lundi, octobre 30, 2006

forums de psyapsy.org

Trois jours avec "L'empire des coachs"

Pour les prochains « Trois jours », nous aurons le plaisir d’accueillir Roland Gori, auteur, avec Pierre Le Coz, de « L’empire des coachs. Une nouvelle forme de contrôle social ».

Roland Gori est psychanalyste, et professeur de psychopathologie à l’Université d’Aix-Marseille.

Dans un précédent livre (« La santé totalitaire. Essai sur la médicalisation de l’existence »), Roland Gori et Marie-Josée Del Volgo attiraient notre attention sur l’envahissement progressif de la pensée médicale sur des domaines qui n’en relèvent pas, à commencer par le psychisme de chacun. Le discours ambiant, depuis quelques années, tend en effet à faire de la « bonne santé » une nouvelle morale, et, comme le dit Roland Gori, conduit chacun, s’il n’y prend garde, à se soumettre à un nouvel impératif : « pour bien se porter, il faut bien se comporter ». Ainsi, l’observance, qui se rapportait initialement au respect des règles religieuses, devient un concept clef pour la relation médecin-malade, au détriment parfois de la relation. La promesse d’une bonne santé a donc remplacé celle de la sainteté. Pour être sain, faudrait-il donc être un saint, en observant religieusement les nouvelles normes comportementales édictées, pour notre bien, par les nouveaux clercs ?

Dans le livre présenté ici, l’analyse de la pensée médicale cède le pas à l’analyse de la pensée « managériale », ce qui n’est pas pour nous étonner, étant donné la collusion fréquente de ces différentes formes de contrôle social, lorsqu’elles sortent de leur champ de compétence initial.
Le recours se fait cette fois ici, pas tant à la médicalisation, qu’à la psychologisation de l’existence, à travers l’appel du pied fait à différentes « théories » plus ou moins fumeuses.
Entre le charybde du scientisme (qui n’est pas la science) et le scylla du psychologisme (qui n’est pas la psychologie), Roland Gori pointe depuis quelques années avec acuité les différents écueils dans lesquels s’enferme le discours courant pour persister à ne rien vouloir savoir de ce que la psychanalyse nous a pourtant appris : le moi n’est pas maître en la demeure.

lapsychanalyse au bûcher

La psychanalyse au bûcher

De nouvelles sorcieres pour de nouveaux inquisiteurs

(Titre original : La psicoanalisi sotto tiro. Nuove streghe per nuovi inquisitori)

SOMMAIRE

Préface à l’édition française de Jean-Yves Métayer......................................................3

Préface à l’édition italienne de Angelo Conforti..............................................................5

Introduction..................................................................................................................11

Une affaire judiciaire plutôt instructive.........................................................................15

La psychanalyse aujourd’hui: science ou psychothérapie?..........................................65

De l’éthique du psychanalyste......................................................................................72

Psychanalyse et psychothérapie: une identité forçée...................................................76

La psychanalyse est-elle une science?.........................................................................88

Psychanalyse: la fin d’une science?..............................................................................94

Amendement Accoyer..................................................................................................101

Commentaire à l’amendement Accoyer.......................................................................103

Appendice - règlementation des professions de psychologue et psychothérapeute

en Italie - Loi “Ossicini”.................................................................................................107


P.-S.

Télécharger la version intégrale de La psychanalyse au bûcher d’Antoine Fratini (document word) :

Word - 330 ko


samedi, octobre 28, 2006

Portrait d'une psychanalyste

Marie Laure Caussanel

Psychanalyste

19, rue Pierre Honfroy 94200 Ivry sur Seine
Tél. : 01.46.58.26.14

N°SIRET : 401 613 682 00020 - Code APE : 851G



Je me présente

Appel à témoignages...

Exposés de travaux personnels

extrait du livre à paraître "femme.exe"

texte "le traitement des addictions en question"

texte "Séance d'abdos en dimensions négatives"

Peintures gouaches à vendre

vendredi, octobre 27, 2006

Création Psychanalyse Politique

Séminaire proposé et animé par des membres des Forums du Champ Lacanien, et/ou de l'Association de Psychanalyse-Jacques Lacan, et d'autres, non membres de ces deux formations.

Création
Psychanalyse
Politique






SéminaireAnimé par Michel Lapeyre / Bernadette Sauret / Alain Belkarmi/ Rémi Brassié / Isabelle Espérou / Philippe Gatto


Chers amis et chers collègues,
Le vendredi 27 octobre 2006

Création
Psychanalyse
Politique

Nous écouterons à nouveau Jean Marc Lapeyre.
Voici quelques lignes de son argument

Militer plus de 30 ans au sein d’un syndicat « généraliste », à la CGT de surcroît relèverait-il d’un comportement « judéo-chrétien », du « syndrome de Pavlov », de l’incapacité à « s’adapter aux normes nouvelles ».

Et s’il s’agissait au contraire d’une recherche éperdue de « l’utopie », du bien commun, de l’œuvre utile, de l’œuvre collective, une éthique rigoureuse pour moteur, l’Histoire re-visitée par Marx (*), en mémoire et le travail d’analyse comme catalyseur pour poursuivre contre vent et marée, même et peut-être surtout, lorsque le rapport des forces est très inégal.
Poser la question en ces termes, c’est déjà être en situation de se forger une réponse.

(*) Cette vision de l’Histoire des peuples et non des rois, qui nous permet de constater que toute évolution est toujours le fruit d’un long « mûrissement », de gâchis humains inouïes, d’épouvantables malheurs ; et bien sûr du refus de se résigner.
Cette Histoire du peuple qu’un certain Thiers (bien avant Sarkozy) exigea « qu ‘on la fusille »

Pour les toulousains, un co-voiturage est possible.Il suffit pour cela de contacter Michel Lapeyre.




Le séminaire débutera à 21h15
A l'UDAF
13, rue des Cordeliers à ALBI





Contacts

Michel Lapeyre 05 61 80 14 61 - Rémi Brassié 06 16 01 65 01 – espace-cpp@wanadoo.fr

Liste de discussion

seminaire-cpp-subscribe@yahoogroupes.fr / pour vous inscrire à la lettre d'information : cpp@fr.st

Site Internet

www.cpp.fr.

Catalogue EPEL

Les Éditions et Publications de l'École Lacanienne (Épel) ont été fondées en 1990. En se donnant ainsi un vecteur de publication, l'école lacanienne ouvrait divers espaces :

revue du Littoral
monographies cliniques
essais
instruments de lecture de Lacan
Sans négliger pour autant certaines études connexes :

collection Atelier
collection Grands classiques de l'érotologie moderne.
Épel est une association loi de 1901. Ses membres sont statutairement membres de l'École lacanienne.Plusieurs équipes de direction se sont relayées.

ps :
voir notre lien et bravo

jeudi, octobre 26, 2006

psychanalyse et politique

17/10/06 : La psychanalyse et la politique par Christian CENTNER, Evelyne CHAMBEAU, Sylvain GROSS, Martin PETRAS.

Mardi 17/10/2006
Séminaire de Pierre Smet

Psychanalyse et politique : situation actuelle
PIERRE SMET, MICHEL ELIAS s’entretiendront avec EVELYNE CHAMBEAU, SYLVAIN
GROSS, CHRISTIAN CENTNER, MARTIN PETRAS,

La situation de la psychanalyse a connu ces dernières années d’importantes questions politiques. Celles-ci concernent tant le psychanalyste que la psychanalyse. Il apparaît en effet que l’éthique du psychanalyste est de plus en plus mise en devoir de se prononcer
sur des questions actuelles, en particulier sur ce qu’il en est de questions sexuelles mais plus encore sur ce qu’il en est des questions d’humanité et de civilisation.

Au niveau des associations, le développement des associations existantes et les nouvelles créations continuent à susciter les questions tant au niveau des points de rupture que des points d’accord.

Les débats qui se déroulent actuellement au niveau belge (à la Fabep), au niveau européen (à l’Inter-associatif), au niveau mondial (à Convergencia) montrent à la fois combien, dans le champ de la psychanalyse, certaines valeurs sont communes et d’autres radicalement différentes. L’analyse de la situation actuelle elle-même paraît
comme fort différente et en particulier sur la question du politique et des questions politiques actuelles.
Quelles sont les valeurs que défend la psychanalyse ?

Quelles attitudes avoir face aux différentes législations qui veulent légiférer sur le statut
du psy ?

Qu’est-ce que être psychanalyste dans le temps aujourd’hui ?

Qu’est-ce qui est à considérer comme danger, menace ou pire ?

mercredi, octobre 25, 2006

Caryatides par V.Cangeloni

Bonjour,
Je vous ai rencontré (e) dans le cadre professionnel ou de façon plus amicale. Il est possible aussi qu'une connaissance commune m'ait transmis vos coordonnées. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous contacter pour vous inviter à découvrir le livre en projet d'édition dont je viens de terminer la réalisation.
Comme le savent certains d'entre vous, je m'intéresse depuis des années aux "mythologies intérieures" qui nous habitent à notre insu et qui participent à faire de nous un héros en marche. Cela a donné naissance à un livre qui réunit l'écriture et l'image sous le titre "Caryatides". Il instaure un dialogue poétique entre verbe et trait en insistant sur une mise en page personnalisée afin que cet ouvrage puisse être tout à la fois objet d'art et texte de réflexion. Il sera publié chez Didier Devillez, Editeur. Cette maison d'édition belge s'attache à "produire ce que tout être humain est en droit d’exiger d’autrui et de la vie : du SENS."
Pour en savoir plus sur mon parcours et l'ouvrage, il vous suffit de cliquer sur ce lien.
Si ce projet rencontre votre intérêt, merci de me contacter et peut-être de transmettre aussi ce mail à vos amis. Toutefois, si vous ne souhaitiez plus recevoir d'informations concernant mes activités, signalez - le par un mail de retour.

Au plaisir Bien à vous Viviane Cangeloni

mardi, octobre 03, 2006

psychanalyse et Chine

PSYCHANALYSE ET CHINE
Au Théâtre-Poème,mardi 3 octobre 2006, à 20 h 30,en partenariat avec l’association Acte Psychanalytique,
Michel Guibal s’entretiendra avec Françoise Lauwaert, Jacques Schotte, Pierre Smet et Joseph-Lê Ta Van,

A propos entre autres,
- d’« Un barbare en Chine » : tel est le titre d’un écrit signé Michel Guibal, paru dans l’ouvrage collectif « L’indifférence à la psychanalyse – Sagesse du lettré chinois, désir du psychanalyste – Rencontres avec François Julien » - (PUF. Coll. Libelles, 2004), avec comme sous-titre, « Brèves remarques sur la voix au pays de la voie »…,
- de la publication toute récente, dans le numéro 15 de la revue « Outre-Terre », sous rubrique « Psychanalyse et géopolitique », de l’ « Entretien avec Michel Guibal – La Chine à la découverte de la psychanalyse – Pour une pratique interactive »...

Ces quelques intitulés nous laissent deviner d’emblée une prise de position singulière d’un psychanalyste français au contact du Pays du Milieu en prise avec la psychanalyse émergeante.
Et cela, c’est sans compter avec tout son long parcours pour le moins étonnant, à nos yeux, de travail et d’élaboration psychanalytique…
A en juger, ne fût-ce que par les énoncés des thèmes, sans entrer encore dans leur contenu, de ses séminaires qu’il mène à Paris depuis 1981, dont nous nous permettons d’épingler quelques uns :
- L.E.C.R.I.T
- Un pas de plus
- Pierre, Paul, Jacques : Ceux qui entendent des voix
- L’Insu Portable
- Et ils M.R la R.M – A vocaliser comme on peut
- La troisième dimension ou La sortie de la structure spéculaire
- La légion des donneurs - La légalisation du silence
- Saint Paul Hannah pas existé
- Les Lvoisx du silence
- Silence on tourne – Connais toi toi-même et éventuellement autorise toi de toi-même
- L’Echoïsme
- God save the gouine
- etc…etc…
Depuis 2000, il anime également des séminaires au Chengdu Psychoanalytic Center. Il s’agit de la toute première institution de formation à la psychanalyse lacanienne en Chine. Celle-ci fut fondée quelques années auparavant par Huo Datong, un de ses anciens analysants à Paris pendant son séjour d’études doctorales au Département de psychanalyse Paris VII.
Événement remarquable dans la mesure où M.Guibal est celui par lequel s’inaugurent les interventions de psychanalystes lacaniens européens en Chine…
N’est-ce pas là aussi un moment propice pour réaliser une des propositions de Lacan, à savoir que la théorie du signifiant devait recevoir une mise à l’épreuve de l’examen de systèmes d’écritures autres que l’écriture alphabétique occidentale ?
Ne serait-il pas, ce faisant, en train de mettre en œuvre l’appel à un certain retour à Lacan, à la suite du « retour à Freud » lacanien ? voire même, à la limite, au retour à la psychanalyse, en particulier à l’heure des massives transformations de la culture en mondialisation toute, culture prise au sens le plus large du terme… ?
Lacan n’a pas hésité en effet à mentionner l’écriture chinoise dans ses Séminaires, depuis 1956 tels «Les Psychoses », ensuite « L’identification », « Un discours qui ne serait pas du semblant », jusqu’à 1972, avec « …Ou pire ».
Lacan allait même jusqu’à déclarer ceci : « Je me suis aperçu d’une chose, c’est peut-être que je ne suis lacanien que parce que j’ai fait du chinois autrefois »…
De plus, une énonciation telle « L’écriture poétique chinoise. C’est paru au Seuil et j’aimerais bien que vous en preniez de la graine, que vous en preniez de la graine, si vous êtes psychanalystes » (dans « L’insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre » du 19/04/1977) n’offre plus d’équivocité à qui l’entend.
Outre l’importance de cet enjeu théorique de la psychanalyse, M.Guibal «(s)’aligne parfaitement sur la réflexion de François Julien, le célèbre sinologue : la connaissance de l’histoire et de la pensée chinoises peut nous aider, en retour, à interroger les fondements de la morale européenne. » et pense par conséquent que « la rencontre à laquelle (il est) convié doit s’inscrire dans une démarche d’interaction ». […]
Il « refuse d’être le bras armé de la civilisation psychanalytique en terre asiatique, (il) ne souhaite pas les convertir. Au contraire, (il) estime avoir beaucoup à apprendre de la Chine ».
Il reconnaît par ailleurs qu’ « à bien des égards, la réintroduction de la psychanalyse dans ce pays est une affaire de géopolitique. De nos jours, on constate une extrême absence du monde francophone, alors que le modèle psychanalytique américain est prédominant. Les membres de l’International Psychoanalytical Association quadrillent le champ universitaire. Elle agit comme une véritable puissance financière et idéologique. » (in Psychanalyse et Géopolitique – Entretien avec Michel Guibal…op.cit. p.490)
Enfin, tout en récusant l’idée d’un inconscient chinois spécifique, M.Guibal dit : « Mais, si je considère que la résistance à l’inconscient est universelle, elle peut adopter des formes culturelles différentes (françaises, américaines et bien d’autres encore). En Chine, la famille et la piété filiale peuvent constituer un obstacle puissant : l’autorité doit être respectée et aimée, qu’il s’agisse du père, du frère aîné, de l’empereur ou du Parti. » (ibid. p.491)

'Autrelieu"


25ème anniversaire de l’ASBL l’Autre « lieu » -Recherche-Action sur la Psychiatrie et les alternatives (RAPA)
Introduction au Colloque du vendredi 10 novembre 2006à la Maison des Associations Internationales40 rue Washington 1050 Ixelles
Vous pouvez consulter le programme complet de la journée : en cliquant ici.

La psychiatrie, faite, dit-on, pour « donner des soins aux malades mentaux » produit un nombre incroyable d’insatisfaits, de mécontents, de révoltés. En 1975, s’était créé à Bruxelles, le Réseau International Alternative à la Psychiatrie qui rassemblait des individus ou des groupes tentant de rompre avec l’organisation bureaucratique et centralisée de la médecine mentale.
Il souhaitait offrir un lieu d’échanges pour aider à confronter, approfondir et appliquer quelques choix simples : suppression de toutes les formes d’enfermement psychiatrique, refus du monopole des professionnels sur les problèmes de santé mentale, critique du secteur (en Belgique, les Centres de santé mentale) comme relève technocratique de l’asile, ainsi que des nouvelles techniques psychiatriques ou psychanalytiques qui servent de couverture à cet expansionnisme, soutien aux luttes menées par des groupes sociaux ou politiques ou à la population des quartiers pour prendre en main leurs propres affaires et éviter la psychiatrisation de la vie tout entière, de l’enfance à la vieillesse, des marginaux de toute nature aux dissidents de toute espèce.
Depuis, le néo-libéralisme et la biopolitique ont creusé leur sillon. Couplée à la Nébuleuse santé mentale, la psychiatrie se territorialise, se socialise, se médicalise. Ce faisant, véhiculant pour des publics parfois très différents, le même modèle épistémologique et culturel médico-psychologique, la psychiatrie et (le secteur de) la santé mentale deviennent, sur fond de précarisation économique et sociale, politique et psychique, un vecteur fondamental de la diffusion de la culture du danger et de la médicalisation des difficultés de vie. Loin de s'épuiser, leur fonction de contrôle et de normalisation se généralise, elles deviennent un pouvoir diffus, capillaire, quotidien de prévention des risques pathologiques de la société.
Dans la mesure où le néolibéralisme se caractérise peut-être par la volonté de se débarrasser définitivement de tous les résidus de l’Etat-Providence (assistance, réhabilitation, intégration etc.) qui "contaminaient" le libéralisme première manière, la psychiatrie exerce, à l’insu de son plein gré, un mandat disciplinaire, de sécurité et d’exclusion eu égard à tout ce qui fait tache à la surface sociale.
Qu'il s'agisse de justice et/ou de psychiatrie, tolérance zéro, c’est-à-dire, renforcement des mesures spéciales de « protection » de la personne malade mental, ou de défense sociale et, comme commencé dans certains pays, mise sur pied de recherches épidémiologiques pour le dépistage précoce (entretiens diagnostiques structurés avec l’aide des parents et des enseignants, analyses d’ADN) des risques psychopathologiques et des troubles psychiques dès l’école maternelle : sous couvert de promotion de la santé et de sûreté sociale, du principe de précaution et de présomption de dangerosité de la personne malade mental, tous les écarts sociaux doivent simplement disparaître le plus vite possible.
On ne peut se demander ce qu'est la maladie mentale sans se demander aussi ce qu'est la psychiatrie. Et la critique de la psychiatrie ne jaillit pas dans l'isolement d'un laboratoire ou d'un sujet, elle est toujours inscrite dans un contexte historique déterminé. Aujourd'hui, la question qu'il faut poser et à laquelle il faut essayer de répondre est la suivante : qu'est-ce que la psychiatrie à l'époque de la mondialisation, du néolibéralisme et de la biopolitique?
Pour débattre, l’Autre « lieu » a invité Mario Colucci, psychiatre au département de santé mentale de Trieste et Pierangelo Di Vittorio, philosophe et enseignant à l’Université de Bari, auteurs de Franco Basaglia. Portrait d’un psychiatre intempestif (Erès, juin 2005) ainsi que Patrick Coupechoux, journaliste, collaborateur au Monde diplomatique, auteur d’Un monde de fous. Comment notre société maltraite ses malades mentaux (Seuil, février 2006).
L’Autre « lieu » - Recherche-Action sur la Psychiatrie et les Alternatives (RAPA)
L’Autre « lieu » est né en 1981 dans la foulée du bouillon de culture antipsychiatrique des années 70. Au départ, ce Service d’Education permanente souhaitait sensibiliser la population, les professionnels du secteur et le tissu associatif sur le mauvais remède que pouvait parfois constituer, pour des personnes en souffrance, la médicalisation des problèmes de vie et un séjour en psychiatrie. Et sur la capacité d’hospitalité et de soutien que pouvait développer la population. Après de nombreuses animations et débats avec elle, un réseau de lieux d’accueil, de lieux de vie, destiné à éviter ou écourter des hospitalisations psychiatriques, fut mis sur pied. En cas de besoin, les personnes pouvaient avoir recours aux ressources de santé mentale en ambulatoire.
Pour les personnes plus lourdement perturbées psychiquement, que l’hôpital fait sortir après la seule prise en charge de la phase aiguë, les conditions de leur accueil dans la cité et notamment de leur habitat, n’a pas été posée par les pouvoirs publics. Cette carence est à l’origine de la souffrance des familles ou d’amis qui les hébergent, mais aussi de leur forte représentation dans les prisons et parmi les sans-abri, ainsi que du désarroi des bailleurs et des travailleurs sociaux confrontés sans soutien adapté, à une population qu’ils ne sont pas préparés à accueillir.
Entre des allers-retours (parfois utiles et à dédramatiser) à l’hôpital et l’assignation à résidence « thérapeutique », une qualité de vie élargie dans la communauté, pour ces personnes, devrait être rencontrée. Elle ne peut exister que si l’ensemble de la population des quartiers voit sa qualité de vie améliorée et la justice sociale mieux « balancée ».
C’est pourquoi l’Autre « lieu » invite à réfléchir à une psychiatrie démocratique, davantage responsable, dont les savoirs et les institutions appartiendront à tous (habitants, employeurs, syndicats, enseignants, associations, autorités publiques) dans l’acceptation politique (non exclusion) du conflit quotidien que pose la personne troublée psychiquement à la Cité.
L'Autre "lieu" développe et soutient des initiatives (accueils, écoute-entraide, groupes d’entraide, maisons communautaires, réseaux d’échange de savoirs, créations culturelles, animations pédagogiques, défense des droits du patient) qui parent à la stigmatisation des personnes perturbées psychiquement, à la médicalisation et psychiatrisation de leurs difficultés de vie ou à leur abandon.
L’Autre « lieu » vise aussi à ce que ces personnes puissent, autant que possible, résister collectivement à l’atomisation de masse et prendre une place de citoyen critique dans la Cité.
La créativité culturelle et sociale, des recherches-actions, des campagnes d’information ainsi que des journées de réflexion participent de ce processus qui se veut aussi sensibiliser un large public, les professionnels et les décideurs.
L’Autre « lieu » défend aussi les « droits du patient » en psychiatrie et en ambulatoire, paient avant tout personne qui doit être reconnu, par une psychiatrie du lien social dans les interactions quotidiennes qui trament son existence : comment construire, concrètement, des lieux qui évitent la stigmatisation, qui permettent l'insertion et l'action collective ? Comment construire des lieux qui soient des lieux de parole et de vie quotidienne, et non des lieux d'individualisation et de victimisation ? Comment reconnaître le sujet, non pas seulement dans ses droits, mais aussi dans les interactions quotidiennes qui trament son existence ? Comment s’accommoder de formes d'attachement et de dépendance réflexivement assumées qui constituent, finalement, l'horizon de notre liberté ? Comment participer à la fondation d’un monde habitable, d’un monde qui dure, d’un monde commun, aux images et objets soustraits au cycle de la production et de la consommation ? (Jean de Munck).
programme haut retour