lundi, mars 19, 2007

Psychanalyse des Elections et du Suffrage Universel 

Psychanalyse des Elections et du Suffrage Universel : 1ère partie

Christian nots


Les techniques étatiques de culpabilisation pro-électorale des masses civiques occidentales

Dans une sorte d’herméneutique cryptée du pouvoir politique contemporain, l'Etat dans sa forme autoritaire et gouvernementale " intégrale " la plus récente et dans sa versatilité anticonstitutionnelle la plus aboutie, commence ainsi à imposer aujourd’hui – subrepticement - à chaque citoyen une visibilité " totale " de son intimité privée et de son identité profonde.

Pour sur-légitimer ce glissement anti-civique dévoyant de leurs Institutions d’Etat (qui s'est amplifié massivement après la fin très récente de la Guerre Froide), les Etats néo-libéraux ont du recourir à des théories conspiratrices de la citoyenneté et à des interprétations policières et militaires de l'ancien Ordre Démocratique Intérieur des Républiques, sous les alibis opportuns de la crise " soixante-huitarde ", du nouveau fédéralisme européen (après avoir testé d'ailleurs longuement le personnalisme " maréchalesque " puis le personnalisme " post-maréchalesque " jusqu'à la fin des années 60, puis les différents présidentialismes « ploutocratiques » jusqu'à aujourd'hui) et tout récemment du terrorisme islamique international (d'ailleurs souvent… d'Etat ou lié très régulièrement et caricaturalement à des erreurs géopolitiques et géo-commerciales d'Etat).

Puis, à partir du début des années 70 (plus précisément après mai 68), les pouvoirs gouvernementaux, très inquiets face aux sursauts inattendus de conscientisation du peuple et d'insoumission de classe des techno-citoyens, ont dû forger soigneusement une nouvelle panoplie d'alibis manipulatoires qu'ils ont précautionneusement sur-généralisée projectivement à toutes les tranches de la population afin d'instiller une culpabilité minutieuse et indirectement, une " domestication républicaine étatico-sécurisante " sur l'ensemble des sociétés civiles.

Ces manipulations savantes ont permis ainsi d'activer une opinion populaire " coupable " beaucoup plus adaptée à la sérénité policière et paramilitaire des nouveaux Etats néo-libéraux de plus en plus pointilleux sur la domestication civique globale.

De surcroît, ces alibis ont aussi permis de forger, dans des conditions d'exception et/ou d'urgence artificiellement crées et contextuellement sur-dramatisées, la sur-complicité et la validation réactionnelle et inconsciente des députés et des juges en prescrivant les votes " automatiques " et " hypnagogiques " de nouvelles lois complètement " désamarrées " de la réalité sociétale et particulièrement autoritaires, antidémocratiques, voire anticonstitutionnelles (US Patriot Act* pour les USA, Perben II* pour la France, etc.).

Ou plus simplement, par exemple, pendant la récente guerre du Golfe, l'armée française (payée avec les Impôts des citoyens français) a été engagée sans consulter le Parlement - ce qui constitutionnellement est illégal (Article 35 de la Loi Constitutionnelle de la Vème République*, du 3 juin et du 4 octobre 1958)...

Ces alibis ubuesques, fabuleusement efficaces et toujours d'actualité, seront représentés par une suite de thèmes sur-généralisés, sur-médiatisés et sur-dramatisés que des médias d’Etat (ou des médias infiltrés par des journalistes furtivement étatisés à doubles soldes), des experts gouvernementaux (dans une Objectivité Scientifique d'Etat), des Commissions d'Etudes étatico-dépendantes (parlementaires, commissions interministérielles d'études, Think Tanks* d’Etat…) ou encore divers colloques incestueux étatico-professionnels et universitaires… vont planifier en moyenne tous les cinq ans.

Ainsi, entre le début des années 70 et le début du vingt et unième siècle, nous avons tous été étrillé respectivement - dans le cadre d’exacerbations médiatiques orchestrées " millimétriquement " par le gouvernement – par les pseudo-problématiques sociétales :

Du gauchisme subversif (tous les travailleurs et tous les étudiants sont des activistes révolutionnaires exfiltrés par les Kominterns de l'Internationale Communiste, de l'Internationale Socialiste, de l'Internationale Situationniste, de l'Internationale Ecologiste, de l'internationale Islamiste et bientôt - très certainement - de l'Internationale Jihadistes !),
Du crime organisé (tous les citoyens sont des receleurs, des artificiers terroristes, des électroniciens-espions, des vendeurs d'armes, des trafiquants de plutonium !),
des terroristes-dormants (des centaines de citoyens sont des espions dormants appartenant aux « Stay Behind* » et des « Stay-aheads » sino-soviétiques, prêts à agir logistiquement, méta-militairement et terroristiquement contre l'Etat !),
De la fraude fiscale et du blanchiment d'argent (il est très évident que tous les citoyens connaissent la combine " sensible " qui coûte en moyenne 500 dollars et qui consiste à monter, en domiciliation étrangère, une société-écran offshore [Clearstream !] d'exemption d'impôt et d'expatriation fiscale - ou encore, de nombreux citoyens fraudent et blanchissent " communément " de grandes quantités d'argent, notamment par l'interface institutionnelle du clearing financier international ! -),
De la problématique des sectes (plusieurs millions de citoyens appartiennent à des sectes non-maçonniques !),
Puis aujourd’hui, du Terrorisme Islamique International (ou plutôt quelques dizaines de Djihadistes manipulés et parrainés inconsciemment – et certainement quelquefois consciemment [Ben doit savoir cela ] - par le Département d‘Etat et la CIA*) – problématique hyper-médiatisée qui - accessoirement – permet de cacher les conséquences planétaires dramatiques des Recolonisations Néolibérales* en Amérique latine ou en Afrique (appelées somptuairement dans la Novlangue d’Etat* « Mondialisation ») et les préparatifs militaires caricaturaux et trop visibles d’une éventuelle troisième guerre mondiale [Etats-Unis contre Chine puis Etats-Unis contre Europe] – qui semble hautement probable pour la majorité des spécialistes du Renseignement et de la Défense (car les Etats-Unis Narcissique et Toute-Puissante n’accepteront logiquement jamais la position hyper-concurrentielle de la Chine après 2020*).

Puis tout récemment, nous avons assisté à la sur-médiatisation gouvernementale des nouveaux thèmes, extirpés du " Planisme Techno-Culturel Spécial d'Etat " qui supervise la " méga-rumeur sociétale pré-électorale, inter-électorale et pro-électorale ", de l'insécurité sociétale globale (routière, banlieusarde, régionaliste, insulaire…), de la délinquance non plus des jeunes (et c'est très novateur pour les conseillers " confidentiels " du gouvernements et pour les cabinets noirs du gouvernement - qui finalement sont assez créatifs -), mais de la population générale (pédophilie " généralisée ", maltraitance " nationale " des enfants [pour les « bébés », ça devrait venir médiatiquement bientôt !] et des personnes âgées, armement excessif de la population et notamment des… chasseurs !) ou, (comme en 2002) des pseudo-risques ridicules d'une soi-disante « renazification furtive de la France » orchestrée par une extrême droite subtilement stigmatisée comme sulfureuse… (et surtout présidentiable face à l'ancien roi !).

Ainsi, ces derniers thèmes très en vogue surtout dans les périodes pré-électorales, permettent de légitimer aux yeux d'une opinion publique largement confuse et culpabilisée (mais non coupable !), les agissements despotiques et musclés des institutions gouvernementales technocratiques contemporaines qui tendent vers l'Etat " maximal " (formes d'étatisme autoritaire pourtant historiquement déjà largement expérimentées), tout en hétéronomisant les citoyens viscéralement et moléculairement avec une multitude d'angoisses psychotiques prescrites par les nouveaux " Big-Fathers et Big-Brothers* étatiques occidentaux ", très " orwelliens " mais bien réels, actuellement communautaires, fédéraux et bientôt national-mondialistes.

Ces thèmes d’Etat (Cry Wolf Syndromes d’Etat* que nous traiterons dans le prochain article) permettent aussi, depuis quelques années, de criminaliser outrancièrement - par exemple - les excès de vitesse ou encore la possession de certaines catégories d'armes de chasse, de diluer sereinement les lois qui encadraient l'informatique administrative (triangulation des fichiers administratifs d’Etat, Data Mining d’Etat*, etc.), de transcender pro-étatiquement l'ancien respect constitutionnel et démocratique de l'intimité privée des citoyens (Perb…II, mise en place de dizaines de milliers de contrôles de terrain illégitimes et vexatoires de la CAF, de l’URSSAF, du Trésor public, des RG, de la DST, de la Gendarmerie, etc.) ou encore de matérialiser subrepticement le début du fichage génétique de toute la population des technocraties (Frenchéchelon*, Fichiers multiples et inter-connectés des administrations).

Il est d'ailleurs très, très amusant de constater que ces suspicions d'Etat, paranoïdes et sur-généralisées à tous les citoyens, correspondent exactement aux mêmes activités délictuelles et criminelles perpétrées par de nombreuses élites d’Etat des Etats-Unis d'Amérique et des Etats-Unis d'Europe (sectes politico-atlantistes d'Etat bien connues de type loge P2*, Gladio* ou OTS, trafics d'Etat de centrales nucléaires et d'armes atomiques avec de très nombreux pays étrangers [nos très belles ventes de centrales nucléaires françaises aux Iraniens couvert par le Très Secret Défense - qui font - contre toute attente - tant et tant de bruits aujourd’hui], terrorismes d'Etat [tuerie d’Auriol, Commando Delta en Algérie, etc.], criminalités d'Etat [nos magnifiques vedettes high-Tech vendues à Taïwan !], clearings transfrontaliers d'Etat* [les immenses, très secrètes et hors statut bancaire « chambres compensatoires* » ou les multiples, ultra-protégées et incompressibles « paradis offshore » d’Etat*), blanchiments d'argent d'Etat via les grandes entreprises " nationalisées " d'Etat ou via de nombreuses caisses de retraite, génocides d'Etat, collaborations « noires » d'Etat, auto-amnisties d'Etat, affairismes d'Etat, « Restitutions Extraordinaires d’Etat », tortures d'Etat, caisses noires et fonds secrets " défiscalisés " d'Etat, assassinats d'Etat, trafics d'Etat de très hautes technologies ultra-sensibles*…).

Dans une sorte de pseudo-légitimité sulfureuse et projective anti-citoyenne, le " soupçon civique généralisé " imprègne ainsi actuellement tout le champ sociétal. Dans de nombreuses technocraties pourtant trans-historiquement (re)connues pour leur respect " apparent " des droits de l'homme et pour leurs intentionnalités démocratiques de façade, chaque citoyen est devenu actuellement un suspect, un subversif à intentionnalité terroriste potentielle, un possible agent dormant du G.R.U., de la C.I.A. et aujourd’hui d’Al Qaida, complètement intégré à la société, voire même à la vie politique…

Nous ne sommes plus très loin ou nous sommes souvent déjà, pour de nombreux pays (pour nos copains " hyper-démocrates " des polices politiques européennes et pour nos amis militaires des " Services Action* " et des Services des « Opérations Homo* » anti-civiques, [je ne parle pas ici bien sûr de la France qui est devenue totalement, définitivement et visiblement une République aboutie et profondément démocratique !]), dans les dévoiements sulfureux de l'étatisme autoritaire dans ses formes les plus caricaturales.

D'ailleurs, n'oublions pas que ces formes absolutistes d'étatisme ont déjà existé récemment dans la plupart des grandes technocraties policières occidentales (période partiellement déhistoricisée du pétainisme, période amnésique de l'ère Adenauer, période angélisée du gaullisme, période scotomisée du maccarthysme pour les Etats-Unis, etc.) et dans certaines pré-démocraties européennes encore mal cicatrisées de leur récente historicité fasciste qui continuent à abuser de l'état d'urgence* [d’Etat] et de l'état d'exception* [d’Etat] (cas de l'Italie contemporaine jusqu'au milieu des années 90).

Objectifs étatiques liés à la transformation du traditionnel citoyen-borderline en citoyen schizophrène

L'ordre asymbolique civique généralisé ou plutôt le chaos symbolique des citoyens, prescrit par les Etats pour pérenniser exponentiellement leur sur-puissance contemporaine énigmatique, est donc le lubrifiant principal des mécanismes civiques inconscients les plus sulfureux qui garantit une opinion publique facilement orientable, une suggestivité pré- et inter-électorale facilement dirigeable, une intensité " consommatoire " et " fiscale " constante, une immuabilité professionnelle généralisée, une " chaotisation " conjugale et filiale rassurante, une intentionnalité guerrière, criminelle et coloniale toujours opérationnelle…

Ce chaos symbolique des citoyens lubrifie aussi d'autres mécanismes civiques inconscients beaucoup plus pervers, en neutralisant notamment les pulsions révolutionnaires (non violentes - bien sûr !), les pulsions militantes, les pulsions syndicales et les pulsions contre-étatiques des citoyens.

En fait, le citoyen qui n'adhère pas à ces normes médiatiques, cognitives, symboliques et neurochimiques d'Etat, prend le risque de perdre ses reconnaissances sociétales et institutionnelles d'Etat (reconnaissance " normopathique " par la bienveillante " assurance-maladie ", par les bienveillantes institutions d'Etat d'aide sociale, par les bienveillantes institutions d'Etat de formation, par les bienveillantes institutions policières d'Etat de la " bonne citoyenneté "…) en se laissant identifier comme déformaté ou insuffisamment normalisé (cas des professions non-encadrées par l'Etat, cas des pratiques culturelles et informationnelles non-contrôlées par l'Etat, cas des couples non-mariés par l'Etat, cas des systèmes religieux non-reconnus par l'Etat, cas des formes de commerce non-acceptés par l'Etat, cas des systèmes de contre-pouvoirs novateurs non-reconnus par l'Etat…).

Ainsi, en toute transparence et en toute légalité, les Etats et de nombreuses institutions incestueuses péri- ou para-étatiques ont depuis peu " sur-drogué " et " sur-usiné " littéralement l'appareil psychique des citoyens sans aucun contrôle démocratique et surtout, sans aucune limite éthique. Ces dispositifs étatiques d'inhibition et de prothétisation de la subjectivité via les altérations de la parole, du lien social, de la communication symbolique, de la neurophysiologie, de la culture (…) correspondent, dans nos sociétés, aux prothèses ou plutôt aux onanismes identitaires numériques, aux onanismes identitaires télévisuels, aux onanismes identitaires " ludo-numériques " (dont nos enfants sont très friands !), aux onanismes identitaires patriotiques et guerriers (banalisés tout au long du XXème siècle et sûrement tout au long du XXIème siècle), aux onanismes identitaires herméneutiques (les religions d'Etat ou encore le courant psychanalytique d'Etat tel que le lacanisme dans sa forme universitaire contemporaine, heureusement restrictivement franco-française…), aux onanismes identitaires psychotropiques, alcooliques, néo-addictifs (les sports par procuration…), etc.

Toutes ces prothèses qui usinent " manipulatoirement " et à notre insu notre sensibilité et notre relief identitaire, sont en train de transformer les technocraties en " aliénocraties " cognitives où les citoyens auront de moins en moins la possibilité d'ordonner et d'actualiser leurs reliefs symboliques et pulsionnels.

Ainsi, le fin du fin du contrôle totalitaire par le politique de la sphère intime des citoyens correspond à ce nouveau contrôle invisible de leur vie symbolique, dans une sorte de viol cognitif indolore et multi-topique.

Pour parodier créativement Hannah Arendt, on peut poser cette nouvelle définition de l'hyper-politisme ou plutôt de l'hyper-étatisme contemporain : " La raison d'être de l'hyper-étatisme contemporain des grandes fédérations occidentales est l'asservissement cognitif définitif des citoyens et son champ d'expérience est la déshumanisation avancée de la société ". Après cela, on ne peut plus se demander naïvement où et quand va s'installer définitivement cette citoyenneté psychotique républicaine de type méta-patriotique, néo-fédéraliste et hyper-guerrier…

Cette nouvelle forme de guerre à l'intérieur du Self des citoyens est donc une véritable guerre cognitive anti-civique de nature médiatique, neurochimique, synaptique et pulsionnelle qui, au-delà du bouclage quasi-terminé de sa forme occidentalisée, est en train de prendre une forme mondialisée. Ainsi, nous savions que, depuis quelques millénaires et jusqu'à nos jours, l'histoire de l'(in)humanité s'est systématiquement confondue avec l'histoire de la guerre ; mais - avec ce nouveau type de guerre -, nous assistons là, réellement, au début de la fin de la civilisation car l'identité symbolique du peuple avec ses humeurs et ses affects commence - pour la première fois dans l'histoire de l'humanité - à être usinée massivement et mondialement par ces nouvelles techniques de dépersonnalisation de masse orchestrées essentiellement par les deux grandes fédérations césaristes américaine et européenne [qui dérivent sulfureusement vers l’hyper-politique intra-fédéral et le méta-gouvernemental planétaire] via la mondialisation :

de leurs taux de change* [opportunément flottants ! Comme – par exemple - pour la pseudo-parité imposée peso argentin/dollars US* ou peso mexicain/dollars US*],
de leurs taux d’intérêts* [qui font opportunément la gigue ! Comme en 78/79 lors de la hausse brutale et volontairement ligaturante des taux d’intérêts des crédits de la Banque Mondiale* – et ses 5 filiales - par la Réserve Fédérale Américaine* accordés aux 100 pays pauvres et très endettés du Tiers-monde*],
de leurs crédits,
de leurs Plans d’Ajustement Structurel imposés par le philanthrope FMI* (renommés en urgence – censure rampante oblige – FRPC* c’est-à-dire Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance*),
de leurs ventes d’armes*,
de leurs ventes de centrales nucléaires*,
de leurs services secrets,
de leurs apartheids pharmaceutiques*,
de leurs surveillances numérique et électronique planétaires*,
de leurs guerres coloniales*,
de leurs débarquements coloniaux*,
de leurs camps de concentration*,
de leurs sites noirs* et de leurs centres de tortures*,
de leurs exécutions extra-judiciaires*,
de leurs disparitions « Nuit et Brouillard* »,
de leurs « Restitutions Extraordinaires* » et de leurs enlèvements internationaux supra-légaux*,
de leurs méga-institutions d’intrusions transnationales*,
de leur projet de Gouvernance planétaire Occidentalisée* [en Novlangue d’Empire ou d’Etat] et de « Gouvernement Mondial Pro-occidental* »,
etc.

Le cycle de l'histoire est donc bien en train de passer d'une suite ininterrompue de guerres, à un arrêt brutal de la subjectivité consciente des peuples par implosion cognitive progressive, mondialisée et furtive de l'ensemble des citoyens de la planète en ce début de XXIème siècle.

Cette crise civique de l'identité symbolique est historiquement complètement monstrueuse, bien au-delà des abjections " banales " de l'histoire de l'hominisation, avec le développement dans de nombreux pays de cette nouvelle forme de société méta-fasciste ou méta-totalitaire où les citoyens sont activement dépersonnalisés, décérébrés et politiquement déresponsabilisés afin de les rendre pro-étatiquement, pro-impérialement et surtout pro-électoralement complètement opérationnels.

En conséquence, les concepts traditionnels de l'ancien paysage démocratique républicain (la citoyenneté, l'ordre public, la santé publique, la liberté de conscience, les libertés individuelles, la puissance de l'Etat, le système électoral de la République, la Constitution, le Suffrage Universel…) sont en train de devenir (et le sont déjà pour de nombreux pays technocratiques) complètement obsolètes, voire ineptes.

Finalement, ces nouvelles hétéronomies assistées des citoyens, en virtualisant " indolorement " leur conscience de Soi, en allégeant artificiellement le poids de leurs responsabilités sociétales et en les verrouillant furtivement dans une apathie républicaine et dans un apragmatisme démocratique extrême, permettent de pré-identifier de nouvelles formes de sociétés totalement " stables ", non plus pilotées par des " nucléocrates " et par des " énarques ", mais pilotées par des " neurocrates " et par des " schizocrates ".

Elles vont devenir certainement à terme, à la fois le terminus politique de l'histoire et en même temps l'apogée post-étatique et néo-impériale de la dé-civilisation technocratique. On peut même envisager aujourd'hui pro-activement – uniquement pour les chercheurs non-étatisés des sciences humaines -, par anticipation créatrice, de nouvelles topologies de recherche dans la philosophie politique, dans les sciences sociales, dans les sciences politiques mais aussi bien sûr, dans les sciences militaires (devenues " extrêmement " importantes au XXème siècle…) qui auraient pour lieu et pour objet les origines et la fin de la conscience symbolique et humaniste des citoyens et des peuples…

Les Etats modernes, en limitant savamment et furtivement la conscientisation et l'actualisation du Self de chaque citoyen, ont ainsi inventé une nouvelle forme de neutralisation invisible et très performante des contre-pouvoirs civiques. Ils ont bien compris que, moins les citoyens sont propriétaires de leur identité symbolique, de leur corps, de leur cognition et de leur socialité, plus le pouvoir politique est puissant par coercition charismatique et par confusion symbolico-identitaire sur le peuple.

L' " Etat-pseudo-providence " des années 80 avec ses protections sociales, avec ses leurres " assistanciels ", avec ses menottes " assurancielles " et avec ses " psychotropisations " socio-anesthésiantes de masse s'est transformé en « Etat-ingérence* » et en « Etat Intrusif* » , scellé sur de nouveaux centres de gravité néo-totalitaires, panoptiques, furtifs et incestueux, épaulé par une panoplie d'institutions hyper-sécuritaires, pseudo-informationnelles et pseudo-culturelles et pérennisé par des praxis " schizocratiques " de plus en plus socio-dépersonnalisantes et démocidaires.

La plupart des soi-disantes grandes démocraties fédérales occidentales actuelles, la plupart des républiques dites « constitutionnelles » et la plupart des méga-technocraties sur-militarisées contemporaines telles que l’Europe ou les Etats-Unis, en structurant et en stimulant ouvertement ces processus de « désubjectivation » civique de masse, peuvent donc être qualifiées - en tant que systèmes hyper-étatiques et hyper-politiques – de méta-fascistes et de méta-totalitaires.

En œuvrant pour de telles politiques de « désubjectivation avancée » des citoyens, ces Etats ont inventé une nouvelle praxis totalitaire résolument efficace et particulièrement furtive grâce à ces nouvelles formes de sujétion civile extrêmement novatrices, secrètement despotiques et totalement invisibles !

Aux anciennes sujétions historiques impériales puis étatiques qui étaient essentiellement extérieures (qui bien sûr sont toujours opérationnelles), s'est donc ajouté tout récemment ce nouveau train de sujétions méta-impériales où le citoyen occidental est aliéné à l'intérieur même de ses représentations mentales corporelles, cognitives et socio-politiques les plus importantes – mais aussi les plus archaïques (désir de sécurisation, désir de reconnaissance, désir d’agression, etc.).

Accessoirement, ces nouvelles formes étatiques et post-étatiques de sujétion cognitive collective par virtualisation identitaire, par " psychotropisations " multiples et par technologisations psychiques, permettent notamment de transcender définitivement l'indépassable problématique scientifique de " la butée chimique et moléculaire " des neurotransmetteurs qui empêchait de " reformater " définitivement, dans une sorte de " Solution Finale Cognitive ", les représentations mentales des citoyens.

En usinant directement et industriellement les représentations mentales des citoyens, elles permettent donc aux Etats technocratiques, grâce à l'appui incestueux des scientifiques, d'accéder à un nouveau type de drogues quasi-parfaites et non identifiables comme telles, qui ont les avantages pro-impériaux de contourner la barrière des neurotransmetteurs, d'être totalement furtives, d'être sans effets secondaires identifiables et de cibler directement, indolorement, furtivement et polytopiquement l'identité profonde des citoyens sur un large spectre étatique, modulable à volonté.
Ces méta-drogues provoquent ainsi de nouvelles formes " terminales ", jusqu'alors inconnues, d'accoutumance invisible et d'assuétude silencieuse par " schizophrénisation " de la personnalité des citoyens en les incitant à s'auto-assujettir en boucle dans de merveilleuses conduites d'addictions médiatiques, numériques, électroniques, pseudo-sportives, pornographiques, pseudo-ludiques et chimiques, sans réelle conscience de leur intentionnalité auto-destructrice ou souvent avec une pseudo-conscience de leur pseudo-intentionnalité évolutive…

Au total, nous assistons tous, béats et obséquieux, aux abolitions subreptices de notre vie privée, de nos libertés civiques et de notre virginité cognitive. Nous apprécions même, de plus en plus, notre nouvelle renaissance impériale de citoyens-psychotiques républicains en citoyens-schizophrènes fédéraux, sur-usinés " psychotropiquement ", médiatiquement et pédagogiquement. De plus, nous devenons ainsi extrêmement fiers de collaborer électoralement, fiscalement, colonialement et pré-martialement à ces nouveaux méga-Etats fédéraux.



La deuxième partie de ce texte sera publié en Avril 2007. Elles concernera notamment les manipulations médiatiques anté-électorales de l’Etat (Cry Wolf Syndromes d’Etat, Syndromes médiatiques de Damoclès, etc.).



Extrait de « Terreurs médiatiques d'Etat ». Terreurs insécuritaires, Terreurs anti-terroristes, Cry Wolf Syndroms, Syndrome de Damoclès…, Chapitre VI, Christian Nots, A paraître en 2008.



[*] Même si les sites « sensibles » (militaires, méta-informatifs, contenant accidentellement des méta-informations matricielles, géo-stratégiques, etc.) sur Internet sont dé-référencés volontairement (ainsi que leurs mots-clés), le sigle * indique des mots-clés tangentiels importants – souvent peu ou non connus des internautes – qui permettent l’accès à l’infosphère la plus raffinée ou à des méta-données stratégiques relativement peu ou pas diffusées – évitant ainsi à l’internaute les très difficiles triangulations méta-cognitives et/ou quantiques qu’il ne maîtrise normalement pas.

source : catherine.toillon@orange.fr

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