vendredi, juin 08, 2007

Fromm & Freud


FROMM ET FREUD
Quelle est l’attitude générale d’Erich FROMM envers le fondateur de la psychanalyse : il considère les découvertes de Sigmund Freud comme une contribution capitale à la connaissance de l’homme, comme une théorie radicale offrant un «potentiel révolutionnaire » de transformation de la société : « la découverte de Freud était potentiellement révolutionnaire parce qu’elle aurait pu amener les individus à ouvrir leurs yeux à la réalité de la structure de la société où ils vivent et, de là, à désirer la changer en accord avec les intérêts et les aspirations de l’immense majorité »Ce qui est radical et fondamental dans l’approche freudienne, ce n’est pas sa théorie de la sexualité, ni la métapsychologie psychanalytique. C’est la mise en relief « (du) rôle capital du refoulement et la signification fondamentale du secteur inconscient de notre vie mentale ».Freud, après Galilée et Darwin, a fait tomber (virtuellement) la « dernière illusion », en quelque sorte : « cette théorie était radicale parce qu’elle s’attaquait à la dernière forteresse de la croyance de l’homme en son omnipotence et en son omniscience, la croyance en sa pensée consciente considérée comme donnée primordiale de l’expérience humaine (...) ; personne n’avait mis en doute que sa pensée consciente était la dernière donnée sur laquelle (l’homme) pouvait compter. Freud a privé l’homme de l’orgueil qu’il plaçait dans sa rationalité. Il est allé jusqu’aux racines -c’est ce qu’exprime littéralement le mot « radical »- et a découvert qu’une bonne partie de notre pensée consciente ne fait que dissimuler nos pensées et nos sentiments véritables et nous cache la vérité : la plus grande partie de notre pensée consciente est un faux-semblant, une simple rationalisation de pensées et de désirs dont nous préférons ne pas avoir conscience ».

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