jeudi, octobre 21, 2010

Les thérapies en psychanalyse, Dialogue TASSIGNY - ABIBON

Frans Tassigny


Accepter une "thérapie courte" oui pourquoi pas, à condition que l'analysant trouve un lieu ou la parole circule, un lieu où il pourra prendre une parole qu'il n'a pas pu révéler dans son analyse, un lieu d'écoute de son analyse sans la présence de son analyste. VOUS COMPRENNEZ BIEN UN AUTRE LIEU, fait d'une écoute où l'on est prié de laisser son nom au vestiaire.

Richard Abibon frans quand vous écrivez : veux dire, lorsque je sens poindre en moi avec un client par exemple "quelque chose d'œdipien dans ce que j'entends", je me dis dans le même temps "tu plaques, là ? Ou t'entends ? T'es sûr que t'entends bien, ...ou t'entends ce que l'inanalysé en toi te fait imaginer ?".

Je suis totalement en accord avec vous; c'est exactement ce que je ne cesse de travailler.

Frans Tassigny Bien, mais avec quelle synergie, avec quelle école sans dogmes, avec quel collectif ?, car cela est prendre des risques ENORMES, je sais BCP de psychanalystes frileux, souvent, ils se réfugient derrières leurs acquis leur "clientèle" si j'ose dire, quels sont également parmi toutes obédiences confondues ceux auront et plus que "du courage" mais l"honêteté" de vous suivre ?

Elle est plus présente que vous ne le croyez, elle couve, elle est faite de solitude et de fraternité, elle se meut, elle ignore la médiocrité d'une psychanalyse BOUGEOISE, elle connait les mots de l'adversité faut t il encore trouver avec RIMBAUD les mot d'un nouveau moderne, d'une nouvelle éclipse.

L’avis d'ISABELLE TRAUBE :

Lacan a en effet mis en place un dispositif analytique basé sur la séance courte et à durée variable.

Chez lui, une séance pouvait ne durer qu’une minute ou deux... Ses élèves... ont repris cette option. Il s’agit pour eux d’éviter au patient de se complaire dans un bavardage stérile : monologuer pendant trois quart d’heure, se raconter, s’épancher longuement est inutile sur le plan analytique. En effet ce n’est pas le fait de parler qui permet de guérir, c’est le fait de s’entendre enfin ! Or, plus la séance est courte, plus le patient est incité à aller à l’essentiel Afficher la suite

Richard Abibon « En effet ce n’est pas le fait de parler qui permet de guérir, c’est le fait de s’entendre enfin ! »

Paradoxe ! Car pour s’entendre il faut aussi avoir le temps de parler ! Et on ne peut pas s’entendre en 1 ou 2 minutes ; ça c’est une justi...fication, mais c’est en contradiction avec tout ce que je lis par ailleurs dans l’œuvre de Lacan, et même de Freud : ce dernier avait déjà repéré que le problème était moins, pour l’interprétation, de parvenir à trouver une signification du symptôme, que de « permettre d’apporter du nouveau matériel. Autrement dit : le fait de s’entendre permet de relancer la parole. Et c’est bien ce que le Lacan théoricien a développé avec son concept de signifiant, et même de chaîne signifiante matérialisée par le nœud borroméen. Encore faut-il, pour que cette chaîne existe, que les éléments puissent trouver le temps de se poser, puis de se refermer. Le fait de faire une séance hyper courte laisse au contraire la chaîne en perpétuelle absence de matériel, sans même pouvoir s’ouvrir pour un jour se refermer. .

Par ailleurs il n’est pas nécessaire que l’opposé de la séance courte soit un monologue de ¾ d’heure. Je ne considère jamais les séances comme un monologue mais bien comme un dialogue qui a pour but la relance de la parole « afin d’amener du nouveau matériel » comme disait Freud

Mais je reconnais qu’il s’agit là d’un débat subtil, qui est à continuer.

Frans Tassigny c’est le fait de s’entendre enfin ! Dites-vous, traduisons par retrouver une unité, sorte de réassemblage d'une mosaïque, recomposition de la personnalité....Pourriez vous préciser svp

Richard Abibon je ne suis pas sûr qu'il faille entendre éprouver une unité par : une unité du moi. Par la parole, par les lapsus qu'elle autorise, par le fait de raconter un rêve, ou de raconter son symptôme, je me rends compte au contraire des divers ...aspect de ce que je peux exprimer et qu'on coutume de nommer : "ça". "Ça m'a échappé", et en ffet ls pulsions meurtrières ou érotique parfois exprimées dan un rêve, ça échappe on les contrôles peut-être dans la vie de veille mais dans le sommeil ça se déchaîne... eh bien en en parlant, "ça" redevient une partie de "je", pour ne pas dire "moi": recomposition certes, mais au sens d'admettre une certaine diversité, voire des contradictions à l'intérieur de soi. Je suis contradictoire, je veux ceci et aussi cela qui est le contraire, mais au moins "je" l'ai dit, vérifiant l'adage de Freud : là où "ça" était je dois advenir; pour ça, il y faut un certain temps.

Je réitère : là où Lacan, théoricien nous propose un outil formidable, le temps logique, le Lacan praticien contractait l'instant de voir avec le moment de conclure, éradiquant toute possibilité de ce temps qu'il avait cependant théorisé : le temps pour comprendre.

Certes il avait aussi dit : ya rien à comprendre. Eh ben lui aussi, il avait ses contradictions ! Et ce n'est pas rien de prendre le temps de les repérer.

Frans Tassigny Bon, reste maintenant à vous de définir la fin de l'analyse...

Richard Abibon Eh ben ! Rien que ça !

1) L’analyse est interminable ; une fois le processus enclenché, il ne s’arrête pas

2) Par contre, un jour, on n’a plus envie d’aller chez son analyste. On trouve qu’il y a d’autres choses plus importantes à faire.

Frans Tassigny oui, c'est l'image du sablier qui ne finit pas de se vider, car le "sel" de l'inconscient se renouvelle sans cesse, autre chose, certains analysants ont l'impression que le transfert de l'analyse les logent dans une sorte de confort, dans du "définitif" alors qu'à sa fin ils se sentent dans le "provisoire", on peut faire un rapprochement avec le "désarroi" de LACAN, certes, mais de toutes façons on est toujours dans le "provisoire" n'es ce pas ?

Richard Abibon ah ben ça... une seule chose est sûre : on ne sait pas de quoi l'avenir est fait.

1 commentaire:

http://www.qwarkpsy.eur.st/ a dit…

ancien membres de trois écoles de psychanalyse, je suis engagé dans des recherches dont je rends compte ici:
http://www.manuscrit.com/
http://pagesperso-orange.fr/topologie/