jeudi, août 23, 2007

La psychanalyse : chercher, inventer, réinventer


La psychanalyse : chercher, inventer, réinventer
Titre : La psychanalyse : chercher, inventer, réinventer
Auteur : Jean François, Collectif
Paru le : 05/03/2004
Editeur : ERES
Isbn : 2-7492-0246-9 / Ean 13 : 9782749202464


La psychanalyse aurait-elle atteint ses limites grâce à une formalisation qui fonderait son exercice et sa transmission ? Freud assignait à chaque cure deux tâches conjointes, soigner et chercher ; Lacan a ajouté que chaque psychanalyste est forcé de réinventer la psychanalyse.
Poser l'inconscient met en œuvre dans la cure, avec l'association libre et l'attention flottante, une méthode singulière d'investigation qui oriente la recherche et fraie les voies de l'invention signifiante du sujet dans sa rencontre avec le réel. Poser l'inconscient nécessite que l'analyste, en se faisant cause du désir de l'analysant, donne une chance au sujet de chercher et d'inventer. Poser l'inconscient détermine un insu irréductible au cœur du savoir : inventer et réinventer deviennent dès lors passage obligé pour le désir de l'analyste et pour son acte.
Chercher, inventer, réinventer ne sont pas propres au champ psychanalytique, mais paradoxalement, alors que ces thèmes sont primordiaux chez Freud et chez Lacan, ils ont été peu reconnus, peu construits et peu développés dans la littérature analytique. Les contributions rassemblées dans ce volume questionnent leur pertinence et leur actualité ; des psychanalystes et des chercheurs interrogent comment, aujourd'hui comme hier, la pratique de la cure et la construction théorique en psychanalyse imposent une méthode, une position subjective, un style de recherche et d'invention qui spécifient, au regard d'autres disciplines, la praxis analytique de la théorie.
Cet ouvrage situe les démarches de recherche et d'invention au fondement et au cœur de la psychanalyse ; il tente de montrer en quoi elles demeurent l'objet et la condition de l'exercice de la psychanalyse, de sa transmission, et des formations du psychanalyste.





- ©Thot/Cursus 24-3-2004


Chercher, inventer, réinventer ne sont pas propres au champ psychanalytique, mais paradoxalement, alors que ces thèmes sont primordiaux chez Freud et chez Lacan, ils ont été peu reconnus, peu construits et peu développés dans la littérature analytique.

Les contributions rassemblées dans ce volume questionnent leur pertinence et leur actualité ; des psychanalystes et des chercheurs interrogent comment, aujourd'hui comme hier, la pratique de la cure et la construction théorique en psychanalyse imposent une méthode, une position subjective, un style de recherche et d'invention qui spécifient, au regard d'autres disciplines, la praxis analytique de la théorie.

Cet ouvrage situe les démarches de recherche et d'invention au fondement et au cœur de la psychanalyse ; il tente de montrer en quoi elles demeurent l'objet et la condition de l'exercice de la psychanalyse, de sa transmission, et des formations du psychanalyste.

Sommaire

À propos de la pulsion de savoir en 1915.
Freud, Ferenczi : une recherche, deux styles.
Reik lecteur de Mahler, tours et détours d'une recherche.
Imago, un laboratoire pour la science des religions.
Quelle recherche pour une pratique de bavardage ?.
Un antécédent de Lacan : le surréalisme.
Une place introuvable.
Le frayage et le cheminement.
L'invention du borroméen.
L'invention de la vraie épiphanie.
Apprendre à inventer ?.
Vérifier un désir inédit.
Réinventer, l'insu-que-sait de la passe.
Négligences
Le chercheur

Prix : 21,85 euros
Auteurs : François, Jean / Collectif

La psychanalyse : chercher, inventer, réinventer

Plagiat psychique : "Tom est mort", la polémique



Camille Laurens en août 2006.


chaque rentrée sa polémique, sa dispute, ses invectives. L'année dernière, c'était le gros roman de Jonathan Littell, Les Bienveillantes, qui avait suscité des commentaires opposés et des critiques passionnées - ou passionnelles. Cette année, c'est une autre querelle qui éclate, plus brutale et personnelle. Elle touche deux auteurs importants de la même maison, POL : Marie Darrieussecq, dont le premier roman, Truismes, avait paru en 1996, et Camille Laurens qui avait sorti son premier livre, Index, cinq ans plus tôt. La première publie en cette rentrée son huitième roman, Tom est mort. Comme son titre l'indique, le livre raconte une mort, celle d'un enfant, dix ans plus tôt. C'est la mère qui est la narratrice. C'est elle qui parle tout au long du livre, à la première personne. Or Marie Darrieussecq n'a jamais connu un tel deuil.



Quant à Camille Laurens, elle avait publié, toujours chez POL, en 1995, un court récit, Philippe, relation de la mort de son bébé, l'année précédente, deux heures après sa naissance. C'est sur ce livre, et donc sur cette réalité du deuil qu'elle s'appuie dans un texte intitulé "Marie Darrieussecq ou le syndrome du coucou", à paraître au début de septembre en tête du dernier numéro de La Revue littéraire, publiée par les éditions Léo Scheer (no 32, automne 2007).

C'est en juin, à Toulouse, que Camille Laurens apprend, raconte-t-elle, l'existence du livre de Marie Darrieussecq. Elle constate alors une certaine gêne de sa consoeur et de l'éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, pour lui en parler. "... Je me suis sentie soudain menacée, mais sans savoir de quoi."

Elue entre-temps jury du prix Femina, Camille Laurens lit quelques jours plus tard Tom est mort, dit-elle, "dans un vertige de douleur, le sentiment d'une usurpation d'identité, la nausée d'assister par moments à une sorte de plagiat psychique". Elle rappelle ensuite une autre polémique, qui avait été lancée en 1998 par Marie NDiaye contre Marie Darrieussecq qui publiait alors son deuxième roman, Naissance des fantômes. La première accusait la seconde non de "plagiat" mais de "singerie" de ses propres romans. La querelle avait fait long feu.

Estimant que l'écrivain - mieux que le critique ou l'éditeur - "sait ce qui lui appartient", Camille Laurens écrit : "J'ai eu le sentiment, en le lisant, que Tom est mort avait été écrit dans ma chambre, le cul sur ma chaise ou vautrée dans mon lit de douleur. Marie Darrieussecq s'est invitée chez moi, elle squatte." Pour étayer ses accusations, elle affirme avoir "aisément" reconnu des "passages de Philippe, mais aussi de Cet absent-là où (elle) évoque cet enfant perdu (...) : phrase ou idée, scène ou situation, mais aussi rythme, syntaxe, toujours un peu modifiés mais manifestement inspirés de mon épreuve personnelle et de l'écriture de cette épreuve." Parmi les quelques exemples qu'elle cite, celui-ci : "Je ne suis pas le corps, je suis la tombe." (Philippe) ; "Sa terre natale, moi. Moi, en tombe." (Tom est mort). "Je ne dis pas que le piratage soit constant, mais les occurrences suffisent à créer une tonalité, un climat littéraire et stylistique, sur lesquels je ne peux pas me tromper", conclut-elle sur ce point.

Pour Camille Laurens, Tom est mort "pose la question de l'obscénité et du cynisme" dans la mesure où Marie Darrieussecq, n'a pas, comme elle, vécu directement le drame de la mort de son enfant. "Au bout du compte, mise à part l'émotion facile et prompte, quel est le projet d'un tel déploiement sur un "thème" aussi consensuel ?", s'interroge-t-elle, avant de dénoncer "l'ambiguïté de l'instance narrative" : "La mort, d'accord, mais pour de faux. La mort, c'est du roman !"

Enfin, faisant allusion au second "métier" de Marie Darrieussecq, la psychanalyse, Camille Laurens rappelle que la psychanalyse comme la littérature ont en commun une même "exigence de vérité" et ajoute : "La vérité ne va rien chercher en dehors d'elle-même - et surtout pas dans le discours des autres". En conclusion, elle grince : "Rappelons donc à la thérapeute distinguée comme à la romancière à succès qu'on n'endosse pas la douleur comme on endosse un chèque."

Marie Darrieussecq, auteur d'une thèse sur l'autofiction, qu'elle ne pratique pas dans ses romans - à la différence de Camille Laurens - avait rendu hommage à celle-ci, et à son livre Philippe, dans un entretien à la revue professionnelle Livres Hebdo (du 29 juin), "l'un des livres pour lequel j'ai choisi POL". Anticipant peut-être la polémique elle avait déclaré : "Sans doute est-ce une grande transgression d'écrire une fiction avec la mort d'un enfant, mais avec les tabous, on ne peut pas écrire. Si l'on pense qu'il y a des sujets interdits, autant ne pas écrire."

Jointe au téléphone, Marie Darrieussecq, très émue, se dit "calomniée" par Camille Laurens. "C'est une lutte haineuse où un écrivain veut tuer un autre écrivain", affirme-t-elle. C'est un "ignoble concours de douleurs" ressenti à la lecture de son texte. "Je suis mise en demeure de me justifier pour avoir osé parler de la mort des enfants." Puis elle explique : "On n'écrit pas Tom est mort sans raison. Mes parents ont perdu un enfant. Il y a eu chez eux une forme de silence que je respecte, admire. Je ne suis pas moins légitime comme soeur que comme mère endeuillée. Il y a une universalité de la douleur." A propos de la justification par le seul vécu, qui pose la question de l'autofiction, Darrieussecq ajoute : "Je suis un écrivain de fiction et j'ai voulu, dans un récit décalé, décrire les étapes de la douleur. J'ai cherché à être ce "je", cette première personne... J'ai pensé à Françoise Dolto qui parle des universaux du deuil. Les mères endeuillées ont toutes les mêmes cris."

Quant à Paul Otchakovsky-Laurens, il nous a dit son intention de répondre à Camille Laurens, dont il annonce qu'il n'éditera plus les livres.

lundi, août 20, 2007

activités de F.Georges sur l'OMNSH


Fanny Georges

Présidente et cofondatrice de l’OMNSH, Fanny Georges étudie l’avatar et les représentations de soi dans les dispositifs interactifs.

Attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, je suis doctorante en Esthétique, Arts et Sciences de l’Art, Centre de Recherche Images Cultures et Cognition (CRICC, Paris I).

Après une maîtrise de linguistique des langues anciennes sur la création poétique personnelle dans le Bouclier du Pseudo-Hésiode en 1999, j’ai transféré mes questionnements sur les représentations interactives.

Ma thèse, non encore soutenue, s’intituleSémiotique de la représentation de soi dans les dispositifs interactifs, sous la direction de Bernard Darras. J’y étudie la signification de l’avatar et des représentations de l’utilisateur dans les dispositifs de communication, jeu vidéo et dispositifs artistiques.


--------------------------------------------------------------------------------

Assistant professor in art and cultural studies at the University Paris I Panthéon-Sorbonne, Fanny Georges is the president and cofounder of the OMNSH.

Her Thesis is a semiotic analysis of the representation of self in virtual environments (Title : Sémiotique de la représentation de soi dans les dispositifs interactifs/ Semiotic of the representation of self in interactive devices.


--------------------------------------------------------------------------------

E-mail : fannygeorges[at]free.fr

Site personnel : http://fannygeorges.free.fr

mercredi, août 15, 2007

le cimetière des fous


Lucien Bonnafé n’a pas seulement été l’un des psychiatres fondateurs de la politique du secteur en France. Il a été aussi un poète, un surréaliste, un militant. Dans ce film produit par les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Ceméa), on trouve avec bonheur des documents sonores, comme la lecture de cet extraordinaire poème de Paul Eluard, Le Cimetière des fous, écrit pendant l’Occupation dans l’asile de Saint-Alban, des textes de Bonnafé sur la psychiatrie, la politique, le surréalisme, la poésie, des portraits de ceux qu’il a côtoyés, en particulier Franco Basaglia, le visionnaire de la psychiatrie italienne, Louis Althusser ou François Tosquelles, républicain espagnol, figure légendaire du désaliénisme et de la psychothérapie institutionnelle en France...

La plupart des établissements psychiatriques, et notamment les hôpitaux urbains, avait recours aux cimetières municipaux pour inhumer ceux des nombreux malades qui y terminaient leurs jours.

Mais quelques-uns disposaient d'un enclos particulier. Ainsi, Cadillac en Gironde, Saint-Alban en Lozère, Leyme, dans le Lot, Perray-Vaucluse autrefois connu sous le nom d'Asile de Vaucluse


Le Cimetière des fous de Cadillac

L'hôpital de Cadillac en Gironde disposait autrefois d'un cimetière d'un millier de places, disposées autour d'un carré d'une centaine d'Anciens Combattants. Ce cimetière a été installé sur une parcelle attenante au cimetière du village, acquise semble-t-il en 1931. l'Unité pour Malades Difficiles dite Boissonnet a été édifiée sur cette même parcelle dans les années 1960.
Le cimetière a été cédé à la commune -pour un franc symbolique- en 1994. Des inhumations de patients ont cependant continué à s'y dérouler jusqu'en 2002.
Les services techniques de l'hôpital en ont assuré l'entretien jusqu'à la cession à la commune. Il semble être aujourd'hui à l'abandon et offre un spectacle désolant et désolé...
En outre, un projet de "restructuration" de ce cimetière suscite une légitime inquiétude.

Sous le titre Le cimetière des fous, Cadillac, France, 2003/05, Loïc Le Loët en propose de superbes photographies.
Voir aussi l'article de Grégory Lassus-Debat paru dans le Journal l'Humanité (7 septembre 2005), et le très beau texte Les croix en fer, d'Erwan Tanguy.
Sur le même thème, il faut aussi écouter Soixante-quatre, la Chanson à la mémoire des mutilés du cerveau de Cadillac... de Bleu Origine.

Ce samedi 16 juin 2007 a eu lieu lors d'une séance de la Société Française d'Histoire de la Médecine une communication passionnante de Michel Bénézech, intitulée «Heur et malheur du cimetière des aliénés de Cadillac-s/Garonne». Le texte en sera publié prochaînement dans la revue de la Société (Histoire des Sciences médicales).


Saint-Alban

Le cimetière des fous

Ce cimetière enfanté par la lune
Entre deux vagues de ciel noir
Ce cimetière archipel de mémoire
Vit de vents fous et d'esprits en ruine

Trois cents tombeaux réglés de terre nue
Pour trois cents morts masqués de terre
Des croix sans nom corps du mystère
La terre éteinte et l'homme disparu

Les inconnus sont sortis de prison
Coiffés d'absence et déchaussés
N'ayant plus rien à espérer
Les inconnus sont morts dans la prison

Leur cimetière est un lieu sans raison


Paul Eluard, Asile de Saint-Alban, 1943

vendredi, août 10, 2007

Fini le divan, la nouvelle thérapie se fait en marchant

Fini le divan, la nouvelle thérapie se fait en marchant
Par Guillemette Faure (Journaliste) 17H18 30/07/2007


(De New York) A 150 dollars les 50 minutes, un lacet défait et c'est trois dollars foutus. C'est ce qu'on se dit en écoutant Clay Cockrell, un psychothérapeute new-yorkais qui fait parler ses patients tout en vadrouillant dans Central Park.

La méthode a le vent en poupe aux Etats-Unis où de plus en plus de psys marchent ou courent avec leurs patients. Clay Cockrell s'y est mis un peu par hasard: un patient n'arrivait pas à trouver le temps de venir à son cabinet, il lui a donné rendez-vous dehors, les deux ont discuté en avançant. Depuis, trente à quarante fois par semaine, il part en balade avec ses patients. "Pour les hommes en particulier, c'est moins intimidant: ils ont souvent du mal à parler d'eux en regardant quelqu'un dans les yeux."

"Vous n'avez pas remarqué que les gens pensent mieux debout " Professeur de psychologie, Keith Johnsgard est un vétéran de la méthode qu'il pratique depuis les années 1970, emmenant ses patients marcher dans les parcs proches de son université. Il y a consacré un livre et se dit aussi convaincu par l'argument du côte à côte qui pousse aux confidences, comme lors des longs trajets en voiture ou des parties de pêche: "En regardant dans la même direction, les patients sont moins sur la défensive, ils se sentent moins scrutés." L'exercice physique permettrait surtout aux patients d'avoir "un meilleur accès à leurs émotions et sentiments". La marche les met selon lui "en état d'excitation mentale, un peu comme lors d'une colère ou de relations sexuelles extraordinaires", qui les aiderait à plonger dans leurs émotions. Il a déjà été prouvé, ajoute-t-il, que l'exercice permet de lutter contre la déprime. "A la fin de la session, les gens se sentent mieux, sans trop savoir s'ils doivent l'associer à l'entretien avec le psy ou à l'exercice". D'ailleurs, il déplore la concurrence sauvage: "les coachs des salles de sport font facilement de la psychologie de comptoir avec leurs patients".

Et on fait quoi quand on croise des copains avec son psy à Central Park? "Coucou, je vous présente Docteur Maboule"? "Il n'y a aucune raison de révéler que vous êtes avec votre thérapeute", assure Clay Cockrell. Ça lui est arrivé une fois. "Un de mes patients est tombé sur un de ses amis. Il m'a présenté comme un associé de travail, ce qui finalement n'était pas faux…" A une autre occasion, un de ses patients et lui ont vu une femme se faire braquer dans Central Park. "On a hurlé et fait fuir le voleur. Ça nous a conduit à consacrer le reste de la session à l'affirmation de soi."

mercredi, août 08, 2007

le Capitalisme cognitif....

Dans quel capitalisme entrons-nous ? Livre ouvert, en devenir, traitant de la mutation non encore accomplie du capitalisme industriel vers autre chose que lui-même, le Capitalisme cognitif, la nouvelle grande transformation est un petit ouvrage dense qui ouvre la tête. Il avance une interprétation cohérente des signes épars d’une mise au travail inouïe de l’intelligence sociale par le capital et, en même temps, travaille pour y échapper, tout en éprouvant cette puissance créative du collectif, cette «pollinisation» de thèmes et de recherches dont l’auteur, à la fois ruche et abeille, fait ici son miel. Yann Moulier Boutang est un ancien élève de Louis Althusser, à qui il a consacré une biographie de référence. Economiste hétérodoxe, il a su donner de la chair aux abstractions marxistes de l’accumulation primitive dans De l’esclavage au salariat. Proche un temps de l’ouvriérisme italien, il en a suivi la trajectoire théorique au-delà de Marx, ne s’éloignant jamais trop par exemple de Toni Negri, avec qui il a fondé des revues telles Futur antérieur et Multitudes. Le Capitalisme cognitif est une hypothèse explicative et un programme de recherches autour de la troisième «grande transformation» - selon l’expression que Karl Polanyi avait introduite pour caractériser le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel.
Les faits sautent aux yeux, à l’état brut, plus ou moins inquiétants ou rassurants, mais pour le comprendre, voire s’en défendre, la théorie manque, en grande partie. L’auteur entend y remédier et procède par paliers, un peu comme on construit un pont sans échafaudages, s’appuyant au fur et à mesure sur les éléments qui viennent d’être bâtis. Au fondement de cette mue capitaliste on trouve les NTIC, les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cependant le capitalisme cognitif s’intéresse à la valorisation de l’intelligence et de l’innovation, et non pas à celle de l’information déjà largement opérée sous le capitalisme industriel. Entre-temps, des larges pans du capital et du travail sont devenus pour ainsi dire immatériels. Mais attention, la montée en puissance de l’immatériel ne veut pas dire que le travail concret, physique et encore moins le travail industriel se soit évaporé. Le contraire est sûrement vrai, puisque les anciennes associations du capital et du travail se sont délocalisées, comme on dit, investissant des nouvelles sociétés, voire des nouveaux continents.
La vraie nouveauté est que le capitalisme cognitif est de plus en plus au cœur du système, qu’il commande la valorisation de toutes ces autres formes de capital. Dans l’accumulation du capital immatériel, la diffusion du savoir et l’économie de la connaissance jouent un rôle moteur. ­Le travail en réseaux - que rend possible une société où la connaissance et la culture sont largement diffusées et partagées - s’impose comme la forme la plus performante de coopération ­productive. La liberté elle-même devient une force productive, puisque la coopération entre réseaux ne se déploie au mieux d’elle-même que dans la libre association entre individus et se tarît dans la contrainte.
Est-ce à dire qu’il faut laisser faire le capitalisme cognitif afin que les lendemains se mettent à chanter ? Yann Moulier Boutang n’est ni béat ni bête : dans sa troisième grande transformation le capital joue son avenir et non pas le futur de l’humain ou le bien commun. Il n’empêche : la révolution a déjà eu lieu et notre monde est ­désormais moins à changer qu’à prendre, ­justement parce qu’il n’est en rien idyllique.
En ce sens, le programme d’un «réformisme ­révolutionnaire» esquissé par ce livre à la fois ­savant et emporté, naïf et raisonné, pourrait ­paraître quelque peu décevant à front de la ­grande transformation qu’il dessine. Mais que faire quand la révolution a été déjà faite, sinon la reformer ?

source :

Un nouvel article sur le blog www.hansen-love.com
Vous recevez cet email car vous vous êtes abonné au blog www.hansen-love.com

Le troisième capitalisme et la liberté
C'est la capitalisme cognitif : à lire impérativement le papier de Libé, à défaut du bouquin " La liberté elle-même devient une force productive, puisque la coopération entre résea ...




--------------------------------------------------------------------------------

jeudi, août 02, 2007

A propos de Second Life....l'avis du Dr Curci


A propos de Second Life....

voici l'avis du Dr Curci :

Frans, vous m'avez demandé un article pour Khéopsy

Je ne sais èas si je suis encore capable d'écrire des articles, et en plus je suis seulement et simplement un médécin, et un pysychologue, né cognitiviste, avec une analyse freudienne de 5 ans.

Mais, le thème de la SOLITUDE et des TEMPS CONTEMPORAINES (notre époque) il me semble trop important.

Pourquoi une AUTRE VIE?

Ce n'est pas seulement question de 'second life', mais il y-a-t-il deux aspects:

1. la vie contémporaine est devenue IMPOSSIBLE à vivre, pour raisons économiques et politiques, que tout le monde connaissent bien, ou devraient connaitre. La vie AUTHENTIQUE, celle préconisée par Heidegger et par Hanna Arendt est IMPROBABLE, pour la majeur parte des gens. Il ne reste que l'ANALYSE (ET L'ART) semble-t-il. MAIS y a-t-il une deuxième question.

2. la vie imaginaire de chacun, de ceux qui insistent à vouloir une vie authentique, quand elle devient une vie faite de souvenirs d'un improbable monde 'heureux' (ou qui aurait pu etre heureux, vois le socialisme, le communisme, l'anarchie - mais pour cette dernière je me reserve des autres argumentations) n'est il pas un 'cul de sac' dangereux, une cripte, un 'claustrum', un lieu 'au dehors du monde' PIRE que ce de Second Life, de l'Internet, des environnements virtuels?

Second Life est seulement un passage dans l'évolution de l'Internet et de la Science Informatique, non le dernier, nous ne savons pas combien de temps durera-t-il

Mais ce n'est seulement un SOLIPSISME, UN REVE CRIPTE', d'un SEULE PERSONNE.

Y-a-t-il des gens, beaucoup souvant de très jeunes gens, qu'y vivent, qu'y travaillent, qu'y communiquent entre eux, qui apprendent l'un par l'autre, et qui EXPERENT de DESSINER des AUTRES MONDES POSSIBLES.

Donc, il n'y a pas seulement un dicotomie entre la VIE REELLE et la VIE VIRTUELLE (SL ou une autre semblable).

Parce que aussi dans la VIE RÉELLE la plupart des gens (je dis la plupart des gens de GAUCHE - à part les ANARCHISTES, QUI SONT TOUJOURS DANS UNE AUTRE PART ! - parce que des gens de 'droite je 'm' en foute') qui CROIENT de vivre une vie réelle, mais ils vivent une vie imaginaire et close, sans aucune vie ou porte de sortie, si non improbable, fantastique, "anti-utopique "- parce que l'utopie veut dire ce qui n'est pas ici, là, à présent, mais pourrait être, et les "anti-utopistes " cherchent de convaincre autrui qu'il y a des possibilités où il n'y a pas, du tout - NOUS VOULONS L'IMPOSSIBLE - AUJOURD'HUI, PAS L'IMPOSSIBLE - POUR TOUJOURS!)

Qui donc vit une 'deuxième vie' ?

Ceux qui peuvent à introduire leurs idée, leurs rêves en Second Life (ou semblable)

ou bien ceux qui vivent murés sans le courage de rompre ses propres murs?????????