale à partir de laquelle ce qui­ sépare devient rapport.[11]

Le livre de Blanchot commence et se conclut avec Bataille, il est encadré­ par la référence à Bataille. Il vient confirmer que cette relation, cette ­relation de l'amitié est celle dans laquelle ceux qui sont hors-classe ­peuvent soutenir et transmettre leur étrangeté.

Les amis et l'écriture.

Sur un billard les opérations qui consistent à faire se rencontrer les­ trois boules sont belles et complexes, elles utilisent les ricochets et les­ bandes. L'enchaînement des coups fait oublier immédiatement la façon dont­ les coups précédents ont été conçus, l'opération ne va plus concerner que ­la nouvelle configuration et la façon dont les
positions respectives des­ boules pourront permettre le plus d'enchaînements possibles, avant de ­passer le relais à un autre joueur.
Cette métaphore du jeu de billard peut servir à illustrer le mode de­ circulation des enchaînements dans une bande d'amis.
Il y a une certaine élasticité à la bande d'amis, sa limite est moins nette ­que celle d'autres formations, celle du milieu surréaliste par exemple. Le­ rapport établi entre les amis "dans la plus grande familiarité" et qui­ réserve cette "distance infinie, cette séparation fondamentale" est un­ rapport aux bords mouvants, son littoral peut accueillir les marées et les­ tempêtes, il peut se rétrécir ou s'étendre sans trop se préoccuper de son existence et de son avenir, ce n'est pas une formation politique.
Le mode de présence dans la bande d'amis est défini par Blanchot comme­ celle, non pas d'un "Je", mais celle d'un "Qui?", d'un "être inconnu et glissant d'un "Qui ?" indéfini.
Ce détour par le tissu amical donne la possibilité de reprendre le paradoxe apporté par le biographe-historien et l'historienne-biographe dans leur présentation des liens entre Bataille et Lacan :
Bataille est trouvé là où il n'est pas et il n'est pas repéré là où il est[12].
Nous avions employé l'expression de clin d'oeil pour qualifier l'éventuel­ rapport entre Encore et Madame Edwarda.

De leur côté les éditions Skira ­ont peut-être souligné, sans le savoir, cette dimension en intitulant le­ livre-thèse paru en 1955 :
BATAILLE-LASCAUX, la proximité homophonique­ venant discrètement rappeler la proximité amicale.

Il est remarquable qu'en cette même année 1955, Bataille, qui vient de­publier cette thèse illustrée sur la naissance de l'art et la naissance de­ l'humanité, conseille à Lacan d'acheter le tableau de Courbet "L'origine du­ monde".
Ce tableau est considéré comme le nu le plus scandaleux qui ait­ jamais été peint, et également comme un des trois ou quatre plus grands ­tableaux de l'histoire de la peinture[13].
Pour masquer cette "fente scandaleuse" (celle que Brassens a appelée :­ blessure congénitale, Lacan de son côté, très inspiré par Madame Edwarda, parlait du sexe de la femme, "comme un lieu d'horreur, un trou béant, une "chose" douée d'une oralité extrème, d'une essence inconnaissable : un réel, une hétérologie) et en même temps la découvrir, Masson , à la demande de Lacan, peignit un ­paysage sur un ingénieux système de cadre à double-fond et à glissière. Le ­paysage peint par Masson reprend scrupuleusement les lignes du corps du ­tableau de Courbet, il suit l'enveloppe formelle.

En cette même année 1955, Lacan commence son séminaire sur les structures freudiennes dans les psychoses, une partie de ce séminaire sera reprise ­par écrit dans un article (d'abord paru dans La Psychanalyse vol.4, 1958, puis dans Ecrits­ [14]) intitulé "D'une question préliminaire à tout traitement possible de la­ psychose". Cet article contient :
... ce que nous avons donné à notre séminaire pendant ­les deux premiers trimestres de l'année d'enseignement­ 1955-56, donc le troisième en restant excepté.[15]
A propos de la psychose, Lacan donne ce statut particulier au troisième :
... , donc le troisième en restant excepté.

Dans la suite des trimestres d'enseignement : 1, 2, 3, au moment du passage ­à l'écrit, le troisième reste excepté : 1, 2 / 3, la suite est ­cassée, le troisième devient le terme manquant de la suite.
Cet article qui a été écrit sur deux mois (déc. 1957 - janv. 1958) se­ termine par une note qui explicite l'expression employée par Schreber :

"Dieu est une p...."
C'est ainsi que le dernier mot où " l'expérience ­intérieure " de notre siècle nous ait livré son comput,­ se trouve articulé avec cinquante ans d'avance par la ­théodicée à laquelle Schreber est en butte : "Dieu est­ une p...1."

La note (1) de la page 583 (rajoutée en 1966) est la suivante :

1. Sous la forme : Die Sonne ist eine Hure (S.384-APP.). Le soleil est pour Schreber l'aspect­ central de Dieu. L'expérience intérieure, dont il­ s'agit ici, est le titre de l'ouvrage central de ­l'oeuvre de Georges Bataille. Dans Madame Edwarda, il ­décrit de cette expérience l'extrémité singulière.

C'est là la seule référence à Georges Bataille faite ­par Lacan dans un écrit.
Dans Madame Edwarda, à l'extrémité du texte, Bataille écrit :

Ma vie n'a de sens qu' à la condition que j'en manque;­ que je sois fou : comprenne qui peut, comprenne qui­ meurt...; ainsi l'être est là, ne sachant pourquoi, de ­froid demeuré tremblant...; l'immensité, la nuit­ l'environnent et, tout exprès, il est là pour... " ne ­pas savoir". Mais DIEU ? qu'en dire, messieurs Disert, ­messieurs Croyant, - Dieu, du moins, saurait-il ? DIEU, ­s 'il "savait", serait un porc*. Seigneur, j'en appelle­ dans ma détresse, à "mon coeur", délivrez-moi,­ aveuglez-les! Le récit, le continuerai-je ?

* J'ai dit : "Dieu, s'il "savait" serait un porc. "Celui qui (je suppose qu'il serait, au moment, mal ­lavé, "décoiffé") saisirait l'idée jusqu'au bout, mais ­ qu'aurait-il d'humain ? au-delà, et de tout... plus ­loin, et plus loin... LUI- MEME, en extase au- dessus ­d'un vide... et maintenant ? Je TREMBLE[16].

Le chemin que nous avons pris, à partir d' Encore, conduit à retrouver une ­suite au propos qui conclut Madame Edwarda.
Là où Bataille conclut en 1941 :

... ainsi l' être est là ... pour..."ne pas savoir",

Lacan reprend le 21 novembre 1972 :

Avec le temps, j'ai pris l'habitude de m'apercevoir ­qu'après tout je pouvais en dire un peu plus. et puis ­je me suis aperçu que ce qui constituait mon­ cheminement c'était quelque chose de l'ordre du "je ­n'en veux rien savoir"[17].

Au point où Bataille suspend son propos au bord de la folie, Lacan poursuit en reprenant la question du "ne pas savoir" et en la subjectivant au­ maximum : "je n'en veux rien savoir", il remet en corps celui qui en­ appelait à "mon coeur".

Mise en continuité

Cette façon de prendre la suite, de rétablir la suite au point, "Wo es ­war...", où l'autre arrivait à une "fin de partie" est une pratique que­ Bataille avait déjà expérimentée, justement à propos de la folie. Le parallèle avec la façon dont Freud a écarté un travail sur la folie de Niezsche donne plus de relief à l'affaire.

En 1934, Arnold Zweig, écrivain et fidèle ami de Freud, avait depuis un­ certain temps l'intention d'entreprendre le roman de l'aliénation de­Nietzsche en établissant un rapport avec Freud, il écrivit à Freud le ­28-04-1934[18] :

Or je me rapproche de lui depuis des années, en ce sens­ que j'ai reconnu en vous, père Freud, l'homme qui a ­fait tout ce que ce bon Fritz Nietzsche s'est contenté­ de peindre.

Le 11 mai 1934, A. Zweig redemande à Freud de l'aide pour entreprendre son ­travail. Freud, tout en déconseillant à A. Zweig de se lancer dans ce travail,­ communique cette demande à Lou Andréas Salomé, qu'il considère comme la­ mieux placée pour être la conseillère à ce propos[19].

Le 20 mai 1934, Madame Lou fait la réponse suivante à Freud qu'i la transmet à­
A. Zweig :

Cette participation est absolument impensable en ce­ qui me concerne et fût- ce la plus petite, impossible.­ Pour moi, c'est à ne pas toucher; je repousse cette ­idée avec effroi. Je vous en prie, dites-le à qui de­ droit avec la plus grande énergie et pour jamais. Comme vous avez d'ailleurs raison de lui déconseiller avec ­insistance ce projet Nietzsche.[20]

A. Zweig insiste encore auprès de Freud qui à nouveau le contre à propos de ­la constitution sexuelle de Nietzsche en disant que Nietzsche avait une­ grave maladie (lettre du 15 juillet 1934).
Le 12 août 1934, A. Zweig écrit de nouveau à Freud en lui faisant part de son­ projet d'étudier la fuite dans la psychose de Nietzsche et il demande à­ Freud : " Que dois-je lire pour comprendre votre doctrine de la psychose, à ­part le Président Schreber, que je connais ?"
Freud ne répond pas et annonce son projet de travail sur "L'Homme Moïse, un ­roman historique (avec plus de raison que votre roman sur Nietzsche)" pour essayer de comprendre "... pourquoi le juif est devenu ce qu'il est et­ pourquoi il s'est attiré cette haine éternelle".
Cet échange entre Freud et Arnold Zweig est exemplaire d'une politique de ­substitution.
Tout d'abord on peut souligner que Freud nomme Arnold Zweig : "Cher Maître ­Arnold" mais que dans la pratique c'est lui, Freud, qui oriente, ou en tout­ cas qui n'autorise pas certaines voies.
Cette voie du rapport au semblable et à la folie est barrée par Freud, et­ Zweig , en ami fidèle suivra Freud sur la voie des recherches sur Moïse.
Dans leur échange , entre eux-deux, le troisième ne sera pas Nietzsche, mais­ Moïse.
Freud récusera également en mai 1936 la possibilité que A. Zweig devienne ­son biographe :
Non, je vous aime beaucoup trop pour permettre une ­telle chose. Qui devient biographe s'astreint à mentir,­ à dissimuler, à embellir et même à cacher son propre ­manque de compréhension, car on ne peut pas posséder la ­vérité biographique et celui qui la posséderait ne­ pourrait s'en servir. (lettre du 31 mai 1936)[21].

Ce petit épisode des échanges épistolaires entre A. Zweig et Freud illustre­ justement cette façon dont une suite peut être interrompue.
Cette suite prenait effectivement une tournure explosive puisqu'elle ­mettait, ni plus ni moins, les découvertes de Freud dans la suite de la ­folie de Nietzche et que Arnold Zweig soulignait également l'insuffisance ­de la doctrine de Freud concernant la psychose.

Pas sans suite

Le parallèle qui vient d'être introduit, entre Lacan prenant la suite de ­l'énoncé de Bataille sur la question du "non-savoir" et Freud refusant à ­A.Zweig d'approcher la folie de Nietzche, peut se figurer de la façon­ suivante
Les points :
Nietzsche Freud





ne pas savoir

et les points :

Bataille Lacan





ne pas savoir

forment deux triangles.
Le premier triangle restera fixe alors que pour le second il y aura mise en circulation, les trois points déterminant alors un cercle. Cette mise en circulation a été théorisée par Lacan sous la forme de la­ mise en continuité des trois consistances du noeud borroméen[22].
C'est donc, par contraste, comme en peinture, que les trois articles de ­Bataille consacrés à Nietzsche prennent un relief particulier[23]. Là où la ­voie était barrée par Lou et Freud, Bataille sans le savoir s'engage.
Lacan, à sa façon, prend la suite.
Au cours de l'été 1948 il a fait un voyage en Suisse avec Sylvia. Ils se sont rendus à Sils Maria sur la tombe de Nietzshe. De là ils ont envoyé une carte postale à Monsieur et Madame Georges Bataille à Vézelay. Cette carte représentait la pierre commémorative sur laquelle est gravée l'inscription :

Oh Mensch! Gib acht!
Was spricht die tiefe Mitternacht ?
Ich schlief, Ich schlief. MDCCCC

Au verso de la carte il y avait un petit mot manuscrit de Sylvia et un de Lacan :

J'ai même fait la traduction
Sylvia

Plus une note philologique
sur le poème considéré
comme gâteau à la crème.
J. Lacan[24]

Ces lignes rendent témoins d'un clin d'oeil.[25]

[1] G. Bataille, Ibid.
[2] G.Bataille, L'anus solaire, O.C. Tome I, Paris, Gallimard, 1973,­ pp. 80-86.
[3] G.Bataille, Sacrifices, op.cit., pp.89-96. 1ére édition, Paris, G.L.M., octobre 1936.

[4] Minotaure, Revue artistique et littéraire, Paris, éditions Albert Skira,­ 1933.

[5] Jacques Lacan participa à plusieurs réunions des participants de la société secrète "Acéphale", cf: M. Surya, Georges Bataille, la mort à l'oeuvre, Paris, Gallimard, 1992, p. 306.
Lacan reprend le terme "acéphale" dans son commentaire du rêve de l'injection d'Irma, le 16 mars 1955, "Il y a dans ce rêve la reconnaissance du caractère fondamentalement acéphale du sujet, passée une certaine limite".

[6] E. Roudinesco, Jacques Lacan - Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Paris, Fayard, 1993, p. 221.
[7] Louis Althusser, L'avenir dure longtemps suivi de Les faits, Paris,­ Stock/IMEC, 1992.
[8] A l'église Saint-Sulpice à Paris, dans la première chapelle à droite en entrant, il y a une fresque de Delacroix intitulée : La lutte avec­ l'Ange.
[9] Maurice Blanchot, L'amitié, Paris , Gallimard, 1971.

[10] G. Bataille, Lascaux ou la naissance de l'art, O.C. Tome IX, Paris,­ Gallimard, 1979, pp. 9-101 et ,
BATAILLE - LASCAUX, Genève, Skira, 1986.
[11] M. Blanchot, L'amitié, op. cit., p. 328.
[12] Elisabeth Roudinesco donne un éclairage sur l'absence du nom de Bataille dans l'index des noms propres des Ecrits. : "Au mois d'octobre 1966, alors que que son grand oeuvre était parti chez l'imprimeur, Lacan téléphona en pleine nuit à Wahl : "Il faut absolument faire un index! s'écria-t-il. Epuisé par des mois de travail, Wahl refusa de se mettre à l'ouvrage et c'est à Miller que Lacan confia cette tâche, quelques semaines avant le mariage de celui-ci avec Judith. En composant l'index, le jeune homme commit un formidable acte manqué : il oublia d'y faire figurer le nom de Georges Bataille, pourtant cité dans le texte". Jacques Lacan, op. cit. p. 427.
[13] Art-press , n°163, Paris, nov.1991. (Suite à l'exposition exceptionnelle ­de ce tableau au musée Courbet à Ornans en juillet et aout 1991).

[14] J. Lacan, Ecrits, Paris Seuil, 1966, pp. 531-583.
[15] J. Lacan, op. cit. p. 531.
[16] G. Bataille, Madame Edwarda, O.C. TomeIII, Paris, Gallimard, 1971, p. 31.
[17] J. Lacan, Encore, séance du 21 novembre 1972, sténotypie.
[18] S. Freud - A. Zweig, Correspondance 1927-1939, Paris, Gallimard, 1973, p. 111.
[19] Ibid, p. 113-115.
[20] Lou Andreas-Salomé, Correspondance avec Sigmund Freud, Paris, Gallimard, 1985, p. 251.
[21] S. Freud - A. Zweig, op. cit., p. 167.
[22] J. Lacan, Le sinthome, séance du 16 décembre 1975, sténotypie.
[23] G. Bataille, "Nietzsche et les fascistes", in Acéphale n°2, janvier 1937.
G. Ambrosino, G. Bataille, R. Caillois,, P. Klossowski, P. Libra, J. Monnerot, "Chronique nietzschéenne" in Acéphale n°3-4, juillet 1937.
G. Bataille, "La folie de Nietzsche" in Acéphale n°5, juin 1939.

[24] Cette information m'a été aimablement communiquée par Mr. Norbert Haas qui a assuré la traduction des Ecrits en allemand, elle a été publiée depuis dans la Revue du Littoral, n° 38, Paris, EPEL, 1993.
[25] Lacan et Bataille avaient un rapport très concret aux lieux et aux noms de lieu. Au temps de la société secrète "Acéphale", le lieu de pélérinage privilégié de Bataille et Laure était "La Malmaison", l'endroit où Sade voulait qu'on l'enterrât. En s'installant à Vézelay, l'auteur de "La somme Athéologique"portait à l'incandescence son rapport à la mythologie chrétienne en même temps que sa subversion.
Lacan a fait sa conférence "la chose freudienne" à Vienne et, dans son retour à Freud, il n'a pas loupé Rome, ni "Milan".

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