mardi, juillet 31, 2007

Michael Stora psy sur Second Life

Second Life : une nouvelle thérapie ?

Vivre une deuxième vie, c'est possible... sur Internet. Chaque jour, des milliers de personnes se rencontrent, s'aiment et font du business dans Second Life, un univers virtuel qui...


Second Life : une nouvelle thérapie ?

« Je soigne des patients dans Second Life »


Entretien avec Michael Stora, psychologue et psychanalyste, auteur de Guérir par le virtuel (Presses de la Renaissance, 2005).
Psychologies : Peut-on faire une « vraie » psychothérapie dans Second Life ?
- Michael Stora : Je ne crois pas trop à une psychothérapie classique dans SL, et puis la confidentialité des échanges entre psy et patient n'y est pas garantie. Mieux vaut exploiter ce qui fait la richesse de Second Life, c'est-à-dire un monde où le patient peut agir, se confronter aux autres avatars qui deviennent des sortes de cothérapeutes. D'habitude, c'est très long de faire comprendre à un patient qu'il a un inconscient, or, dans cet univers, il peut y avoir accès directement. C'est le travail que j'ai essayé de faire avec deux de mes patients. Je me suis créé un avatar, eux le leur. Ensemble, devant mon ordinateur, nous rejoignons l'univers de Second Life.
Comment avez-vous travaillé ?
- L'une souffre d'agoraphobie. Mon hypothèse était que, derrière l'agoraphobie, il y a une répression de fantasmes exhibitionnistes... et elle s'est choisie pour avatar une femme pulpeuse et provocatrice. Peu à peu, elle a pu parler du rejet qu'elle avait pour son corps, a osé se promener sur l'une des places les plus fréquentées de SL, y a même pris du plaisir. Puis un homme l'a invitée chez lui. Là, ça devient plus compliqué pour le psy... Elle va donc poursuivre ses aventures de chez elle et nous continuerons à en parler ensemble.
Et l'autre expérience ?
- Mon second patient est marié, la quarantaine, trois enfants. Il a une vraie envie homosexuelle et même un fantasme de travestissement, mais n'a jamais osé passer à l'acte. Il a choisi un avatar de femme plutôt androgyne et s'est acheté un pénis escamotable, invisible sous ses vêtements... La dernière fois, il a rencontré un homme qui a très mal réagi lorsqu'il a découvert qu'il cachait un sexe d'homme sous son apparence féminine. Il a donc décidé de se créer un nouvel avatar, masculin cette fois-ci. Mon travail est de l'aider à faire un choix sexuel : s'il s'incarne en homme, peut-être ira-t-il dans le sens d'une homosexualité mieux vécue. Mais le fait de se simuler dans un premier temps comme une femme, objet de désir pour d'autres hommes, l'a aidé à assumer son désir homosexuel.
Vous avez le projet de créer une île thérapeutique. Les avatars consulteraient-ils pour des problèmes liés à leur vraie vie ? Ne s'inventeraient-ils pas aussi des problèmes imaginaires ?
- Non, je n'y crois pas du tout. L'avatar représente une part obscure de soi, que l'on a refoulée ou réprimée, mais qui a toujours été là. Ce sont donc des personnes réelles qui viendraient consulter par le biais de leur avatar. Je leur poserais en amont des questions sur leur histoire. Puis nous pourrions mettre en scène des situations qui les confronteraient à leurs fantasmes, leurs angoisses, à des figures métaphoriques de la mère, du père... Ce serait un mélange de narration et d'action, de psychanalyse et de psychologie comportementale. A force de se mettre en scène autrement, les résidents pourraient apprendre à dépasser leurs inhibitions, à renforcer leur estime de soi.

2 commentaires:

Hugobiwan Zolnir a dit…

Génial :)

Mais peut-on connaître le nom de l'avatar de M.Stora ?

Cordialement,

Hugues AUBIN
http://sldirect.blogspot.com

consultation psychologue en ligne a dit…

Pas si sur que ce soit une bonne thérapie. Au contraire cela peut enfoncer la personne dans ses problèmes...

consultation psychologue en ligne