vendredi, août 10, 2007

Fini le divan, la nouvelle thérapie se fait en marchant

Fini le divan, la nouvelle thérapie se fait en marchant
Par Guillemette Faure (Journaliste) 17H18 30/07/2007


(De New York) A 150 dollars les 50 minutes, un lacet défait et c'est trois dollars foutus. C'est ce qu'on se dit en écoutant Clay Cockrell, un psychothérapeute new-yorkais qui fait parler ses patients tout en vadrouillant dans Central Park.

La méthode a le vent en poupe aux Etats-Unis où de plus en plus de psys marchent ou courent avec leurs patients. Clay Cockrell s'y est mis un peu par hasard: un patient n'arrivait pas à trouver le temps de venir à son cabinet, il lui a donné rendez-vous dehors, les deux ont discuté en avançant. Depuis, trente à quarante fois par semaine, il part en balade avec ses patients. "Pour les hommes en particulier, c'est moins intimidant: ils ont souvent du mal à parler d'eux en regardant quelqu'un dans les yeux."

"Vous n'avez pas remarqué que les gens pensent mieux debout " Professeur de psychologie, Keith Johnsgard est un vétéran de la méthode qu'il pratique depuis les années 1970, emmenant ses patients marcher dans les parcs proches de son université. Il y a consacré un livre et se dit aussi convaincu par l'argument du côte à côte qui pousse aux confidences, comme lors des longs trajets en voiture ou des parties de pêche: "En regardant dans la même direction, les patients sont moins sur la défensive, ils se sentent moins scrutés." L'exercice physique permettrait surtout aux patients d'avoir "un meilleur accès à leurs émotions et sentiments". La marche les met selon lui "en état d'excitation mentale, un peu comme lors d'une colère ou de relations sexuelles extraordinaires", qui les aiderait à plonger dans leurs émotions. Il a déjà été prouvé, ajoute-t-il, que l'exercice permet de lutter contre la déprime. "A la fin de la session, les gens se sentent mieux, sans trop savoir s'ils doivent l'associer à l'entretien avec le psy ou à l'exercice". D'ailleurs, il déplore la concurrence sauvage: "les coachs des salles de sport font facilement de la psychologie de comptoir avec leurs patients".

Et on fait quoi quand on croise des copains avec son psy à Central Park? "Coucou, je vous présente Docteur Maboule"? "Il n'y a aucune raison de révéler que vous êtes avec votre thérapeute", assure Clay Cockrell. Ça lui est arrivé une fois. "Un de mes patients est tombé sur un de ses amis. Il m'a présenté comme un associé de travail, ce qui finalement n'était pas faux…" A une autre occasion, un de ses patients et lui ont vu une femme se faire braquer dans Central Park. "On a hurlé et fait fuir le voleur. Ça nous a conduit à consacrer le reste de la session à l'affirmation de soi."

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