vendredi, avril 06, 2007

La société sur le divan. Éléments de mythanalyse

La société sur le divan. Éléments de mythanalyse

Hervé Fischer

(Montréal, le 30 mars 2007.) – L’artiste-philosophe Hervé Fischer apporte avec La société sur le divan, une nouvelle pierre à la construction de sa théorie philosophique, l’hyperhumanisme. Cette philosophie, qu’il développe depuis de nombreuses années et dont il nous fait partager les avancées avec ses titres publiés régulièrement, est basée sur une anthropologie contemporaine (Le choc du numérique et Cyberprométhée), une logique (La planète hyper), une éthique (Nous serons des dieux) et une ontologie : la mythanalyse.

La mythanalyse, qu’il conçoit aussi comme une thérapie de la psyché collective et personnelle, et telle qu’Hervé Fischer nous en propose les éléments théoriques dans ce nouvel ouvrage, tente de mettre en évidence les mille et un cauchemars et enchantements qui surgissent sans cesse et qui font de ce monde ce que nous en croyons.

« Face à la pensée magique triomphante, aux cyberprimitifs, à l’instinct de puissance qui plane sur notre planète, au catastrophisme et à l’intégrisme renaissant qui s’y mêlent […] la mythanalyse tend à démontrer l’incontournable puissance de l’irrationnel dans lequel se situe la condition humaine. »

En effet, Cyberprométhée, se mêle aux jeux d’Éros et Thanatos et tous trois semblent l’emporter aujourd’hui sur la trilogie du réalisme, du rationalisme et de l’humanisme que les hommes ont tenté de bâtir depuis quelque cinq siècles.

Après plusieurs chapitres consacrés à lever les obstacles théoriques qui pourraient encombrer le chemin, Fischer affirme que la théorie freudienne demande à être déplacée de l’analyse biographique individuelle à celle du groupe social.

« Oui, pour le meilleur et pour le pire, les sociétés ne manquent pas d’inconscient ! Mais le psychanalyste aurait bien du mal à les traiter. […] Pourtant, les sociétés rêvent et cauchemardent; elles s’inventent des pères et des mères, elles ont des désirs, des peurs, des tourments, des pulsions de puissance et de destruction. Elles souffrent de diverses pathologies, subissent des traumatismes qui les marquent et pratiquent sans aucun doute le refoulement. »

Alors, nous demande Fischer, comment les écouter ? Comment les faire parler ? Elles ne sonnent pas à la porte du mythanalyste pour consultation, même si elles prennent des tranquillisants et des euphorisants. L’auteur propose pourtant justement d’écouter avec attention les innombrables récits des sociétés, sonores, visuels, écrits, gestuels, etc. Il consacre d’ailleurs le dernier tiers de son livre à l’analyse de trois mythes majeurs, à titre d’exemples, ainsi que leurs déclinaisons concrètes et détaillées : la raison, l’art et la nature.

Terminant avec la prédiction réconfortante d’une réconciliation, à court ou moyen terme, entre nature, culture et technologie, Hervé Fischer suggère de surimposer à la loi darwinienne de l’adaptation, la loi de la divergence pour comprendre notre évolution. Et il continue à prétendre que nous serons des dieux lorsque nous cesserons enfin de croire en d’autres dieux que nous-mêmes et que nous penserons et parlerons en notre nom.

« Puisque notre rapport au monde est de nature imaginaire, c’est bien le moins d’oser l’imaginer pleinement, d’oser le réimaginer autrement. Cette liberté est notre conquête, notre pouvoir humain de création et notre responsabilité éthique. »


Artiste-philosophe, Hervé Fischer a enseigné pendant de nombreuses années la sociologie de la culture et de la communication à la Sorbonne-Paris V.

Parallèlement, il a mené une carrière d’artiste multimédia. Il a été fondateur de « lart sociologique » en 1971, puis cofondateur et coprésident, en 1985, avec Ginette Major, de la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal. Il a été titulaire de la chaire Daniel Langlois de technologies numériques et de beaux-arts à lUniversité Concordia de Montréal et responsable de la conception d'un Médialab québécois, Hexagram (2000-2002), en collaboration avec l’Université du Québec à Montréal, où il crée actuellement un Observatoire international des nouveaux médias.

Il a publié de nombreux livres, notamment : Le choc du numérique (VLB éditeur, 2001), CyberProméthée. L’instinct de puissance (VLB éditeur, 2003), La planète hyper. De la pensée linéaire à la pensée en arabesque (VLB éditeur, 2004), Le déclin de l’empire hollywoodien (VLB éditeur, 2004) et Nous serons des dieux (VLB éditeur, 2006).


En librairie à partir du 3 avril 2007 – 304 pages - 27,95 $

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Pour information :

Marie-Pierre Barathon

Tél. : (514) 523-7993, poste 4214 ; mbarathon@groupevml.com

Virginie Perron

Tél. : (514) 523-7993, poste 4545 ; vperron@groupevml.com

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