mercredi, février 28, 2007

Maurice Blanchot

Comme dans un atelier d’écriture habituel le travail se fait autour de propositions, destinées à provoquer l’écriture et y trouver peut-être désir et plaisir. Lorsque les textes sont écrits, ils sont lus et commentés, dans un esprit de travail et de bienveillance, au delà de la critique et du jugement. Il s’agit en effet d’atelier, c’est à dire de se mettre au travail sur l’écrit et le texte !
Ainsi toute personne se sentant quelque désir d’écrire peut participer à un atelier d’écriture.
Le WE autour de l’écriture de Maurice Blanchot est ouvert à tous.

Dans ce courrier :

1. Week-End autour d’une écriture – Maurice Blanchot 24/25 mars 2007


Dans la droite ligne d’une démarche initiée voilà plus de vingt-cinq ans, dans l'esprit d’une action artistique réelle, radicale, je propose l’atelier d’écriture à toute personne se sentant concernée par elle.

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Atelier d’écriture – Paris 15e
WE autour d’une écriture
Maurice Blanchot
24/25 mars 2007

Lors de ces WE le travail et les propositions sont centrées autour de l’écriture, des recherches et des découvertes d’un auteur, de façon à faire émerger les questions auxquelles il a répondu à sa manière particulière, de ce que l’on peut entendre du grain particulier de sa voix, de ce qu’elle évoque et émeut, et là où elle nous pousse plus justement à écrire, dans cette confrontation, de notre voix propre, loin des pastiches inutiles et des scolaires “à la manière de”.

Les textes de Maurice Blanchot m'accompagnent depuis longtemps, et c'est du côté de la subtilité, de l'approche sensible de la question du neutre, au centre du texte comme un au-delà de l'être, que le travail s'orientera. À partir de ses fictions comme de ses textes théoriques, nous tenterons d'initier un cheminement d'écriture qui pourra laisser sa part, peut-être, à l'inavouable, à l’amitié, au silence, au secret. C'est poser encore la question qui a fait basculer la littérature du XXe siècle, y a-t-il un récit possible après Auschwitz ?
Il est souvent écrit, à l’entrée d’un livre de Blanchot, ces quelques mots : “Maurice Blanchot, romancier et critique. Sa vie est entièrement vouée à la littérature et au silence qui lui est propre.”
À partir de romans tels que Thomas l’obscur, jusqu’à des textes fragmentaires comme ceux de L’écriture du désastre, nous travaillerons autour de la vibration particulière qu’a l’écriture de Blanchot.


Ce week-end s’adresse à toute personne concernée par l’écriture et désirant explorer les pistes ouvertes par les textes de cet auteur.

Le WE a lieu à Paris dans le 15e arrondissement, M° La-Motte-Piquet Grenelle.
10 rue Alasseur – RdC.
75015 PARIS

Contact : Emmanuel Bing – 01 64 07 75 57

Le samedi de 14h à 20h
Le dimanche de 10h à 17h
Coût : 120€ le week-end

L'atelier d'écriture, à l'instar de l'atelier d'artiste, est un lieu où se fomente la création.

D’autres stages et dates sur le site http://www.atelier-bing.com

--
Emmanuel Bing
La grange aux dîmes
1 rue du 11 novembre
77540 Voinsles
01 64 07 75 57
http://www.scytale.fr
http://www.atelier-bing.com

mardi, février 27, 2007

critique littéraire

Toute oeuvre détient des clefs secrètes en filigrane. L'analyse peut en révéler, par exemple, que: Dans un récit rétrospectif, ce peut être le rappel d'un événement essentiel, la confession est scandée par une référence permanente à un drame vécu;
Dans un monologue intérieur ce peut être une formule incantatoire qui revient comme un refrain (H. Boll, Portrait de groupe avec dame: "Je ne suis pas un monstre");Dans un journal intime ce peut être le rappel d'un secret enfoui ou un retour obsessionnel aux épisodes d'une aventure qui conditionnera, déterminera l'avenir;par ailleurs, ce peut être une simple phrase qui résume à elle seule la personnalité profonde d'un personnage ou d'une scène paysagiste; un thème lumineux et bien sûr à l'image du monde "proustien" le rappel d'une sensation et d'une mélodie: la madeleine et la petite symphonie de Vinteuil. On peut également discerner une structure romanesque qui telle une matrice construira l'oeuvre. Les "Nouveaux Romanciers" y excellent: Robbe-Grillet dépassera le cadre romanesque pur pour tendre vers la construction cinématographique; C. Simon utilisera la mise en abîme à l'égal de Vermeer dans "Le portrait des Arnold Fini"; Butor inscrira la réalité mythologique dans son chef-d'oeuvre "La modification." D'autres seront de véritables structuralistes de l'écrit, une harmonie fondée sur de savants calculs mathématiques forge des travaux plus techniques que romanesques. Joyce calquera les 17 chapitres d'"Ulysse" sur les fondations homériques: les trois premiers chapitres sur la Télémachie, les treize suivants l'Odyssée proprement dite, et le dernier: le retour. Simenon choisira une technique de construction que l'on peut résumer par - crise -passe - drame - dénouement - qu'il commente comme "une discipline de travail, une affaire de volonté." Enfin, Pierre Assouline, dans sa biographie de Georges Simenon écrit:
"A force de vouloir vivre la vie des autres, cette attitude lui (Simenon) est devenue une seconde nature."
Graham Greene, dans son roman "Le troisième homme" écrit:
"Tout à coup, dans l'étrange cellule de notre esprit où naissent de telles images, sans préparation, sans raison, Martins vit se dessiner au milieu d'un endroit désert, un corps étendu à terre, entouré d'un groupe d'oiseaux. Peut-être était-ce une scène non encore écrite d'un de ses propres romans qui s'ébauchait aux frontières de son subconscient."
Signalons que Martins est lui-même écrivain, qu'il est donc une projection de Greene à l'intérieur de son roman. Celui-ci ne raconte en fait qu'une seule histoire, celle d'un homme qui, à la suite d'événements exceptionnels, comprend que sa vie est torve. Il se remet en question en donnant libre cours à ses pulsions, ses instincts les plus profondément enfouis, se libérant d'un complexe de culpabilité qui le mine. Relançant l'énigme romanesque, il part à la reconquête de son statut, de son honneur, de l'image noble, se défaisant donc de celle du petit écrivaillon de western pour celle du justicier, lui permettant ainsi d'atteindre la sérénité.
Enfin, remarquons également que Simenon et Greene sont des auteurs qui se dédoublent; Martin-Greene, Maigret-Simenon sont des couples où les auteurs s'identifient à leurs héros, focalisant ainsi quelque chose de caché, de secret, inscrit en eux à la courbure de l'inconscient.
Si nos deux écrivains peuvent mettre en scène un héros, avec un langage propre; cette mise en scène, souvent dramatique, les pousse dans une quête à travers laquelle leur "père spirituel" se reconnaît comme s'il la faisait vivre par procuration. Peut-être parce que dans leur vie quotidienne, ils n'ont pas eu l'occasion de se prouver aux yeux de leurs proches, peut-être parce qu'ils ont également compris que des milliers de lecteurs étaient dans le même cas, peut-être parce que leur intention les dépasse, ils reconstruisent dans un univers fictif, un symbole qui permettra au lecteur comme à l'auteur, de quitter leur enveloppe de tous les jours pour revêtir les habits du héros.
La force d'un héros, en transparence avec une exploration intérieure de l'homme qui repousse toujours plus loin ses limites, est qu'il ne se résignera pas à rester neutre, quelles que soient les difficultés. Il doit dépasser des frontières, risquant son avenir, son destin plutôt qu'étouffer ses pulsions; il rompt alors les amarres et s'engouffre dans un univers dont il ignore les limites, pour tendre à l'archétype d'un homme en mutation qui, dans la douleur, se libère d'une condition souvent morne et abrutissante.

voici pour clôturer une énigme :tel James Joyce au bord de la Liffey est à la quête de nouvelles épiphanies. Et bien que sa poésie soit un art assez profond pour tout englober, il lui manque une dimension: le mystère, l'énigme, que seul un grand Autre peut révéler.



cordialement
frans tassigny

--
Tassigny Frans
Sint Fransiscusstraat 25
8400 Ostende
BELGIQUE
0496 85 56 82

nv site : www.qwarkpsy.eur.st/

Activités de l' Acte-psychanalytique"

IIIè JOURNEES D’ETUDES DE L’ « ACTE PSYCHANALYTIQUE »

23-24-25 mars 2007

ECRIRE – ECRITURE

LES CRIS VAINS
L’ÉCRIT VINT
L’ÉCRIT VAIN

Nous avons souhaité organiser notre colloque autour de textes récemment écrits et dont les auteurs nous fassent proposition de travail.

Il n’y a pas de thème ni de formes prérequis. Les textes sont déjà publiés, à paraître ou encore au travail.

Ecriture poétique, littéraire, mathématique et topologique y sont présentes.

Le tarissement de la formule colloque, le psychanalytiquement correct nous ont amenés à opter pour ce choix. L’année dernière, elle nous a valu quelques heureuses surprises et autres étonnements, donc nous persévérons.

Nous-mêmes, nous nous y mettons en y rencontrant les difficultés, voire les impasses.

Durant ces journées, nous proposons une certaine mise à ciel ouvert du fait d’écrire, du « ce qui ne cesse pas de s’écrire ». Puisse ce « moment » contribuer à un éventuel éclairage à ces aphorismes extraits d’un ouvrage d’Edmond Jabès traitant de la question de l’écriture :

Reb Eglal dit: « Mon nom c'est une question.. Je suis, sans mes écrits, plus anonyme qu'un drap au vent, plus transparent qu'un carreau de fenêtre. »

Reb Tal: « Je ne t'ai pas cherchée, Sarah. Je te cherchais. Par toi, je remonte à l'origine du signe, à l'écriture non formulée qu'esquisse le vent sur le sable et sur la mer, à l'écriture sauvage de l'oiseau et du poisson espiègle. Dieu, Maître du vent, Maître des oiseaux et des poissons, attendait de l'homme le livre que l'homme attendait de l'homme; l'un pour être enfin Dieu, l'autre pour être enfin homme...

Toutes les lettres forment l'absence.

Ainsi Dieu est l'enfant de Son nom. » (c’est nous qui soulignons)

A partir des textes des participants, cette question sera approchée tant à partir de ronds de ficelle, de thématiques à savoir « hétérodoxe? », « de l’expérienciel à l’écriture », « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire ? », de métiers impossibles tels « l’éducation, la politique et la psychanalyse » que de la passe.

« Il s’agit de savoir ce qui dans un discours, se produit de l’effet de l’écrit » et de mettre l’écriture - qui « est une trace où se laisse un effet de langage » (Lacan) - à nouveau sur le métier.



PROGRAMME

VENDREDI 23 MARS

Matinée : OUVERTURE

10h à 12h : Accueil
Discours d'ouverture par Pierre Smet (AP)

« L’écriture intime ancienne et l’écriture intime moderne » par Michel Elias (AP)

« Les écrits à paraître » ?, par Pierre Smet et Joseph-Lê Ta Van (AP)

DEBAT

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12h – 13h : Pause déjeuner



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Après-midi : ECRITURE ET RONDS DE FICELLE

13h à 16h : Avec

Peter Dyck (AP),

Michel Thomé,

Jean-Michel Vappereau (TEE).

Soirée : HETERODOXE ?

De 17h à 20h

TEXTES EN DEBAT :

Habiter

- « Lettre ouverte au Journal Le Soir » de Mohamed Ben Meriem .

Discutants : Didier Jolly, David Holland, Pierre Smet (AP, ELM)

Sexualité

- « Séances d'abdos en dimensions négatives » de Marie-Laure Caussanel (Dimpsy)

Discutants : Michel Elias (AP, Dimpsy), Joseph-Lê Ta Van (AP)

ART

- « La voix de la créativité » de Guy Mertens (QP)

Discutants : Ivan Georgiev (compositeur-musicien), Peter Dyck (AP), Serafino Malaguarnera (AP)

AUTREMENT ?

- « De « l'Histoire d'un poisson criminel », écrite à l'âge de 11 ans à « Fragments d'une analyse » présentée en décembre 2006 »,
- «"Le fatal poisson Auguste », par Annie Stammler (psychiatre-psychanalyste, écrivain)

Discutant : Didier Cromphout, Brigitte Devriendt (AP)

- « Mon rapport avec l’écriture » par Anouk Meurrens

Discutants : Didier Cromphout, Brigitte Devriendt (AP)

SAMEDI 24 MARS

MATINEE : DE L’EXPERIENCIEL A L’ECRITURE

De 10h à 12h30

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TEXTES AU TRAVAIL :



- « Rythmique clinique » par Tanguy de Foy (QP)

Discutants : Brigitte Devriendt (AP), Pierre Smet (AP)

- « Le discours psychanalytique peut-il devenir lettre volée ? » par Daniel Bonetti (QP);

Discutants : Michel Guibal (PA), Pierre Smet (AP), Silvana Pezutto

- « Psychose…Chronique toujours ? – Vie et mort dans l’institution de la psychose » par Pierre Dumortier

Discutant : Joseph-Lê Ta Van (AP)

- « La philosophie de Socrate ou quand la philosophie commence par un je ne sais pas » par Pascale Champagne (Ins)

Discutants : Peter Dyck (AP), Daniel Franco

- « Une logique sans merci, le travail de la cure à l'épreuve des premiers cas freudiens » par Vera Trager Katossky, présentation de l'ouvrage de Dominique Bourn

Discutants : Didier Cromphout, Serafino Malaguarnera (AP)

- « Gonfler !» par Josette Hector (Dimpsy):

Discutant : Peter Dyck (AP)

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12h30 – 14h : Pause déjeuner

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APRES-MIDI : « CE QUI NE CESSE pas DE NE PAS S’ECRIRE » !

De 14h à 19h :

TEXTES AU TRAVAIL :

« MALAISE DANS LA CULTURE »

- « Gadget et hontologie » par Christian Demoulin (FCL-W)

Discutant : Michel Elias (AP)

- « Elle veut rester en psychiatrie » par Guibert Tulpinck

Discutant : Joseph-Lê Ta Van (AP)

EDUCATION

- « Considérations préliminaires au travail en institution thérapeutique pour adolescents – Transfert diffracté et émergence du lien social » par Thierry Lebrun (AF)

Discutant : Pierre Smet (AP)

POLITIQUE

- « Psychanalyse et Politique » par Evelyne Chambeau (FCL-B)

Discutant : Peter Dyck (AP)

- « Malaise et entropie » par Pierre Smet (AP)

Discutant : Jacky Zielinski

PSYCHANALYSE

- « Séparation de plans : l’épistémè et l’orthodoxa » par Serafino Malaguarnera (AP)

Discutants : Daniel Franco,

CONCLUSION

« Ouvert / fermé : Narcisse et Oedipe regardés dans les yeux »
par Daniel Franco (philosophe, dramaturge, essayiste….)
en dialogue avec tous les participants.
Animateurs : Peter Dyck et Joseph-Lê Ta Van (AP)

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20h30 : DÎNER

( Il est prévu au 170 rue Théophile De Baisieux
1020 Bruxelles. (métro HOUBA-BRUGMANN)
Veuillez nous informer par email de votre présence à :
info@acte-psychanalytique.org )

DIMANCHE 25 MARS

De 10h à 13h

ECRIRE LA PASSE

TEXTES AU TRAVAIL

- « Passe et nomination » par Serge Granier de Cassagnac (AnF)

Discutants : Serafino Malaguarnera (AP), Pierre Smet (AP)

- « Nomination et objectalité » par René Lew (Dimpsy)

Discutants : Peter Dyck (AP), Joseph-Lê Ta Van (AP)

- « Ecrire le rien » par Joseph Lé-Ta-Van (AP)

Discutants : Michel Elias (AP), Serafino Malaguarnera (AP)

- « La psychanalyse à l’épreuve du désêtre » par Luc Richir

Discutants : René Lew (Dimpsy), Peter Dyck, Pierre Smet et Joseph-Lê Ta Van (AP)

- « L’AME et l’AE » par Guillermo Rubio (FCL-B)

Discutants : Joseph-Lê Ta Van (AP), Serafino Malaguarnera (AP)

Abréviation des associations psychanalytiques ou autres dont font partie les intervenants à ce colloque, par ordre alphabétique :

AP : Acte Psychanalytique (Bruxelles)
AnF : Analyse Freudienne (Paris)
ACF : Association de la Cause Freudienne (Bruxelles)
AF : Association Freudienne (Bruxelles)
Dimpsy :Dimensions de la Psychanalyse (Paris)
ELM : Ecole Lacanienne de Montreal (Montreal)
FCL-B : Forum du Champ Lacanien de Bruxelles
FCL-W ; Forum du Champ Lacanien de Wallonie (Liège)
FCL-BW : Forum du Champ Lacanien du Brabant Wallon
Ins : Insistance (Paris, Bruxelles)
PA : Psychanalyse Actuelle (Paris)
QP : Questionnement Psychanalytique (Bruxelles)
TEE : Topologie en Extension (Paris)

Lieu, horaire, inscription

Théâtre - Poème www.theatrepoeme.be

30, rue d’Ecosse, 1060 Bruxelles

Tél. : +32 (0)2.538.63.58

Vendredi 23 mars 2007, de 10h00 à 20h00
Samedi 24 mars 2007, de 10h à 19h00
Dimanche 25 mars 2007, de 10h à 13h00

Participation : 7,5 € la demi-journée,
7,5 € le déjeuner sur place

Les textes sont disponibles et téléchargeables sur
www.acte-psychanalytique.org

dimanche, février 25, 2007

psychanalyse & poésie

On appelle critique psychanalytique une recherche qui détient un savoir qui dévoile et articule le langage caché de l'inconscient et reconstruit l'oeuvre pour tendre vers une philosophie vécue et pratiquée qui n'est autre que la vie elle-même .
Il faut absolument se diriger de l'auteur vers son oeuvre, à savoir: que c'est parce que tel créateur possède une telle personnalité qu'il produit telle oeuvre. Mais jamais à travers les caractéristiques, spécificités d'un texte d'en dessiner un profil psychologique de l'auteur et d'en tirer une série de conclusions en une dichotomie de prédicats divers. Il serait vain d'interpréter les vers de Paul Celan "le lait noir de l'aube se boit au crépuscule" comme la représentation macabre du camp d'Auschwitz, lieu de ses écrits; ainsi que de taxer Ezra Pound de fasciste suite à quelques interviews durant la guerre à Radio Rome où l'on a sciemment mélangé esthétique et politique( id pour une série de philosophes impliqués malgrés eux).
Si la poésie se veut le langage le plus haut chargé de sens, c'est parce qu'elle est le noeud, le foyer, le "vortex" de la logopoeïa (la pertinence du mot), de la phalopoeïa (l'originalité de l'image) et enfin de la mélopoeïa (l'assonance des sons). C'est cette dernière qualité qui est rarissime comme nous pouvons également l'imaginer chez l'analyste, à la différence que le poète perçoit le "chant du monde" et l'analyste la mécanique secrète de l'inconscient, voie intérieure de l'homme. Se rappeler un arbre, un oiseau. L'instant passe, l'hirondelle s'envole, disparaît. Oublieuse mémoire!
Rappelez-vous ces phrases du "Maudit":
"Je n'appelle pas au secours, je n'appelle plus au secours, il faudrait reprendre ma cervelle d'enfant et lui réapprendre l'alphabet, votre alphabet."
L'auteur se suicidera peu de temps après dans une misère noire!!! Le choc du monde réel s'inscrit dans un drame humain. Il avait gardé l'alphabet de l'arbre et de l'oiseau mais était inapte à résoudre ses problèmes existentiels.
K.Hamsun dans son fameux roman "la faim" en est également un exemple parfait.Un grans créateur comme Hamssun par liberté s'absente, l'amour, la poésie et le crime se signent quelquefois du même silence... Ses poèmes n'ont pas de costumes, s'ils sont lambeaux, haillons, il ne s'en inquiète point, il était mendiant d'autres soleils, de quêtes éperdues et de bohème.
Tels des sagas, ils errent dans le passé, sorte de purgatoire onirique. "Et la gloire s'en fut ailleurs",disait Henri Michaux, qu'ils y restent, hirsutes, dépenaillés, leurs guenilles ne s'irritent point de l'anonymat, ils sont présents ailleurs, colchiques ou orchidées, peu importe, ils hantent encore de vieux tiroirs, des photos jaunies. Ils sont dans l'herbier du Verbe: grenier à blé de l'Imaginaire.

Enfin, Pour certains l'écriture n'est plus une souffrance, elle agit comme une catharsis. Certes, l'auteur est délivré mais le seul terrain défendu est bien souvent celui de "soi-même". Alors, beaucoup trichent, feintent et la plume à la main sont distants, implacables, voire glacials; solution de facilité permettant de rester dans l'ombre, ils utilisent leur intelligence comme une armure, leur poésie est désincarnée. L'auteur n'y véhicule tout au plus qu'une image qu'il sait que l'on attend de lui. Il sait que le lecteur attend une composition psychologique savamment dosée de qualités négatives et d'une forme de charisme "pour que le public s'y cristallise". Ceux-là devraient méditer cette phrase de Robert Georgin(un biographe de Lacan):
"Entre l'auteur (le poète) et son lecteur s'établit une relation transférentielle analogue à celle qui se déclenche dans la cure analytique".

vendredi, février 23, 2007

psychanalyse & philosophie

Ces femmes qui voulaient " découvrir la loi"
par Irène Foyentin
Première publication en février 1995
Mise en ligne le jeudi 11 décembre 2003

Antigone, encore [1], tel est le titre de l’ouvrage que Françoise Duroux nous offre aux éditions "Côté-Femmes". Nous sommes dès ce titre de plain-pied avec la façon dont elle entend traiter son sujet : si le titre de l’ouvrage indique qu’il s’inscrit dans la longue généalogie des commentaires de la tragédie de Sophocle, l’auteur du présent essai nous démontre avec bonheur qu’il faut encore revenir à la geste d’ Antigone.

En effet, Antigone, en s’opposant à Créon, tyran légitime, a exercé dans l’histoire de la pensée une réelle fascination, fascination qui a incité les penseurs, de Hegel à Lacan en passant par V. Woolf, Kierkegaard, Steiner et combien d’autres, à tisser autour d’Antigone un réseau extrêmement dense d’interprétations. Dans ce domaine qu’on pourrait croire désormais saturé, F. Duroux innove elle nous convoque, grâce à sa lecture de l’acte de la jeune héroïne, sur la scène problématique de l’inscription des femmes dans l’espace politique. Et de fait, ce titre Antigone, encore n’est pas sans faire écho au séminaire que tint J. Lacan durant l’année 72/73 intitulé précisément Encore [2] sur la question de toujours de la psychanalyse, celle de "l’Autre sexe" et d’une logique hétérogène à l’ordre phallique. Car c’est comme femme défiant la lettre de la loi qu’Antigone supporte jusqu’à la mort le crime que lui impute la Cité.

Ainsi, dès son titre, F. Duroux nous déploie-t-elle sa méthode : faire résonner les références, leurs équivoques, susciter notre réflexion, non plus à partir des idéaux qu’ont condensés dans l’histoire la personnalité mythique d’Antigone et sa tragédie, mais par un retour à Antigone, femme aux prises avec son acte.

F. Duroux situe la rébellion d’Antigone, son autonomie et son vouloir en partant d’une question qui pourrait sembler prosaïque mais n’en est pas moins complexe et difficile à appréhender. C’est toute la difficulté de ce texte dense et touffu : Quelle place d’énonciation une femme qui ose faire irruption sur la scène politique, en interrogeant la loi, à partir d’une position qui ne relève pas de l’hystérie occupe-t-elle ?

Fruit d’un séminaire tenu au Collège International de Philosophie en 1988 et 1989, l’ouvrage est sous-titré : Les femmes et la loi. C’est dire que sous les auspices d’Antigone, l’auteur affronte une problématique audacieuse et actuelle. Audacieuse parce que cette question, lorsqu’elle ne reste pas dans les limbes, reçoit de toujours un traitement insuffisant. F. Duroux, elle, s’attache résolument à déchiffrer, un peu à la façon de son héroïne, la mise en scène sophocléenne de l’inégalité des sexes dans l’instauration du Droit. Actuelle parce qu’avec Antigone, l’auteur du présent essai nous lance sur une piste qui rejoint notre moment politique : celui d’une relance militante sur la parité des sexes dans la représentation politique. Si l’héroïne grecque "provoque le scandale en intervenant sur le terrain des lois de la cité, des nomoï de la polis, pour proclamer le droit de cité à d’autres lois" ainsi que le soutient l’auteur, le style de notre représentation politique démontre à l’envi combien semble implicitement rester scandaleuse (ou aporétique) la participation des femmes à la fabrication des lois.

F. Duroux met toute son érudition au service de ce travail sur le rapport des femmes à la Loi et aux lois en choisissant la dimension politique comme lieu de son interrogation sur la revendication d’Antigone. Aux questions "A quoi peut nous servir Antigone ? Que nous dit-elle ?" F. Duroux répond par un travail méticuleux sur ce que la tragédie de Sophocle met en lumière de l’édification du politique sur l’exclusion des femmes. Ainsi, à partir de la phrase de V. Woolf dans Trois guinées "Elles voulaient, comme Antigone, non pas briser les lois mais découvrir la loi", F. Duroux analyse pas à pas le "crime" d’Antigone, son procès, la justice qu’elle revendique, le droit qu’elle tente d’inscrire et enfin l’atopie de sa position, consacrée à la fin de la pièce de Sophocle par son emmurement, vivante dans "l’autre lieu", celui des morts.

La lecture hégélienne des deux territoires de la Famille et de la Cité, selon laquelle "l’essentiel est d’en respecter le partage sous les espèces de la soumission de l’un à l’autre, qui coïncide avec le partage sexuel", fait d’Antigone le prototype d’une féminité qui, réactionnairement, s’oppose au progrès de l’Histoire. F. Duroux, contestant cette interprétation, montre que le crime d’Antigone, prise au piège de ce dispositif qui la met en position "d’exclusion incluse [3] ", est de briser par son entrée sur la scène politique cette partition qui prescrit l’éviction des femmes de l’exercice législatif. Et Créon ne s’y trompe pas qui s’écrit "Moi vivant, ce n’est pas une femme qui commandera !". Incontestablement, Antigone, en voulant donner une sépulture à son frère Polynice, ennemi de la Cité, met à mal une topographie légale qui localise les amis et les ennemis. De plus sa subversion se redouble du fait qu’elle porte aussi atteinte par son acte à cette topographie qui commande d’un même mouvement les places des acteurs en fonction de leur appartenance sexuée. Ainsi la lecture de F. Duroux permet de faire émerger comment la tragédie de Sophocle met en scène un affrontement des sexes que voile l’attachement de Créon à une supposée Real Politik, comme le relève ironiquement F. Duroux : "ce n’est pas tout à fait une affaire de famille".

Par ailleurs, attentive à la lecture lacanienne d’Antigone, qu’elle ne récuse pas fondamentalement, F. Duroux en conteste l’interprétation "ex-orbitante". Dans son séminaire de l’année 1960 [4], Lacan fait d’Antigone la figure emblématique de l’éthique. Si, pour l’idéal psychanalytique, la dignité du sujet tient à son désir, désir que l’analyse a pour tâche de révéler, il est patent qu’Antigone en incarne le plus éclatant paradigme. Mais faire de la jeune fille le modèle extrapolé du "désir décidé" déplace selon F. Duroux l’enjeu "explicitement politique"que révèle Antigone, c’est-à-dire son enjeu sexuel. Localiser Antigone sur la "limite inhumaine", où elle "doit faire le sacrifice de son être au maintien de cet être essentiel qu’est l’Até familial" [5], comme le soutient Lacan, fait abstraction de sa spécificité, c’est-à-dire de son cantonnement à l’impuissance civique parce que de sexe féminin. Pour F. Duroux, quelque brillante que soit la démonstration lacanienne, situer Antigone à l’horizon de l’éthique, c’est encore une fois la renvoyer "sur la tangente", l’excentrer de ce lieu impossible qu’elle se donne et d’où elle tente d’opérer.

Il est vrai de dire avec Lacan qu’Antigone ne renonce pas à son désir ; elle aurait pu, telles sa sœur Ismène ou sa mère Jocaste, s’en tenir à la place que prescrit aux femmes la loi morale. Mais précisément c’est cela même qu’Antigone dénonce, qui fait sa position proprement héroïque, atopique et autorise à penser l’objection d’Antigone dans le registre mélancolique, "la mélancolie des hommes de génie qui ont la loi pour souci [6]".

Il faut lire attentivement le développement que fait F. Duroux de cette délicate question de l’articulation des lois, thémis et nomoï, dans son chapitre intitulé "Un droit résolument athée". En effet si c’est la loi religieuse et morale, la thémis, qui consacre le grand partage sexuel entre les hommes et les femmes, c’est bien la loi d’usage, la loi humaine, les nomoi, qui institue ce partage en statuant sur l’inégalité des sexes, inégalité qui sert de pré-texte à la répartition des territoires d’influence en public et en privé. Et si Antigone semble vouloir inscrire dans les nomoi quelque chose des "lois d’en bas", elle échappe aussi pourtant à la thémis en ce qu’elle ne souscrit pas à son ordre. Elle est "à part", autonomos, comme le souligne l’équivoque de son nom, équivoque dont les grecs aimaient à jouer : "Antigone"peut se traduire par "celle qui est contre" et peut-être même par "celle qui s’oppose au genos".

Contre la phusis, la fille d’Oedipe revendique l’inscription dans le Droit (Dikaion) d’autres lois que les décrets de Créon, des lois que l’auteur définit comme droits à l’humanité, ouverture d’un espace communautaire à venir, régis par les liens de la philia. Ainsi Antigone énoncera qu’elle est faite pour "aimer avec" et non pour "haïr avec".

Cette position de l’héroïne que F. Duroux met en évidence, il faut y insister, est un autre motif majeur pour parler de l’actualité d’Antigone. Nos tragédies contemporaines retrouvent l’écho du drame sophocléen, amplifié par notre moderne sauvagerie. L’affrontement dit "ethnique" qui porte aujourd’hui au sein de communautés proches la fureur et le meurtre nous montre brutalement de quelle violence, de quels désarrois se paie à nos portes la rupture des liens de la philia. Combien "d’Antigones" aujourd’hui dans les communautés yougoslaves récusent le partage des amis et des ennemis ? A quel prix ? avec quels arguments ? Y a-t-il place pour qu’un message autre s’énonce et surtout puisse être reçu avec conséquence ?

C’est enfin à la place subjectivement occupée par Antigone que F. Duroux consacre ses dernières pages. Comment définir cette place ? Tout dans la tragédie de Sophocle tend à démontrer l’intenable de sa position : les divers protagonistes du drame, Créon le premier, inscrivent précisément l’acte d’Antigone au registre de la folie ; mais quelle est cette folie ? Pour F. Duroux c’est le territoire qu’Antigone tente d’inscrire qui est sans lieu, pas elle ; l’atopie d’Antigone selon sa belle formule consiste "en son désir de donner un lieu à ce qui n’en a pas". Si le terme de mélancolie est assurément celui qui restitue le sens des coordonnées par lesquelles Sophocle définit la position de son héroïne, nous sommes mis en demeure d’interroger le statut de cette mélancolie. En d’autres termes, est-ce qu’Antigone dénonce les lois de Créon parce qu’elle est "hors discours"au sens où Lacan situe par cette expression la liberté du fou, ou bien, et telle est l’option de F. Duroux, Antigone n’est elle pas assignée au "hors lieu" de la mélancolie puis au tombeau pour rendre plus inarticulable encore ce qu’elle a à dire ? Antigone marche à la mort certes et les échos d’un sacrifice ne sont pas loin mais nulle faute n’est à expier qui rendrait raison de sa mort, nulle culpabilité ne l’étreint qui viendrait sanctionner son acte. Peut-on alors parler chez Antigone d’une mélancolie structurale, c’est-à-dire d’un désir d’anéantissement qui fonderait son acte de révolte ? Son geste de donner sépulture au frère déchu récuse a priori cette hypothèse de l’anéantissement comme vœu ultime. De plus, une autre figure mythique de la folie féminine mais que l’auteur n’évoque pas dans le présent essai nous guide pour explorer l’impact de la confiscation d’une parole articulée et décisive. Il s’agit de Cassandre, contrainte par le dieu solaire à prophétiser éternellement une vérité inaudible puis mise à mort de n’avoir pu se faire entendre. Avec Cassandre, il est possible d’entrevoir en quoi la parole sans effet ou interdite construit la "folie" à laquelle est assignée l’héroïne de Sophocle.

La mort est prescrite à Antigone (et elle n’a d’autre choix que de s’y soumettre) pour avoir voulu "découvrir la loi" c’est-à-dire selon F. Duroux "faire la part d’Eros parmi les grandes lois, lui soustraire une place dans l’empire des nomoï" Ainsi c’est plutôt le désespoir de ne pouvoir faire entendre cet appel à l’amour et à la philia, de ne pouvoir élever cette parole à la "puissance légiférante" qui conduit Antigone, emmurée dans le silence du tombeau, à dénouer les derniers liens qui l’attachent à la vie.

Au terme de ce périple riche, dense, fourmillant d’idées que l’on aurait souhaitées plus développées parfois, on aura saisi que l’Antigone de F. Duroux est une Antigone actuelle. Traversant les siècles, elle convoque avec elle le cortège des femmes rebelles, de T. de Méricourt aux Folles de la place de Mai, qui ont tenté par un geste politique toujours singulier de faire brèche dans le Discours. Le renvoi à la folie n’est pas le moindre symptôme de cette "atypie". Avec l’Antigone de F. Duroux, on peut en définitive s’interroger sur le statut de cette folie à laquelle est électivement assignée la révolte des femmes, des femmes qui ne s’abritent plus sous l’ombre d’un père.

[1] F. DUROUX, Antigone, encore, éditions Côté-Femmes.

[2] Éditions du Seuil, Paris, 1975

[3] Pour reprendre l’expression de Nicole LORAUX. 284

[4] L’Ethique de la psychanalyse . Publié aux éditions du Seuil, Paris, 1986.

[5] Ibid p. 329.

[6] Selon l’expression que cite F. Duroux dans son ouvrage, p. 96.

jeudi, février 22, 2007

Pour Grand lecteurs du Petit Marcel & Lacan

bonjour,

suite à la parution d'un dossier littérature dans "Le Monde dossiers & documents" de février:

un article de Michel Contat "Marcel sur le divan" relatant le livre de Michel Schneider "Maman" (Gallimard, "l'un et l'autre")
voici un excellent commentaire d'Andrée Baudoin sur :
http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFP&ID_NUMPUBLIE=RFP_652&ID_ARTICLE=RFP_652_0607

également un excellent article de S.Doubrovsky : "quand le verbe déjoue la représentation", pour plus d'info sur cet auteur :

http://perso.orange.fr/les.moments.litteraires/Le%2010/entretien%20doubrovsky.htm


également un article d'Hector Biancotti ,de Jacques Siclier

enfin "un imaginaire sans images" de Danièle Sallenave pour plus d'info sur cet auteur :
http://www.dicocitations.com/citation.php?mot=Proust

ce sont de véritables archives de la critique gageons que la psychanalyse y prennent de plus en plus de place et à ma modeste mesur c'est également mon but en thésaurisant ces textes sur blog.

par ailleurs voici un cour texte qui demande commentaires, remarques et critiques.

Lacan a habité rue jacob dans le 7 e entouré des beaux tableaux et si le lieu du domicile ne résume pas un personnage, ll reste comme vous le savez avec J.A. Miller que "ça parle" tout de même.. on ne peut pas toujours séparer une théorie et praxis des gens qui les portent.. et prétendre que l'analyse lacanienne ne travaille pas dans le sens du développement du moi me laisse perplexe et demande des preuves.. bruno de giardorno disait à ces étudiants : "veillez à ce que vos actes soient en accord avec ce que vous sentez et pensez" - difficile de nos temps - mais sûrement pas réussi par les lacaniens.. je présume qu'il trouve une tirade pourquoi ceci relève de l'illusion..

à vous lire

cordialement

frans tassigny

ps je cherche toujours des partenaires pour la diffusion de mon web-zine, j'ai déjà reçu des offres pour une publication papier (bi-mensuelle), j'ai donc besoin de collaboraturs, d'articles et d'une participation financière (minime 45 euros par an), merci d' m'écrire sur frans.tassigny@gmail.com

Schizophrénie de l’enfant ou Schizophrénie dès l’enfance ?

Le jeudi 15 Mars 2007, à Lille

Faculté de Médecine Henri Warembourg

Pôle Recherche

place de Verdun - Lille





Les pathologies schizophréniques sont l’objet d’une attention croissante depuis leur description dans les années 1900, bien après que Shakespeare y ait fait allusion dans le Roi Lear. Décrivant le repli autistique de patients schizophrènes adultes, Kreapelin faisait le lit d’un syndrome particulier présent chez 11 enfants autistes, décrit par Kanner après la Deuxième guerre mondiale, grâce à l’insistance de leurs parents qui refusaient de continuer à les voir considérés comme de simples retardés mentaux. L’idée première de Kanner en 1943 était que l’autisme était distinct des schizophrénies adultes, mais devant la gravité de leurs évolutions cliniques, il pensa en 1949 que ce n’était en fait qu’une forme précoce de schizophrénie. Il fallu attendre les années 1970 pour que les deux pathologies soient clairement séparées, voire exclusive l’une de l’autre.



Pourtant, la clinique n’est pas claire et les situations complexes sont fréquentes où des enfants prépubères hallucinent alors qu’ils ont présentés très jeunes des symptômes de trouble envahissant du développement ! Doit-on alors conserver le diagnostic d’autisme, évoquer une forme précoce de schizophrénie avec des symptômes prémorbides, ou parler d’évolution schizophrénique de psychose infantile ?



Pierre THOMAS nous expliquera que les psychiatres modernes ne recherchent plus aujourd’hui une étiologie simple de ces troubles, mais les envisagent sous un angle développemental, avec une conjonction de divers facteurs précoces et tardifs, endogènes et exogènes.



Sylvie TORDJMAN nous aidera à mieux distinguer entre les pathologies psychotiques de l’enfance de l’enfance prémorbide des futurs patients schizophrènes adultes et Bertrand ESCAIG nous parlera du soutien à apporter aux familles d’enfants ou de parents schizophrènes.



Mario SPERANZA nous parlera de l’actualité des cognitions sociales des adolescents schizophrènes.



Les évolutions schizophréniques de psychoses infantiles seront ensuite évoquées, selon un angle clinique avec Sylvie SERRET, puis avec une réflexion psychopathologique avec Anne-Yvonne LENFANT et Frank BONELLI.



Si les hallucinations au cours de l’adolescence sont un facteur de risque important d’évolution schizophrénique à l’âge adulte, la clinique nous montre aussi que les hallucinations peuvent être un symptôme transitoire chez un enfant sans devenir psychiatrique. La question de ces hallucinations chez les enfants non psychotiques sera évoquée par Frank LAROI.



Les recherches thérapeutiques actuelles seront enfin évoquées par Renaud JARDRI.

8 h 00 Accueil des participants

Sous la présidence de Michel BOTBOL



8 h 45 Présentation de la journée

Jean-Louis GOEB, Pédopsychiatre (CHRU de Lille)



9 h 00 Le modèle neuro-développemental de la schizophrénie

Pierre THOMAS, Psychiatre (CHRU de Lille)



9 h 45 L’enfance des schizophrènes adultes

Sylvie TORDJMAN, Pédopsychiatre (CHU de Rennes)



10 h 30 Pause



10 h 45 Les cognitions sociales des schizophrénies à l’adolescence

Mario SPERANZA, Pédopsychiatre (Centre Hospitalier de Versailles)



11 h 30 Le modèle du handicap psychique chez l'enfant atteint de schizophrénie : une prise en charge multimodale

Bernard ESCAIG (UNAFAM, Lille)



12 h 15 Discussion avec la salle



12 h 45 REPAS



Sous la présidence de Paul BIZOUARD



14 h 30 Les évolutions schizophréniques de psychoses infantiles, à propos d’un cas

Sylvie SERRET, Pédopsychiatre (Centre de Ressources Autisme et troubles du développement Région PACA Nice)



15 h 15 La schizophrénie comme mode de sortie de l’autisme

Anne-Yvonne LENFANT, Pédopsychiatre, Frank BONELLI, Pédopsychiatre (CHRU de Lille)



16 h 00 Pause



16 h 15 Les hallucinations chez l’enfant et l’adolescent non psychotique

Frank LARØI, Psychologue, PhD (Université de Liège)



17 h 00 L’actualité des recherches thérapeutiques

Renaud JARDRI, Interne (CHRU de Lille)



17 h 45 Discussion avec la salle



18 h 15 Conclusions de la journée

Pierre DELION Pédopsychiatre (CHRU de Lille)

vendredi, février 16, 2007

échos/informations sur l'EPFCL

L’EPFCL-France

Le site de l’EPFCL-France se propose d’être un outil d’information le plus précis possible sur l’option qui est la sienne dans le contexte de notre temps. Notre époque n’est plus celle de Freud, et la psychanalyse a aussi changé depuis son invention.
Désormais, il est possible au plus grand nombre de s’informer sur la fonction d’une Ecole de psychanalyse et sur les moyens dont elle dispose pour accomplir ses finalités.
Vous trouverez ainsi dans ce site à la fois l’historique de la création de notre Ecole, vous constaterez sa vocation internationale, vous pourrez connaître les instances qui la dirigent, ses organes d’information, et les personnes qu’on peut contacter pour en savoir plus sur les élaborations en cours.
Si, depuis Freud, ce qui reste constant c’est qu’une psychanalyse dépend de la rencontre avec un psychanalyste, il est aussi indispensable de faire savoir, à l’heure actuelle, ce qui justifie l’existence d’une Ecole de psychanalyse. Tel est le but de notre site.

jeudi, février 15, 2007

psychanalyse & sémiotique

Psychanalyse & Sémiotique

Articles publiés
Assumer l’abduction

Autour de la sémiose

Corps et inscription de la parole dans les institutions

De Peirce et Freud à Lacan

Des Barbares sans Barbarie

Fantaisie-Impromptu

Feuille d’assertion, icônes logiques : nouvelle ( ?) vue sur l’inconscient-Ics

Hospitalité et amitié

L’identité analytique

suite interactive sur :

http://www.balat.fr/rubrique.php3?id_rubrique=3

vendredi, février 09, 2007

info

Sylvie Mesure et Patrick Savidan : vitalité des sciences humaines

Qui a dit que les sciences humaines étaient en crise ? A arpenter ce dictionnaire, où la sociologie dialogue avec la linguistique et la psychanalyse, où le droit croise l'anthropologie et la philosophie, on est frappé par leur vitalité et leur inventivité.....

suite sur : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-864919,0.html

"le monde des livres" consacre un dossier sciences humaines j'ai donc également relevé :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-864942,0.html concernant : "La psychanalyse au risque des neurosciences", avec Pierre-Henri Castel, Magali Molinié, Lionel Naccache, Gérard Pommier (11 février, 17 h-18 h 30).
ayant consacré un blog à l'intégration

Dominique Schnapper : pour une démocratie d'intégr...

qui attends vos réactions

pour se détendre voici enfin
La Fosse aux serpents

* De Anatole Litvak
* Avec Olivia De Havilland, Mark Stevens, Leo Genn

Mot de l'éditeur

Atteinte de schizophrénie, une jeune femme, Olivia, est internée en hôpital psychiatrique. Elle n'a plus aucun souvenir et ne reconnaît même pas son mari. Le docteur Kik tente de lui faire retrouver la mémoire.
Lorsque Anatole Litvak proposa à Darryl F. Zanuck, grand patron de la Fox, de porter à l'écran le roman autobiographique de Mary Jane Ward (qui avait passé 7 ans dans un asile psychiatrique), ce dernier donna son accord le lendemain même! Trois psychiatres conseillèrent Litvak et ses scénaristes, qui passèrent ensuite 3 mois à observer des malades dans des hôpitaux. Les acteurs se documentèrent avec autant de sérieux, et Olivia De Havilland rencontra même une schizophrène qui avait le même type de relations avec son docteur qu'elle avec Leo Genn dans le film! La psychanalyse était alors à la mode mais le sujet, la folie, était audacieux et le film fit sensation. Est resté célèbre le gigantesque travelling de bas en haut, identifiant la salle où sont réunies les malades à une immense "fosse aux serpents".
cordial
ft

jeudi, février 08, 2007

considérations sur la psychanalyse

Si la psychanalyse est originairement ouverture bienveillante à l’autre, écoute de la singularité d’un individu, sa portée d’ordre thérapeutique, visant à guérir et résoudre un conflit, cela ne l’exempte pas pour autant d’une interrogation quant aux conséquences effectives de la résolution même de ce conflit. Pour le dire autrement : inscrite au cœur du monde administré, et donc tributaire des mécanismes de domination qui le constitue, la psychanalyse en tant que science et plus encore en tant que thérapie contient-elle une composante assez critique pour ne pas être elle-même intégrée par l’enrôlement idéologique à l’œuvre dans les sociétés modernes ? En effet, quand bien même la limite entre le pathologique et le sain n’est jamais fixée de manière immuable, il peut-être légitime de se demander si elle possède les moyens de se prémunir contre la normalisation que porte en elle

mercredi, février 07, 2007

travaux d'Eva Illouz


Le capitalisme émotionnel


« Les sentiments du capitalisme »,

d’Eva Illouz, traduit par Jean-Pierre Ricard.

Éditions du Seuil, 2006, 252 pages, 15 euros.

Les sociologues ont négligé le rôle des sentiments dans l’analyse du capitalisme, et pourtant les dimensions économiques et émotionnelles s’y influencent mutuellement : telle est la thèse originale de cet essai. Son auteure, professeure de sociologie à l’université de Jérusalem, s’inscrit dans le prolongement des travaux d’Axel Honneth qui privilégient la critique des tendances contradictoires à l’oeuvre au sein de la société. Dans un style très vivant, nourri d’entretiens, Illouz s’installe à la frontière des sphères privée et publique. Elle montre comment à la jointure du sexe, de l’identité et de l’intimité se tisse le lien iconoclaste du capitalisme avec la psychanalyse. Ainsi, les conférences de Freud en 1909 aux États-Unis auraient cristallisé un nouveau style émotionnel : le mode thérapeutique. Le langage de la thérapie envahit dès lors le pays, perd son caractère subversif, rejoint les préoccupations de la bourgeoisie mais instaure une nouvelle façon d’imaginer la relation entre soi et les autres. La psychologie du moi gagne l’entreprise pour être mise au service du profit. Mais l’auteure va bien plus loin que les analyses idéologiques héritées de Foucault. Elle décrit l’influence de cette psychologie jusque dans le monde ouvrier et la culture populaire. La clé de la réussite sociale se trouve dans la personnalité : le thème a pour effet de développer la croyance en une nouvelle forme de sociabilité. Ainsi fleurissent les mots « égalité », « coopération » et l’obsession d’évaluer ses potentialités dans l’entreprise. Du côté du manager, il convient d’avoir de la qualité d’écoute, trait de personnalité considéré comme féminin qui tranche avec la vieille figure virile du contremaître. Cette transformation de l’imaginaire social a des effets dans les rapports de pouvoir, bénéficie à la démocratie et bien sûr gonfle les profits. La politique communicationnelle assigne les rapports hiérarchiques au souci de reconnaissance partagée. C’est ainsi que se lie paradoxalement à l’idéologie du « self-help » (sens de l’initiative) celle de la souffrance psychique : le récit de la blessure du moi appartient à toutes les classes sociales et chacun revendique le droit au développement de son moi et à le faire savoir en public. Un pas décisif est franchi en 1946 avec la consolidation par l’État du souci de l’adaptation sociale et du bien-être individuel : le discours psychologique en fournit l’un des principaux modèles. Puis le système transforme l’outil et passe au modèle de la rationalité cognitive tandis que s’affirment les liens pragmatiques de la psychiatrie et des puissances financières, assurances privées et industries pharmaceutiques. Le capitalisme vide les relations humaines de leur singularité et les transforme en produits de marché. Eva Illouz étudie de façon inédite le lien de la psychanalyse mais aussi du féminisme avec la culture capitaliste américaine, les influences réciproques des mentalités et d’une certaine conception de la psychologie. Elle révèle la dynamique cachée du récit faisant de chacun une victime qui coexiste avec le self-help. L’ouvrage pousse au débat. Il interpelle les psychanalystes et les penseurs de l’aliénation chez Marx. Au-delà, il invite à interpréter les rapports du capitalisme et des affects avec une boussole plus précise que les concepts de sentiment et de moi. À cet égard, Lacan avait dénoncé, dès le début des années 1950, la psychologie du moi comme une adaptation de l’« american way of life » et donné une autre orientation à la cure psychanalytique que celle du développement du moi.

Hervé Hubert, psychiatre, psychanalyste

dimanche, février 04, 2007

la lettre de squiggle

Bonjour,

Voici les principales contributions dernièrement mises en ligne :
# Dans la rubrique Questions/Réponses :

o Est-il normal que je m’attache à mon psychanalyste ? par Monique Lauret.

o La psychanalyse marche-t-elle hors occident ? par Rita El Khayat

o Que penser de la dépression ? par Jean-Luc Vannier

# Dans la rubrique Entretiens :

o La scientificité de la psychanalyse - Entretien avec Jean Laplanche


# Dans la rubrique Squiggle, rebonds et méditations :

o Ce nazisme qui fascine par Christian Flavigny (paru dans Libération le 24 janvier 2007)

o A propos de « Kigali, des images contre un massacre » de J-C.Klotz par Jean-Jacques Moscovitz

# Varia :

o Belgique / Légiférer les psychothérapies? Contributions de Marc de la Croix (paru dans Le Soir le 27 décembre 2006) et Francis Martens ...


o France / Légiférer les psychothérapies? Psychothérapeutes : les errements de la législation (Collectif, paru dans le Monde le 31 janvier 2007)

o Le moteur de recherche de Squiggle vous permet d'effectuer une recherche dans près de 150 sites psychanalytiques francophones repris dans nos liens.

Très cordialement, au mois prochain,
Squiggle.



Le comité éditorial de Squiggle rassemble Hervé Bridy (Genève), Judith Dupont (Paris), Jean Florence (Bruxelles), Karel Lambers (Leuven), Vincent Magos (Bruxelles), Francis Martens (Bruxelles), David Sahyoun (Beyrouth), Dominique Scarfone (Montréal) et Susann Wolff (Bruxelles).


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La lettre de Squiggle est envoyée le premier week-end de chaque mois. Pour vous désabonner à cette liste, visitez ce lien / Pour mettre vos préférences à jour, visitez ce lien

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vendredi, février 02, 2007

Séminaire de Calame

Ciné-Séminaire le 2 février 2007

Le programme arabe de l’Université Concordia en collaboration avec Calame.ca et Association le Tiers présentent:

Matir Moina (L’Oiseau d’argile) (2001) de Tareque Masud

Le vendredi 2 février à 18h, Salle H-623, 1455 Maisonneuve ouest, 6ième étage

Film bengali, français (2001).
Drame, Historique. Durée : 1h 34mn.
De : Tareque Masud
Avec : Nurul Islam Bablu, Russel Farazi, Jayanto Chattopadhyay, Rokeya Prachy

Synopsis :

A la fin des années soixante dans l'Est du Pakistan (futur Bangladesh), Anu, un garçon de douze ans, est envoyé par son père dans une école coranique : une madrasa. Il se trouve un nouvel ami en la personne de Rokon. Mais sa scolarité est interrompue par la maladie de sa jeune soeur. Anu rejoint alors sa famille, tandis que la junte militaire pakistanaise envahit le pays.

B.O. en Bengali, avec sous-titres anglais. Entrée gratuite..

Discussion
Facilitée par Karim Jbeili, psychanalyste
Walid El Khachab, programme arabe, Concordia

Invité
Camille Mallat, programme arabe, Concordia

Monthly Cine-Seminar, February 2nd 2007
Concordia University’s Arabic Program in collaboration with Calame.ca and Association le Tiers present:

Tareque Masud’s Matir Moina (The Clay Bird) (2001)

Friday Feb. 2nd at 6:00 p.m., Room H-623, 1455 Maisonneuve West, 6th Floor

Set against the backdrop of the turbulent period in the late 60's leading up to Bangladesh's independence from Pakistan, MATIR MOINA (The Clay Bird) tells the story of a family torn apart by religion and war. A young boy, Anu, is sent off to a strict Islamic school, or madrasa, by his deeply religious father Kazi.

As the political divisions in the country intensify, an increasing split develops between moderate and extremist forces within the madrasa, mirroring a growing divide between the stubborn but confused Kazi and his increasingly independent wife. Touching upon themes of religious tolerance, cultural diversity, and the complexity of Islam, MATIR MOINA has universal relevance in a crisis-ridden world.

O.V. in Bengali, with English subtitles. Admission is free.

Discussion
Facilitated by Karim Jbeili, Psychoanalyst
Walid El Khachab, Arabic Program, Concordia

Guest
Camille Mallat, Instructor, Arabic Program, Concordia

source : jbeili@calame.ca

Institut psychanalyse & management

Institut Psychanalyse & Management



Chers amis, chers collègues,



Tout d’abord je vous souhaite à tous une très belle année 2007 !



L’IP&M vous informe que la prochaine Assemblée Générale aura lieu le :





Mardi 6 mars 2007 de 10h30 à 12h00



Pôle Léonard de Vinci



12 Avenue Léonard de Vinci

92916 PARIS LA DEFENSE CEDEX





Elle sera suivie de 14h00 - 17h00, pour ceux qui veulent s’impliquer, par une réunion du Comité Scientifique pour la préparation du prochain colloque de Grenoble. Les XVIème Journées d’Etudes, dont le thème est en cours de finalisation, se dérouleront dans l’école de Management de Grenoble premier trimestre 2008.



Attention, pour accéder au 7° étage du Pôle Léonard de Vinci, où se déroulera la réunion, vous serez « filtré » à l’entrée. Prière de me confirmer au plus-tôt votre présence pour vous inscrire. Un petit déjeuner d’accueil vous sera alors servi dès votre arrivée.



Enfin, il sera possible, lors de cette journée du 6 mars 2007, de prendre le repas du midi ensemble. Pour réserver, là encore, confirmez-moi votre présence. Le Restaurant situé dans le pôle léonard de Vinci propose des menus complet à approximativement 20 € par personne, la cuisine y est très bonne (m’a-t-on dit). Vous trouverez un exemple de menu en pièce jointe ainsi que le plan d’accès. Selon, le marché du jour, le chef vous mitonnera un de ces plats dont vous vous souviendrez.



Vous trouverez ci-dessous « l’ordre du jour » pour l’Assemblée Générale et en fichier attaché « l’appel à cotisation ». Si vous ne pouvez être présent, n’oubliez pas de nous faire parvenir votre « pouvoir ».



Bien Cordialement,



Dominique DRILLON

Président de l’IPM

Directeur CEROM


Pôle Formation de la CCI de Montpellier
2300, Avenue des Moulins
34185 Montpellier Cedex 4

Tél. : +33 (0)4 67 10 25 40
Fax : +33 (0)4 67 45 13 56

E-mail : ddrillon@supco-montpellier.fr
www.supdeco-montpellier.com
______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________











Ordre du jour de l’Assemblée Générale










1 – Rapport d’activité 2006 :



- Colloque de Lyon

- Groupes régionaux

- Points sur les cotisations et sur la vente des actes



2 – Rapport moral et financier 2006



3 - Election du bureau 2007-2009



4 – Budget 2007



5 – Projets 2007- 2008 :



- Colloque de Grenoble

- Colloque de Nice et/ou Montréal

- Relais régionaux

- Ip’mail

- Cotisations



5– Questions diverses (recherche, développement international)



Pour ceux qui ne pourraient pas être présents à l’Assemblée Générale, merci de nous renvoyer par fax, par courrier ou par mail, votre pouvoir (coupon ci-dessous).




Institut Psychanalyse & Management



Appel à cotisation


Chers adhérents,

Le montant de la cotisation pour l'année 2007 est de 80 euros (40 euros pour les demandeurs d’emploi et les étudiants). Vous pouvez toujours déduire 66% de ce montant de vos impôts sur le revenu grâce au « CERFA » qui vous sera envoyé dès réception de votre règlement.

Nous vous remercions d'adresser votre cotisation à l'adresse suivante :

Dominique DRILLON
(IP&M)
Groupe Sup de CO
2300 Av. des Moulins
34185 Montpellier Cedex 4

Souhaitez-vous recevoir un reçu : oui  non 

N'oubliez pas de préciser votre adresse.



Renseignements


Nom : Prénom :

Adresse personnelle :


Code Postal :: Ville :

Société :

Adresse :


Code Postal :: Ville :

Fonction :

Tél : Fax :

Mail :


source : Association Des Diplomes diplomes@supco-montpellier.fr

jeudi, février 01, 2007

Le "Séminaire" de Lacan au tribunal

ette salle est un peu sous-dimensionnée eu égard à l'importance des enjeux !", ironisait Christian Charrière-Bournazel, le 26 janvier, au seuil de la troisième chambre du tribunal de grande instance de Paris. L'avocat s'adressait ainsi à son client, Jacques-Alain Miller, gendre et exécuteur testamentaire de Jacques Lacan, qui se trouvait assigné par l'Association des amis de Jacques Lacan, dirigée par Charles Melman, pour "abus dans le non-usage du droit de divulgation" des séminaires du célèbre psychanalyste disparu en 1981.


De fait, la salle était pleine à craquer, et le rapport de forces déséquilibré : tandis que M. Miller, chef de file de l'Ecole de la cause freudienne, était entouré de nombreux partisans, M. Melman, absent de l'audience, était représenté par une poignée de fidèles. Lesquels s'en remettaient au verbe de leur défenseur, Bernard Edelman. Sans "contester la qualité" du travail de M. Miller, à qui Lacan avait confié la retranscription de ses séminaires, l'avocat a dénoncé les "atermoiements" de l'exécuteur testamentaire : "De 1981 à 2006, M. Miller a fait paraître sept volumes. Soit en moyenne un tous les 3,5 ans. A ce rythme, quand l'ensemble des séminaires sera publié, M. Miller aura 102 ans !", a cru pouvoir affirmer Me Edelman, soulignant le "profond optimisme de M. Miller".

A la présidente du tribunal, qui lui demandait de s'en tenir au "terrain juridique" sans verser dans l'"attaque personnelle", l'avocat a proposé deux "solutions" censées permettre la divulgation des séminaires de Lacan "dans des délais raisonnables" : d'une part, la publication des retranscriptions élaborées par l'Association des amis de Jacques Lacan, et qui ne bénéficient pour le moment que d'une diffusion interne. D'autre part, la constitution d'un "comité éditorial", sur le modèle de ceux qui ont été mis sur pied pour les oeuvres de Roland Barthes ou de Michel Foucault. "Mettons-nous à la place de Lacan ! Il veut être lu !", s'est exclamé l'avocat.

"C'est tristounet", a juste lâché Jacques-Alain Miller en direction de ses camarades, alors que son avocat s'apprêtait à riposter. Fustigeant "un procès d'imposture", intenté par "des disciples sans droit ni titres autres que leur déception de ne pas être aimés", Me Charrière-Bournazel a dénié toute recevabilité à la démarche de son adverse partie : "Il ne suffit pas de se baptiser l'ami de quelqu'un pour l'être", a-t-il lancé à l'attention de l'Association des amis de Jacques Lacan et de son dirigeant, Charles Melman, qui fut par ailleurs l'analyste de Jacques-Alain Miller.

Et l'avocat d'évoquer les souhaits exprimés par Lacan de son vivant : "Il s'est opposé à la diffusion brute d'une oeuvre qui demande une transmutation de l'oral à l'écrit", et il a confié cette tâche à Jacques-Alain Miller, "celui qui est seul investi de la confiance !", a rappelé l'avocat, exhortant la présidente du tribunal à se montrer "ferme sur les principes". Jugement le 30 mars.

Jean Birnbaum