samedi, avril 21, 2007

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Les mesures de réhabilitation prennent de plus en plus d'importance au cours des dernières années. Le but principal d'une réhabilitation cognitive est la réduction de l'handicap résultant de la lésion cérébrale. Le fait que le patient doit acquérir une autonomie la plus grande possible avec autant de moyens propres que possible s'applique à la définition des buts thérapeutiques. L'appréciation subjective de la modification de la qualité de la vie par le patient doit s'appliquer comme critère de succès le plus important. La condition préalable d'une individualisation optimum du traitement est un diagnostic neuropsychologique détaillé des différents secteurs opérationnels cognitifs et une planification détaillée du concept global de traitement basée sur le diagnostic. Pour les patients souffrant de lésions du système nerveux central, les mesures de réhabilitation sont très coûteuses en personnel et exigent beaucoup d'efforts et de patience de la part du personnel. Pour cette raison il est évident d'utiliser des procédés thérapeutiques assistés par ordinateur afin de modifier positivement les capacités cognitives des patients. Afin de permettre de telles modifications, les exigences suivantes doivent entre autres être respectées :
Modularité
Un système de procédés d'entraînement devrait être bâti sur une base théorique et entraîner des domaines cognitifs sur des points précis. En commençant avec de simples procédés de base, des exigences de plus en plus complexes sont imposées au patient.
Adaptabilité et individualisation
Il est systématiquement aspiré à une individualisation optimum de l'entraînement assisté par ordinateur. Ceci signifie que la présentation de l'entraînement et la commande à l'aide de l'ordinateur devrait permettre d'effectuer un entraînement adapté spécialement à chaque patient. Chaque dimension se compose de différents degrés de difficulté. Dans chaque degré de difficulté il y a un nombre suffisant de tâches, de manière à ce qu'un patient ne traite fondamentalement que de les tâches qui correspondent à ses capacités actuelles. Des processus d'apprentissage sont instaurés et le développement de stratégies est soutenu via des rétroactions intentionnelles, spécifiques aux erreurs.
Continuité et contrôle du déroulement
On entend par continuité que le fait que les résultats de toutes les séances d'entraînement sont enregistrés et une nouvelle séance d'entraînement commencent à l'endroit où la précédente s'est terminée. Si les résultats de toutes les séances sont enregistrés, il est possible de contrôler le déroulement de l'entraînement et les buts partiels de la thérapie et le cas échéant de les adapter.
Feedback sur la performance
Pendant le travail, le patient reçoit des informations sur la qualité de la performance par des éléments graphiques simples affichés à l'écran ou par un feed-back sonore. Il s'agit, à cet effet, de différentes formes de critique constructive, ainsi que d'indications quant à une nécessité d'exercice supplémentaire et d'informations sur les aspects de l'entraînement sur lesquels le patient devrait se concentrer.
Efficience et économie
Les procédés d'entraînement sont conçus de telle façon que le patient peut s'entraîner en grande partie seule pendant une période prolongée. La présence du thérapeute est nécessaire au début et à la fin de chaque consultation d'entraînement afin de parler des buts de l'entraînement et du niveau de performance.
Support d'introduction adapté au patient
Le clavier d'un ordinateur n'est, dans la majorité des cas, pas adapté comme support d'introduction pour un procédé thérapeutique assisté par ordinateur. Il est trop complexe et pose des exigences élevées à la motricité fine. C'est la raison pour laquelle la saisie devrait s'effectuer par un pupitre spécialement conçu pour le patient (panel RehaCom), sur lequel les éléments de commande sont réduits au minimum.

“Ne politisons pas la politique”, Elisabeth Roudinesco



Dans le Figaro : “Ne politisons pas la politique” Elisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse donne son interprétation des propos tenu par le candidat Sarkozy sur la pédophilie et le suicide


Ne politisons pas la génétique (Le Figaro, 13 avril 2007)Par Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse.Qu’il parle de gènes ou qu’il prétende réinventer le vieux débat surl’inné et l’acquis, à coups de références à la plasticité cérébrale,Nicolas Sarkozy, sur le fond, n’a pas changé d’avis. Il continue àcroire que la pédophilie et le suicide résulteraient d’une dispositiongénétique. Il a l’air de ne pas se soucier d’avoir désormais contre luiles représentants de l’Église catholique, les généticiens et leshumanistes athées ou chrétiens. Les uns pensent que si un pédophile estainsi désigné par ses gènes, on le transforme en un être irresponsable,inapte à être jugé ou sanctionné. Les autres soulignent au contrairequ’en se réclamant d’un tel déterminisme, on méprise la philosophie desLumières qui a toujours affirmé que le pire des hommes pouvait êtrerééduqué par la raison.


Qu’un candidat à l’investiture suprême puisse parfois se montrerimpulsif, cela est pardonnable dans le contexte d’une campagne où il estlui-même stigmatisé de façon scandaleuse par la famille Le Pen, en tantque fils de l’immigration. Mais rien ne saurait excuser l’arrogance aveclaquelle il revendique une opinion absurde. Il n’a pas soutenu que telleou telle maladie mentale - autisme, schizophrénie, etc. - puisse releverd’une prédisposition génétique, ce qui fait débat aujourd’hui. Non, il achoisi deux catégories d’actes - la pédophilie et le suicide - qui n’ontrien à voir l’un avec l’autre mais qui ont pour seul point commun de nerelever d’aucune sorte de prédisposition génétique. Nicolas Sarkozy adonc réussi le tour de force de récuser, peut-être à l’insu de son pleingré, les principes de la religion dont il se réclame, l’héritagehumaniste dont il devrait être le garant et le discours de la sciencedont il ne cesse de valoriser les acquis.Connue depuis la nuit des temps, la pratique de la mort volontaire atoujours existé dans toutes les sociétés. Et si le mot n’est apparu quetardivement (entre 1636 et 1734), il a fallu attendre la fin du XIXesiècle pour que cet acte, considéré comme héroïque dans le monde antiqueet le Japon féodal, puis diabolisé par le christianisme, soit regardé,dans les démocraties modernes, comme une pathologie de type dépressifliée à un environnement psychique ou social.
Certes, le suicide est universel, mais il a de multiples facettes।Osera-t-on comparer l’attitude d’un Pierre Brossolette préférant sedonner la mort plutôt que de parler sous la torture, avec l’immondesuicide collectif des chefs nazis dans leur bunker, choisissantl’autodisparition plutôt que la confrontation avec leurs crimes ? Lesuicide d’un adolescent rebelle à sa famille ressemble-t-il à celui d’unmalade incurable qui décide d’en finir avec ses souffrances ?Certainement pas.

Quant à la pédophilie, elle n’a été criminalisée - à juste titre,d’ailleurs - que depuis un siècle। Considéré aujourd’hui comme unpervers sexuel, le pédophile est certes psychiquement malade. Mais iln’est ni fou, ni pénalement irresponsable (au sens de l’article 122 duCode pénal). Quand on ne croit qu’à la causalité génétique, on peutjouer les docteurs Folamour, façon Orange mécanique, et traiter lesdéviants par des châtiments corporels (castration ou amputation) ou pardes addictions à la normalité. Cela se fait, cela est horrible etinefficace. Mais on peut aussi soigner dignement, et avec succès, lespédophiles par des psychothérapies qui leur permettent, sinon de guérirde leur perversion, du moins de la contrôler et de ne pas y céder. Celan’empêchera jamais l’existence de récidives. La société sans risquesn’existe pas, puisque la condition humaine est traversée autant par sapassion de l’idéal du bien que par son envers : l’amour de la haine.


Nicolas Sarkozy n’est ni antisémite ni l’adepte d’une quelconque vieilledroite française chauvine et xénophobe, même s’il rêve de ladomestiquer. Il est plus simplement l’imitateur d’une école de penséebien connue, le néoconservatisme extrême, aujourd’hui désavouée par plusde la moitié du peuple américain et par ses élites à cause de sesrésultats politiques et économiques désastreux. Aussi bien adhère-t-il àune vision de la société centrée, d’un côté, sur l’utilisation policièredes communautarismes ethniques et religieux et, de l’autre, sur labiocratie, laquelle consiste à pervertir les données de la science pourfaire croire en l’idée qu’une société pourrait être entièrement nettoyéede ses éléments indésirables : l’alliance du gourdin et de la belle âme.
Nicolas Sarkozy s’étonne toujours de l’image que la société lui renvoiede lui-même : « On me dit que je fais peur, dit-il, on me prend pour unmonstre. » Assurément, il ne l’est pas. Aurait-il peur, cependant, del’idée que la peur qu’il croit susciter chez autrui soit à ce pointancrée dans ses gènes qu’il ne saurait comment y remédier ?