lundi, janvier 22, 2007

Serge Ginger

Serge Ginger : "Votre psy n'est pas votre ami"

Psychologue et psychothérapeute, Secrétaire général de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P), Serge Ginger vous guide dans la vaste nébuleuse des psys. Retrouvez ses conseils pour trouver le praticien qu'il vous faut.




Pourquoi consulter un psy ?

Il faut aller voir un psy lorsque l'on ne se sent pas bien dans sa peau. Si l'on est déprimé, malheureux, si l'on rumine ses soucis, alors on est en dépression : c'est le moment de consulter. De même, en cas d'anxiété importante (peur, crises de panique, agoraphobie, etc.), ou à la suite de conflits professionnels ou conjugaux, le soutien d'un psy est vivement recommandé. Enfin, traumatismes (agression, viol, accident), insomnies, troubles du comportement alimentaire et maladies mentales sont autant de bonnes raisons d'être suivi par un professionnel.
Il y a également un phénomène de mode. On voit un psy pour un oui ou pour un non...
Effectivement. Aujourd'hui, on va voir un psy comme on va chez le dentiste : en prévention ! Et ce n'est pas plus mal. C'est comme une voiture que l'on emmène en révision, sans attendre la panne. Dans ce cas-là, il n'y a pas forcément besoin d'une longue thérapie, quelques séances peuvent suffire

Comment savoir si l'on a besoin d'un psychiatre, d'un psychanalyste, d'un psychothérapeute ou d'un psychologue ?

Si vous souffrez de troubles graves (délires, hallucinations, etc.), si vous avez perdu contact avec la réalité, si vous êtes en profonde dépression à tel point que vous ne vous levez plus pour aller travailler, mieux vaut consulter un psychiatre. Il vous prescrira des médicaments et vous apportera en plus, le cas échéant et en fonction de sa formation, une aide psychothérapeutique. Pour surmonter les difficultés de l'existence du type divorce, deuil, solitude, difficultés conjugales ou sexuelles, troubles alimentaires, chômage, etc., adressez-vous à un psychothérapeute. On consulte un psychologue non pas pour un traitement, mais surtout pour faire des examens, des tests, établir un bilan pour s'orienter sur le plan professionnel par exemple. Enfin, la psychanalyse s'adresse à des personnes curieuses, plutôt en bonne santé, qui souhaitent avant tout comprendre leur fonctionnement psychique.
Comment trouver un psy ?
Ne faites surtout pas confiance aux Pages Jaunes ! Il s'agit d'un service commercial : les psy payent pour y figurer. Adressez-vous plutôt à une association professionnelle. Par exemple, la Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse dispose d'un annuaire rassemblant 1 200 spécialistes. L'annuaire du Syndicat national des praticiens en psychothérapie vous fournira également les coordonnées de psychothérapeutes régulièrement contrôlés et ayant suivi une formation de quatre années minimum. Vous pouvez également vous fier au bouche-à-oreille et suivre les conseils de vos amis, de votre médecin ou pharmacien. Sachez néanmoins que l'on ne tombe pas forcément sur le bon psy du premier coup. Comme pour une robe ou un appartement, il est parfois nécessaire d'en essayer deux ou trois avant de trouver celui qui vous convient.
Quelles questions faut-il poser lors du premier entretien ?
Demandez-lui quelles méthodes il pratique, s'il appartient à une association professionnelle et s'il adhère à un code de déontologie ; interrogez-le également sur ses tarifs. S'il refuse de répondre à certaines de ces questions, méfiez-vous !
A quoi reconnaît-on un bon psy ?
C'est quelque chose de très subjectif ! On a trouvé un bon psy pour soi lorsque, dès la première séance, on se sent bien avec lui et qu'on a envie de revenir. Si vous avez l'impression qu'il vous a comprise, s'il se montre chaleureux et empathique, mais cependant réservé, au lieu de rester dans une écoute passive et froide, ce psy vous convient.
Quel type de relation s'établit entre le psy et le patient ?
Une relation professionnelle. Il n'est pas question que votre psy devienne votre ami. C'est quelqu'un en qui vous avez confiance, qui conserve une certaine distance avec vous sans pour autant se montrer froid. Soit votre psy vous donne quelques conseils lors des consultations, soit il se positionne dans une écoute active, c'est-à-dire qu'il vous "tient par la main", vous guide dans votre réflexion pour aller plus loin. Au cours de la thérapie, vous rencontrerez des moments difficiles, vous serez parfois déboussolée ou en pleurs. C'est normal. Persévérez, ne quittez pas votre thérapeute au moindre problème !
Quel est le rôle de l'argent dans cette relation ?
L'argent ne doit pas être au centre de la relation. Bien sûr, on doit payer son psy, car c'est son métier et il doit gagner sa vie. Mais s'il ne pense qu'à ça, c'est un mauvais thérapeute. En moyenne, les tarifs s'échelonnent de 40 à 75 euros la séance de 45 minutes, en moyenne. Cela dépend du quartier, de la méthode pratiquée, de la notoriété du psy. Un thérapeute dont les honoraires sont inférieurs à 40 euros, c'est louche. Toutefois, si le patient rencontre des problèmes d'argent, le psy peut consentir un prix spécial.
Quelle est la durée d'une thérapie ?

Une séance dure 30 minutes au minimum. En deçà, ce n'est généralement pas très sérieux. En moyenne, il faut compter 45 minutes. Lorsque cela dépasse une heure, c'est trop long. Les consultations doivent avoir lieu, si possible, chaque semaine, à jour et heure fixes. Quant à la durée générale de la thérapie, elle varie le plus souvent de six mois à trois ans. En cas de problème aigu, tel qu'un traumatisme suite à un accident ou une agression, quelques séances peuvent suffire, si l'on fait appel à une méthode adaptée.


EN SAVOIR PLUS

"Psychothérapie - 100 réponses pour en finir avec les idées reçues", Dunod, 273 pages, 19,50 euros Consulter les libraires
L'efficacité de la psychanalyse est de plus en plus remise en cause. Pourquoi ?
De nouvelles méthodes thérapeutiques ont fait leur apparition depuis les années 1970, et se sont révélées efficaces, plus rapides et moins chères que la psychanalyse pour soigner certains troubles. Mais il faut savoir que l'objectif de la psychanalyse n'est pas, en premier lieu, la guérison, mais une meilleure connaissance de soi. Si dans les pays anglo-saxons la psychanalyse n'a plus le vent en poupe, elle est restée très à la mode en France. Globalement, ses détracteurs lui reprochent d'être longue, coûteuse, et d'impliquer un bon niveau intellectuel de verbalisation. C'est une pratique surtout réservée à une élite aisée.

Y a-t-il des nouveautés en matière de législation ?
La loi votée en août 2004 qui réglemente la profession de psychothérapeute n'est toujours pas appliquée. Selon ce texte, seuls les spécialistes qui figureront au registre national des psychothérapeutes auront droit au titre. Le décret est en cours d'arbitrage

En savoir plus Le site de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse
Sommaire du dossier

La Culture du narcissisme

La Culture du narcissisme

La vie américaine à un âge de déclin des espérances De Christopher Lasch

La Culture du narcissisme, Christopher Lasch, Editions Climats, Analyse :Publiée dans la collection Sisyphe dirigée par Jean-Claude Michéa, l'infatigable propagateur français des ouvrages de Lasch (cf Impasse Adam Smith), La Culture du narcissisme, parue en 1979 aux Etats-Unis et pratiquement tombée depuis dans l'oubli en France, demeure d'une perspicacité redoutable.

Christopher Lasch le premier y analyse en effet ce moment historique dont les Etats-Unis ont été le laboratoire -comme bien souvent, à savoir le capitalisme libéral-libertaire.

L'ouvrage, dont l'ambition ne peut être résumée ici, prend appui sur les nombreuses modifications culturelles et psychologiques qu'ont connues les Etats-Unis au XXè siècle, dans le cadre général de la modernisation du capitalisme. Ainsi de la décadence du système éducatif, de l'idéologie de l'indifférenciation sexuelle, de la prise en charge progressive par L'Etat d'un nombre croissant de fonctions familiales ou encore de l'écrasement de toutes les figures du père.Puisant ses nombreux exemples dans le contexte historique et intellectuel des Etats-Unis -ce qui peut dérouter le lecteur-, Lasch éclaire ainsi d'une lumière éclatante l'architecture intellectuelle dominante : celle du progressisme de Gauche. L'exemple américain, par sa radicalité (communautarisme, invasion des théories "thérapeutiques", existence d'un radicalisme politique précurseur (féminisme, droit des minorités, etc.), foi absolue dans le marché comme modèle régulateur, etc.), loin d'éloigner le lecteur européen, illustre au contraire par comparaison les évolutions actuellement à l'oeuvre en Europe, dans lesquelles nous nous débattons dans la plus grande confusion.La Culture du narcissisme, écrit il y a presque 25 ans, et comme le rappelle Jean-Claude Michéa dans sa préface à l'ouvrage Pour en finir avec le XXIè siècle, a su éviter les écueils du style en se défiant de l'idéologie du Progrès : "Comment se fait-il que des gens sérieux continuent encore à croire au Progrès alors que les évidences les plus massives auraient dû, une fois pour toutes, les conduire à abandonner cette idée ?" (Le Seul et vrai Paradis, Christopher Lasch).Lasch, dont l'originalité vient précisément de son doute absolu dans l'idée de Progrès et dans son intuition que Gauche et Droite se rejoignent dans sa célébration, montre ainsi dans un passage particulièrement éclairant et dérangeant que Sade aurait perçu par avance toutes les implications morales et culturelles du développement du capitalisme : "Sade imaginait une utopie sexuelle où chacun avait le droit de posséder n'importe qui ; des êtres humains, réduits à leurs organes sexuels, deviennent alors rigoureusement anonymes et interchangeables. Sa société idéale réaffirmait ainsi le principe capitaliste selon lequel hommes et femmes ne sont, en dernière analyse, que des objets d'échange.

Elle incorporait également et poussait jusqu'à une surprenante et nouvelle conclusion la découverte de Hobbes, qui affirmait que la destruction du paternalisme et la subordination de toutes les relations sociales aux lois du marché avaient balayé les dernières restrictions à la guerre de tous contre tous, ainsi que les illusions apaisantes qui masquaient celle-ci. Dans l'état d'anarchie qui en résultait, le plaisir devenait la seule activité vitale, comme Sade fut le premier à le comprendre - un plaisir qui se confond avec le viol, le meurtre et l'agression sans freins. Dans une société qui réduirait la raison à un simple calcul, celle-ci ne saurait imposer aucune limite à la poursuite du plaisir, ni à la satisfaction immédiate de n'importe quel désir, aussi pervers, fou, criminel, ou simplement immoral qu'il fût.

En effet, comment condamner le crime ou la cruauté, sinon à partir de normes ou de critères qui trouvent leurs origines dans la religion, la compassion ou dans une conception de la raison qui rejette des pratiques purement instrumentales ? Or, aucune de ces formes de pensée ou de sentiment n'a de place logique dans une société fondée sur la production de marchandises."Par ses prolongements multiples, La Culture du narcissisme est ainsi à découvrir, plus de 20 ans après sa parution.

Adorno & L.Binswanger, Aby Warburg

Suite à la lecture du "Monde Diplo" de janvier, surtout de son éditorial, je me permets de prendre mes distances à l'égard de l'article de Ramonet à la "une".

En effet, point de victimisation que ce soit de la presse officielle ou parallèle, on a les articles que l'on mérite dans un collectif, pas question de pleurnicher sur internet qui remet tout en question à la faveur des riches, pas question d'accuser la presse gratuite et d'en déduire des abonnements pourraient nous aider à combattre ces fléaux, non absolument pas.
Le DIPLO se reposesur ses lauriers et ce mois-ci semblr choisir LES ARTICLES DE LEUR PUBLICATION en fonction de leurs besoins, alors ils agissent par opposition capital-altermondialisme etc...ne faites pas de même pour vos écrits en psychanalyse qui demandent un soutient financier, pas question de béquilles, de tout ce qui peut vous féodaliser à pour finir d'écrire des articles pour ceux qui vous paient.

Je suis un véritable bénévole qui demande 45 euros pour un blog pa AN pour un blog et si on me les refuse cela n'a aucune importance, je n'insiste pas, il y a tellement de bon textes que je peut toujours choisir sans privilégier les mêmes.Ceux ci sont originaux proviennent de petits groupes et éditeurs indépendants . Ceux ci n'auront pas de prix. Ceux-ci auront contribué à l'élaboration de leur collectif, de mon côté je mets l'accent sur la parole et son espace donné à des analysants en cure qui ont besoin de cette ouverture de" ce questionnement " toujours perpétuel que l'Analyste ne peut recevoir....

C'est le créneau d'un dialogue public. c'est le créneau de nouvelles interrogations qui déboucheront peut-être un jour sur une procédure d'analyse sur le net ou tout du moins d'une ébauche qui je l'espère passionnera les aventuriers de la liberté de penser....d'écrire, de consulter.
voici de précieuses précisions :

Etudes sur la personnalité autoritaire
de t.Adorno traduit de l'anglais par Hélène Frappat Allia, 436 pages 25 Euros

sans ommetre

LA GUERISON INFINIE
Histoire clinique ' Aby Warburg de L.Binswanger traduit de l'italien et de l'allemand par M.Rueff & M.RenouardBibliothèque Rivages 318 p 23 euros
sans omettre pour préciser l'article de R.P Droit :
"le rituel du Serpent par Aby Warburg :
http://www.uhb.fr/alc/grac/emprise/warburg/rituel.html

bonne lecture


cordial
ft

Adorno & histoire de la psychanalyse

Rendre disponible en traduction les contributions d'Adorno aux Etudes sur la personnalité autoritaire (publiées aux Etats-Unis en 1950), c'est plus que mettre entre les mains du public français un des « classiques » de la sociologie. C'est surtout lui proposer des outils, certains surannés, d'autres toujours utiles, pour résoudre une énigme : la transformation d'une société démocratique en son contraire, le « fascisme ». Car ni le contexte socio-économique ni l'audace d'un groupe de militants politiques décidés à conquérir le pouvoir, ne suffisent à l'expliquer.

Tout cela dans le dernier "Monde des livres" de ce jeudi passé sans omettre un article de Roger-Pol droit consacré à l"histoire dont la psychanalyse dont voici un petit résumé :

L'homme est très agité. Les infirmiers, pour ranger ses affaires, doivent lui prendre de force les clés de ses valises. Il tente de s'enfuir, se disant victime d'une erreur judiciaire. Car il ignore être en clinique et se croit en prison. Le faire manger n'est pas commode : il est convaincu que ses aliments ont été empoisonnés. Du sperme, du sang ou de la morve y auraient été incorporés. La viande devient souvent la chair de ses enfants. De temps à autre, il se jette sur une infirmière pour l'étrangler. Pour les médecins, c'est presque la routine. Le dossier psychiatrique pourrait même paraître banal : fantasmes de persécution, rituels obsédants, propos incohérents, accès de violence.

bien sur bien plus de précisions sur mes blog avec eventuellement votre collaboration...

cordial
ft