mardi, juillet 31, 2007

Quand les enfants quittent la maison...


Les Projets de Recherche

Catherine VILLENEUVE-GOKALP

Mail WEB officiel Pages Personnelles

INED Villeneuve-Gokalp



Le départ de chez les parents

Les conséquences de la séparation des parents sur les seuils de passage à l’âge adulte.

Au moment où les premières générations d’enfants qui ont pâti des nouvelles conceptions du couple et de la famille parviennent à l’âge adulte, la question se pose de savoir si ces enfants abordent leur propre histoire familiale différemment des autres enfants : quittent-ils leurs parents plus jeunes ou plus âgés, vivent-ils en couple plus jeunes, connaissent-ils plus souvent une période d’indépendance résidentielle avant de vivre en couple ? La cause de la séparation : décès d’un parent, divorce ou absence du père dès la naissance, est elle à l’origine de différences qui persistent toutes choses égales par ailleurs ? Le type de famille (monoparentale ou recomposée) dans laquelle vit l’enfant après la désunion, et le sexe du parent cohabitant ne sont-ils pas plus déterminants que la séparation elle-même ? Plusieurs enquêtes sont utilisées : l’enquête de l’Ined Situation familiale et Emploi réalisée en 1994 et les enquêtes de l’Insee Jeunes (1992), Jeunes et Carrières (1997), et l’Étude de l’histoire familiale (1999).



Évolution du lien entre le départ de chez les parents et le début de la vie en couple au cours de la seconde moitié du XXéme siècle

Depuis une trentaine d’années de moins en moins d’hommes et surtout de femmes attendent le mariage pour quitter leurs parents, la dissociation entre vie en couple et mariage en étant la raison principale. Le lien entre le départ de chez les parents et le début de la vie en couple tend également à se défaire, mais son évolution est moins bien connue. Les variations de l’âge au départ et à la première union n’ont pas toujours été parallèles. Tandis que le premier diminuait au cours des années 1970, puis augmentait durant la décennie suivante, l’âge à la première union restait stable. Au contraire, l’âge au départ s’est stabilisé au cours des années 1990 grâce à l’aide financière des parents, mais l’entrée en couple est devenue plus tardive (Villeneuve-Gokalp, 2001). Quant aux aléas de la relation entre départ et vie en couple pour les années antérieures à 1968, ils ont été peu étudiés.

L’enquête Étude de l’histoire familiale de 1999, associée au recensement, indique l’âge au départ de chez les parents, l’âge au début de la première union et l’âge au premier mariage. J’étudierai le lien entre départ de chez les parents et mise en couple au cours des cinquante dernières années et ses variations selon la génération, le sexe, la taille de la fratrie et le rang de naissance, le milieu social, l’âge à la fin des études et au premier emp





Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même..." Cette évidence qu'a si joliment dite le poète libanais Khalil Gibran n'est pas si facile à vivre. Et le départ de grands enfants du domicile familial n'est pas sans répercussion sur la vie de leurs parents. Curieusement, cette étape cruciale dans la vie de la famille a peu inspiré la littérature psy contrairement, par exemple, à la naissance et au baby blues qui peut en découler. Pourtant mal vécue, elle peut être source de souffrance et de dépression. Un mal-être qualifié parfois de "syndrome du nid vide".


Catherine Villeneuve-Gokalp, démographe à l'INED, a analysé, en 1999, dans le cadre d'une enquête réalisée avec l'Insee, auprès d'un échantillon de 2 807 adultes ayant au moins 45 ans, les sentiments des parents et l'impact du départ de leurs enfants sur le réaménagement de leur logement.

Interrogés sur les trois principales conséquences (sur quinze citées) du départ de leurs enfants, plus de la moitié évoquent certes la satisfaction de les voir devenir indépendants, mais un sur deux met aussi l'accent "sur un sentiment de vide, de solitude ou d'ennui".

L'utilisation qu'ils font par la suite des ou de la chambre (s) des enfants laissée (s) vacante (s) est révélatrice de la manière dont ils vivent ce ou ces départs. Au total, plus de cinq ans après le dernier départ, deux fois sur trois les parents (qui n'ont pas déménagé) considèrent que la chambre du dernier enfant parti "est toujours restée la sienne", 45 % des parents affirment avoir une chambre pour chaque enfant, 42 % seulement des chambres pour recevoir et 13 % n'avoir que leur chambre (celle du ou des enfants ayant été transformée en bureau ou autres). Dans le cas d'un enfant unique, 67 % des parents affirment que la chambre de leur enfant est restée la sienne, 30 % qu'elle a été réaménagée pour d'autres fonctions, seulement 3 % y ont installé leur propre chambre. Enfin, 37 % des parents qui ont déménagé ont attribué une chambre à l'enfant parti.

Alain Braconnier, psychiatre-psychanalyste, auteur des Filles et leurs pères (2007, Odile Jacob), estime une bonne chose de transformer la chambre de l'enfant parti, mais en lui demandant son avis. "La chambre est une sorte de jardin secret de sa vie d'enfant puis d'adolescent, avant de rompre ce qui fut son histoire, il faut le prévenir, éventuellement lui demander son accord, et ce qu'il souhaite conserver", conseille-t-il.


MASQUER LES PROBLÈMES


Certains parents éprouvent d'énormes difficultés à surmonter cette étape, d'autant qu'elle coïncide parfois avec l'arrivée de la ménopause pour les femmes et survient à un moment, la cinquantaine, où le champ des possibles rétrécit. "Il faut anticiper le départ des enfants, un peu comme le départ à la retraite, faire le deuil de son statut de parent, et retrouver des investissements communs avec son conjoint", poursuit Alain Braconnier.

Les enfants partis, les parents se retrouvent dans un face-à-face, une épreuve de vérité pour le couple. Les enfants ne sont plus là pour masquer les problèmes, quand ils existent, et faire tampon pour éviter les conflits. Leur départ peut alors être à l'origine d'une crise, voire d'une rupture dans le couple.

Pour le docteur Yves-Marie Granjon, psychiatre-psychanalyste, la capacité des parents à surmonter l'éclatement de la famille dépend avant tout "de la qualité de l'amour premier qu'ils ont pu avoir l'un pour l'autre" et du consensus de départ à la naissance de l'enfant. "La mère après la naissance est dans un rapport fusionnel avec son bébé, rappelle-t-il. Le père doit jouer un rôle de séparateur, de passeur. La mère dépose dans un premier temps l'enfant dans les bras du père, et ensuite tous deux le déposent dans les bras du monde." C'est ainsi que l'enfant, assuré de l'amour indéfectible de ses parents, va pouvoir aller vers l'étranger et s'en nourrir.

Mais dans certains cas rares, le couple parental peut essayer de garder l'enfant sous son emprise pour reculer et même éviter le face-à-face. Les psychiatres doivent soigner non seulement les parents déprimés à la suite du départ de leurs enfants, mais aussi ces jeunes adultes prisonniers du couple. "Ces enfants vont mal, ils sont tentés de partir, mais les parents les réintroduisent à l'intérieur de la famille dans un rapport assassin", poursuit M. Granjon. Inconscients de leur désir non assumé, le père et la mère peuvent alors adresser un message paradoxal à leur enfant en lui demandant quand il prendra son indépendance alors qu'implicitement ils font tout pour que cela ne se fasse pas. Enfin, pour les mères seules, qui sont de plus en plus nombreuses, le départ de leur (s) enfant (s) peut être vécu comme un double abandon.

Qu'on se rassure, quitter ses parents n'est pas rompre avec eux. Selon une étude publié par l'INED en octobre 2006 (A quelle fréquence voit-on ses parents ? Arnaud Régnier-Loilier), en France, 43 % des enfants partis continuent à voir leur père ou leur mère chaque semaine, une proportion qui passe à 85 % quand ceux-ci vivent à moins d'un quart d'heure.

Martine Laronche

Etudes psychanalytiques





Calendrier et Coût

Appréciation des utilisateurs: / 1
FaibleMeilleur
Écrit par Nots
17-12-2006
Calendrier – rythme et cout pedagogique

Coût formatif

Coût annuel de chaque formation : 1200 euros.
Règlements en 1, 3 ou 12 mensualités.
Calendrier et rythme
Une promotion débute chaque année en septembre
10 séminaires annuels, excepté en Juillet et Août.
Lieu de la formation

11, Place Charles de Gaulle, 13001 Marseille (en bas de la Canebière sur le Vieux Port de Marseille à coté du grand manège pour enfants).

Mode de fonctionnement

La formation est groupale.
Les séminaires ont lieu généralement le week-end.
Horaires et planning des cursus



Une journée de séminaire par mois
Le samedi de 9 H à 12 H et 13 H 30 à 17 H 30.

Michael Stora psy sur Second Life

Second Life : une nouvelle thérapie ?

Vivre une deuxième vie, c'est possible... sur Internet. Chaque jour, des milliers de personnes se rencontrent, s'aiment et font du business dans Second Life, un univers virtuel qui...


Second Life : une nouvelle thérapie ?

« Je soigne des patients dans Second Life »


Entretien avec Michael Stora, psychologue et psychanalyste, auteur de Guérir par le virtuel (Presses de la Renaissance, 2005).
Psychologies : Peut-on faire une « vraie » psychothérapie dans Second Life ?
- Michael Stora : Je ne crois pas trop à une psychothérapie classique dans SL, et puis la confidentialité des échanges entre psy et patient n'y est pas garantie. Mieux vaut exploiter ce qui fait la richesse de Second Life, c'est-à-dire un monde où le patient peut agir, se confronter aux autres avatars qui deviennent des sortes de cothérapeutes. D'habitude, c'est très long de faire comprendre à un patient qu'il a un inconscient, or, dans cet univers, il peut y avoir accès directement. C'est le travail que j'ai essayé de faire avec deux de mes patients. Je me suis créé un avatar, eux le leur. Ensemble, devant mon ordinateur, nous rejoignons l'univers de Second Life.
Comment avez-vous travaillé ?
- L'une souffre d'agoraphobie. Mon hypothèse était que, derrière l'agoraphobie, il y a une répression de fantasmes exhibitionnistes... et elle s'est choisie pour avatar une femme pulpeuse et provocatrice. Peu à peu, elle a pu parler du rejet qu'elle avait pour son corps, a osé se promener sur l'une des places les plus fréquentées de SL, y a même pris du plaisir. Puis un homme l'a invitée chez lui. Là, ça devient plus compliqué pour le psy... Elle va donc poursuivre ses aventures de chez elle et nous continuerons à en parler ensemble.
Et l'autre expérience ?
- Mon second patient est marié, la quarantaine, trois enfants. Il a une vraie envie homosexuelle et même un fantasme de travestissement, mais n'a jamais osé passer à l'acte. Il a choisi un avatar de femme plutôt androgyne et s'est acheté un pénis escamotable, invisible sous ses vêtements... La dernière fois, il a rencontré un homme qui a très mal réagi lorsqu'il a découvert qu'il cachait un sexe d'homme sous son apparence féminine. Il a donc décidé de se créer un nouvel avatar, masculin cette fois-ci. Mon travail est de l'aider à faire un choix sexuel : s'il s'incarne en homme, peut-être ira-t-il dans le sens d'une homosexualité mieux vécue. Mais le fait de se simuler dans un premier temps comme une femme, objet de désir pour d'autres hommes, l'a aidé à assumer son désir homosexuel.
Vous avez le projet de créer une île thérapeutique. Les avatars consulteraient-ils pour des problèmes liés à leur vraie vie ? Ne s'inventeraient-ils pas aussi des problèmes imaginaires ?
- Non, je n'y crois pas du tout. L'avatar représente une part obscure de soi, que l'on a refoulée ou réprimée, mais qui a toujours été là. Ce sont donc des personnes réelles qui viendraient consulter par le biais de leur avatar. Je leur poserais en amont des questions sur leur histoire. Puis nous pourrions mettre en scène des situations qui les confronteraient à leurs fantasmes, leurs angoisses, à des figures métaphoriques de la mère, du père... Ce serait un mélange de narration et d'action, de psychanalyse et de psychologie comportementale. A force de se mettre en scène autrement, les résidents pourraient apprendre à dépasser leurs inhibitions, à renforcer leur estime de soi.