mardi, mars 06, 2007

Activités du centre Etienne Marcel

De l’agir à la représentation A l’Adolescence


vendredi 23 mars 2007
A.S.I.E.M.
6 rue Albert Lapparent – 75007 PARIS

En proie à une pulsionnalité nouvelle dont il ne sait que faire, l’adolescent se heurte à la radicalité du désir de l’Autre, à la méconnaissance du sien.
Les représentations anciennes sont caduques quand l’adolescent se heurte à la butée du sexuel. A la condition d’en passer par les signifiants de la castration, seul l’acte lui permettrait de se « tirer d’affaire » alors que le recours aux conduites agies est risqué.
Dans la cure aussi, l’acting out est une forme d’exhibition dans le transfert qu’il conviendra plus tard d’interpréter.
L’adolescent n’a pas d’autre choix que d’inverser le mouvement habituel qui va de la représentation à l’agir.

De l’agir à la représentation, il y a alors place pour une nouvelle élaboration qui contribuera à la subjectivation en cours.

C’est à partir de leur pratique clinique avec les adolescents qu’analystes et psychothérapeutes aborderont la problémati-que de l’agir dans ses rapports à la représentation.

BULLETIN D’INSCRIPTION

Nom ……………………………………………………………………..

Prénom ……………………………………………………………………..

Adresse ………………………………………………………………... ….

….. ……………………………………………………………….

Profession
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Participation aux frais

Inscription individuelle ………………………… 50 €
Etudiants (jusqu’à 25 ans) …………………….. 10 €
Formation permanente………………………….90 €

Bulletin à renvoyer avec votre chèque établi à l’ordre :
« Association du Centre Etienne Marcel »

C.M.P.P. CENTRE ETIENNE MARCEL
10, rue du Sentier
75002 PARIS

Comité Scientifique Didier LAURU
François MARTY
Florence MELESE
Jean-François SOLAL

Organisation Annie- Georges FAUBERT
Fabienne EVENO

Renseignements et inscriptions
 01 42 33 21 52
ou
cmpp.emarcel@noos.

9h-PULSIONS ET REPRESENTATIONS

Discutant
Christian HOFFMANN
Psychanalyste
Professeur des Universités Poitiers

L’agir Adolescent
Didier LAURU
Psychiatre Psychanalyste

La pensée en acte
François MARTY
Psychologue-Psychanalyste
Professeur des Universités PARIS V

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PAUSE
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11h- LA VIOLENCE DANS LA CURE : AGIR POUR REPRESENTER

« Quoi, effrayé par un tir à blanc ? »
Hamlet, III, 2
Jean-François SOLAL
Psychiatre-Psychanalyste

Fugue en do (Ado) majeur
Nadia BUJOR
Psychologue – Psychanalyste

14h - CLINIQUE DE L’AGIR


Discutant
Annie BIRRAUX
Psychanalyste – Professeur des Universités Paris VII


L’incestualité dans la famille
Brigitte LARROCHE
Psychologue - Psychanalyste
Françoise DEBENEDETTI
Psychologue – Psychanalyste


« Tais-toi ou je t’abandonne sur le bord du chemin» - histoire d’une fente……. labiale
Sophie CROMPHOUT
Psychologue – Psychanalyste


« Ça me soulage »
Aude D’ARGENLIEU
Psychologue – Psychanalyste


17h - Clôture

mail : cmpp.emarcel@noos.fr

Hélène L'Heuillet, La psychanalyse est un humanisme

À propos de "La psychanalyse est un humanisme", d'Hélène L'Heuillet
Marc Nacht - 28/10/2006

À propos de "La psychanalyse est un humanisme", d'Hélène L'Heuillet
Il est devenu rare aujourd'hui d'affirmer sans détour comme d'aimer sans réserve.

L'ouvrage d'Hélène l'Heuillet est un de ces bienfaits. La psychanalyse est un humanisme (1) projette une lumineuse clarté sur les ombres dont un certain livre noir aurait bien voulu entourer la psychanalyse, à la satisfaction d'un nihilisme renaissant où la mort du sujet se chante sur la gamme du scientisme.

C'est avec une précision et une ampleur de pensée remarquables qu'Hélène L'Heuillet parvient dans ce volume, de dimension pourtant modeste, à rendre compte du bien-fondé thérapeutique de la démarche psychanalytique et du réel humanisme de cette dernière. En effet, le travail d'analyse y est montré comme ce qui, s'il dénoue des aliénations familiales et sociales, ne cesse de s'opposer aux déconstructions objectivantes de la situation humaine. Le mythe d'une psychanalyse réductrice, qui serait tout entière bornée aux satisfactions de désirs pris comme besoins, notamment sexuels, tout aussi bien que par une conception refermée de la fonction symbolique réduite aux déterminations d'un structuralisme globalisant, se trouve défait dans cet exposé. Lacan y retrouve sa juste position, celle qui démystifie l'aliénation culturelle au père imaginaire pour introduire l'humain dans l'ordre du langage et de la lettre où s'inscrit la singularité de son existence désirante.

Sous la plume d'Hélène L'Heuillet se précisent avec acuité les différences entre l'abord psychanalytique des phénomènes cliniques et sociaux et ce qui fait discours aujourd'hui. Tels les TTC, dont les repères trop immédiats font que "certains généralistes passent à côté d'une affection organique" alors "qu'au contraire, un psychanalyste (...) peut entendre où le discours du sujet n'est pas cohérent avec le symptôme psychique, et isole dans ce "trou" , le physiologique". Ou encore cette note qui, par un fulgurant raccourci effectué à partir de Totem et tabou, fait entendre le rejet du projet de Constitution européenne en mai 2005 comme l'expression "d'un refus de la relation entre frères non médiée par un père".

"Que le sujet d'aujourd'hui ne soit plus celui de Freud, ni même plus exactement celui de Lacan" prend en compte les "évènements de la cité, qui constituent littéralement le contexte du sujet". C'est ce sujet, que la nouvelle économie de marché rend "sans domicile fixe", faisant de lui un "homme sans gravité" comme l'analyse Charles Melman, souvent évoqué dans cet essai, auquel la psychanalyse peut permettre d'accéder par le langage au "seul abri durable où il puisse se loger". Si la question prend aujourd'hui l'ampleur que nous savons, elle n'est pas nouvelle pour autant, et Hélène L'Heuillet nous rappelle opportunément que Tocqueville voyait en cette "mobilité", aujourd'hui vibrionnaire, "un trait de structure de l'époque démocratique, et un effet de la passion égalitaire" . La tradition n'offre plus au sujet l'enveloppe symbolique qui lui permettait de s'assumer ; loin d'être le "gardien nostalgique de la société patriarcale", dont le même Tocqueville notait déjà l'altération, la psychanalyse est la seule discipline qui permette une subjectivation, c'est-à-dire, l'occupation d'une place ordonnant les perceptions et les affects de manière vivante.

C'est toujours de cette place du sujet dont il sera question quant aux positions de la psychanalyse concernant la procréation artificielle ou l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. La psychanalyse n'a pas à énoncer la loi, ni à se transformer en Comité d'éthique, mais à bien marquer qu'aucune autorisation ne saurait se substituer à l'écoute du désir singulier du sujet en ces matières, désir qui n'est pas forcément en adéquation avec les possibilités que la société et la science lui offrent.

Cet humanisme, celui d'une subjectivation de la pensée, respectueuse de la "faillibilité humaine" comme chez Pétrarque, est l'héritage de la psychanalyse. Nous pouvons remercier Hélène L'Heuillet de nous le rappeler avec force dans ce brillant essai.

Notes :

(1) Hélène L'Heuillet, La psychanalyse est un humanisme, Nouveau collège de philosophie, éd. Grasset, Paris, 2006