samedi, avril 07, 2007

"Comme une nostalgie de divan"

L'article "Comme une nostalgie de divan" par Jean-Pierre Gattegno me fait penser que des personnes ont beaucoup de mal à se retrouver face à eux-mêmes justement. Il semblerait qu’ils rejettent leur "moi" lors de l’analyse.

Ils ont ce sentiment que l'analyse leur a ouvert les yeux mais persistent à se demander pourquoi tellement ils sont ancrés dans leur système de pensées... "Pourquoi les choses ne changent pas puisque je sais d'où elles viennent ?". Le fait est que beaucoup demeurent dans l'attente... d'un messie ? J'ai ce sentiment que plus le temps passe plus l'humanité est soumise à une forme de régression. Les gens veulent des réponses mais réagissent comme des enfants. "Pourquoi, à cause de qui, c'est pas ma faute, je suis nul... etc". Voilà ce que j'entends. Comme si les gens n'étaient plus acteurs de leur propre vie.

Alors comment rendre compte de leur personne dans une analyse ? Effet pervers de l'évolution ou crise passagère, ça je n'en sais rien... mais cela m'interpelle.

De plus, la science a saisi cette opportunité en donnant des réponses concrètes quoiqu’arbitraires... génétique, pharmaceutique etc. La société ne demande plus d'évoluer positivement mais de pallier aux problèmes rapidement, comme si c'était l'urgence de faire tourner le système économique mondial. Et dans l’ère du fast-food, il semblerait que nous ayons vécu l’émergence d’une mode du open-and-shut s’étendant, notamment, à la psyché et persistante. Résultat, ce "moi" est oublié, fragilisé et il en est qui s'en frottent les mains. La psychanalyse devrait-elle tenir le rôle de rééducateur ?

L’évolution de la psychanalyse réside en l’évolution du moi de l’analyste et pas uniquement en des résultats satisfaisants auprès d’analysés qui eux aussi nourrissent l’ego intrinsèquement.

Elle est pour moi victime de mystification par l’adoration de quelques personnages qui ont certes posé les premières pierres, d'une part, et d'autre part, tente de réparer les erreurs dûes au fait que l'esprit subit la rapidité grandissante du système et ses exigences.

Et quand on considère la puissance de l’inconscient donc, on ne peut pas considérer la psychanalyse que comme un espace de liberté et de compréhension de son moi profond… il manque une étape, la réinstauration d’une cohérence entre le consultant et son esprit. Car si des énigmes sont résolues en analyse grâce à l’analyste, il n’empêche que l’esprit n’appartient toujours pas à celui qui se fait analyser. C’est comme louer un appartement. On y vit mais nous ne sommes pas propriétaires. Et l’appropriation de cette révélation du moi est indispensable pour la suite des évènements, à mon sens. Peut-être est-ce aussi une question de feeling avec l’analyste, enfin à condition qu’il ne s’agisse pas d’un phénomène de transfert… peut-être la psychanalyse devrait-elle s’inspirer de philosophies qui tendent à réconcilier l’âme et le corps, l’être et l’esprit…

Pour ce qui est de la défaite du père, je pense qu’il faut considérer une démission générale des parents pour ce qui est de l’éducation, sans compter évidemment les conflits incessants entre féministes et machistes, pro parité et pro femme balai en main etc

Les femelles dominent après avoir été dominées et les mâles ne lâchent pas le morceau de viande, par orgueil ou par peur de perdre leur virilité. Que de discours inutiles quand on sait qu’une parité absolue ne sera jamais possible et que chacun a sa place. Mais bientôt règlerons-nous ce dilemme à coup de massue façon Pierrafeu (pardonnez ma référence quelque peu puérile), voire de silex.

Personne n’est à blâmer réellement, il ne tient qu’à l’être humain d’opter pour une juste réflexion et d’ouvrir les esprits sans autant d’acharnement que l’on jette bien volontiers en pâture à l’ego, qui s’en délecte c’est certain.

Flo FloB


http://www.squiggle.be/squiggles_rebonds_et_meditations/comme_une_nostalgie_de_divan__par__jeanpierre_gattegno_psychanalyse.html

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