lundi, juillet 31, 2006

La Vitanalyse par Etienne de JAER

La Vitanalyse est une démarche non thérapeutique simple de reformulation qui aide son utilisateur à mieux progresser par lui-même dans ses univers personnels, suivant la logique "une question bien posée est une question à moitié résolue". Les pistes proposées et les exemples pratiques aident à affiner les perceptions de soi, des autres, des implications personnelles dans les divers projets dans lesquels il s’engage ou il est engagé par hasard ou par nécessité (Monod). Les univers particuliers dans lesquels la Vitanalyse peut aider l’utilisateur à devenir un meilleur gestionnaire de son autonomie et de ses projets sont les univers de la vie privée et de la vie professionnelle, hors les crises et les souffrances qui nécessitent l’avis d’un clinicien confirmé (telles que TOC, dépression profonde, crise d’angoisse, psychose, névrose, stress toxique, etc ...).


La démarche de la Vitanalyse est expliquée en détail dans le livre "A tout problème sa solution. La Vitanalyse, la voie des choix responsables", avec de nombreux exemples pratiques. Ce livre est en fait un guide d’autoapprentissage qui apprend au lecteur comment enrichir ses vues et ses hypothèses pour mieux saisir les opportunités et pour se construire de meilleures solutions par lui-même, sans pour autant rejeter le recours à un psy en cas de difficulté récurrente qu’il ne parviendrait pas à dénouer malgré tous ses efforts.

contact : etienne.dejaer@skynet.be

samedi, juillet 29, 2006

Manuscrit littéraire

ARTICLES NON INSÉRÉS DANS LES LIVRES DE L´AUTEUR



Les sources de l'art et de la jouissance selon Proust. Littérature. Paris, Larousse, fev.de 1993. 89.pp.33-43

A propos d'un passage de l'Education Sentimentale ou de quel inconscient parlons-nous dans le manuscrit? Genesis. Paris, ed.Jean Place, 8. 1995. 198p.pp.91-98. - http://www.item.ens.fr

Rhétorique courtoise et psychanalyse.Parcours.São Paulo, ed. Annablume, 1995.pp.9-18.

Réponse à Christiane Kègle. Débat sur P.Willemart.«Dans la chambre noire de l'écriture».L'Ethnicité fictive(Judéité et littérature) Etudes Littéraires. Québec, Université Laval. 1997. vol. 29. nº3.-4.pp.194-197. www.cmontmorency.qc.ca/biblio/index

Passion de l'ignorance et passions (la rature dans le manuscrit littéraire). Biffures. Montréal, Nuit Blanche éditeur, 1997.pp.41-60. http://www.nuitblanche.com

Le Narrateur proustien questionne la psychanalyse. Marcel Proust 2. Nouvelles directions de la recherche proustienne. (Colloque de Cerisy.) Paris-Caen,Lettres Modernes Minard, 2000. (Coll."La Revue des lettres modernes".354p. p.215-232. - http://www.item.ens.fr

De l'Histoire de Zobéide à La Recherche: de la dérive des formes aux processus de création. Bulletin d"Informations Proustiennes. Paris, Ed. Rue d'Ulm / Presses de l'Ecole Normale Supérieure, 2001 .pp.131-142http://www.item.ens.fr

De la forme aux processus de création. Deuxième Congrès international de critique génétique Paris, 1999 (sous presse) - http://www.item.ens.fr

Interview du Journal O Estado de São Paulo - http://www.estadao.com.br/ext/frances/wille.html

Comment se constitue l'écriture littéraire?Genesis. Paris, ed. Jean Place, 18. 2002. 198p. pp.29-43 - http://www.item.ens.fr

La critique génétique face au logiciel de reconnaissance vocale.Genesis 23/1. Paris, Jean-Michel Place, 2004.p.113-117 - http://www.item.ens.fr

vendredi, juillet 28, 2006

Le Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale vous fait part de ses dernières actualités

Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale Paris,

le vendredi 30 juin 2006

Le Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale vous fait part de ses dernières actualités.

Congrès ouvert.

Le Sacrifice Samedi 7 et dimanche 8 Octobre à Paris.

http://www.psychafamille.com/Congres/index.asp
Programme d'enseignement 2007

http://www.psychafamille.com/Formation/index.asp

Comité d'organisation du site Internet du CPGF <http://www.psychafamille.com>

mardi, juillet 25, 2006

formation psy

Bonjour
Vous êtes psychothérapeute, coach ou travaillez dans la relation d'aide ou la formation et recevez ce mail à ce titre (***voir au bas de cet e-mail)

Bonjour, il reste encore quelques places sur le stage de
Formation Certifiante de Praticien en Hypnose Ericksonienne avec Anné Linden et Steven Goldstone

du 12 au 16 et du 18 au 22 Août 2006
à l' Espace Vinci, 25 rue des Jeuneurs 75002 Paris

Si vous souhaitez vous y inscrire, des infos détaillées sur le stage sont disponibles en suivant ce lien:
Praticien 2006
Le prix du stage est de 1 400 Euros HT soit 1 674,40 Euros TTC pour les dix jours. Pour vous inscrire, il vous suffit de me faire parvenir vos coordonnées complètes ainsi qu'un chèque de réservation de 300 Euros.
Je suis à votre disposition pour toute information complémentaire, par e-mail ou par téléphone au 33 (0)1 39 32 94 60
Dans l'attente du plaisir de faire votre connaissance à cette occasion , cordialement,

Josick Guermeur

vendredi, juillet 21, 2006

Freud, Sigmund, écrivain de langue allemande

Freud, Sigmund, écrivain de langue allemande

Freud aurait-il pu découvrir l'inconscient dans une autre langue que l'allemand ? Voilà probablement l'une des questions les plus sensées que les professionnels de la profession aient posée à l'occasion du 150 ème anniversaire de la naissance de cher Sigmund. On trouve la réponse, ou du moins son ébauche (il fait chaud mais tout de même, n'exagérons rien) dans un entretien que publie La Revue des deux mondes (Juillet-Août 2006, 190 pages, 11 euros).

Eryck de Rubercy a eu la bonne idée de creuser le sujet non avec un psy mais avec un traducteur, l'un des meilleurs puisqu'il est aussi fin et précis en français qu'en allemand comme en témoignent ses traductions de Kafka, Nietzsche, Stifter, Handke (encore lui ? encore lui...) notamment, ainsi que ses propres livres (La traversée des fleuves et surtout l'admirable Le Poing dans la bouche que Verdier publia il y a deux ans), je veux parler de Georges-Arthur Goldschmidt, écrivain français d'origine allemande comme on dit.

Sa définition de la psychanalyse : consiste à trouver ce dont la langue parle vraiment, la part échappée, ce qui résiste aux définitions. Son Freud : l'un des grands écrivains de langue allemande. Le style de Freud : souple, précis, coulant, classique, lisse et absolument rigoureux. Son génie : faire dire aux mots ce qu'ils n'ont pas encore dit en les prenant vraiment au mot, en les cueillant à la racine, en les acculant dos au mur.

L'importance de la Grundsprache : celle d'une langue de fond, une langue de base qui n'existe pas vraiment, et dont l'impossibilité nous sauve d'une complète traduction d'une langue à l'autre. La structure de la phrase allemande : l'inversion grammaticale ne peut pas ne pas rejaillir sur la pensée psychanalytique. La corrélation entre rythme respiratoire de la langue allemande et rythmique sexuelle : on prend beaucoup plus d'air pour parler en allemand qu'en français, question de courbe respiratoire, et la sexualité y est forcément liée...

Voilà tout ce que dit, plus longuement et avec force exemples puisés chez Goethe notamment, Georges-Arthur Goldschmidt, pour dire que "le psychanalyste doit être en fin de compte une sorte de traducteur". Quel meilleur exemple que Freud lui-même puisqu'il fait apparaître ce que les mots disent ! Goldschmidt, qui ne goûte guère la traduction des Oeuvres complètes de Freud dirigée par Jean Laplanche (PUF 1988), prend un exemple parmi cent pour illustrer l'absurdité de certains choix : Hilflosigkeit, pour lequel Laplanche et son équipe inventent le laid et peu éloquent "désaide" quand il existe déjà un terme adéquat "désemparement". Goldschmidt tient qu'en fait, le plus souvent, l'allemand et le français se tournent le dos. Il en veut pour preuve (parmi d'autres) que "tiroir" se dit Schieblade (qui signifie en fait "poussoir"). N'empêche : nul n'a encore trouvé mieux que Marie Bonaparte pour rendre Unheimlich par "inquiétante étrangeté".

A l'issue de cet entretien, Georges-Arthur Goldschmidt entrouve une plus large perspective encore en jugeant que dans Malaise dans la civilisation (ou Malaise dans la culture, c'est comme on voudra), L'Avenir d'une illusion et Psychologie collective et analyse du moi, Freud avait tout prévu, tout anticipé, tout vu du suicide à venir de l'Europe, de la catastrophe annoncée, étant entendu que "le nazisme en somme est l'expression du plus grand refoulement que l'Europe ait jamais connu".

Hypnose Médicale

25e Séminaire annuel 2006 du 9 au 11 novembre 2006 en Hypnose Médicale

Extrait en Français. Pour le programme complet et la présentation des intervenants, veuillez consulter le programme complet

Bienvenue au séminaire annuel de tradition de la SMSH, connu pour son atmosphère confraternel

Nous vous souhaitons la bienvenue au séminaire annuel de la SMSH pour la formation de base et continue le (9) 10 au 12 novembre 2005 au centre de congrès Kreuz à Balsthal - Ateliers en français 4 - 5 - 8 - 39 - 47 en anglais 22 et en italien 21 Talon d'inscription

Nous nous réjouissons de faire votre connaissance à Balsthal, ou de vous y revoir!
Appel à contribution pour le 26e séminaire 2007 à Morat-Loewenber (8 -10 novembre)Nous souhaiterions saisir l'occasion de la publication de ce programme pour lancer un appel à contribution pour le séminaire 2006. Toutes les propositions d'atelier ou de conférence seront accueillies avec le plus grand intérêt par les organisateurs et peuvent dès à présent être adressées au :
Dr méd. Olivier Ryhiner Birsigstr.10, 4054 Basel. Tel: 061/281.36.56 Fax: 061/283.94.40 email:oryhiner@bluewin.ch.

mardi, juillet 18, 2006

LE REFOULEMENT PROUVÉ SCIENTIFIQUEMENT

Le refoulement prouvé scientifiquement

Sébastien Bohler - est rédacteur de Cerveau & Psycho.
Certains événements sont tellement désagréables qu’ils sont occultés et rendus inaccessibles à la conscience : ils sont refoulés, et passent dans l’inconscient. C’est du moins ce que prétend la théorie freudienne, mais peut-on le prouver expérimentalement ?

- B. Depue et al., Suppression of emotional and nonemotional content in memory, in Psychological Science, vol. 17, p. 441, 2006





L’article “Le refoulement prouvé scientifiquement” ne me paraît pas très convaincant. Ce n’est pas la qualité de l’expérience de B.Depuie et al du Colorado que je remets en cause mais les commentaires et l’usage des concepts de refoulement et d’inconscient par Cerveau et Psycho.

En lisant le résumé, le titre et le sous-titre en anglais de votre source scientifique, aucune connotation freudienne sur le refoulement ou l’inconscient ne transparaît. Comme beaucoup de recherches, celles du Colorado sous-tend l’idée que le cerveau effectue l’opération mentale de la mémoire sans que nous en ayons conscience. Mais ce processus n’est pas l’inconscient au sens freudien du terme. Un mécanisme, certes subsconcient, mais il est plus juste de dire qu’il est « non conscient », et pour l’instant sans réponse scientifique.

L’expérimentation du Colorado traite plutôt de l’aspect cognitif de la mémoire, de son fonctionnement lors des oublis ou des remémorations en lien avec l’émotion (neutralité ou non de l’item) et aux mécanismes liés à l’apprentissage. Le commentaire sur le refoulement qui « procède d’un effort d’attention, associé à une résonance émotionnelle négative de l’événement » est celle de la revue Cerveau et Psycho et prend en compte, à juste titre, la nature subjective de la mémoire. La recherche de Depuie et de ses collègues me semble plutôt porter sur ce qui se passe lorsqu’on oublie ou on se souvient. Leurs résultats ne constituent pas une preuve scientifique du refoulement. Les cas cités dans l’article, y compris les difficultés mnésiques personnelles de Freud lorsqu’il était sous l’emprise de l’émotion, me semblent décrire la mémoire qui flanche; défaillances que le neuroscientifique Daniel. D. Shacter, adversaire “du refoulement”, a classé en « sept péchés », en clin d’oeil aux sept péchés capitaux de la Bible. Les travaux de D.Shacter ont été validés suivant le bon usage des neurosciences mais y manque effectivement la nature subjective de la mémoire, critiquée par certains sceptiques, mais contenue dans l’expérience de Depuie et al.

Le refoulement est le nerf de la guerre des théories de la mémoire qui fait rage depuis les années 80 aux États-Unis. Très succinctement, il est lié à l’histoire du traumatisme en général, élargi à celui de l’abus sexuel. A la suite d’un choc ou d’un traumatisme émotionnel, un individu se trouve dans l’incapacité de traiter correctement le souvenir de l’évènement traumatisant. D’où le mésusage d’en conclure au refoulement ou amnésie dissociative puisque dysfonctionnement de la mémoire, il y a. Très lié au PTSD (stress post-traumatique) et au TPM/DID ( trouble des personnalités multiples /trouble de l’identité dissociée). On peut voir circuler sur le net depuis plusieurs mois le challenge suivant des Dr Harrisson G.Pope et James I. Hudson. Leur démarche est pertinente. Ils suggèrent que le refoulement (ou amnésie dissociative, en anglais repression) est un concept romanesque postérieur à 1800 et n’est pas valide scientifiquement, jusqu’à preuve du contraire. À moins que quelqu’un ne soit en mesure de leur donner la description, dans n’importe quel travail écrit - romans, épopées, drames, documents religieux, essais, traités médicaux ou autres- d’un cas antérieur à 1800. Les deux chercheurs partent du principe que si le refoulement est un phénomène naturel observable depuis toujours, quelqu’un l’aura consigné par écrit. Challenge resté sans réponse jusqu’à présent. Les partisans du refoulement resteraient-ils sans voix? Mal interprétée, cette théorie n’est pas anodine. Dans les années 80, aux États-Unis, le refoulement (repression or repressed memories) a pris un sens tout particulier dans le mouvement des Thérapies de la Mémoire Retrouvée (Recovered Memories Therapies), comprenant l’hypnose ou des méthodes pseudo-scientifiques. Pour guérir un adulte, présentant une souffrance psychique particulière, une thérapie de la réminiscence prétend faire remonter chez lui les souvenirs d’événements traumatisants qu’il aurait eu enfant et qu’il aurait totalement oubliés: la fameuse amnésie dissociative ou le refoulement. Diagnostiquée à tour de bras dans les cas de traumatismes d'abus sexuels subis dans l’enfance. Mauvaise surprise de la mémoire refoulée: les souvenirs récupérés avec ce type de thérapie sont des « faux ». Mais celui qui vit ces illusions de la mé # moire est persuadé de la véracité de ces supposés souvenirs et les vit sur un registre émotionnel intense qui laisse supposer qu’il a réellement vécu un trauma, encouragé par son thérapeute qui croit au refoulement. C’est le Syndrome des Faux Souvenirs (False Memory Syndrome), très peu connu en France par les professionnels du champ de la santé. Cela prête à sourire lorsqu’il s’agit de faux souvenirs de rencontres avec des petits hommes verts venus de l’espace traité dans votre revue, en juin 2003, où la naïveté de celui qui y croit est confondue mais lorsqu’il s’agit d’agressions sexuelles, soi-disant perpétrées par l’un des parents, c’est une autre histoire. Ces faux souvenirs d’abus sexuels ont occasionné de nombreuses erreurs judiciaires aux États-Unis. Les faux souvenirs figurent parmi les sept péchés de la mémoire du neuroscientifique Daniel.D.Shacter déjà cité, et qui s'appuie sur les travaux d'Élisabeth Loftus qui a étudié les faux souvenirs. Dans le péché des faux souvenirs, est mise en cause la suggestibilité liée à des souvenirs implantés. Elle est le résultat d’une manipulation mentale d’une tierce personne -involontaire ou volontaire- et arrive lorsqu’une personne essaie de se souvenir d’expériences passées influencée par des questions, des commentaires ou des suggestions. Le péché des faux souvenirs, avec celui de la fausse reconnaissance sont susceptibles de faire des ravages judiciaires C’est ce qui s’est passé aux États-Unis, dans les années 80, où le Syndrome des Faux Souvenirs a été mis en cause dans de nombreux procès pour abus sexuels, inceste et pédophilie infondés, et fait envoyer en prison des innocents. Loin d’être un épiphénomène états- unien, les faux souvenirs d’inceste arrivent en force en France depuis quelques années. D’où la nécessité d’être précis sur la signification du refoulement sans négliger la richesse théorique de la psychanalyse. La plupart des chercheurs de la mémoire s’accordent à reconnaître l’aberration scientifique du refoulement. Malgré son aspect pseudo- scientifique, il faut concéder que le refoulement est une croyance sur le fonctionnement de la mémoire toujours d’actualité parmi de nombreux professionnels. Outre qu’il soit le fer de lance des courants dissidents de la psychanalyse (Otto Rank, Ferenczi, W.Reich), le refoulement voisine très souvent avec des croyances saugrenues liées au new-age, à l’ésotérisme, à la médecine alternative. Aux États-unis, il s’observe, entre autres, avec les croyances aux extra-terrestres, aux rites sataniques, ou aux vies antérieures. En France, existent des variantes au niveau des croyances, mais on trouve un creuset commun où dominent des courants de pensée pseudo-scientifiques, à l'opposé de l’objectif des neurosciences . La psychanalyse n’est pas incompatible avec les neurosciences. Et effectivement, pourquoi ne pas confirmer certains concepts freudiens par les neurosciences puique la France a une forte tradition psychanalytique ? Mais il faut aussi éviter aussi un éventuel détournement pseudo-scientifique de la théorie analytique, qui est hasardeuse par essence, et il s'avère peut-être inutile de démontrer qu'elle est une science dure pour valider tous ses concepts.

Bien cordialement Nicole Bétrencourt

Psychologue-écrivain

Sources: Le Syndrome des faux souvenirs, ces psys qui manipulent la mémoire, Élisabeth Loftus, Katherine Ketcham, Éditions Exergue, 2001.

Sites web: Depuie et al http://www.blackwell-synergy.com/doi/abs/10.1111/j. 1467-9280.2006.01725.x Challenge de H.Pope et Hudson http://www.butterfliesandwheels.com/articleprint.php?num=177
Les sept péchés de la mémoire (seven sins),
Daniel Shacter http://www.psychologytoday.com/articles/pto-20010501-000028.html
False Memory Fondation http://www.fmsfonline.org/about.html

samedi, juillet 15, 2006

La psychanalyse n’est pas une science dure

La théorie analytique est forcément hasardeuse et doit s’assumer comme telle. Le point de vue du psy et essayiste Adam Phillips.



La psychothérapie traverse une nouvelle crise d’identité. En témoignent deux tendances récentes de la profession aux Etats- Unis : d’une part, les efforts pour en faire une “science dure” et, d’autre part, l’idée de plus en plus répandue chez les praticiens qu’il est non seulement inutile, mais aussi nuisible, d’utiliser la cure par la parole pour découvrir les traumatismes dans le passé des patients. Il n’est pas vraiment surprenant que des psychothérapeutes – et ce quelle que soit leur école – se sentent contraints de se prouver à eux-mêmes et à la société qu’ils pratiquent une science dure. Compte tenu du prestige et de la confiance que le monde moderne accorde au fait scientifique, les psychothérapeutes, qui ont toujours eu à se mesurer à la profession médicale, tiennent à démontrer qu’eux aussi peuvent travailler dans le domaine du prévisible et qu’ils sont capables de fournir des preuves de la valeur de leur démarche. Il est, pour ainsi dire, symptomatique que les psychothérapeutes aspirent à une légitimité scientifique. Or l’une des bonne choses que fait la psychothérapie, à l’instar de l’art, c’est justement de nous montrer les limites de ce que la science peut faire pour notre bien-être. La méthode scientifique seule ne suffit pas, en particulier lorsque nous cherchons à savoir comment vivre et qui nous sommes. De même que nous ne pouvons pas savoir à l’avance quel effet un livre ou un morceau de musique vont produire sur nous, de même chaque psychothérapie – et chacune des séances qui la compose – est imprévisible. Si elle ne l’est pas, elle s’apparente alors à de l’intimidation, à de l’endoctrinement. Il serait naïf de la part des psychothérapeutes de vouloir ignorer la science ou de se dresser contre toute méthodologie scientifique. Mais chercher à présenter la psychothérapie comme une science dure est en fait une tentative pour l’imposer sur le marché. Cela relève d’une volonté de la rendre “respectable”, d’en faire un bien de consommation comme un autre et par là même de la soumettre servilement au consumérisme. Un consumérisme auquel elle est justement censée aider les gens à faire face. Si la psychothérapie a quelque chose à offrir – et la question devrait toujours être posée –, il ne peut s’agir que de quelque chose qui se situe en dehors des valeurs culturelles dominantes. Lorsqu’on se rend chez l’ophtalmologue ou qu’on achète une voiture, on est en droit d’attendre des résultats fiables et un minimum de garanties. Un psychothérapeute honnête ne peut fournir de garanties comparables. Il ne peut promettre qu’une disponibilité d’écoute professionnelle et des commentaires qui peuvent s’avérer utiles. En invitant le patient à parler longuement – en particulier de ce qui le perturbe vraiment –, quelque chose finit par éclore. Mais ni le patient ni le thérapeute ne savent à l’avance ce qu’ils vont dire ni quel effet vont avoir leurs paroles. Le seul fait de créer une situation favorable à l’évocation des souvenirs, à l’expression de pensées, de sentiments et de désirs jusque-là refoulés peut avoir des effets incommensurables, à la fois positifs et négatifs. Rien – aucune formation, aucune recherche, aucune collecte de données statistiques – ne peut annuler cette incertitude très particulière de la rencontre. La psychothérapie est un risque. Il y aura toujours des “victimes” de la thérapie. Tout au long de l’Histoire, la religion a été, avec la complicité de l’art, le langage à travers lequel les humains ont pu exprimer ce qui leur tenait le plus à cœur. La science est devenue le langage qui les a aidés à connaître ce qu’ils voulaient connaître et à avoir ce qu’ils voulaient avoir. La psychothérapie, elle, doit occuper l’inconfortable juste milieu, sans prendre parti ni pour l’une ni pour l’autre. L’étroitesse d’esprit étant le mal le plus répandu dans nos sociétés, il faut que nos thérapeutes résistent à l’attrait des certitudes en vogue.



Adam Phillips The New York Times

L’auteur Adam Phillips, 52 ans, est l’un des psychanalystes les plus célèbres du Royaume-Uni, à la fois en tant que praticien et en tant que penseur. Après avoir été longtemps psy pour enfants en milieu hospitalier, il se consacre depuis 1995 à l’écriture et à la pratique libérale. Il est aussi éditeur associé de la célèbre maison d’édition britannique Penguin, pour laquelle il supervise, entre autres, les nouvelles traductions des textes de Freud. Parmi ses ouvrages traduits en français : La Boîte de Houdini (Payot, 2005), Le Pouvoir psy (Hachette Pluriel, 2001). Son dernier livre, Side Effects, paraît ces jours-ci au Royaume-Uni.

mercredi, juillet 12, 2006

Oedipe

Les lieux où se joue le destin des héros ont souvent autant d'importance que ce destin lui-même. Œdipe, héros en quête de la lucidité, naîtra, vivra, mourra entre Corinthe, Thèbes et Athènes. Toute sa vie, il tournera en rond entre les deux premières cités à la recherche de ses vrais parents et de lui-même. Son drame se jouera sur un minuscule coin de terre. C'est que le vrai destin d'Œdipe sera moins d'explorer le mystère de la mort que celui de sa propre existence : qui sont ses vrais parents ? Qui est-il lui-même ? Et pourquoi les dieux lui ont-ils réservé un sort aussi abominable ?

La naissance d'Œdipe, fils de Laïos, fut marquée du sceau de la malédiction divine. Un oracle avait en effet prévenu Laïos de ne pas procréer car le fils qui viendrait au monde le tuerait. Laïos n'en tint aucun compte et Œdipe naquit. Laïos dut craindre cependant les conséquences de son acte car il décida d'exposer l'enfant sur le Cithéron, près de Thèbes. Il lui perça les chevilles, y fit passer une corde et donna le bébé à l'un de ses serviteurs avec l'ordre de l'abandonner dans la montagne. Celui-ci toutefois fut pris de remords. Exposer un enfant dans la nature pour y être dévoré par les fauves est un procédé qui peut sembler cruel. Il était courant, pourtant, dans l'Antiquité. On évitait ainsi l'infanticide direct et on laissait une chance à la victime. Un berger le recueillit et le ramena chez son maître Polybe, roi de Corinthe, qui l'adopta et le traita comme son enfant.

mardi, juillet 11, 2006

fiction et immaginaire

un petit extrait de la chronique de R.P Droit :

"Nous ne sommes jamais réductibles à nos connaissances ou à notre mode de vie. Notre moi demeure toujours pluq ou moins "fluttant" à distance et cet ensemble de gestes - travail, habitudes- qui nous collent à la peau. Dans cet écart se trouve la possibilité de bouger, d'oublier notre quotidien pour partager les expériences humaines des personnages en apparence terriblement mointains. Délaissant l'environnement immédial, notre moi flottant par naviguer chez ces dieux si humains qui sont les héros de fiction.'

le pastout de Lacan (Guy Le Gaufey)

Y a-t-il, à dignité égale, deux entités dites homme et femme, séparées par le grand Canyon de la différence sexuelle ? Ou faut-il penser cette différence comme un pur relatif, chaque être humain se situant sur un continuum de plus ou moins homme à moins ou plus femme ?

Sigmund Freud a établi de quelle étrange façon la sexualité détermine l'être humain : sa pulsion n'est plus l'instinct sexuel hétéronormé des psychiatres d'alors. Avec son surprenant énoncé «Il n'y a pas de rapport sexuel» et les formules de la sexuation qui le soutiennent, Jacques Lacan est intervenu dans cet embrouillamini entre logique et sexes, inventant un nouvel opérateur, un pastout, qui pointe l'incomplétude de la chose sexuelle.

Guy Le Gaufey étudie comment ces formules ne sont lisibles qu'au regard de contraintes formelles propres à l'enseignement de Lacan – avant tout l'invention d'un «objet partiel» sans précédent dans l'histoire de la psychanalyse. Relève de cette même partialité l'armature logique des formules de la sexuation, à savoir une valeur de la proposition particulière explicitement laissée de côté par Aristote et toute la tradition logique classique.

Cette particularité permet de dégager la logique sous-jacente aux vignettes cliniques, brefs récits de cas censés illustrer un fragment théorique jugé par trop abstrait. Le pastout de Lacan fait valoir comment, derrière l'apparente modestie de leur naïveté empirique, ces vignettes en viennent à faire du savoir une référence inquestionnable. L'opérateur pastout réaffirme au contraire la partialité foncière et sans totalité de l'être humain.

Le séminaire de Bernard Casanova

samedi, juillet 08, 2006

l'"imaginaire métaphysique",

Le rêve dont s'occupe la pensée freudienne, le rêve qui se forme dans le sommeil, est provoqué par des désirs que l'être conscient ne s'avoue pas [...]. Il n'en va pas ainsi dans la sorte d'imagination que je me propose d'étudier.
[...]
Ce que j'appellerai l'imaginaire métaphysique est un ensemble de récits que l'on se fait, de mythes auxquels on tente de donner foi, sur un arrière-plan de figures jugées divines ou dotées sans qu'on en prenne conscience de caractéristiques qui sont le fait du divin. [...]
L'imaginaire métaphysique a pris souvent l'Occident dans les griffes de ses chimères, mais ces rêves d'excarnation n'ont fait que dévitaliser dans leurs dévots leur capacité de chercher dans le lieu même où ils vivent la vraie vérité, le vrai bien.
[...]
Je voudrais bien, quant à moi, comprendre ce qui a lieu quand j'écris avec le souci du poème. Comprendre, je l'ai toujours désiré, je le désire plus que jamais, et c'est pourquoi je me suis livré aux diverses enquêtes que l'on trouvera dans ce livre. - Y. B.

Auteur(s)
Yves Bonnefoy est professeur au Collège de France. Il a notamment publié en 1999 dans la même collection Lieux et Destins de l'image.



'oeuvre poétique aussi bien que critique d'Yves Bonnefoy est l'une des plus vivantes et dynamiques de notre temps. Des plus commentées aussi. Chantier permanent, elle ne se referme jamais sur elle-même. Qu'il interroge la peinture ou la littérature, de Piero della Francesca et Goya à Mallarmé, Yves Bonnefoy reste un homme de quête et de dialogue. En marge de plusieurs livres qu'il vient de publier, nous l'avons interrogé sur le sens de son travail.
Quels rapports, à vos yeux, entretiennent le travail de la pensée - faut-il parler de philosophie ? - et la création poétique ? En quoi le poème a-t-il, ou non, la prééminence sur le labeur spéculatif ou analytique ?
Je comprends que vous me posiez d'emblée cette question, puisque je viens de publier quatre livres, certes brefs, qui paraissent chacun s'écarter du projet de la poésie, lequel pourrait simplement sembler d'écrire des poèmes, c'est-à-dire de rassembler tout ce que l'on est dans les perspectives d'une existence et non sous les yeux d'une pensée. Une intensification de notre rapport aux autres et au monde, la poésie. Une recherche de l'immédiat, avec dans cette proximité un savoir encore mais qu'on ne peut réduire aux réseaux de la signification, domaine de la philosophie. Oui, mais pour se porter ainsi au-delà de la signification, il faut traverser celle-ci et en connaissance de cause, sinon on reste inconsciemment prisonnier de ses formes peu apparentes, prisonnier d'une pseudo-évidence qui n'est qu'un pressentiment en rêve de la réalité immédiate, et non celle-ci. D'où la nécessité d'une réflexion, à quoi peut aider la recherche philosophique, qui analyse les faux-semblants de toute pensée. La philosophie la plus conceptuelle peut permettre à la poésie de se dégager de quelques-uns de ses fourvoiements, et d'être ainsi plus pleinement et spécifiquement elle-même.
Mais c'est là continuer de dire que le poétique doit garder sa prééminence. Je souhaite que l'intuition qui l'anime aille de l'avant, et en avant, se retournant pour voir si le philosophique la suit.
Vous êtes familier des mythes et de leur étude, mais sans céder à la fascination qu'ils peuvent exercer. Comment ces mythes, qui sont des chapitres de ce que vous nommez l'"imaginaire métaphysique", peuvent-ils ne pas vous éloigner du réel qui reste votre horizon ? Vaste question, car le mythe des civilisations archaïques, occupées à donner figure à leurs structures sociales, n'a pas grand-chose à voir avec ce que Titien ou Poussin mettent en scène dans leurs tableaux. Mais restons-en aujourd'hui à ce mythe hérité de la culture gréco-latine, un mythe d'entrée de jeu interprété, une fiction qui a certes mémoire d'une transcendance souvent décidée divine mais en réfractant celle-ci au travers des strates de situations vécues dans le lieu terrestre, et cela par la grâce de l'imagination, laquelle se complaît à doter ses signifiants pourtant simplement humains d'une réalité rêvée supérieure à la simple nôtre. Mythes qui marient le ciel et la terre, l'amour sacré et l'amour profane.
De ces beaux mythes, il faut assurément se garder, en poésie, puisqu'ils confortent ce besoin de rêver qui nous fait oublier notre finitude. Mais là encore, comment se garder si on ne connaît pas ce dont on se garde, si même on ne l'aime pas ?
Plutôt reconnaître que si cette sorte de mythe est de l'illusion, au moins quand elle parle des dieux, elle ne nous en donne pas moins les clefs d'une transcendance authentique, en ceci qu'elle implique ces figures divines dans des circonstances humaines qui, à être aussi aisément "regonflées" - comme dit le Faune, chez Mallarmé -, prouvent bien qu'elles ont plus de substance et de profondeur que la pensée conceptuelle ne sait le dire. Le mythe incite alors au respect de l'exister humain, il prédispose à aimer. Et il nous éclaire ainsi sur ce qui se passe au secret de notre rapport au monde : sur nos doutes, nos peurs autant que sur notre capacité de confiance et d'assentiment. Je dois beaucoup à certains mythes, je sens qu'ils font corps avec l'écriture qui se voue à la poésie, je dirais qu'ils parlent en elle quand on croit qu'elle parle d'eux... Dommage pour notre passé religieux que celui-ci ne se soit pas voulu plus tôt ou pour plus longtemps ce christianisme hellénisé qui revitalisa l'Occident à la Renaissance.
Le christianisme, dites-vous, a l'"intuition essentielle" au-delà de "sa vêture de mythes et de dogmes". Vous dites aussi que ce qui importe, "c'est la personne en son instant et son lieu". Comment séparer cette immanence de sa finalité ? Son intuition, sous sa "vêture de mythes" ? Oui, je sais à quel point importe, c'est décisif, la valorisation chrétienne du hic et nunc au moyen de la divinisation d'un homme qui a souffert et est mort "sous Ponce Pilate", faisant ainsi de l'histoire le lieu de la recherche d'un sens au creux d'une nature en mesure dès lors de devenir une terre. Ce fait humain identifié à sa condition incarnée, cette "immanence", comme vous dites, car il n'est de la transcendance que pour son approche par les concepts, nullement pour qui partage avec lui l'intimité toujours immédiate de la relation affective, c'est bien la seule réalité et le christianisme l'a dite, sauf aussitôt à se rétracter à grands coups de dogmes qui parlent d'une autre vie et se servent de celle-là pour appauvrir celle-ci.
Et pourquoi faudrait-il craindre que cette immanence, oui, je veux bien de ce mot, reste en deçà de sa propre "finalité" ? Cette dernière, c'est pour chaque personne la pleine conscience de sa valeur absolue, et plus elle s'assumera comme être de finitude, plus elle s'identifiera ainsi aux fondamentaux de sa condition mortelle, et plus elle aura la chance d'accéder à sa plénitude de simple vie, au-delà de toutes les réductions que veulent en faire les dogmes des religions ou les systèmes philosophiques.


Malgré les chemins nombreux que vous empruntez, vous arrêtant sur la littérature autant que sur la peinture, vous ne semblez pas avoir pour but de constituer votre oeuvre comme une somme, une totalité. Comment définiriez-vous le type de connaissance qui détermine votre travail ? Je m'en voudrais de céder à la tentation d'une oeuvre conçue comme une totalité, avec un ordre intérieur pour en rassembler les parties. Cet ordre serait encore une de ces images de monde dont la poésie veut se délivrer. Et tout autre est le rapport que cherche à créer cette dernière entre ses composantes toujours éparses et l'intuition d'unité qui la motive. Une seule grande intention en elle, c'est vrai, et c'est ce retour à l'immédiat au-delà des fragmentations et des solitudes de la parole ordinaire. De quoi découle l'obligation, pour les observants de la poésie, de se souvenir de la tâche que ce ressourcement leur demande, avec comme conséquence pour eux de vérifier et réaffirmer un petit nombre d'idées fondamentales, lesquelles, je le sais bien, ne reviennent que trop souvent sous ma plume.

Mais pour que ces pensées restent de la vie et s'approfondissent, il faut évidemment aller à ce qui ne s'y réduit pas ou ne veut pas s'y réduire, et c'est aussitôt toute la diversité de la recherche artistique ou philosophique à travers les siècles qui s'impose à notre attention, avec ceci en plus que, pour bien se mettre à l'écoute de cette grande et multiforme expérience, il faut moins se confier à l'intellect qu'à la sympathie, celle-ci seule pouvant nous ouvrir l'intériorité, nous révéler la totalité, de l'oeuvre ou de l'auteur dont nous faisons élection. Je veux penser que ce qui me détermine quand je m'attache à des peintres ou des poètes, ce ne sont pas des convictions déjà établies en moi mais des pulsions inconscientes, dont j'ai à découvrir le sens autant que j'ai à comprendre ces autres. Et ces pulsions se portent dans des directions imprévues, et voici qui ruine le rêve que je pourrais faire de bâtir un bel édifice.
Quelle valeur ont cependant ces sommes ? Elles valent lorsqu'elles sont signifiantes, et elles peuvent l'être d'un rêve, précisément, d'un rêve qui se retrouve en fait en chacun de nous et demande donc attention et réflexion - et même sympathie cette fois encore. Un rêve, et de l'orgueil. Le Dieu qui s'est retiré du monde occidental a laissé derrière soi une illusion dont le démon, qui apparemment lui survit, au moins pour un temps, profite : croire que si, oui, nous ne sommes, dans notre corps, que du transitoire, sans avenir à d'autres niveaux de l'être, nous n'en restons pas moins des esprits capables de l'illimité au plan de la connaissance possible, au plan aussi du vouloir, celui du bien, par exemple. Nous aurions en nous de quoi penser et résoudre les problèmes que la réalité nous propose. Et cette croyance est pour certains penseurs ou artistes une incitation à forger des visions d'ensemble de ce qui est et de ce qui vaut. Bulles de l'illusion, tout irisées qu'elles soient, ces entreprises. Mais qui ont du prix, car elles maintiennent et exaltent, serait-ce en rêve, c'est-à-dire avec beaucoup d'abstraction et de distorsions sous l'apparente richesse, cette ardeur, cette ambition dont a besoin lui aussi le projet plus modestement piétonnier de la recherche de vérité comme la poésie l'entreprend. Il faut aimer ces sommes, Virgile, Dante, Goethe, autant que s'y refuser.
Vous êtes le poète français vivant qui a suscité et suscite encore - ainsi du 23 au 30 août à Cerisy - le plus de commentaires. Entre le dialogue qu'appellent ces commentaires et la tâche solitaire du poète, comment opérez-vous la jonction ? Solitaire, la tâche du poète, non. Quand il s'y sent appelé, c'est vrai qu'alors il est seul et ne peut que l'être, parce que l'appel retentit au plus intime de ce qu'il est, parmi ses souvenirs, ses désirs, mais il ne serait guère fait pour répondre à cette exigence s'il ne s'apercevait qu'il ne le fait que bien mal, se laissant prendre à des rêves, d'où suit qu'il lui faut se ressaisir, autrement dit analyser ces mirages. Or, ce travail, il ne pourra l'entreprendre que s'il se place sous le regard d'autres que lui, d'où un second moment de sa création qui semble moins que la poésie mais en est en fait l'âme même : étant l'obstination et le recommencement qui, à l'encontre de tout ce qui la méconnaît ou la censure, réaffirme ce qu'il est important qu'elle soit. Le poème s'est avoué seulement de l'art mais en cet aveu il a fait acte de vérité, ce qui ouvre le champ d'une recherche du vrai où autrui s'implique, où une communauté se bâtit dans et par ce besoin de désassembler le vrai du faux, le tangible de l'illusoire. La poésie n'est pas une solitude, ce serait bien plutôt le politique en son origine : à la fois la fondation du groupe social et la dissipation des utopies, qui pourraient leurrer celui-ci. Conséquence : qui prétend à la poésie doit prendre au sérieux ce que dit de lui la critique. Mais suis-je capable de cette écoute, pour ma part ? Peut-être pas, c'est si difficile.
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Propos recueillis par Patrick Kéchichian

mercredi, juillet 05, 2006

Proposé par Psychanalyse Actuelle, Le Regard Qui Bat

L’œuvre, pas plus que le regard, ne se consomme. Qu’est-ce qui, dans une œuvre, regarde chaque spectateur, et le captive ?
Le cinéaste fait œuvre à mettre le regard en scène. Le regard est au cœur de l’œuvre, et non pas extérieur à elle.
C’est en l’y déposant que l’artiste, faisant événement, nous donne notre réel à voir.

Proposé par Psychanalyse Actuelle, Le Regard Qui Bat, c’est un dimanche par mois la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens… au Cinéma Escurial Panorama.

Organisation : Barbara Didier, Maria Landau, Françoise Moscovitz, Véronique Haguenauer, Catherine Erman, Nabile Farès,
Jean-Jacques Moscovitz, Vanina Micheli-Rechtmann, Fred Siksou et d’autres…



Cinéma ESCURIAL PANORAMA
11, Bd de Port- Royal 75013 PARIS

Mardi 11 Juillet 2006 à 20h30
Projection du film:

Être sans destin
de Lajos Koltai
2006



Projection suivie d’un débat en présence de Marceline Loridan-Ivens
réalisatrice de "La petite prairie aux bouleaux"
Animé par :
M. Landau, B. Didier, V. Micheli - Rechtman, C. Erman, F. Siksou, N. Farès, J -J. Moscovitz,…

Avant propos au débat:
Exigence de l'écrivain "d'Etre sans destin" de nous donner ici d'autres traces, nouvelles, par l'image, l'image de cinéma.

SYNOPSYS

Etre sans Destin est adapté du roman d'Imre Kertész, prix Nobel de littérature en 2002. Premier ouvrage de Kertesz publié en 1975, Etre sans Destin est un livre émouvant et dérangeant qui raconte l'expérience largement autobiographique d'un jeune juif Hongrois dans les camps de concentration allemands, puis son retour à la vie, après la libération des camps.

« Gyurka » est un jeune adolescent de 14 ans. Un jour, non loin de Budapest, il est arrêté par un policier hongrois. Après une longue attente avec d'autres adolescents, il est emmené vers une destination encore inconnue et qu'il a du mal à prononcer : Auschwitz-Birkenau.

Gyurka est ensuite transféré de camp en camp. L'enfer commence : l'humiliation, la faim, le froid, les maladies, le travail forcé, la déshumanisation, la mort, deviennent le quotidien du jeune adolescent. Gyurka, très malade, manque de mourir jusqu'à ce que le camp soit finalement libéré par les Américains.

Sur le chemin du retour vers Budapest, sa ville natale, toujours vêtu de ses habits rayés de prisonnier, Gyuri Koves éprouve l'indifférence, voire l'hostilité de la population hongroise. Ses anciens voisins et amis le pressent d'oublier les terribles moments qu'il a passés dans les camps, sont gênés dès qu'il évoque son expérience et ses souvenirs du camp. Le jeune garçon est alors livré à lui-même, et comprendre ce qu’il lui est arrivé.

dimanche, juillet 02, 2006

congrès du Collège Psychanalyse groupale

Paris, le vendredi 30 juin 2006

Le Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale vous fait part de ses dernières actualités.

Congrès ouvert.
Le Sacrifice Samedi 7 et dimanche 8 Octobre à Paris.
http://www.psychafamille.com/Congres/index.asp

Programme d'enseignement 2007http://www.psychafamille.com/Formation/index.asp

Comité d'organisation du site Internet du CPGF <http://www.psychafamille.com>

source ;
Pour ceux que ça intéresse. Cordialement, Elisabeth----------De : "CPGF" <webmaster@psychafamille.com>Répondre à : webmaster@psychafamille.comDate : Fri, 30 Jun 2006 10:12:52 +0200À : elisabeth.gallet@wanadoo.frObjet : Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale