vendredi, juin 30, 2006

Archives : Jacques LACAN sur France Culture

Par Marc-Hubert FloriotRéalisation : Laurent PaulréRome, 1953 ... Rome, 1967 ... Rome, enfin, 1974. "La Troisième ...".
Cette fois c'est aussi le titre de cette intervention que, lui donnant d'emblée la tournure, Jacques Lacan a prononcée en novembre 1974, au congrès de l'Ecole freudienne dont c'était le dixième anniversaire de la création (1964), en la grande salle de concert de l'Academia musicale di santa Cecilia.
Il avait 73 ans. " Psychanalystes pas morts. Lettre suit. " Déjà en 1957, du sein de la Sorbonne un philosophe, - l'être en philosophie se fonde d'une vérité ontologique, avait confié : " Lacan, comme Socrate, nous met à la torture ...
" C'est que, pour lui, " le symptôme analytique est signifiant au second degré en tant qu'il participe de cette relation au signifiant ".
Et d'opposer le Réel (du schéma RSI) au monde. Ce qui s'ourdit du " disque-ourdrome " peut donc s'entendre fidèlement comme l'effort théorique de Lacan à extraire la psychanalyse du discours philosophique et à proposer là ses propres concepts : sa " foliesophie ", disait-il, inspirée de la logique et des noeuds boroméens.
S'adressant aux psychanalystes, il insiste ici : " Comment vous sortir de la tête l'emploi philosophique de mes termes ? ".
L'enregistrement de 1974 dont nous donnons ici un extrait est dû au psychanalyste Patrick Valas.
Une version, accompagnée de commentaires de Jacques-Alain Miller, psychanalyste, en avait été donnée la première fois le 07/04/2001 sur France Culture, à l'occasion du centenaire de la naissance de Jacques Lacan.

mardi, juin 27, 2006

Collège d'enseignement de l'Association lacanienne internationale

Collège d'enseignementde l'Association lacanienne internationale

On ne devient psychanalyste que par les effets du transfert au long d'un travail sur le divan. Lacan, dans un de ses aphorismes énonce : "il n'y a pas de formation du psychanalyste, il n'y a que des formations de l'inconscient". C'est donc la lecture de celles-ci durant la cure puisque "l'inconscient est structuré comme un langage" qui fonde le rapport du sujet à sa vérité.
Aussi le Collège dans ses trois modalités : Collège proprement dit, Groupe d'introduction à la psychanalyse (G.I.P.), Groupe d'étude pratique et de clinique lacanienne (G.E.C.) se propose-t-il seulement d'aider à l'élaboration du rapport de chacun à l'analyse par la lecture dialectisée des textes qui la fondent.

Le mode d'enseignement est basé sur des lectures personnelles reprises en petits groupes d'une dizaine de participants toutes les deux semaines pour le GIP et le GEC, toutes les semaines pour le Collège proprement dit. Le travail de chaque petit groupe est placé sous la responsabilité d'un analyste de l'Association. Pour le Collège, alternent travail en petits groupes et réunions plénières avec les trois responsables.

Les programmes seront annoncés ultérieurement avec plus de précision mais il est déjà indiqué qu'ils porteront sur les formations de l'inconscient en s'appuyant sur les textes de S. Freud, J. Lacan et Ch. Melman.

Les demandes de participation, nécessaires dans tous les cas, peuvent être adressées dès maintenant et jusqu'au 1er juillet au Secrétariat de l'A.L.I. c/° Collège d'enseignement, 25 rue de Lille en indiquant la modalité souhaitée. Une convocation sera adressée à chacun en vue d'un entretien avec les responsables avant le 1er juillet.
Le nombre de participants est limité.
Les frais annuels sont de : 310 € pour le Collège, 200 € pour le GIP, 250 € pour le GEC.
C. Landman, J. Cacho, D. Sainte Fare Garnot
Le Collège d'enseignement...
L'ensemble des activités du Collège est placé sous la direction de Charles Melman. Un Conseil d'enseignement composé de Jorge Cacho, Marcel Czermak, Claude Landman et Denise Sainte Fare Garnot l'assiste dans cette tâche et a pour fonction d'élaborer le programme d'enseignement, d'en évaluer régulièrement les résultats, d'en renouveler éventuellement le contenu et de produire un travail sur la spécificité de l'enseignement de la psychanalyse à des psychanalystes en formation

Il est clair pour chacun que ne devient psychanalyste que celui qui s'est soumis aux effets du transfert à un analyste, au long d'un travail sur le divan. Lacan, dans un de ses aphorismes énonce : "il n'y a pas de formation du psychanalyste, il n'y a que des formations de l'inconscient". C'est donc la lecture de celles-ci durant la cure puisque "l'inconscient est structuré comme un langage" qui fonde le rapport du sujet à sa vérité.

Aussi le Collège dans ses trois modalités : Collège proprement dit, Groupe d'introduction à la psychanalyse (G.I.P.), Groupe d'étude pratique et de clinique lacanienne (G.E.C.) se propose-t-il seulement d'aider à l'élaboration du rapport de chacun au discours psychanalytique par la lecture dialectisée des textes qui la fondent. C'est ce rapport qui organise les trois modalités, écartant la notion de cursus.

Le mode d'enseignement est basé sur des lectures personnelles reprises en petits groupes d'une dizaine de participants toutes les deux semaines pour le GIP et le GEC, toutes les semaines pour le Collège proprement dit, où alternent travail en petits groupes et réunions plénières avec les responsables. Le travail de chaque petit groupe est placé sous la responsabilité d'un analyste de l'Association. À cet enseignement s'ajoute la participation obligatoire à des présentations cliniques nécessaires à la formation des psychanalystes. La liste des lieux où elles sont faites, figure dans le livret. Il est nécessaire de s'inscrire auprès du responsable.
Les demandes de participation à l'une des modalités du Collège, nécessaires dans tous les cas, doivent être adressées dès que possible au Secrétariat de l'ALI. Une convocation sera adressée à chacun en vue d'un entretien.
Programmes et renseignements pratiques
Pour le GIP le travail se poursuivra sur la lecture du séminaire de Charles Melman Pour introduire à la psychanalyse aujourd'hui et les textes de Freud et de Lacan auquel il renvoie. La première réunion aura lieu le jeudi 12 octobre 2006. Les réunions suivantes se dérouleront selon le nombre des groupes, le jeudi de préférence, ou bien le mardi, mercredi ou vendredi, une semaine sur deux. Deux réunions de l'ensemble des groupes ont lieu dans l'année. La date en sera fixée ultérieurement.Les frais d'inscription, de 200 euros comprenant l'abonnement au Bulletin de l'Association, seront réglés dans le courant du mois d'octobre.

Le Collège, pour sa quatrième session, 2006/2008 étudiera les formations de l'inconscient à partir de textes choisis de S. Freud, J. Lacan, Ch. Melman, qui seront annoncés par courrier. La première réunion aura lieu le lundi 16 octobre 2006. Les réunions suivantes auront lieu tous les lundis (hors vacances scolaires) Les frais d'inscription, de 310 euros, comprenant l'abonnement au Bulletin de l'Association, seront réglés dans le courant du mois d'octobre.

Le GEC étudiera le séminaire de Ch. Melman : Retour à Schreber en lien avec les Mémoires de Schreber et l'analyse de Freud. La première réunion aura lieu le vendredi 10 novembre 2006. Les séances suivantes se dérouleront le vendredi ou le jeudi, une semaine sur deux. Deux réunions de l'ensemble des groupes ont lieu dans l'année. La date en sera fixée ultérieurementLes frais d'inscription, de 250 euros, comprenant l'abonnement au Bulletin de l'Association, seront réglés dans le courant du mois de novembre
Toutes les réunions se déroulent à l'A.L.I.

source :

lundi, juin 26, 2006

Séminaires de recherche

PROGRAMME DES SEMINAIRES DE RECHERCHE de L’I.I.H.E.P

ANNEES 2007 / 2012

documentation

Tel 06 07 99 52 60
Fax 04 66 84 87 22

Site Internet : www.iihep.com


I.I.H.E.P.
11 Place Charles de Gaulle
3ème étage
13001 Marseille
Séminaires de recherche « Heinz Kohut »

Théorie et pratique du Self
Septembre 2007

Thèmes
- Théorie générale du Self.
Les dynamiques de déconstruction et d’actualisation du Self
Le Self et le complexe d’antœdipe.
Stratégies de résilience et de coping du processus secondaire.
Les différents narcissismes sains (narcissisme primaire, narcissisme secondaire, narcissisme tertiaire, etc.) et pathologiques (narcissisme malin ou pervers, pseudo-narcissisme, anti-narcissisme, etc.)
Définition de la symbolisation.
Le Self et les mécanismes d’identification projective fusionnelle, fissionnelle, introjective, inanitaire, etc.
Le Self sain : micro-sémiologie identitaire de la santé.
Le Self névrotique, le Self limite, le Self pervers, le Self psychotique, etc.
Les défenses institutionnelles et étatiques contre le Self des citoyens.
Les faux-selfs grandioses intentionnels, les faux selfs pervers, les faux selfs inconscients, les faux selfs idéologiques d’Etat, etc.
Notions sur les non-selfs (Les selfs fissionnés, les selfs fusionnés, les selfs forclos, les selfs clivés, etc.)
Les hyper-selfs précoces et dyssynchroniques (Hyper-self symbolique et troubles de la précocité symbolique, Hyper-self intellectuel et précocité intellectuelle, Hyper-self bicaméral et précocité bicamérale, etc.).
Schéma de la Troisième Topique.
Cartographie micro-analytique du Self et de l'identité symbolique.
Documents annexes : Les participants recevront au début du séminaire un documents écrit de 200 pages environ contenant l’ensemble des interventions spécialisées sur le thème d’étude spécifique qui sera développé tout au long des 5 journées.
Task Force & Staff des recherches : Les séminaires sont coordonnés par Christian Nots.
Inter-disciplinairement, plusieurs chercheurs (Doctorats) émanant d’horizons divers interviendront en sciences politiques, en géopolitique, en sociologie politique, en psychanalyse, etc.

Publications et Editions du Séminaire de recherche : le séminaire sera accessible en format PDF directement sur le site de l’IIHEP (pour une somme modique par carte bleue CB) ou en livre (par poste) en 6 langues (Français, Espagnol, Arabe, Chinois, Anglais et Allemand).
Inscriptions : par courrier simple accompagné d’un chèque de 95 euros (obligatoire pour valider l’inscription). La confirmation se fera par retour de courrier par le secrétariat.
Prix : 475 euros
Somme pouvant être réglée en 5 fois
Dates et durée : 5 séminaires repartis sur 10 mois
(tous les deux mois / mois impairs / le 4ème samedi)
Septembre 2007
Novembre 2007
Janvier 2008
Mars 2008
Mai 2008
Lieux : Salle de séminaire de l’IIHEP à Marseille
Salle de séminaire du Novotel Vieux-Port (suivant le nombre d’inscriptions).


Séminaires de recherche « Franco Fornari »

Psychanalyse de la guerre et de la mondialisation néo-libérale
Septembre 2008
Thèmes
- Pourquoi la guerre ?
L’Occident et la récurrence des guerres.
Les mondialisations secrètes ou les « Black Programs » de la mondialisation néo-libérale (Nomenclature des Mondialisations Néo-libérales).
La re-colonisation planétaire par l’Occident et ses mondialisations… pré-martiales.
Pulsions de guerre, pulsions criminelles, pulsions de combat…
La guerre, la Symbolisation d’Etat et la Raison d’Etat.
Les nouvelles guerres cognitive, psychologique, sémantique et informationnelle d’Etat contre le Self des citoyens.
Le pourrissement de la fonction paternelle des Etats.
La mondialisation cognitive pour les citoyens : mondialisation d’un ego grandiose de masse et d’un Non-Self planétaire.
Le réarmement contemporain des Occidentaux.
Les risques d’une troisième guerre mondiale (Etats-Unis contre la Chine, Etats-Unis contre l’Europe et la Chine).
etc.
Documents annexes : Les participants recevront au début du séminaire un documents écrit de 200 pages environ contenant l’ensemble des interventions spécialisées sur le thème d’étude spécifique qui sera développé tout au long des 5 journées.
Task Force & Staff des recherches : Les séminaires sont coordonnés par Christian Nots.
Inter-disciplinairement, plusieurs chercheurs (Doctorats) émanant d’horizons divers interviendront en sciences politiques, en géopolitique, en sociologie politique, en psychanalyse, etc.
Publications et Editions du Séminaire de recherche : le séminaire sera accessible en format PDF directement sur le site de l’IIHEP (pour une somme modique par carte bleue CB) ou en livre (par poste) en 6 langues (Français, Espagnol, Arabe, Chinois, Anglais et Allemand).
Inscriptions : par courrier simple accompagné d’un chèque de 95 euros (obligatoire pour valider l’inscription). La confirmation se fera par retour de courrier par le secrétariat.
Prix : 475 euros
Somme pouvant être réglée en 5 fois
Dates et durée : 5 séminaires repartis sur 10 mois
(tous les deux mois / mois impairs / le 4ème samedi)
Septembre 2008
Novembre 2008
Janvier 2009
Mars 2009
Mai 2009
Lieux : Salle de séminaire de l’IIHEP à Marseille
Salle de séminaire du Novotel Vieux-Port (suivant le nombre d’inscriptions).
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Séminaires de recherche « Terrorismes contemporains »

Psychanalyse des Terrorismes

Terrorismes d’Etat et Terrorismes révolutionnaires
Septembre 2009
Thèmes
- Définitions étatisée et non étatisée des terrorismes contemporains.
- La censure sur les Terrorismes d’Etat.
Définition géopolitique des Terrorismes Révolutionnaires de Résistance.
Terrorismes d’Etat et Terrorismes Révolutionnaires.
Fonctions-écrans et fonctions obturantes du terrorisme (Syndrome de Damoclès, Cry Wolf Syndrom, etc.) pour les Etats fédéraux contemporains.
Les fonctions légitimantes et panoptiques de l’anti-terrorisme.
Contre-pouvoirs, religion et identité agonistique dans le terrorisme islamique.
Les origines anti-coloniales des Terrorismes de résistance.
Les Terrorismes d’Etat des mondialisations occidentales (Nomenclatures).
Projets Occidentaux de Gouvernement Mondial et d’Etat Unique Fédéral et Risques d’Hyper-terrorismes mondialisés réactionnels.
Etude sur la structure de personnalité des Terroristes.
Documents annexes : Les participants recevront au début du séminaire un documents écrit de 200 pages environ contenant l’ensemble des interventions spécialisées sur le thème d’étude spécifique qui sera développé tout au long des 5 journées.
Task Force & Staff des recherches : Les séminaires sont coordonnés par Christian Nots.
Inter-disciplinairement, plusieurs chercheurs (Doctorats) émanant d’horizons divers interviendront en sciences politiques, en géopolitique, en sociologie politique, en psychanalyse, etc.

Publications et Editions du Séminaire de recherche : le séminaire sera accessible en format PDF directement sur le site de l’IIHEP (pour une somme modique par carte bleue CB) ou en livre (par poste) en 6 langues (Français, Espagnol, Arabe, Chinois, Anglais et Allemand).
Inscriptions : par courrier simple accompagné d’un chèque de 95 euros (obligatoire pour valider l’inscription). La confirmation se fera par retour de courrier par le secrétariat.
Prix : 475 euros
Somme pouvant être réglée en 5 fois
Dates et durée : 5 séminaires repartis sur 10 mois
(tous les deux mois / mois impairs / le 4ème samedi)
Septembre 2009
Novembre 2009
Janvier 2010
Mars 2010
Mai 2010
Lieux : Salle de séminaire de l’IIHEP à Marseille.
Salle de séminaire du Novotel Vieux-Port (suivant le nombre d’inscriptions).
Séminaires de recherche « Ernst Kantorowicz »
Psychanalyse de l’Etat et de l’institution
Septembre 2010
Thèmes
- L’Etat Sacral ou les mécanismes de Naissance de l’Etat.
Mécanismes de sécularisation des religions.
Les mécanismes de sacralisation de l’Etat.
Les liturgies politiques contemporaines.
Les institutions « totales » d’Etat contre le Self des citoyens.
Définitions de l’Etat Supra-légal, de l’Etat Extra-judiciaire, de l’Etat Spécial, de l’Etat Discrétionnaire, de l’Etat Méta-informationnel, de l’Etat Homicide, etc.
Néo-totalitarismes contemporains, néo-fascismes technocratiques et re-structuration « normative » du Self des citoyens (« L’Homme Nouveau Technocratique).
Régimes politiques et structure psychique des citoyens : structure psychique du « Nouveau Citoyen Fédéral » contemporain.

Etat Dépersonnalisateur ? Etat Fissionnel ? Etat Fusionnel ? ou Etat Tentaculaire ?
Reprise des recherches testamentaires de Jacques Ellul, de Pierre Clastres et de José Bléger.
Documents annexes : Les participants recevront au début du séminaire un documents écrit de 200 pages environ contenant l’ensemble des interventions spécialisées sur le thème d’étude spécifique qui sera développé tout au long des 5 journées.
Task Force & Staff des recherches : Les séminaires sont coordonnés par Christian Nots.
Inter-disciplinairement, plusieurs chercheurs (Doctorats) émanant d’horizons divers interviendront en sciences politiques, en géopolitique, en sociologie politique, en psychanalyse, etc.
Publications et Editions du Séminaire de recherche : le séminaire sera accessible en format PDF directement sur le site de l’IIHEP (pour une somme modique par carte bleue CB) ou en livre (par poste) en 6 langues (Français, Espagnol, Arabe, Chinois, Anglais et Allemand).
Inscriptions : par courrier simple accompagné d’un chèque de 95 euros (obligatoire pour valider l’inscription). La confirmation se fera par retour de courrier par le secrétariat.
Prix : 475 euros
Somme pouvant être réglée en 5 fois
Dates et durée : 5 séminaires repartis sur 10 mois
(tous les deux mois / mois impairs / le 4ème samedi)
Septembre 2010
Novembre 2010
Janvier 2011
Mars 2011
Mai 2011
Lieux : Salle de séminaire de l’IIHEP à Marseille
Salle de séminaire du Novotel Vieux-Port (suivant le nombre d’inscriptions).

Séminaires de recherche « Paul-Claude Racamier »

Le complexe d’antœdipe et les psychoses

Septembre 2011
Thèmes
- Définition du complexe d’antœdipe.
Définition de l’incestuel.
Théorie de la séduction narcissique généralisée.
L’origine antéœdipienne des psychoses et des schizophrénies.
Les mécanismes de défense de l’antœdipien : identification projective inanitaire ou fissionnelle, identification projective fusionnelle, opérateurs de défense, induction contextuelle et événementielle, identification endocryptique, identication introjective ou vampirique, identification adhésive ou autistique, etc.

Les positions adultes schizogéniques issues d’un antœdipe non régulé : « Figurant prédestiné », plagiaire grandiose, bouc-émissaire traumatophile, altruiste compulsif, etc.
Perversion narcissique, personnalité narcissique, pervers psychotique et personnalité ambiguë.
Reprise des différents travaux essentiels (notamment en sciences cognitives) d’Herbert Marcuse, de Julian Jaynes, de Jean Lérède, de José Bléger, de Grégory Bateson et de Joseph Gabel sur la cognition dialectique et… dédialectisée, sur la cognition bicamérale ou « double plan », etc.

Documents annexes : Les participants recevront au début du séminaire un documents écrit de 200 pages environ contenant l’ensemble des interventions spécialisées sur le thème d’étude spécifique qui sera développé tout au long des 5 journées.
Task Force & Staff des recherches : Les séminaires sont coordonnés par Christian Nots.
Inter-disciplinairement, plusieurs chercheurs (Doctorats) émanant d’horizons divers interviendront en sciences politiques, en géopolitique, en sociologie politique, en psychanalyse, etc.

Publications et Editions du Séminaire de recherche : le séminaire sera accessible en format PDF directement sur le site de l’IIHEP (pour une somme modique par carte bleue CB) ou en livre (par poste) en 6 langues (Français, Espagnol, Arabe, Chinois, Anglais et Allemand).
Inscriptions : par courrier simple accompagné d’un chèque de 95 euros (obligatoire pour valider l’inscription). La confirmation se fera par retour de courrier par le secrétariat.
Prix : 475 euros
Somme pouvant être réglée en 5 fois
Dates et durée : 5 séminaires repartis sur 10 mois
(tous les deux mois / mois impairs / le 4ème samedi)
Septembre 2011
Novembre 2011
Janvier 2012
Mars 2012
Mai 2012
Lieux : Salle de séminaire de l’IIHEP à Marseille
Salle de séminaire du Novotel Vieux-Port (suivant le nombre d’inscriptions).

Les séminaires de 2012 à 2016 seront publiés sur le site de l’IIHEP en 2008. Sont prévus notamment :
Un séminaire de recherche Grégory Bateson ( Sciences cognitives),
Un séminaire de recherche « Hannah Arendt »,
Un séminaire de recherche « Frantz Fanon »,
Un séminaire de recherche « Ho Chi Minh »(Les Mondialisations re-coloniales),
etc.
…/…

samedi, juin 24, 2006

Jacques Lacan entre dans le marché de l'art

Pour la première fois, des oeuvres graphiques et des manuscrits du psychanalyste Jacques Lacan (1901-1981) seront mis en vente, vendredi 30 juin, à Paris, chez Artcurial. Exposées depuis le 23 juin à l'hôtel Dassault, les quelque 130 pièces sont visibles sur www.artcurial.com.
La famille Lacan s'est opposée à la vente. La maison Artcurial signale que la fille du psychanalyste, Judith Miller, a refusé d'autoriser la reproduction de photos de son père publiées dans son Album Jacques Lacan, visages de mon père (Seuil, 1991). Mme Miller n'a pas souhaité répondre à nos questions.
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L'évaluation de la collection Vappereau n'a pas été une mince affaire. Quelle valeur accorder aux dessins ? Certains sont estimés 10 000-12 000 euros, la moyenne se situant aux alentours de 4 000 euros. Olivier Devers, consultant pour la vente, a eu moins de mal à estimer les manuscrits, qui constituent, selon lui, "un complément indispensable aux oeuvres graphiques". Le tout est estimé à 450 000 euros.
Admirateurs ou pourfendeurs de Lacan, tous attendent l'événement. "On est au bord de la rupture de stock du catalogue d'exposition, édité à 3 500 exemplaires", constate Olivier Devers. Et pour cause, ajoute-t-il : "Les psys savent qu'ils ne reverront pas de sitôt ces dessins. La famille Lacan édite son oeuvre au compte-gouttes."
Dans les années 1970, Jacques Lacan s'était entouré d'une bande de jeunes mathématiciens avec lesquels il s'échinait à résoudre des énigmes via le calcul et le dessin. De cette émulation, pour ne pas dire véritable obsession, sont nés une série de graphes jetés le plus souvent sur des feuilles A4 : chaînes, tresses, ronds, noeuds borroméens (enlacement de trèfles) dessinés à l'encre ou au crayon feutre.
"Le noeud borroméen était devenu pour Jacques Lacan à la fois un symbole, un instrument de recherche et une éternelle interrogation", résume Roland Dumas, qui fut l'avocat de Lacan, dans l'avant-propos du catalogue. Œuvres d'art contemporain ou brouillons de la pensée du psychanalyste, chacun y trouvera ce qu'il veut. "C'est un "work in progress", au sens de Joyce", estime Olivier Devers.
"Ce morceau d'archives correspond aux années décisives de l'aventure topologique, aux énigmes des noeuds, aux entrelacements du triple RSI (Réel, Imaginaire, Symbolique)", écrit dans l'introduction du catalogue Jacques Roubaud, mathématicien et poète, membre de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) et auteur de Ma vie avec le docteur Lacan.
Parmi les manuscrits on trouve des lettres, des textes humoristiques ("Je n'ai dit que des sottises..."), des réflexions lacaniennes ("Dire ce qu'on pense. C'est court"), des calculs autour du triangle de Pascal et, aussi, ce document intitulé "Questions des passeurs" où Lacan liste des noms d'analystes - parmi lesquels Elisabeth Roudinesco.
Cette collection appartient à Jean-Michel Vappereau, l'un des mathématiciens qui gravitaient autour de Lacan. Il est par ailleurs psychanalyste, et Mme Roudinesco souligne son rôle dans sa biographie de Jacques Lacan (Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Fayard, 1993).
M. Vappereau a décidé de vendre ces dessins pour acheter un appartement, à Paris, où seront entreposées des archives de psychanalyse. "Roland Dumas voulait que je donne les oeuvres de Lacan à la Bibliothèque nationale de France, mais je préfère qu'elles circulent dans le public", explique-t-il sans états d'âme.
Clarisse Fabre
Article paru dans l'édition du 25.06.06

Nouveaux travaux et écrits

Nouveaux travaux et écrits
L'EMPATHIE, L'IDENTIFICATION ET L'ALTERITE EN QUESTION(S)Thibault Lawny CRISE FROIDE ET CROISSSANTS CHAUDS : Les stagiaires comme portes parole du conflit institutionnel, UNIVERSITE LUMIERE LYON II, INSTITUT DE PSYCHOLOGIE DESS de PSYCHOLOGIE ET PSYCHOPATHOLOGIE CLINIQUE, 2003 – 2004 (.PDF)"Stress et adaptation chez l’enfant d’âge scolaire (7-12 ans) : impact du placement en institution", Mots clefs : stress, adaptation, enfant, famille, dysfonctionnement, placement, séparation, estime de soi, anxiété. Université de Nantes, UFR de Psychologie, DE L'ANGOISSE… Questionnement autour d'une rencontre clinique, Mémoire présenté pour la Maîtrise de Psychologie. En psychologie clinique et pathologique, Par Cécile OLIVIERLa Communication en odontologie. Quelles informations transmettre aux patients ? Evaluation d'une fiche d'information par des praticiens novices et expérimentésLe principe du droit des patients d’être informés a, depuis la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, valeur légale. L’obligation d’information est devenue pour le praticien l’un des piliers du contrat médical et de la relation de confiance entre soignant et soigné.Culture et Thérapie : Le Migrant face au choix thérapeutique en psychologie. Mémoire de Maîtrise présenté par : Yamina Kramdi - Université de Caen – Basse Normandie, UFR de psychologie, Maîtrise de Psychologie Clinique et Pathologique. Aménagement d'un lieu d'accueil Enfants/Parents pour les enfants de 0 à 3 ans PROJET DE RECHERCHE APPLIQUEE, Master Professionnel Psychologie, Enfance, Adolescence et Société, AURELIE GUIHARD, Université de POITIERSLa transmission psychique : quand la répétition transgénérationnelle prend le relais DELOBELLE Stéphanie- U.F.R. de TOURS Année 2001-2002, D.E.S.S. de Psychologie Clinique et Psychopathologie, DOSSIER FAMILLEETUDE SUR LES EFFETS DE L’ENGAGEMENT - Une étude de terrain : la carte de fidélité d'un magasin de vêtements - Université de Provence Aix-Marseille I - LAFARGUE Céline et Silvestro Delphine - Etude sur les effets de l'engagementReprésentations autour de la maltraitance en maison de retraite, chez les résidents et le personnel soignant. école de psychologues praticiens- université catholique de paris 06 - Mémoire de recherche en vue de l’obtention du DIPLôME DE PSYCHOLOGUE - Par : Agathe GILBERT/Promotion : 2004Fonctions du bavardage en ligne chez le jeune adulteVadi Alexandre - Mémoire de maîtrise de Psychologie clinique - Année 2003/2004 - UNIVERSITE DE NICEDESTIN DE L’IDEAL DU MOI CHEZ LA PERSONNE AGEE INSITUTIONNALISEE - Valérie Courtois Prémices d’une pratique de psychologue clinicienne-Réflexions sur mon identité de psychologueMémoire présenté pour le DESS de psychologie clinique et pathologique-Par Cécile OLIVIER - Université de Reims - Champagne-Ardenne-U.F.R. Lettres et Sciences Humaines - 2004-2005Impact psychologique sur les parents de la découverte de la schizophrénie chez leur enfant, grand adolescent ou jeune adulte par Daniel STEINBACH Université Paris X - Nanterre - Mémoire de Maîtrise Année 2002/2003 Département de psychologie section de PsychopathologieL’INFLUENCE DES STYLES PARENTAUX SUR LA CONSOMMATION D’ALCOOL DES ADOLESCENTS U.F.R de PSYCHOLOGIE - Année 2004-2005 - Mémoire de Maîtrise / Discipline : Psychologie - Mention : Psychologie du développement, Présentée et soutenue publiquement par Leslie SCHOONHEERELa boulimie comme rattachement au destin psychique de la mère Université Lyon II - Formation à Partir de la Pratique - Maîtrise de Psychologie - Juin 2003 - Antoine NavalonLES FONDEMEMENTS DE LA RECHERCHE EN PSYCHOLOGIE - LA METHODE PSYCHOLOGIQUE EN QUESTIONles determinants du comportement asocial de l’eleve Mémoire de maîtrise de Psychologie - Par Sébastien SAUDUBRAY - Juin 2003 - U.F.R ARTS ET SCIENCES HUMAINES DEPARTEMENT DE PSYCHOLOGIE UNIVERSITE DE TOURS françois RABELAISLe sujet et le groupe - La construction du sujet à l’aide du groupe thérapeutique : Le rôle des identifications Sophia Antipolis - Université de Nice - UFR Lettres, Arts et Sciences Humaines - Année universitaire 2002-2003 - MASTER RECHERCHE de PSYCHOPATHOLOGIE ET PSYCHANALYSELE PASSAGE À L'ACTE À L'ADOLESCENCE Aurélie GUIHARD - AOUT 2004L'APPRENTISSAGE IMPLICITE : L'ATTENTION EST-ELLE NECESSAIRE? - Akif Karim - Université Blaise Pascal - D.E.A de psychologie - Année 2001-2002ETUDE DE CAS Toby. H. - MANCINO Aurélien - Master professionnel de psychologie du développement socio cognitif de l’Education et de la Formation. Université Lumière Lyon 2 - 2004/2005Les Discours de la Clinique LE FUR Yann - D.E.A. Inconscient, Langage et société : option psychopathologie. Travail d’Etude et de Recherche - Université Rennes II – Haute Bretagne - 2003-2004Somatisation et symbolisation : les liaisons dangereuses - Réflexion sur les représentations d’objet dans l’atteinte somatique. Université Lumière Lyon 2 - Institut de psychologie - Mémoire de maîtrise -2003-2004 par Duval MagaliL’art, une lutte contre les déficits ou comment la création artistique peut venir suppléer la forclusion du Nom-du-Père - Mémoire de Recherche présenté par Anne-Laure DUBOIS, maîtrise en psychologie pathologique - Année 2004 -2005 - Université Catholique de l’Ouest d’Angers - Institut de Psychologie et Sociologie AppliquéesEMPRISE MATERNELLE ET PLACE DU PERE DANS LA FAMILLE MAGHREBINE EN SITUATION MIGRATOIRE par Armelle PERON - DEA de psychanalyse et psychopathologie - Université Paris 13 - Année 2000-2001J’ETAIS, JE SUIS, JE SERAI. Réflexion autour d’une pratique professionnelle hors du commun ! UNIVERSITE DE REIMS CHAMPAGNE ARDENNE - UFR LETTRES ET SCIENCES HUMAINES - DEPARTEMENT DE PSYCHOLOGIE - Mémoire de DESS de psychologie clinique et pathologique, par Melle CELLIER PascaleL’APPROCHE CLINIQUE INSTITUEE DANS LE MILIEU SPORTIF HETEROGENEITE ET COMPLEMENTARITE DES PRATIQUES POUR UN TRAITEMENT HOMOGENE ET ADAPTE DES DEMANDES - UNIVERSITE PAUL VALERY. MONTPELLIER III - UFR V, SCIENCES DU SUJET ET DE LA SOCIETE DEPARTEMENT DE PSYCHOLOGIE - UNIVERSITE MONTPELLIER I, FACULTE DES SCIENCES DU SPORT - D.E.S.S. DE PSYCHOLOGIE ET SPORTDe l’hypnose à nos jours, Etre Psychothérapeute… par DELOBELLE Stéphanie - U.F.R. de TOURS, D.E.S.S. de Psychologie Clinique et Psychopathologie 2001- 2002L’ ECOUTE MUSICALE : UNE APPROCHE THERAPEUTIQUE EN GERONTOLOGIE ? ROGNIN Marie, RAPPORT DE STAGE ET MEMOIRE de D.E.S.S. en Psychologie du Vieillissement Normal et Pathologique, UNIVERSITE D’ANGERS - U.F.R. LETTRES, LANGUES ET SCIENCES HUMAINES - DEPARTEMENT DE PSYCHOLOGIE - Septembre 2000L'angoisse dans la phobie infantile. Son origine et ses conséquences. par: Estelle GINESTE - TER II: psychologie clinique et psychopathologie du sportif - septembre 2005 - UNIVERSITE PAUL VALÉRY-Montpellier III - UFR V- SCIENCES DU SUJET ET DE LA SOCIÉTÉSituation formative - Intervention aux Musée des Beaux-Arts par MANCINO Aurélien Master professionnel de Psychologie du développement socio-cognitif de l’Education et de la Formation - Université Lumière Lyon 2- 2004/2005Les mouvements de la voix et du corps - Observation d’enfants durant les temps de parole en atelier « relaxation » par Marie CHAZALLET, Septembre 2004 - UNIVERSITÉ PAUL VALERY – MONTPELLIER III, UFR V – SCIENCE DU SUJET ET DE LA SOCIÉTÉ, Département de psychologieLES VERTUS THERAPEUTIQUES D’UN GROUPE D’OBSERVATION DIAGNOSTIQUEChercher à comprendre, c’est déjà soigner - MEMOIRE PROFESSIONNEL DE MASTER 2 -INSTITUT DE PSYCHOLOGIE DE L’UNIVERSITE PARIS V, par Melle Ophélie BOURGEOISET - 2004-2005RELATION ANACLITIQUE ET PERSONNES ÂGÉES, par Séverine GenevayQue nous enseigne la clinique de la psychose infantile sur la question de l'IMAGINAIRE par PAQUINET Marielle - MAITRISE de psychologie clinique et pathologique -2002-2003 - Mémoire : Travail d’Etude et de RechercheLa construction du tiers comme élément de structuration des collectifs de travail. Le cas d’une grande entreprise de transports Conservatoire National des Arts et Métiers, par Christian GRIJALVO Session décembre 2002DÉPENDANCE et RUPTURE CORPORELLE Chutes et maladies invalidantes chez la personne âgée. Mémoire de Séverine Genevay DESS Psychologie gérontologique normale et pathologiqueALIMENTATION, IMAGE CORPORELLE ET ESTIME DE SOI - Influence de la pratique de la danse sur le comportement par Sophie BRARD, UNIVERSITE TOULOUSE II- LE MIRAIL, Arts - Lettres - Langues - Sciences Humaines et Sociales, U.F.R de PSYCHOLOGIE, MEMOIRE DE MAITRISE, Discipline : Psychologie, Mention : Psychopathologie, Analyse psycho-dynamique de parcours institutionnels d’adolescents, Mise en évidence d’un lien tridimensionnel entre parcours institutionnels, conduites à répétitions et fonctionnements institutionnels 2004-2005 - par DELOISON Gaby, Université Rennes 2 - Laboratoire de Cliniques Psychologiques, Psychopathologie et Criminologie, Département de psychologieLa crise : une opportunité fragile dans la pratique ? L’exemple de la prise en charge des victimes de violences conjugales dans une unité de psychiatrie en hôpital général. Par BOUGON Aude, Maîtrise de psychologie - DU 2 de Criminologie - 2000-2001Influence de la contre-cyclotorsion sur la perception de la verticale : IMPLICATION DANS L’ÉTUDE DE L’EFFET DE L’OBLIQUE Mémoire de Maîtrise de Psychologie, juin 2004 par THÉRY Vincent, Université Lille 3 Charles De Gaulle, U.F.R : PsychologiePERCEPTION DE LA VERTICALE dans le syndrome d’héminégligence : implication de la cyclotorsion oculaire par THÉRY Vincent, Mémoire de Master Professionnel de psychologie 2004-2005- Spécialité neuropsychologie - Université de Savoie Chambéry - Annecy - U.F.R : LLSH - Département de psychologieMOUVEMENTS TRANSFERO-CONTRETRANSFERENTIELS « Me R. » par CELLIER Pascale, Université Lumière Lyon2 - 2003Navigation sur site internet : Effet d'une variable esthétique sur le comportement des internautes Valérie ALPE, Master 2 de Recherche DCLPE - Promotion 2004/2005DU MUTISME DE LA MERE DEPRESSIVE AU QUESTIONNEMENT INCESSANT DE L’ENFANT : SIMON, l’ENFANT SYMPTOME NOTE CLINIQUE d'ASSAYAG RACHELPrincipe de plaisir, transparence et recto-verso musical dans un hôpital de jour par Daniel STEINBACH, Master 2 professionnel, Psychologie de l’enfant et de l’adolescent - Paris XIII - Année 2004/2005Troubles de la personnalité, troubles du comportement et résilience infantile Rémy MERVELET, Université Nancy 1 - Mémoire de D.U. de Psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent - Juin 2003REPRESENTATIONS SOCIALES DE L’ISLAM : ZONE MUETTE ET COMPOSANTE EMOTIONNELLE par DOUMANE Samia - Année 2003 /2004Rumeurs et Franc-maçonnerie ou la théorie du complot - exposé d'Elisabeth Deswarte« Etude des conflits inconscients chez des sujets transsexuels, à travers la notion d’Image du corps dans le Rorschach. » - « Le corps en désaccord. » http://www.memoires-theses.com/memoire-these de recherche, diplome de psychologue Option : Psychopathologie - Ecole de psychologues praticiens universite catholique de paris VI - Par Adeline SACCO, Promotion 2003 "Stress et adaptation chez l’enfant d’âge scolaire (7-12 ans) : impact du placement en institution" par CARVALHO Silvia, Année de Maîtrise (2003-2004) - Université de Metz, UFR SHAMaltraitance sexuelle subie dans l’enfance et personnalite masochiste a l’age adulte par Tanguy BOULANGER, Année universitaire 2003/2004 - Mémoire de Maîtrise de Psychologie Clinique - Université Paris X – NanterreRelation mère enfant, indépendance et séparation Dès la naissance, malgré sa fragilité et sa totale dépendance, toutes les conquêtes du bébé sont orientées vers l'acquisition de son autonomie. 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Handicap moteur acquis à l'age adulte et remaniements identitaires chloe nadeau
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Des dessins, des histoires, des jeux pour le dire,ou la projection comme moyen d’expression d’une souffrance chez l’enfant CESBRON Véronique
L’écoute musicale.Quelques lectures d’ordre psychanalytique.Francis BISMUTH
La psychothérapie personnelle comme facteur d'influence sur les réactions contre-transférentielles dans l'accompagnement d'un patient schizophrène Chrystel Dichamp - Mery
ASPECTS PSYCHOLOGIQUES DE L’ACTIVITE PICTURALE PENDANT L’ENFANCE dessie baggio
L’ALCOOLISME :ENTRE SENS, MENTALISATION ET DÉPENDANCES RAPHAEL Cécile

mardi, juin 20, 2006

L’INCONSCIENT PATERNEL DES PSYCHANALYSTES

Extraits issus du livre original

L’INCONSCIENT PATERNEL DES PSYCHANALYSTES

Pour conclure sur une dimension éthique opportune et quelque peu politique, la censure scientifique portant sur l'Œdipe sociétal est en quelque sorte un avertissement sérieux quant à notre double incapacité à décrypter notre confusion inconsciente qui brouille les codes symboliques paternels (liée à la césure de la problématique paternelle irrésolue des archi-fondateurs de la psychanalyse mais aussi à la césure de la problématique de notre propre père) et à se dégager des brouillages culturels étatiques intentionnels qui manipulent les fantasmes religieux, les codes rituels transmillénaires, les codes de décryptage des clés identitaires universelles et certaines connaissances stratégiques actuelles des sciences humaines qui ont notamment un intérêt militaire. De cette étude critique, il nous faut aussi apprendre, en tant qu'analystes, dans l'intérêt sanogénique (ou peut-être moins iatrogénique) de nos analysants, à ne plus s'identifier ineptement à Œdipe et encore moins à Antigone, afin d'accéder à une meilleure fluidité circulatoire symbolico-paternelle dans l'Œdipe individuel (et ainsi d'avoir nos pieds et nos chevilles œdipiennes moins enflées) et afin d'avoir nos yeux grands ouverts (et non crevés sur certaines problématiques schizo-institutionnelles, schizo-universitaires, schizo-sociétales, schyzo-martiales et schizo-étatiques évidentes et très d'actualité que la grille de décryptage de l'Œdipe sociétal pourrait mettre aisément en visibilité) pour tendre nous-mêmes et faire tendre nos analysants vers des directions d'identification méta-œdipiennes plus génitalisantes narcissiquement au niveau du self (et non pas pseudo-génitalisantes au niveau de… l’égo).

Car les phénomènes collectifs de protection incestueuse à notre père historique au sens large dans l'Œdipe familial (familial, génétique, légal, adoptif, substitutif...) et de suridentification compensatoire homosexuelle et masochiste inconsciente au Père-Etatique dans l'Œdipe sociétal actuel (qui développe actuellement sur le plan clinique une perversion schizophrénique de plus en plus bruyante), engagent chez nombre d'analystes contemporains un filicide ridicule à l'intérieur même de nos institutions psychanalytiques et une tendance incestueuse très nette au Père Etatique qui altèrent grièvement l'indépendance de la formation psychanalytique, de la pratique clinique et des recherches sur l’inconscient.

samedi, juin 17, 2006

Le désir asphyxié,

Le désir asphyxié, ou comment l’industrie culturelle détruit l’individu

Le capitalisme hyperindustriel a développé ses techniques au point que, chaque jour, des millions de personnes sont connectées simultanément aux mêmes programmes de télévision, de radio ou de consoles de jeu. La consommation culturelle, méthodiquement massifiée, n’est pas sans conséquences sur le désir et les consciences. L’illusion du triomphe de l’individu s’estompe, alors que les menaces se précisent contre les capacités intellectuelles, affectives et esthétiques de l’humanité.


Une fable a dominé les dernières décennies, leurrant pour une grande part pensées politiques et philosophies. Contée après 1968, elle voulait faire croire que nous étions entrés dans l’âge du « temps libre », de la « permissivité » et de la « flexibilité » des structures sociales, bref, dans la société des loisirs et de l’individualisme. Théorisé sous le nom de société postindustrielle, ce conte influença et fragilisa notablement la philosophie « postmoderne ». Il inspira les sociaux-démocrates, prétendant que nous étions passés de l’époque des masses laborieuses et consommatrices de l’âge industriel au temps des classes moyennes ; le prolétariat serait en voie de disparition.
Non seulement, chiffres en main, ce dernier demeure très important, mais, les employés s’étant largement prolétarisés (asservis à un dispositif machinique qui les prive d’initiatives et de savoirs professionnels), il a crû. Quant aux classes moyennes, elles sont paupérisées. Parler de développement des loisirs – au sens d’un temps libre de toute contrainte, d’une « disponibilité absolue », dit le dictionnaire – n’a rien d’évident, car ils n’ont pas du tout pour fonction de libérer le temps individuel, mais bien de le contrôler pour l’hypermassifier : ce sont les instruments d’une nouvelle servitude volontaire. Produits et organisés par les industries culturelles et de programmes, ils forment ce que Gilles Deleuze (1) a appelé les sociétés de contrôle. Celles-ci développent ce capitalisme culturel et de services qui fabrique de toutes pièces des modes de vie, transforme la vie quotidienne dans le sens de ses intérêts immédiats, standardise les existences par le biais de « concepts marketing ». Ainsi celui de lifetime value, qui désigne la valeur économiquement calculable du temps de vie d’un individu, dont la valeur intrinsèque est désingularisée et désindividuée.
Le marketing, comme le vit Gilles Deleuze, est bien devenu l’« instrument du contrôle social (2) ». La société prétendument « postindustrielle » est au contraire devenue hyperindustrielle (3). Loin de se caractériser par la domination de l’individualisme, l’époque apparaît comme celle du devenir grégaire des comportements et de la perte d’individuation généralisée.
Le concept de perte d’individuation introduit par Gilbert Simondon (4) exprimait ce qui advint au XIXe siècle à l’ouvrier soumis au service de la machine-outil : il perdit son savoir-faire et par là même son individualité, se trouvant ainsi réduit à la condition de prolétaire. Désormais, c’est le consommateur qui est standardisé dans ses comportements par le formatage et la fabrication artificielle de ses désirs. Il y perd ses savoir-vivre, c’est-à-dire ses possibilités d’exister. Les remplacent les normes substituées par les marques aux modes que Mallarmé considérait dans La Dernière Mode. « Rationnellement » promues par le marketing, celles-ci ressemblent aux « bibles » qui régissent le fonctionnement des commerces de restauration rapide franchisés, et auxquelles les concessionnaires doivent se conformer à la lettre, sous peine de rupture de contrat, voire de procès.
Cette privation d’individuation, donc d’existence, est dangereuse à l’extrême : Richard Durn, l’assassin de huit des membres du conseil municipal de Nanterre, confiait à son journal intime qu’il avait besoin de « faire du mal pour, au moins une fois dans [sa] vie, avoir le sentiment d’exister (5) ».
Freud écrivait en 1930 que, bien que doté par les technologies industrielles des attributs du divin, et « pour autant qu’il ressemble à un dieu, l’homme d’aujourd’hui ne se sent pas heureux (6) ». C’est exactement ce que la société hyperindustrielle fait des êtres humains : les privant d’individualité, elle engendre des troupeaux d’êtres en mal d’être ; et en mal de devenir, c’est-à-dire en défaut d’avenir. Ces troupeaux inhumains auront de plus en plus tendance à devenir furieux – Freud, dans Psychologie des foules et analyse du moi, esquissait dès 1920 l’analyse de ces foules tentées de revenir à l’état de horde, habitées par la pulsion de mort découverte dans Au-delà du principe de plaisir, et que Malaise dans la civilisation revisite dix ans plus tard, tandis que totalitarisme, nazisme et antisémitisme se répandent à travers l’Europe.
Bien qu’il parle de la photographie, du gramophone et du téléphone, Freud n’évoque ni la radio ni – et c’est plus étrange – ce cinéma utilisé par Mussolini et Staline, puis par Hitler, et dont un sénateur américain disait aussi, dès 1912, « trade follows films (7) » (le marché suit les films). Il ne semble pas non plus imaginer la télévision, dont les nazis expérimentent une émission publique dès avril 1935. Au même moment, Walter Benjamin (8) analyse ce qu’il nomme le « narcissisme de masse » : la prise de contrôle de ces médias par les pouvoirs totalitaires. Mais il ne semble pas mesurer plus que Freud la dimension fonctionnelle – dans tous les pays, y compris démocratiques – des industries culturelles naissantes.
Misère psychologique de masse
En revanche, Edward Bernays, double neveu de Freud, les théorise. Il exploite les immenses possibilités de contrôle de ce que son oncle appelait l’« économie libidinale ». Et de développer les relations publiques, techniques de persuasion inspirées des théories de l’inconscient qu’il mettra au service du fabricant de cigarettes Philip Morris vers 1930 – au moment où Freud sent monter en Europe la pulsion de mort contre la civilisation. Mais ce dernier ne s’intéresse pas à ce qui se passe alors en Amérique. Sauf à travers une très étrange remarque. Il se dit d’abord obligé d’« envisager aussi le danger suscité par un état particulier qu’on peut appeler “la misère psychologique de masse”, et qui est créé principalement par l’identification des membres d’une société les uns aux autres, alors que certaines personnalités à tempérament de chef ne parviennent pas (…) à jouer ce rôle important qui doit leur revenir dans la formation d’une masse ». Puis il affirme que « l’état actuel de l’Amérique fournirait une bonne occasion d’étudier ce redoutable préjudice porté à la civilisation. Je résiste à la tentation de me lancer dans la critique de la civilisation américaine, ne tenant pas à donner l’impression de vouloir moi-même user de méthodes américaines (9) ».
Il faudra attendre la dénonciation par Theodor W. Adorno et Max Horkheimer (10) du « mode de vie américain » pour que la fonction des industries culturelles soit véritablement analysée, au-delà de la critique des médias apparue dès les années 1910 avec Karl Kraus (11).
Même si leur analyse reste insuffisante (12), ils comprennent que les industries culturelles forment un système avec les industries tout court, dont la fonction consiste à fabriquer les comportements de consommation en massifiant les modes de vie. Il s’agit d’assurer ainsi l’écoulement des produits sans cesse nouveaux engendrés par l’activité économique, et dont les consommateurs n’éprouvent pas spontanément le besoin. Ce qui entraîne un danger endémique de surproduction et donc de crise économique, qu’il n’est possible de combattre – sauf à remettre en cause l’ensemble du système – que par le développement de ce qui constitue, aux yeux d’Adorno et de Horkheimer, la barbarie même.
Après la seconde guerre mondiale, le relais de la théorie des relations publiques fut pris par la « recherche sur les mobiles », destinée à absorber l’excédent de production au moment du retour de la paix – évalué à 40 %. En 1955, une agence de publicité écrit : ce qui fait la grandeur de l’Amérique du Nord, « c’est la création de besoins et de désirs, la création du dégoût pour tout ce qui est vieux et démodé » – la promotion de goûts suppose ainsi celle du dégoût, qui finit par affecter le goût lui-même. Le tout fait appel au « subconscient », notamment pour surmonter les difficultés rencontrées par les industriels à pousser les Américains à acheter ce que leurs usines pouvaient produire (13).
Dès le XIXe siècle, en France, des organes facilitaient l’adoption des produits industriels qui venaient bouleverser les modes de vie et luttaient contre les résistances suscitées par ces bouleversements : ainsi la création de la « réclame » par Emile de Girardin et celle de l’information par Louis Havas. Mais il faudra attendre l’apparition des industries culturelles (cinéma et disque) et surtout de programmes (radio et télévision) pour que se développent les objets temporels industriels. Ceux-ci permettront un contrôle intime des comportements individuels, transformés en comportements de masse – alors que le spectateur, isolé devant son appareil, à la différence du cinéma, conserve l’illusion d’un loisir solitaire.
C’est aussi le cas de l’activité dite « de temps libre » qui, dans la sphère hyperindustrielle, étend à toutes les activités humaines le comportement compulsif et mimétique du consommateur : tout doit devenir consommable – éducation, culture et santé, aussi bien que lessives et chewing-gums. Mais l’illusion qu’il faut donner pour y parvenir ne peut que provoquer frustrations, discrédits et instincts de destruction. Seul devant mon téléviseur, je peux toujours me dire que je me comporte individuellement ; mais la réalité est que je fais comme les centaines de milliers de téléspectateurs qui regardent le même programme.
Les activités industrielles étant devenues planétaires, elles entendent réaliser de gigantesques économies d’échelle, et donc, par des technologies appropriées, contrôler et homogénéiser les comportements : les industries de programmes s’en chargent à travers les objets temporels qu’elles achètent et diffusent afin de capter le temps des consciences qui forment leurs audiences et qu’elles vendent aux annonceurs.
Un objet temporel – mélodie, film ou émission de radio – est constitué par le temps de son écoulement, ce qu’Edmund Husserl (14) nomme un flux. C’est un objet qui passe. Il est constitué par le fait que, comme les consciences qu’il unit, il disparaît à mesure qu’il apparaît. Avec la naissance de la radio civile (1920), puis les premiers programmes de télévision (1947), les industries de programmes produisent des objets temporels qui coïncident dans le temps de leur écoulement avec l’écoulement du temps des consciences dont ils sont les objets. Cette coïncidence permet à la conscience d’adopter le temps de ces objets temporels. Les industries culturelles contemporaines peuvent ainsi faire adopter aux masses de spectateurs le temps de la consommation du dentifrice, du soda, des chaussures, des autos, etc. C’est presque exclusivement ainsi que l’industrie culturelle se finance.
Or une « conscience » est essentiellement une conscience de soi : une singularité. Je ne peux dire je que parce que je me donne mon propre temps. Enormes dispositifs de synchronisation, les industries culturelles, en particulier la télévision, sont des machines à liquider ce soi dont Michel Foucault (15) étudiait les techniques à la fin de sa vie. Lorsque des dizaines, voire des centaines de millions de téléspectateurs regardent simultanément le même programme en direct, ces consciences du monde entier intériorisent les mêmes objets temporels. Et si, tous les jours, elles répètent, à la même heure et très régulièrement, le même comportement de consommation audiovisuelle parce que tout les y pousse, ces « consciences » finissent par devenir celle de la même personne – c’est-à-dire personne. L’inconscience du troupeau libère un fonds pulsionnel que ne lie plus un désir – car celui-ci suppose une singularité.
Au cours des années 1940, l’industrie américaine met en œuvre des techniques de marketing qui ne cesseront de s’intensifier, productrices d’une misère symbolique, mais aussi libidinale et affective. Cette dernière conduit à la perte de ce que j’ai appelé le narcissisme primordial (16).
La fable postindustrielle ne comprend pas que la puissance du capitalisme contemporain repose sur le contrôle simultané de la production et de la consommation réglant les activités des masses. Elle repose sur l’idée fausse que l’individu est ce qui s’oppose au groupe. Simondon a parfaitement montré, au contraire, qu’un individu est un processus, qui ne cesse de devenir ce qu’il est. Il ne s’individue psychiquement que collectivement. Ce qui rend possible cette individuation intrinsèquement collective, c’est que l’individuation des uns et des autres résulte de l’appropriation par chaque singularité de ce que Simondon appelle un fonds préindividuel commun à toutes ces singularités.
Héritage issu de l’expérience accumulée des générations, ce fonds préindividuel ne vit que dans la mesure où il est approprié singulièrement et ainsi transformé par la participation des individus psychiques qui partagent ce fonds commun. Mais ce n’est un partage que s’il est à chaque fois individué, et il ne l’est que dans la mesure où il est singularisé. Le groupe social se constitue comme composition d’une synchronie, dans la mesure où il se reconnaît dans un héritage commun, et d’une diachronie, dans la mesure où il rend possible et légitime l’appropriation singulière du fonds préindividuel par chaque membre du groupe.
Les industries de programmes tendent au contraire à opposer synchronie et diachronie, en vue de produire une hypersynchronisation qui rend tendanciellement impossible l’appropriation singulière du fonds préindividuel constitué par les programmes. La grille de ceux-ci se substitue à ce qu’André Leroi-Gourhan nomme les programmes socio-ethniques : elle est conçue pour que mon passé vécu tende à devenir le même que celui de mes voisins, et que nos comportements se grégarisent.
Un je est une conscience consistant en un flux temporel de ce que Husserl appelle des rétentions primaires, c’est-à-dire ce que la conscience retient dans le maintenant du flux en quoi elle consiste. Ainsi la note qui résonne dans une note se présente à ma conscience comme le point de passage d’une mélodie : la note précédente y reste présente, maintenue dans et par le maintenant ; elle constitue la note qui la suit en formant avec elle un rapport, l’intervalle. Comme phénomènes que je reçois et que je produis (une mélodie que je joue ou entends, une phrase que je prononce ou entends, des gestes ou des actions que j’accomplis ou que je subis, etc.), ma vie consciente consiste essentiellement en de telles rétentions.
Or ces dernières sont des sélections : je ne retiens pas tout ce qui peut être retenu (17). Dans le flux de ce qui apparaît, la conscience opère des sélections qui sont les rétentions en propre : si j’écoute deux fois de suite la même mélodie, ma conscience de l’objet change. Et ces sélections se font à travers les filtres en quoi consistent les rétentions secondaires, c’est-à-dire les souvenirs de rétentions primaires antérieures, que conserve la mémoire et qui constituent l’expérience.
Ruine du narcissisme
La vie de la conscience consiste en de tels agencements de rétentions primaires, filtrées par des rétentions secondaires, tandis que les rapports des rétentions primaires et secondaires sont surdéterminés par les rétentions tertiaires : les objets supports de mémoire et les mnémotechniques, qui permettent d’enregistrer des traces – notamment ces photogrammes, phonogrammes, cinématogrammes, vidéogrammes et technologies numériques formant l’infrastructure technologique des sociétés de contrôle à l’époque hyperindustrielle.
Les rétentions tertiaires sont ce qui, tel l’alphabet, soutient l’accès aux fonds préindividuels de toute individuation psychique et collective. Il en existe dans toutes les sociétés humaines. Elles conditionnent l’individuation, comme partage symbolique, que rend possible l’extériorisation de l’expérience individuelle dans des traces. Lorsqu’elles deviennent industrielles, les rétentions tertiaires constituent des technologies de contrôle qui altèrent fondamentalement l’échange symbolique : reposant sur l’opposition des producteurs et des consommateurs, elles permettent l’hypersynchronisation des temps des consciences.
Celles-ci sont donc de plus en plus tramées par les mêmes rétentions secondaires et tendent à sélectionner les mêmes rétentions primaires, et à toutes se ressembler : elles constatent dès lors qu’elles n’ont plus grand-chose à se dire et se rencontrent de moins en moins. Les voilà renvoyées vers leur solitude, devant ces écrans où elles peuvent de moins en moins consacrer leur temps au loisir – un temps libre de toute contrainte.
Cette misère symbolique conduit à la ruine du narcissisme et à la débandade économique et politique. Avant d’être une pathologie, le narcissisme conditionne la psyché, le désir et la singularité (18). Or, si, avec le marketing, il ne s’agit plus seulement de garantir la reproduction du producteur, mais de contrôler la fabrication, la reproduction, la diversification et la segmentation des besoins du consommateur, ce sont les énergies existentielles qui assurent le fonctionnement du système, comme fruits du désir des producteurs, d’un côté, et des consommateurs, de l’autre : le travail, comme la consommation, représente de la libido captée et canalisée. Le travail en général est sublimation et principe de réalité. Mais le travail industriellement divisé apporte de moins en moins de satisfaction sublimatoire et narcissique, et le consommateur dont la libido est captée trouve de moins en moins de plaisir à consommer : il débande, transi par la compulsion de répétition.
Dans les sociétés de modulation que sont les sociétés de contrôle (19), il s’agit de conditionner, par les technologies audiovisuelles et numériques de l’aisthesis (20), les temps de conscience et l’inconscient des corps et des âmes. A l’époque hyperindustrielle, l’esthétique – comme dimension du symbolique devenue à la fois arme et théâtre de la guerre économique – substitue le conditionnement des hypermasses à l’expérience sensible des individus psychiques ou sociaux. L’hypersynchronisation conduit à la perte d’individuation par l’homogénéisation des passés individuels, en ruinant le narcissisme primordial et le processus d’individuation psychique et collective : ce qui permettait la distinction du je et du nous, désormais confondus dans l’infirmité symbolique d’un on amorphe. Tous ne sont pas également exposés au contrôle. Nous vivons en cela une fracture esthétique, comme si le nous se divisait en deux. Mais nous tous, et nos enfants plus encore, sommes voués à ce sombre destin – si rien n’est fait pour le surmonter.
Le XXe siècle a optimisé les conditions et l’articulation de la production et de la consommation, avec les technologies du calcul et de l’information pour le contrôle de la production et de l’investissement, et avec les technologies de la communication pour le contrôle de la consommation et des comportements sociaux, y compris politiques. A présent, ces deux sphères s’intègrent. Le grand leurre n’est plus, cette fois, la « société de loisir », mais la « personnalisation » des besoins individuels. Félix Guattari (21) parlait de production de « dividuels », c’est-à-dire de particularisation des singularités par leur soumission aux technologies cognitives.
Ces dernières permettent – à travers l’identification des utilisateurs (users profiling) et autres méthodes de contrôle nouvelles – un usage subtil du conditionnement en appelant à Pavlov autant qu’à Freud. Ainsi les services qui incitent les lecteurs d’un livre à lire d’autres livres lus par d’autres lecteurs de ce même livre. Ou encore les moteurs de recherche qui valorisent les références les plus consultées, renforçant du coup leur consultation et constituant un Audimat extrêmement raffiné.
Désormais, les mêmes machines numériques pilotent, par les mêmes normes et standards, les processus de production des machines programmables des ateliers flexibles télécommandés par le contrôle à distance (remote control), la robotique industrielle étant devenue essentiellement une mnémotechnologie de production. Mises au service du marketing, elles organisent aussi la consommation. Contrairement à ce que croyait Benjamin, il ne s’agit pas du déploiement d’un narcissisme de masse, mais à l’inverse de la destruction massive du narcissisme individuel et collectif par la constitution des hypermasses. C’est à proprement parler la liquidation de l’exception, c’est-à-dire la grégarisation généralisée induite par l’élimination du narcissisme primordial.
A des imaginaires collectifs et à des histoires individuelles noués au sein de processus d’individuation psychique et collective, les objets temporels industriels substituent des standards de masse, qui tendent à réduire la singularité des pratiques individuelles et leurs caractères d’exceptions. Or l’exception est la règle, mais une règle qui n’est jamais formulable : elle ne se vit qu’en l’occurrence d’une irrégularité, c’est-à-dire n’est pas formalisable et calculable par un appareil de description régulier applicable à tous les cas que constituent les différentes occurrences de cette règle par défaut. C’est pourquoi, pendant longtemps, elle a renvoyé à Dieu, qui constituait l’irrégulier absolu comme règle de l’incomparabilité des singularités. Ces dernières, le marketing les rend comparables et catégorisables en les transformant en particularités vides, réglables par la captation à la fois hypermassifiée et hypersegmentée des énergies libidinales.
Il s’agit d’une économie anti-libidinale : n’est désirable que ce qui est singulier et à cet égard exceptionnel. Je ne désire que ce qui m’apparaît exceptionnel. Il n’y a pas de désir de la banalité, mais une compulsion de répétition qui tend vers la banalité : la psyché est constituée par Eros et Thanatos, deux tendances qui composent sans cesse. L’industrie culturelle et le marketing visent le développement du désir de la consommation, mais, en fait, ils renforcent la pulsion de mort pour provoquer et exploiter le phénomène compulsif de la répétition. Par là, ils contrarient la pulsion de vie : en cela, et parce que le désir est essentiel à la consommation, ce processus est autodestructeur, ou, comme dirait Jacques Derrida, auto-immunitaire.
Je ne puis désirer la singularité de quelque chose que dans la mesure où cette chose est le miroir d’une singularité que je suis, que j’ignore encore et que cette chose me révèle. Mais, dans la mesure où le capital doit hypermassifier les comportements, il doit aussi hypermassifier les désirs et grégariser les individus. Dès lors, l’exception est ce qui doit être combattu, ce que Nietzsche avait anticipé en affirmant que la démocratie industrielle ne pouvait qu’engendrer une société-troupeau. C’est là une véritable aporie de l’économie politique industrielle. Car la mise sous contrôle des écrans de projection du désir d’exception induit la tendance dominante thanatologique (22), c’est-à-dire entropique. Thanatos, c’est la soumission de l’ordre au désordre. En tant que nirvana, Thanatos tend à l’égalisation de tout : c’est la tendance à la négation de toute exception – celle-ci étant ce que le désir désire.
La question de la singularité
Du coup, ce que l’on a appelé en France l’« exception culturelle » est le triste cache-misère de la profondeur de ces questions. Aussi indispensables que puissent être les mesures qu’elle implique, elle est instrumentalisée comme pur et simple slogan politique. Et elle dispense ceux qui s’en emparent aussi bien de réfléchir à l’exception en général que de prendre la mesure de la question posée par le déploiement de la société hyperindustrielle, avec la misère symbolique qui en résulte. De cette question primordiale pour le devenir de la société mondiale, cette langue de bois fait une problématique secondaire, régionale et sectorielle, voire « corporative », tout autant que les arguments visant à liquider, dans le cadre des accords commerciaux internationaux, toute mesure d’exception.
La question ne se limite pas à la vie de ce que l’on appelle la « culture », celle dont s’occupe par exemple le ministère du même nom : l’existence quotidienne sous tous ses aspects est soumise au conditionnement hyperindustriel des modes de vie quotidiens. C’est le problème d’écologie industrielle le plus inquiétant qui puisse être (23) : les capacités mentales, intellectuelles, affectives et esthétiques de l’humanité y sont massivement menacées, au moment même où les groupes humains disposent de moyens de destruction sans précédent.
La débandade en quoi consiste cette ruine de la libido est aussipolitique. Dans la mesure où les responsables politiques adoptent des techniques de marketing pour se transformer eux-mêmes en produits, les électeurs éprouvent à leur endroit le même dégoût que pour tous les autres produits.
Il est temps que les citoyens et leurs représentants se réveillent : la question de la singularité est devenue cruciale, et il n’y aura pas de politique d’avenir qui ne soit une politique des singularités – faute de quoi fleuriront nationalismes extrêmes et intégrismes de tout poil. Comment produire du désir dans la société hyperindustrielle de demain ? Comment ne pas organiser d’avance ladébandade ?Celasupposeraitque les politiques eux-mêmes soient exemplairement producteurs de désir. L’électorat des élections régionales du 28 mars 2004 qui a voté contre le gouvernement, et non pour un parti qui n’a aucun programme, souffre d’une destruction généralisée de l’économie libidinale et d’un désir politique qui n’est plus satisfait : la philia par laquelle Aristote définit la relation entre citoyens est évidemment un fruit hautement raffiné et patiemment cultivé de l’économie libidinale.
Du 21 avril 2002 (premier tour de l’élection présidentielle) au 28 mars 2004, un mouvement a grandi qui enjoint la classe politique en général de combattre une misère symbolique et psychologique, qui devient inévitablement aussi une misère politique. Et ce n’est pas un hasard si la débâcle politique du gouvernement s’est cristallisée autour des questions liées à la culture et à la recherche. La question culturelle n’est pas politiquement anecdotique : c’est le cœur même de la politique. Car la culture, c’est aussi la libido, que l’activité industrielle tente essentiellement de capter. Les politiques devraient donc d’abord être des politiques culturelles, non pas au sens où un ministère de la culture sert ou dessert les clientèles diverses et variées des métiers de la culture, mais bien comme critique des limites d’un capitalisme hyperindustriel devenu destructeur des organisations sociales en quoi consistent les processus d’individuation psychique et collective.

Par Bernard Stiegler Philosophe et écrivain, auteur de Mécréance et discrédit, et De la misère symbolique, Galilée, Paris, parus en 2004 et 2005. Le présent article introduit des idées développées dans Constituer l’Europe, à paraître en septembre 2005 chez le même éditeur.

notes :
1) Gilles Deleuze (1925-1995), philosophe.
(2) Pourparlers, Editions de Minuit, Paris, 2003.
(3) Cf. De la misère symbolique. 1 – L’époque hyperindustrielle, Galilée, Paris, 2004.
(4) Gilbert Simondon (1924-1989), philosophe.
(5) Le Monde, 10 avril 2002. Cf. aussi Aimer, s’aimer, nous aimer du 11 septembre au 21 avril, Galilée, Paris, 2003.
(6) Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, PUF, Paris, 1992.
(7) Jean-Michel Frodon, La Projection nationale. Cinéma et nation, Odile Jacob, Paris,1998.
(8) Walter Benjamin (1892-1940), philosophe allemand.
(9) Sigmund Freud, op. cit.
(10) Theodor W. Adorno (1903-1969) et Max Horkheimer (1895-1973), philosophes allemands, fondateurs de l’école de Francfort.
(11) Karl Kraus (1874-1936), écrivain autrichien et critique des médias.
(12) J’ai essayé, dans La Technique et le Temps. 3 – Le temps du cinéma et la question du mal-être ,Galilée, 2001, chapitre Ier), de montrer pourquoi leur analyse demeure insuffisante : ils reprennent à leur compte la pensée kantienne du schématisme sans voir que les industries culturelles requièrent justement la critique du kantisme.
(13) Vance Packard, La Persuasion clandestine, Calmann-Lévy, Paris, 1958.
(14) Edmund Husserl (1859-1938), philosophe allemand, père de la phénoménologie.
(15) Michel Foucault (1926-1984), philosophe.
(16) Aimer, s’aimer…, op. cit.
(17) Les rétentions primaires forment des relations. Par exemple, dans une mélodie, des notes en arpèges qui forment des intervalles et des accords, ou, dans une phrase, des liens sémantiques et syntaxiques.
(18) Ce terme s’applique « à la découverte du fait que le Moi lui aussi est investi de libido, en serait même le lieu d’origine et dans une certaine mesure en demeurerait le quartier général », Malaise dans la civilisation, op. cit.
(19) Cf. Pourparlers, op. cit.
(20) En grec, du sensible qui constitue l’expérience.
(21) Félix Guattari (1930-1992), psychanalyste, pionnier de l’antipsychiatrie.
(22) Qui concerne la mort.
(23) Cf. aussi Philosopher par accident. Entretiens avec Elie During, Galilée, Paris, 2004.

jeudi, juin 15, 2006

la nouvelle critique de J.P Richard

Critique. Pionnier de la " nouvelle critique ", Jean-Pierre Richard continue son exploration critique de la littérature contemporaine. (extraits)



Jean-Pierre Richard est un de ces jeunes gens qui au début des années cinquante firent subir un mauvais quart d’heure à la critique universitaire. Avec Roland Barthes, qu’une réédition intégrale et une exposition à Beaubourg ont remis en lumière, et Gérard Genette, il est le grand représentant de ce que l’institution incarnée par Raymond Picard fustigera dans un pamphlet sous le titre " nouvelle critique ou nouvelle imposture ? ". Son premier essai, Littérature et sensation, en 1954, fit date. Barthes salua ce " livre heureux, c’est à dire brillant, chaleureux et utile ". L’auteur du Degré zéro de l’écriture, on le sait, n’était pas le sec amant de la structure qu’on a voulu voir, et déjà, sous celui qui faisait l’éloge d’un " livre qui contribue à un bonheur de la littérature ", perçait celui qui allait écrire le Plaisir du texte. Barthes, en mettant l’accent sur " la chaleur d’une adhésion et d’une affection ", a décelé une singularité qui allait accompagner Jean-Pierre Richard tout au long de son ouvre critique. En près de cinquante ans de travail de lecture et d’enseignement, l’empathie, la porosité au texte reste la marque de fabrique de l’auteur de Poésie et Profondeur.

Très vite, en effet, Jean-Pierre Richard se distinguera, sans franchement s’opposer, de l’évolution de la critique vers l’abstraction, l’analyse structurale qui domineront les années soixante-dix. La sensation restera son maître mot, et ce jusqu’aux quatre essais qu’il nous donne à lire aujourd’hui. Quatre auteurs, quatre lectures au plus près du texte, pour en déployer les résonances dans tous les domaines. Pour lui, l’ouvre ne se présente pas a priori comme une totalité à décrypter, une énigme dont l’analyse ferait, après décapage, se dégager les couches profondes d’un sens caché. Il s’agit d’accéder, au fil du texte, aux univers sensibles ouverts par les mots. Ainsi, par exemple, il va construire à propos des Terres froides et du Nocher d’Yves Bichet toute une esthétique, une " utopie " de la pierre, de sa rondeur, de son silence, de sa façon de se débarrasser de l’humidité, de l’acquiescement au monde qui se cristallise dans le geste de poser pierre sur pierre, comme un texte se construit de mots, " pierres vives " en un motif éminemment " richardien ". Ce faisant, il ne s’interdit pas l’analyse du récit, par exemple dans ses rapports avec la mythologie, ni l’attention aux sonorités et à la musique des mots, à leurs accords et à leurs oppositions. On lira avec le même plaisir l’approche du début de l’Heure exquise, où il montre comment les de sa nostalgie, de la façon dont elle le perçoit, l’anime de sa plume. Là encore, elle rejoint l’univers des artistes de la sensation, comme Proust ou Virginia Woolf. Maîtres et Serviteurs de Michon, le Premier Mot, de Bergounioux sont ainsi lus avec la même acuité et la même complicité. De ce type de critique, on est tenté de se demander si elle " tiendrait " devant des textes eux-mêmes plus brillants, plus extérieurs, ou moins contemporains. Si elle n’a pas de son propre mouvement restreint le champ de sa validité. C’est d’abord oublier la diversité de la carrière critique de Jean-Pierre Richard, commencée avec Stendhal et Flaubert. C’est aussi oublier que le choix d’aimer un livre est lui-même le premier moment critique.

Alain Nicolas
Jean-Pierre Richard. Quatre lectures. Ed. Fayard, 150 pages, 12 euros.

note :

La psychanalyse, par exemple, n'est plus une voie d'entrée particulière et souveraine ; mais sa méthode est mise en question par le déroulement de la littérature, qui lui répond, savoirs à savoir. En somme, la notion appelle, discute et déconstruit les catégories établies. Le critique n'est pas un naturaliste. Il admet que la reconnaissance de notions est une élaboration de sa lecture. Dans une position non rationnelle (mais pas forcément « irrationnelle », « déraisonnable » ou « folle »), il explicite et poursuite les confrontations textuelles. Savoir ensuite si, dans l'expression critique, l'on peut éviter à la notion de devenir catégorique ou conceptuelle est une question ouverte, qu'on ne saurait régler qu'au cas par cas et sans généralité. Mais de toute façon demeure dans la constitution de notions l'espoir d'une littérature en mèche avec les différents savoirs et qui pense autrement qu'eux.
Laurent Dubreuil
source : http://www.fabula.org/atelier.php?Th%26egrave%3Bme%2C_concept%2C_notion

mercredi, juin 14, 2006

Manuscrit littéraire par Philippe Willemart

Belge de Namur depuis Gabriel Willemart (1763) qui lui-même vient de Dour dans le Hainaut et dont on suit la trace familiale tout au moins jusqu'à 1576, Belge de souche donc, mais Brésilien par option depuis 1966, trajectoire double qui couvre les deux champs, l'historique et l'artistique, plus particulièrement le littéraire.
Tendu entre deux pays, celui de l´origine, que résume bien la photo du futur roi Philippe et de sa femme Mathilde lors de leur mariage, pays de cocagne et de rêves pour beaucoup, et le Brésil, paradis découvert par Cabral en 1500 (voir l´image ci-dessous), mais qui aujourd´hui essaie de devenir aussi un pays de cocagne pour ses 170 millions d´habitants, j´écris porté par les deux langues, le brésilien et le français.

Etudiant les manuscrits de Gustave Flaubert et de Marcel Proust, j´essaie de saisir comment ces écrivains sont devenus auteurs. Utilisant la nouvelle approche de la littérature, la critique génétique, discipline née au sein d´une équipe de chercheurs dirigée par Louis Hay, fondateur de l´Institut des Textes et des Manuscrits Modernes au CNRS, j´ébauche ainsi peu à peu une théorie de l´écriture qui émerge des ouvrages et des articles énumérés ci-dessous.De la psychanalyse aux manuscrits, de Freud et Lacan à Flaubert et à Proust, je retourne à la psychanalyse enrichie des apports de ces auteurs.

Ces deux lignes de recherche, les rapports entre littérature et psychanalyse et l´étude du manuscrit littéraire, me mènent à la coordination scientifique du Laboratoire du Manuscrit Littéraire et d´une équipe interinstitutionnelle (le NAPCG) réunissant des délégués du Centre d´Études Génétiques de l´Université Catholique (PUC-SP), de l´équipe Mario de Andrade de l´Institut des Etudes Brésiliennes (IEB-USP), de la Cellule d´Etudes d´ Epistolographie Brésilienne (NEB-USP), du.Groupe Création et Critique (GCC-USP) et du Laboratoire du Manuscrit Littéraire (LML-USP).

Ces recherches nourrissent aussi mon enseignement en littérature française à l´Université de São Paulo.Quelques préférences: Stendhal, Flaubert, Mallarmé, Proust, Freud, Lacan, quelques inspirateurs: Louis Hay, Ilya Prigogine, René Thom et Jean Petitot, des compagnons de route actuels: les collègues de l'Université de São Paulo (USP) et de l'Institut des Textes et Manuscrit Modernes du CNRS, les membres du Laboratoire du Manuscrit Littéraire (LML) et de l'Associação dos Pesquisadores do Manuscrito Literário (APML).

Philippe Willemart

mardi, juin 13, 2006

Notes sur l'inconscient chez Proust

Si à l'opposé de Proust, Freud cherche un éclairage de l'inconscient démêlant sa toile tramée de transpositions et de substitutions, Kafka sombre également dans d'inquiétudes pensées sorte de viscosité menant en ce territoire ténébreux là où la Raison n'impose point sa méditation.

Mais tout deux (K&P) arrivent cependant à extraire de ces cavernes pour devenir "réfléchissantes comme faite du front de notre chaire là où elle est devenue des yeux"

Voyez également ces ruines de Piranèse baignées de halos qui semblent parodier l'Enéide lorsque le palais de Pluton "et son royaume de simulacres" dicte à La Sibyle et Enée le chemin où franchir la porte des Enfers.
Voyez enfin Ulysse qui permet aux morts muets et sans mémoire de s'approcher de la fosse et de boire le sang...

Mais Proust nécromancien au contraire d'Homère "où les souvenirs s'envolent comme des songes", ces souvenirs retrouvent la parole et renaissent libérés par la grâce, ils connaissent une sorte de résurrection, un processus de remémoration, fulgurance instantanée immédiate : "un azur profond " c'est Venise, "un océan qui déploie son plumage vert et bleu" c'est Balbec.

Tout deux réels sans être actuels, idéaux sans être abstraits..
ft

lundi, juin 12, 2006

SEMINAIRE MENSUEL DE PSYCHANALYSE ACTUELLE*

SEMINAIRE MENSUEL DE PSYCHANALYSE ACTUELLE*

http://psychanalyseactuelle.free.fr/

PROCHAINE REUNION LUNDI 12JUIN 2006



LUNDI 12 JUIN 2006 21h15

au 4 Place St Germain des Prés 75006 Paris (Salle des Bibliothèques

VIOLENCES ACTUELLES, VIE DE LA PAROLE ET VIEPULSIONNELLE

où il sera question de ‘la 32e des nouvellesconférences’ de Freud, déjàabordée et que nous mettrons en rapport avec le travail de Ferenczi prévaudrait sur le fantasme quant auxviolences cachées ou non des adultes sur les enfants…

Soit que le monde serait fait d’une scène qui nous ferait miroir d’ucouple bourreaux/victimes . Ce que récuse, semble-t-il, et de toutes sesforces, Imre Kertész dans sonœuvre littéraire et filmique : « Etre sans destin » ( 1975et coll. 10/18, 2004; et film deLajos Koltai, 2006)

avec notreinvité Olivier Douville, et Anne-Marie Houdebine, Nabile Farès, Maria Landau,M.Aptekier, E.Didier, Jean Jacques Moscovitz…



psychanalyse.actuel@vnumail.comanne-marie.houdebine@wanadoo.fr

nabilefares@mailfr.com Tél. 01 46 33 90 49

psyact@free.fr

*Association fondée en 1986 à Paris

Traces psychanalytiques

Les trésors des archives de la Radio Suisse Romande


Samedi
SAMEDI 6 MAI

Traces psychanalytiques
Sur Espace 2 cette semaine: Les Temps qui courent – Freud a 150 ans Musique en mémoire - En divan la musique Méridienne – Freud, de Stefan Zweig Quadrille – Un thriller anti-psychanalytique
Sigmund Freud, passé, avenir

Réalisation : David GolanS’il est un homme qui a fait couler beaucoup d’encre de son vivant, et plus encore depuis sa mort, – encre noire du ressentiment et de la polémique ou encre bleue des éloges, – c’est bien Sigmund Freud.

vendredi, juin 09, 2006

Topologie du transfert

Richard Abibon

mercredi 17 Mai 2006




Topologie du transfert


Rêver de quelqu'un, c’est le mettre en soi. C’est une façon de l‘incorporer. Serait-ce à rapprocher du repas totémique dans lequel les frères meurtriers mangent le père mort ? Freud a fait de ce mythe le fondement de la société, c'est-à-dire du nouage de chaque sujet à une collectivité. Aussi bien, l’interprétation lacanienne du mythe serait le fondement du langage. Et c’est bien ce processus d’incorporation dont Freud nous parle à propos du deuil. On s’identifie à l’objet perdu, ce qui fait du moi une sédimentation des couches successives d’identification.
Mais cette identification par incorporation se fait–elle seulement au dépends de la surface du corps de l’autre ? tout cette mise au-dedans du père mort, n’est-elle pas avant l’ingestion d’une case vide, comme celle qui permet le fonctionnement du jeu de taquin ? En inventant le point de capiton, le 16 juin 56, Lacan fait un pas de plus dans l’abstraction du Nom-du-Père, dans le sens d’une fonction. C’est un pas dans la direction qui le conduira au nœud borroméen.
Une analysante me déclare que sa maman est en moi, son analyste. Moi-même, je rêve que je suis à l’intérieur d’elle…

C’est en suivant pas à pas une avancée dans la pratique de la psychanalyse que nous nous poserons la question, en empruntant le chemin d’un transfert qui lui-même se glisse dans les modalités de la psychose. Il semble normal que l’analysant mange son psychanalyste en rêvant de lui. Qu’en est-il lorsque le psychanalyste mange son analysant en rêvant de lui ? qu'est-ce que cette double dévoration, évoquant tel tableau célèbre de Dali, peut produire quant à la connaissance de la psychose ? à la connaissance de l’inconscient ?


Chez Richard Abibon, 60-64 rue Emériau, Tour Panorama, entrée sud 23ème, appartement 04- 75015 Paris, Métro Charles Michels, à 21h, le 3ème mercredi de chaque mois, d’octobre à juin. Renseignements 06 84 75 94 06











Richard ABIBON
60-64 rue EmériauTour Panorama 23004
75 015 PARIS 01 45 75 15 2206 84 75 94 06 ******@wanadoo.fr
remplacer les étoile par "abibonrichard"
http://perso.wanadoo.fr/topologie/

Psychanalyse : une passion politique

Psychanalyse : une passion politique

par Nicole-Edith Thévenin

Mise en ligne mai 1990

« Ce n’est pas la violence qui restaure, mais la violence qui ruine qu’il faut condamner », écrit Machiavel. Il y a des violences qui ne font pas de bruit. Elles prennent le visage de l’appel aux (bons) sentiments, du compromis, elles parlent de solidarité, d’éthique, de soutien aux peuples, elles évoquent les pauvres, fustigent les riches, elles font partie des violences qui ruinent. De l’intérieur, alors que l’extérieur reste debout, et que, somme toute, la machine démocratique fonctionne et que l’on pourrait presque envier ce « bonheur » moyen qui conjure tous les excès. Et c’est avec douceur, sans jamais employer la force, mais en comptant sur les seules forces des opposants (en les laissant à leur propre lassitude, à leur propre perte d’énergie), que l’on s’emploie à « briser » les grèves. Et même qui parlera de brisure là où simplement s’effiloche une conviction ? Mais quelle conviction ? Quelle(s) force(s) ? Quelle brisure ? La question nous est désormais renvoyée.Jamais nous n’avons tant parlé de l’Homme et de la liberté jusqu’à entendre un groupe d’Africains lors de la célébration des Droits de l’Homme à l’Arche de la Défense chanter de leur superbe voix « Vive la liberté et la propriété » ! Que venait faire ici la propriété dont on ne parle plus depuis belle lurette ? Lapsus ? Oui dans le sens où un lapsus, c’est la littéralité de la vérité. Vérité du texte de la Déclaration des droits de l’homme qui lie l’exercice de la liberté au service des biens. Que pourraient en penser les peuples d’Afrique ou les Noirs américains, tous ces « exclus » comme on aime le dire. Exclus de quoi et par quoi ?Enfin ultime question, que célèbre-t-on avec tant d’apparats ? La fin du politique, l’au-delà du politique, « l’excès de l’humain » sur le politique comme le réclame Catherine Chalier qui, au nom d’une « intériorité irréductible », critique Hanna Arendt pour avoir estimé que la plus haute possibilité de l’existence humaine était politique[1]. L’au-delà du politique, c’est-à-dire l’éthique d’un bien commun. Les pauvres eux mêmes, avec l’existence d’un marché parallèle d’approvisionnement, retrouveront leur dignité, éthique oblige, à la table commune (même si c’est sous la table).Jamais le capital financier n’a été aussi prospère, témoin les crises qui s’accélèrent. Alors modestes dans notre triomphe, les yeux sur les compteurs de la Bourse, nous nous étonnons comment l’Est peut-il nous envier, lors même que le capital dévoile sa fragilité et le libéralisme ses limites ? Mais c’est pour clore d’un « on ne va pas quand même cracher sur la soupe ». Ainsi l’excès de l’humain commence dans les détritus et qui veut faire l’ange fait la bête. Si notre seule liberté, écrivait Marx, dans le mode de production capitaliste, est celle de vendre notre force de travail (et ce n’est pas rien ajoutait-il) notre liberté actuelle se mesure à notre volonté de n’en rien savoir.Libres nous le sommes au regard d’un totalitarisme qui nous sert de repoussoir[2]. Si tout groupe se constitue à partir d’un terme exclu, eh bien les notions de totalitarisme, de guerre nucléaire, ou de pollution nous servent à faire corps contre l’ennemi commun en effaçant les divisions qui nous travaillent (et les divisions qui travaillent ces concepts mêmes)[3]. La « sauvegarde » de l’humanité passe par la mort que l’on nie, les conflits que l’on tait, l’exclusion que nous gérons, l’exploitation et l’oppression que l’on ignore... Ce qui nous ruine sans que nous le sachions, c’est cette pulsion de mort tournée contre elle-même, le morbide de la mort qui nous colle aux images, aux identifications les plus immédiates, faute d’une coupure qui nous traverserait, nous enverrait rebondir plus loin. La violence déniée nous revient alors en symptôme social faute de mieux, faute de luttes politiques.Dans un petit livre que j’aime bien, Critique du Bonheur[4], Miguel Benasayag et Edith Charlton font une analyse simple et juste des termes de l’idéologie dominante, dénonçant entre autres la mystification du discours sur les Droits de l’homme qui renvoie à une nature humaine, à l’idée d’une harmonie préétablie. Et d’écrire : « Contre toute pensée métaphysique, ce lieu autorise une seule écriture pour le concept d’humanité : l’humanité (l’humanité barrée). Cette écriture correspond à un concept qui peut exister, mais jamais dans sa plénitude. » [5]. Un concept qui ne serait donc « pas tout ». Ainsi, contre toute idée totalisante, c’est d’un concept lacanien, ici pris comme opérateur dans le champ philosophique (le fameux sujet barré S), que nous vient la pensée d’une limite, la tentative d’une articulation.Mais il faut aller plus loin. Prise telle quelle, cette analyse ne dit rien de ce qui vient limiter, diviser ce concept, le pourquoi et le comment de cette division. Car il ne s’agit pas seulement d’un manque, mais d’une coupure et plus loin encore de contradictions dont il faut éclairer les racines. Méfions-nous de la mauvaise abstraction philosophique qui tend à couper le concept de la réalité, ce que Hegel nommait formalisme. Que l’inhumain ne se trouve pas chez le voisin mais qu’il soit aussi ce qui, de nous-mêmes, nous fait être humain (en ce sens, le nazi c’est aussi ce possible en nous), Benasayag et Charlton nous le rappelle sans détour. Mais au-delà de ce rappel, et peut-être le prolongeant, il y a s’interroger sur les mécanismes et les processus matériels qui nous constituent. Il nous appartient, à l’heure où chacun fait appel à la subjectivité ou à l’individu pour se passer d’une réflexion sur le réel, de revenir à la question du politique, comme question oeuvrant dans tout discours et dans toute pratique, ce que nous croyons si bien « posséder » mais qui nous échappe pour prendre place, non pas dans un réseau neutre de communication ou de faires intersubjectifs, mais dans un système de pouvoir. Tout discours est violence nous dit Michel Foucault « car dès que la pensée pense, elle blesse ou réconcilie, elle rapproche ou éloigne, elle rompt ou dissocie, elle noue ou renoue ; elle ne peut s’empêcher de libérer ou d’asservir » [6]. Se poser la question de ce qui est à l’oeuvre, c’est ce que font Freud ou Marx ouvrant à nouveau l’horizon scientifique et théorique en passant ailleurs.Je voudrais montrer comment le travail de division que mène la psychanalyse est un travail du politique, c’est-à-dire un travail de la vérité qui ne se contente pas de dévoiler mais articule, fait revivre une autre idée de la politique, non pas comme institutionnalisation de pratiques représentatives, mais comme mouvement du réel et dans le réel.Le « pas tout » renvoie à de l’indécidable, en effet. Il s’oppose à la clôture du savoir rationnel et laisse au réel sa part d’imprévu donc d’épreuve. Mais l’indécidable posé comme ultime, hypnotise la pensée sur la même infinité que le tout, mais un tout éclaté dans sa multiplicité et son manque. Certes, certes, il y a multiplicité, il y a manque. Mais la catégorie de manque (comme celle de vide) tirée de son contexte analytique et de la fonction qu’elle y joue, risque bien de se transformer en catégorie métaphysique et de nous servir de cache-sexe, de forclore la question de la pratique (c’est-à-dire de la « prise »). Que le réel soit manque oui, mais il est aussi ce qui revenant toujours à la même place a l’entêtement de ce qui nous remet à notre place. Il n’y a pas manque en général, mais manque précis, et c’est cette précision qui fait limitation, division, qu’il nous faut réfléchir.A force en effet, nous tirons les concepts psychanalytiques du côté d’une surinterprétation du symbolique jusqu’à faire de l’État par exemple, l’intouchable par excellence, ce qui structure l’interdit et nous donne la loi. Une telle envolée idéologique a des conséquences politiques : ne touchons pas à l’État ni au droit. Idéologique veut dire que l’on colle littéralement les concepts psychanalytiques sur la structure du politique, figeant ainsi la conception du symbolique dans l’imaginaire d’une représentation de l’Un, d’un tout inamovible. Le symbolique devient une place forte écrasant le politique (à moins qu’il ne devienne à l’inverse une sorte de non-lieu du politique perdu dans la mouvance de la multiplicité).Interpréter ontologiquement le politique, c’est aussi cela nous désapproprier d’une pratique révolutionnaire devenue impossible en dehors d’une projection utopiste de l’alternative ou une pensée de l’Être qui compte sur la pure force de l’événement, venant ainsi recouvrir la question du pouvoir. Que l’on surinterprète l’État, qu’on l’ignore ou qu’on le réduise à un simple excès, reste la question d’un tel refoulement. Refoulement de quoi ? De la déterminité, oui, mais aussi refoulement de l’analyse des processus et de la structure d’une telle déterminité. La loi se confond-elle avec le droit, et le droit se confond-il tout entier avec l’État, et l’État se réduit-il au droit ? Que le droit ou l’État puissent prendre des formes historiques déterminées, qu’ils aient une genèse veut dire que nous pouvons les remettre en cause et qu’ils ne sont « pas tout ». Ce que dit le politique. Il fait courir comme un fil, à travers toutes les institutions qui se donnent comme immuables et la loi qui voudrait se donner dans l’absolu, la loi fondamentale de la vie et de la mort, la loi héraclitéenne de la mortalité de la vie sans laquelle le symbolique s’abîmant dans le réel fait du vivant un mort-vivant, collé à la loi (ou la rejetant en bloc).Habiter le symbolique c’est donc habiter la contradiction, le mouvement, lâcher le fétichisme de l’unique (qui se donne dans tous les concepts posés comme absolu). Au coeur même de l’indécidable se noue la détermination la plus rigoureuse dont il nous appartient de comprendre les articulations. Ce qu’ignore le philosophe de la subjectivité (du subjectivisme) ou l’idéologie de l’individualisme qui rêvent de maîtrise faute de réel et pensent liberté sans vouloir en passer par le mouvement de libération, c’est-à-dire le risque de la mort qui a autre nom, la castration. C’est ce que Marx nous rappelle en mettant l’essence du communisme non dans la projection d’une société idéale, mais dans le mouvement vers. En ce sens, la politique est une violence qui restaure. Freud et Lacan le disent d’une autre façon.

Lorsque Lacan s’interroge sur le statut éthique de la psychanalyse, nous répondons par une autre question l’inconscient a-t-il un fondement éthique ? Or l’inconscient n’est-ce pas ce qui échappe à tout fondement ? On peut en analyser les processus et mécanismes, on ne peut le réduire à une catégorie. Et lorsque Freud, épouvanté par la guerre, découvre la pulsion de mort inhérente à l’inconscient et que Lacan la lie à la jouissance, on peut dire que l’inconscient se moque de l’éthique.La véritable éthique de l’inconscient ne se cherche pas dans ce qu’il est, mais dans, ce qu’il réfute, dans ce qu’il fait voler en éclats et ce qu’il produit, elle est dans le geste de sa découverte et de sa fondation. L’inconscient a bien un « fondement d’ordre épistémique » (Ph. Julien). Et c’est dans ce déplacement qu’il faut voir l’éthique de la psychanalyse. Elle fait de l’inconscient non plus l’envers du conscient, sa simple face cachée, mais un ailleurs structuré, un objet scientifique, elle inaugure un enjeu : celui de la vérité (Althusser). C’est sur ce déplacement de Freud que Lacan travaille, et lorsque Lacan travaille sur ce déplacement pour nous le faire entendre, il est lui-même obligé de se déplacer à l’intérieur des champs de forces idéologiques qui sont à l’oeuvre dans l’interprétation que l’on donne de la découverte freudienne pour la mieux « digérer ». Annexions diverses par la psychologie, la biologie, la philosophie, la sociologie... dont nous parle Althusser et qui signe la « retombée en enfance »[7] de la psychanalyse. Ce travail lacanien de différenciations et de démarcations, c’est un travail du politique. Il a des effets idéologiques et théoriques subversifs. C’est à suivre l’ordre de l’inconscient lui-même (en en construisant les concepts) que Lacan en restitue sa dimension radicale, c’est-à-dire politique, dans le sens où en effet politique veut dire dialectique. Dialectique ne signifie pas seulement qu’il n’y a pas de tout globalisant, mais renvoie à la question de ce qui fait écart (comment et pourquoi) là où l’on tendrait à fonder, et qui institue le contradictoire (l’inouï en ce sens, ou encore l’impossible), là où l’on voudrait la réconciliation et l’utopie. L’inconscient est donc un savoir « dys-harmonique » et « les formations de l’inconscient (symptôme, rêve, acte manqué, trait d’esprit) ont ce trait commun d’introduire une négativité » [8].Si on veut sauver le manque de son ontologisation philosophique et de sa fonction idéologique, il faut alors le nouer au concept de castration qui le précise, et introduit l’idée d’un acte symbolique donc réel. La topologie de Lacan, rappelons-le, n’est pas une simple représentation, elle n’est pas là pour faire image, mais elle est déploiement, jeu de transformations. L’épreuve de réalité prend un sens rigoureux : mise en acte de la castration parce qu’elle est épreuve de manque et non manque en général, manque dans l’absolu, épreuve à chaque fois (la répétition est ici fondamentale) que l’objet manque, ce fameux objet dont la fonction est de n’avoir jamais existé et qui est l’objet a dont la considération, estime Lacan, manque à la philosophie pour se situer.Ce « à chaque fois » nous confronte au réel et à notre division. On doit, je dirai, s’y « coltiner » à chaque fois, parce que rien n’est donné et que ce qui nous est donné, c’est ce qui nous est à chaque fois dérobé, rendu impossible. Alors l’impossible devient structurant. Pas de repères, pas d’objet ni de sujet, cet objet et ce sujet que l’idéologie dominante tente de faire coïncider dans la demande (au niveau du besoin), pas de manque de l’Être, ni de castration donnée une fois pour toutes puisque qu’on ne peut parler que de castrations multiples. Remise en jeu du réel à chaque fois (Leclaire). L’acte psychanalytique coïncide ici avec l’acte politique. On peut donc dire que le fondement éthique de la psychanalyse a une dimension politique qui relève d’une prise de position dans le champ théorique et cette prise de position va déterminer sa méthode et sa pratique.« Travail de différenciation maximale » écrit Sibony en parlant de l’analytique. On peut le dire du politique. Il suffit de relire les Écrits politiques de Marx pour voir cette différenciation travailler, établir par-delà les évidences, les relations invisibles, interroger ces blocs de réalité et de discours, les désarticuler, les fragmenter pour les faire bouger, en comprendre les tendances, contradictions, mesurer les enjeux. C’est. par cette différenciation que le politique se sépare de l’éthique qui fait voeu à chaque fois de s’établir dans l’universel. Le politique est ainsi le « pas tout » de l’éthique, ce qui à chaque fois oblige l’éthique à se situer, à dire d’où elle parle, et pourquoi. Il ne suffit pas d’avoir des valeurs déclare Merleau-Ponty. Il serait même dangereux de s’en tenir là sans s’interroger dans quelles luttes historiques elles s’insèrent [9]. Il nous faudrait alors pour plus de précision, parler de démarcation politique et de position éthique, même si le politique est aussi prise de position. Mais position mobile comme le dit le langage de la guerre. Car tenir sur ses positions, c’est aussi faire passer la politique dans l’institutionnalisation d’un rapport de force sans faire jouer ce rapport de force dans la mobilité d’une bataille. Or l’institutionnalisation, si elle est une face du politique, face transitive, finit par nier le politique en l’enfermant dans un programme (Badiou)[10].Toute position éthique doit donc s’étayer d’une démarcation politique et idéologique, c’est ce que ne cesse de faire Lacan. Génie bricoleur ou « bricolage de génie », comme on l’a accusé d’être ou de faire. Mais où le bricolage alors relèverait de la nécessité d’une guerre mobile, d’une guerre éclair sur des positions bien établies. La surprise a des effets subversifs. Elle peut se comparer à l’effet de la ponctuation interprétative : celle de faire bouger une pièce dans un ensemble, et on sait qu’un ensemble tient à une pièce ou encore « à un fil ».Être mobile, ce n’est pas être changeant. Cela relève plutôt de la science la plus rigoureuse, de celle qui nous occupe, et qui lie la théorie et la pratique dans ce qu’elle met en jeu de la question de la vérité. Qui nous le dit mieux que Clausewitz que Lacan quelquefois cite et pour cause : « Si les règles et les principes découlent d’eux-mêmes des observations faites par la théorie, écrit Clausewitz, si la vérité se cristallise d’elle-même pour prendre cette forme, alors la théorie ne s’opposera pas à cette loi naturelle de l’esprit ; l’arche qui repose sur une telle clé de voûte ne fera qu’accentuer cette loi. Mais elle ne le fera que pour donner satisfaction à la loi philosophique de la pensée, pour préciser le point vers lequel convergent toutes les lignes, non pour déduire une formule algébrique à l’usage du champ de bataille, car ces règles et ces principes sont eux aussi destinés à déterminer dans l’esprit pensant les principaux contours de ses mouvements habituels plutôt qu’à lui jalonner la voie qu’il devra prendre pour l’exécution »[11]. Ainsi l’éthique de la psychanalyse tient-elle à cette rigueur qui, loin d’être rigidité, doit épouser le mouvement de l’objet. Elle est une éthique de la connaissance qui prend racine dans la politique et se donne pour tâche de tracer des lignes de démarcation (et la philosophie rentre dans cette lutte) [12], qui permettent, de manière toujours contradictoire, de préciser à chaque fois le champ propre d’une science ou d’une théorie, en évitant la dilution de ses concepts et de sa pensée, cela demande d’en préciser les enjeux.Prenons l’Éthique de Spinoza. Elle nous conduit à l’exercice de la liberté et au « contentement » non pas en s’appuyant sur une philosophie du sujet, mais sur une pensée de l’objet, des lois de sa constitution, de son mouvement. Étudier l’origine et la nature des affections pour Spinoza, ne renvoie pas à un ineffable, ou à des sentiments, mais au contraire, demande la même méthode rigoureuse que dans l’étude de la nature, puisque l’Aine est soumise à la même nécessité. Aussi Spinoza écrit-il « je considérerai les actes et les appétits humains comme s’il était question de lignes, de surfaces et de solides »[13]. La liberté ne relève pas de l’exercice d’une volonté (absolutisme que Spinoza rejette dans la métaphysique), mais de l’exercice d’une re-connaissance des causes et des parcours selon le calcul mathématique et la géométrie. Topique freudienne et topologie lacanienne ne procèdent-elles pas de la même démarche de la même éthique « matérialiste » qui lie philosophie et politique ? là où le politique a le sens que lui donne Machiavel : restituer la vérité de la chose. Du pouvoir en tant que « chose » qui est intelligence des contradictions, intelligence des processus. En tant que telle, elle est cette violence qui restaure, non pas parce qu’elle ferait violence à la chose en imposant d’avance un ordre ou un savoir, mais parce qu’à suivre la ligne même de la chose, elle en révèle sa vérité. Le savoir ici se donne comme « opération » [14], coupure et suivi des articulations. Violence de l’interprétation qui n’est que le surgissement de la vérité.« J’apporte la peste » dit Freud. Cela veut dire : j’apporte la division et la guerre là où vous croyez à la paix de la conscience. La politique comme la psychanalyse s’affrontent à la rigueur du réel, ils s’y soumettent, c’est-à-dire s’y laissent prendre comme Hegel demande au concept de s’immerger pour ressurgir autrement et non de contrôler en reflétant. Telle est aussi la définition de la vertu chez Machiavel : conscience originelle de la loi nous dit Sami Nair (et non expression d’une volonté). Et c’est parce qu’un homme est doué de virtu (d’une virtu telle) qu’il est capable de reconnaître « l’occasion », de lier ainsi hasard - fortuna - et nécessité, de saisir comme on dit la chance par les cheveux. Paradoxe ? Non. Machiavel saisit peut-être mieux que personne la liaison de l’inconscient et du politique, la fonction du signifiant dans ce qu’on appelle la conscience historique. La « cruauté » de Machiavel, le « cynisme » de sa théorie ne sont que l’expression de la passion du signifiant : l’homme doué de virtu est celui qui sait couper au bon endroit pour pouvoir fonder, c’est-à-dire passer ailleurs. Sa « lucidité », dirions-nous, est proportionnelle à cette passion, à sa manière d’être habité, d’être proche de son inconscient. Et l’inconscient impose la rigueur de son objet, comme le politique.Freud n’était pas progressiste mais il était humanitaire, nous dit Lacan, et de ponctuer ce dire par un renvoi à Marx, à sa critique du réformisme et de l’humanisme. Humanitaire donc c’est-à-dire proche de ce qui, en l’homme, parle et souffre, mais anti-humaniste, dans le sens où l’humanisme renvoie à une idéologie bien précise : celle qui en affirmant l’Homme accepte et fonde tout ce qui l’écrase. Idéologie de la réparation mais non de la révolution qui touche aux racines.Anti-humaniste, donc, mot honni. Pourtant, l’anti-humanisme théorique ainsi nommé et revendiqué par Althusser, est bien ce qui peut de l’individualité en sauver la radicalité. Radicalité qui n’a rien à voir avec une quelconque intériorité irréductible (y a-t-il un dedans sans dehors et la question de l’individualité n’est-elle pas éprouvée dans la rencontre, et dans la rencontre avec sa propre vérité dont on a vu qu’elle relève d’une division et non d’une fondation), mais avec cet « accolement structural » (Lacan), cette insertion d’un signifiant dans le corps même, cette différence pure, ce trait qui relance le désir, épingle la souffrance dans son arête la plus vive. Là s’entend une parole et non plus le discours.Car l’anti-humaniste est la pensée de la réalité dans ce qu’elle a d’incontournable, de matériel, c’est-à-dire de réglé par le signifiant qui n’est pas sans rapport avec le pouvoir et la lutte à mort. Marx analysant le capital et comment s’y donne la lutte des classes, nous restitue cette rigueur et cette violence du réel, son nouage à l’imaginaire et au symbolique. Un sujet y advient par le mouvement même par quoi il se trouve pris. Non pas déterminisme mécaniste, clôturé, mais déterminité de la loi qui permet selon Spinoza, que, la connaissant, nous puissions la surmonter.

Marx y intègre la pratique, parce que le savoir n’est pas tout. Freud nous le dit : il ne suffit pas de prendre conscience, de savoir, pour lever le refoulement, encore faut-il réactualiser dans la cure l’événement traumatique. Dans Marx comme dans Freud, le corps est concerné, c’est-à-dire la mort. Aucun savoir ne peut prendre corps, transformer les choses s’il ne se confronte à ce risque majeur. Radicalité du politique. Que le corps soit ce « coin enfoncé » [15]dans l’illusion des rassemblements unitaires, et il empêche que soit « bouclée la question politique, il la soutient » [16].Lorsque Engels s’étonne de cette chose « difficile à saisir » [17] : que le prolétariat de Paris (lors de la Commune), pourtant armé s’arrête « avec un saint respect » devant la Banque de France, lorsque Marx constate que « dans sa répugnance à accepter la guerre civile », il n’a pas marché sur Versailles, et que l’un et l’autre concluent, ce fut une faute lourde, décisive, on ne s’interroge pas sur le tranchant de ce réel-là : le prolétariat s’est arrêté devant des signifiants-maîtres. Inscrits de telle façon, que le corps reste suspendu à son arrêt de mort, hypnotisé, fasciné par le Tout de l’Autre. Engels le perçoit qui écrit : « La Banque aux mains de la Commune, cela valait mieux que dix mille otages. » Cela signifiait : « Toute la bourgeoisie française... » [18]. Le prolétariat de Paris s’est ainsi arrêté devant une différence qu’il a posée comme absolue (et non maximale), un réel en bloc, d’un seul tenant, s’opposant à la multitude prolétarienne. Pas de temps d’élaboration, ni de moyens. La conclusion (la menace de mort symbolique) s’est plantée d’un seul coup dans le corps, massive. Ne peut-on alors penser que si la Révolution d’Octobre a réussi, c’est que l’organisation léniniste avait pu donner, faire vivre ces trois temps logiques dont parle Lacan : le temps de voir, de comprendre, de conclure ? [19] Et que le temps de conclure se scelle dans la « hâte » (non dans la précipitation) marquant ainsi l’urgence de la situation (ce besoin vital qui ne relève pas de l’ordre des besoins) telle que Lacan le désigne, marque la conjonction du désir et de la politique. C’est de la même hâte dont parlent aussi bien Marx que Machiavel. La révolution ou le bouleversement d’un empire ne viennent pas de l’extérieur comme quelque chose que l’on imposerait et qui se ferait tout au long par gradation. La lente désagrégation d’une situation, par le jeu des éléments et des lignes de force, va nouer (et l’organisation ou l’homme de la situation dans Machiavel, ne sont-ils pas là pour faire noeud ?) ce qui était dispersé et contradictoire par la prise d’un signifiant et se précipiter dans la chute, autant dire dans l’ouverture d’un ailleurs. « Saut », dialectique, « éclair » hégélien (qui signe le passage d’une époque à une autre), virtu machiavélienne, c’est à chaque fois le moment de conclure. C’est-à-dire de risquer. Le stalinisme et toutes les formes de totalitarisme venant par contre rigidifier l’organisation dans l’institutionnalisation permanente (qui se donne les armes de cette permanence), forclôt la logique temporelle, rythmée, liée à la mort, au profit d’une logique unitaire, compacifiée, absolue. Pas de vide en effet, mais violence de la totalité.Ainsi, tuer le maître, évider la place d’un signifiant et par là même le destituer pour y faire fonctionner un autre symbolique, est une tâche bien plus rude que de s’acharner sur un corps. Car c’est en même temps déplacer quelque chose de soi, de sa position, de son désir. Être confronté de la manière la plus radicale à cet ailleurs, cette perte fondamentale, cette division, qui est l’épreuve du politique à l’opposé de l’utopie qui s’assure avant même de commencer. Nous sommes concernés au quotidien. Aussi faute de risquer son corps et son désir, la castration, le politique refoulé nous revient en symptômes morbides (et le social qui s’assure à le réparer participe de ce symptôme).L’individu le paie souvent par ce que l’on appelle des passages à l’acte, des dépressions, des drogues... Mais drogués nous le sommes, du quotidien. Tous ces petits attachements qui nous assurent, de peur de manquer de... alors même que le désir, prenant de front la société de consommation, se fonde sur l’« inaccessibilité de la chose » (Lacan). Maladie du lien comme l’écrit Sibony[20]. Maladie du manque de déliaison, forclusion de la pulsion de mort que Natalie Zaltzman nomme « pulsion anarchiste » [21]. Qu’est-ce qu’en effet l’acte psychanalytique si ce n’est de rétablir la circulation de la pulsion de mort en décoinçant un signifiant (en instaurant une coupure), afin que délié il puisse lier autrement ? C’est bien pour cela que Lacan le rapproche de l’acte politique et plus précisément de l’acte révolutionnaire [22] (tout acte politique étant en lui-même révolutionnaire puisqu’il ouvre sur autre chose). Ce qui fait écrire à Nasio que « déchiffrer » en psychanalyse, « n’est pas synonyme de découvrir, mais de participer à la formation d’un nouveau chiffre » [23].
La psychanalyse ainsi se sépare radicalement de l’herméneutique (et du psychologisme) pour se fonder du trait politique et fonder la psychanalyse du trait politique c’est à chaque fois tenter de la déprendre des « figures de l’un » [24], figures multiples de l’idéologie dont elle ne saurait se croire vierge, c’est à chaque fois dégager ce qui, de la structure et des processus de l’inconscient, remet en cause les métalangages et détrône les idoles.

1. Ontologie et politique, Hannah Arendt, Ed. Tierce 1989.2. On peut penser que l’effondrement du totalitarisme nous laissera alors le champ libre pour déplacer nos questions et ouvrir une nouvelle réflexion.3. Il ne s’agit pas bien sûr de ne pas être contre la guerre nucléaire, le totalitarisme ou la pollution... il s’agit plutôt de penser la fonction idéologique de ces notions dans le champ politique.4. Critique du bonheur, Ed. La Découverte, coll. Essais, 1989.5. Ibid., p.6. Michel Foucault, Les mots et les choses, éd. Gallimard.7. Althusser, « Freud et Lacan », in Positions, Ed. Sociales.8. Philippe Julien, « Le Testament de Lacan », in Apertura vol. 3 1989, L’inconscient a-t-il un fondement éthique ? Ed. Springer-Verlag.9. M. Merleau-Ponty, Signes, « Notes sur Machiavel », Ed. Gallimard, 1960.10. De même qu’enfermer l’éthique dans une conception absolutiste revient à la tourner en terreur.11. Clausewitz, De la guerre.12. Cf. la thèse d’Althusser, La philosophie est lutte de classes dans la théorie.13. Spinoza, Éthique, p. 134, Ed. Garnier/Flammarion.14. Voir Sami Nair, Machiavel et Marx, coll. Philosophie d’aujourd’hui, PUF, 1984.15. Daniel Sibony, Le nom et le corps, Ed. du Seuil, 1974, p. 19. 16. Id.17. Engels, Introduction in La Guerre civile en France, 1871 (Karl Marx), Ed.Sociales, p. 22.18. Id.19. Lacan, « Le temps logique », in Écrits, Ed. du Seuil, 1966.20. D. Sibony, in Perversions, Ed. Grasset, 1987.21. N. Zalzmann, « La pulsion anarchiste », Topique n° 24, 1979, Ed. Epi, 1979. 22. Lacan, cf. L’acte psychanalytique (Séminaire).23. J.D. Nasio, Les yeux de Laure, coll. La psychanalyse prise au mot, Ed. Aubier,1987, p. 81.24. Serge Leclaire, Rompre les charmes, Inter éditions, 1981.