lundi, janvier 15, 2007

extrait d'un entretient avec J.Rouaud

TDC : Vous parlez de figure du père. Quelles relations entretenez-vous avec la psychanalyse ?
J. R. Je me méfie de l’usage galvaudé que l’on fait des termes psychanalytiques. Mais je n’ignore pas pour autant l’importance de l’inconscient dans l’imaginaire. Je ne peux pas faire comme si cela n’existait pas. L’individu est un être souffrant et que cette souffrance soit à rechercher dans ses origines n’est pas contestable. L’apport fondamental de la psychanalyse est la découverte de l’inconscient. Il est évident que l’acte créateur se nourrit de l’inconscient de son auteur mais il ne faut pas croire qu’on écrit sous l’emprise d’une pulsion, comme sous la dictée ; l’écriture est un acte maîtrisé. Ceci est vrai même pour Les Champs d’honneur. Sa forme poétique est absolument consciente ; je n’ai jamais autant travaillé la phrase dans un mot à mot laborieux, même si j’en ignorais le sens caché au moment de l’écriture.

PROFIL
Jean Rouaud
En 1990, il est vendeur de journaux dans un kiosque à Paris quand il reçoit le prix Goncourt pour Les Champs d’honneur. Il est aussi l’auteur d’une pièce de théâtre, Les Très Riches Heures et de quelques chansons pour Gréco et Hallyday, entre autres. Aujourd’hui l’écrivain, retourné vivre à Campbon, berceau familial sis en Loire-Atlantique, y est devenu un acteur culturel actif.

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