jeudi, janvier 19, 2006

analyse laïque

2006, année Freud

Parce que Schlomo Sigismund, dit Sigmund, est né en 1856, nous fêtons en 2006 les 150 ans de sa naissance. L’inventeur de la psychanalyse a ferraillé toute sa vie pour que sa découverte ne soit ensevelie : ni sous des réglementations tatillonnes, des procédures rigides, ou des ritualisations - ni sous les haines et les querelles intestines.

Il y est parvenu : la psychanalyse a su traverser les Océans en même temps que dangers, trahisons, totalitarismes et barbaries. Réinventée par chaque génération d’analystes et transmise à la suivante, elle est parvenue jusqu’à nous.

Et nous voici à l’heure où, dans un mouvement international de mise au pas du « champ psy », le gouvernement français annonce la publication pour janvier 2006 des décrets d’application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 sur le titre de psychothérapeute.

Nous voici au moment où dans le droit fil du rapport Cléry-Melin et d’une série de réformes de la santé mentale, le patient vient de se voir retirer, en décembre 2005, le droit d’accéder directement à son psychiatre tandis que des experts, après avoir recommandé d’évaluer la santé mentale de tous les élèves de classe de Troisième, proposent désormais de dépister les troubles du comportement de tous les enfants dès l’âge de 36 mois…

Cependant, devant cet horizon de normes, de procédures toujours plus contraignantes, l’histoire de la psychanalyse nous enseigne que toujours nous conservons la liberté de contrer la peur, la crainte et l’abattement. Par la force du désir. Par la cause du désir.

L’histoire récente nous apprend, grâce au combat engagé par Jacques-Alain Miller et d’autres contre cette idéologie sécuritaire, à dire non. Tout en maintenant vivace la force de proposition que promeut ce désir.

Fêter Freud, continuer de faire retour à son œuvre et à celle de Lacan pour y appliquer notre désir de travail et nous maintenir sur la brèche, tel est le Vœu que nous formulons pour animer le travail de l’association en cette année 2006, troisième année d’(a)lpha.

Armelle Gaydon et Benoit Drunat


(a)lpha au travail

l'usage du titre de psychothérapeute

10 janvier 2005

Ministre de la Santé

Et des Solidarités,

Ministère de l'Education Nationale,

De l'Enseignement Supérieur et

de la Recherche

Version 1 de l'Avant-projet de décret n° xxxx

relatif à l'usage du titre de psychothérapeute

Le Premier ministre,

Sur le rapport du ministre de la Santé et des Solidarités et du ministre de l'Education

nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,

Vu le code de la santé publique, notamment les articles L.4111-1 et suivants ;

Vu la loi n°85-772 du 25 juillet 1985 modifiée portant diverses dispositions d'ordre social, notamment son article 44;

Vu la loi n°2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, notamment son article 52 relatif à l'usage du titre de psychothérapeute ;

Vu le code de l'Education notamment ses articles L.331-1, L.613-3 et suivants (articles 28 et 29 de la loi n°2005-380 du 23 avril 2005 et article 137 de la loi n°2002-73 du 17 janvier 2002);

Vu la loi n °84-52 du 26 janvier 1984 modifiée sur renseignement supérieur ;

Vu le décret n°90-255 du 22 mars 1990 fixant la liste des diplômes permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue modifié ;

Vu l'avis du Conseil national de renseignement supérieur et de la recherche en date du

XXXX;

Le Conseil d'Etat (section sociale) entendu,

DECRETE :

« Article 1 - L'usage du titre de psychothérapeute nécessite une démarche volontaire de la part de professionnels pratiquant les psychothérapies.

10 janvier 2005

Section I : Le registre national de psychothérapeutes

« Article 2 - L'inscription sur la liste départementale prévue au deuxième alinéa de l'article 52 est subordonnée à la fourniture des pièces justificatives suivantes :

I - Pour les professionnels visées au troisième alinéa de l'article 52:

- l'attestation de la certification de la formation en psychopathologie clinique prévue par l'article 7 ;

- l'attestation de l'obtention du diplôme de docteur en médecine ou de l'un des diplômes visés au décret n°90-255 du 22 mars 1990 modifié ou de l'inscription à un annuaire d'associations de psychanalystes ;

II - Pour les autres professionnels :

l'attestation de la certification de la formation en psychopathologie clinique prévue par l'article 7 ;

le cas échéant, l'attestation de l'obtention d'un diplôme relatif à une profession

réglementée dans le champ sanitaire et social ;

une déclaration sur l'honneur faisant état des autres formations suivies dans le domaine de la pratique de psychothérapie, parmi les quatre approches suivantes : analytique, systémique, cognitivo-comportementaliste, intégrative.

La déclaration sur l'honneur mentionne notamment l'intitulé et la date d'obtention du

diplôme, la durée de la formation, le nom et les coordonnées de l'organisme de formation public ou privé qui a délivré le diplôme.

Une déclaration sur l'honneur type est fixée par arrêté du ministre chargé de la santé. »

« Article 3 - L'inscription sur la liste départementale est gratuite. Elle doit s'effectuer avant l'installation du professionnel, auprès des services du Préfet du département de sa résidence professionnelle principale.

Dans le cas où le professionnel exerce dans plusieurs sites en tant que psychothérapeute, il est tenu de le déclarer et de mentionner les différentes adresses des lieux d'exercice.

En cas de changement de situation professionnelle, le professionnel en informe les services du Préfet du département.

Le transfert dans un autre département ou l'interruption de l'activité professionnelle pendant deux ans, en tant que psychothérapeute, donne lieu à une nouvelle inscription, auprès du service de l'Etat compétent de la résidence professionnelle principale ».

« Article 4 - L'inscription au registre national de psychothérapeute peut être demandée sur place, par voie postale, par télécopie ou par courrier électronique ».

'•

Pour user de ce titre, le professionnel doit s'inscrire sur une liste départementale.

L'ensemble des listes départementales constituent le registre national des psychothérapeutes prévu à l'article 52 de la loi du 9 août 2004 susvisée.

10 janvier 2005

« Article 5 - L'inscription est effective après vérification des pièces justificatives.

« Article 6 - La liste départementale comprend l'identité, les lieux d'exercice du

professionnel, la date d'obtention du diplôme en psychopathologie clinique ainsi que les autres pièces justificatives prévues à l'article 2 du présent décret.

Cette liste est tenue gratuitement à la disposition du public qui peut la consulter sur place ou en obtenir des copies.

Chaque année, un extrait de la liste départementale mentionnant le nom des professionnels usant du titre de psychothérapeutes et leur formation en psychopathologie visée à l'article 7 est publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture ».

Section II : La formation minimale commune théorique et pratique

en psychopathologie clinique pour user du titre de psychothérapeute

« Article 7 - En application du dernier alinéa de l'article 52, les professionnels souhaitant user du titre de psychothérapeute doivent avoir validé une formation théorique et pratique en psychopathologie clinique conforme au cahier des charges fixés par arrêté des ministres chargés de la santé et de renseignement supérieur et de la recherche. »

«Article 8 - Le cahier des charges susvisé définit les modalités de la formation en

psychopathologie clinique, laquelle est d'un niveau master. Il vise à permettre au

professionnel souhaitant user du titre de psychothérapeute d'acquérir :

- une connaissance du fonctionnement psychique ;

-une capacité de discrimination de base des situations pathologiques en santé mentale ;

- une connaissance de la diversité des théories se rapportant à la psychopathologie ;

-une connaissance des 4 principales approches de psychothérapie validées scientifiquement (analytique, systémique, cognitivo-comportementaliste, intégrative).

Ce cahier des charges détermine pour chacune des catégories de professionnels visés aux alinéas 2 et 3 de l'article 52 de la loi du 9 août 2004 le poids et les lieux des stages ainsi que les pré-requis et conditions d'accès à la formation.

En outre, il définit les modalités de la formation prévues au paragraphe 1 de l'article 10 ainsi que celles des validations prévues au paragraphe II de l'article 10.

« Article 9 - La liste des diplômes de formation en psychopathologie clinique répondant au cahier des charges prévu à l'article 8 est fixée par décret.»

10 janvier 2005

Section III : Dispositions transitoires

«Article 10 - Pour s'inscrire sur la liste départementale, les professionnels justifiant d'au moins cinq années d'expérience professionnelle en qualité de psychothérapeute à temps plein ou en équivalent temps plein à la date d'entrée en vigueur de la loi du 9 août 2004 et n'attestant pas de la formation prévue à l'article 7 du présent décret doivent :

1 - Pour les professionnels visés au troisième alinéa de l'article 52 de la loi précitée, justifier d'une formation complémentaire adaptée, dans le cadre de la formation continue, effectuée avant le 1er janvier 2009.

A leur demande, ils sont inscrits à titre temporaire sur la liste départementale.

A défaut d'avoir suivi la formation complémentaire adaptée avant le 1er janvier 2009,

l'attestation de diplôme en psychopathologie clinique mentionnée au paragraphe 1 de l'article 2 du présent décret est obligatoire pour l'inscription.

II - Pour les professionnels visées au second alinéa de l'article 52, répondre aux conditions de validation des études, expériences professionnelles ou acquis personnels en vue de l'accès à la formation en psychopathologie définie par le présent décret avant le 1er janvier 2009.

A défaut, l'attestation de diplôme en psychopathologie clinique mentionnée au paragraphe II de l'article 2 du présent décret est obligatoire pour l'inscription.

Les conditions de mise en oeuvre du présent article sont fixées par arrêté. »

« Article 11 - Le ministre de la Santé et des Solidarités et le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'application du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la République française. »

Fait à Paris, le

Par le Premier ministre

Le ministre de la Santé et des Solidarités

Le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement

Supérieur et de la Recherche

laurent le vaguerèse