dimanche, avril 22, 2012

Le Moi et le temps de Henri Bianchi

Devoir finir, comme avoir commencé - et le non-savoir sur la fin peut
être aussi porteur d'angoisse que celui qui s'attache à l'origine -
jette un défi au désir inconscient irrépressible d'« être tout le
temps », qui double celui d'« être... tout ». L'enfant connaît, on le
sait, une sorte de sentiment d'éternité, et souvent refuse l'idée de
n'avoir pas été là avant sa naissance.

A l'urgence que décrètent menace de mort et vieillissement répond donc
la nécessité d'intégrer la limite qu'ils désignent, de l'intégrer
d'abord à un maintien de l'exigence du désir; car sans désir, il n'y a
pas de vie, pas d'investissement possible qui puisse donner sens à
l'existence. Et il s'agit éventuellement ensuite d'intégrer cette même
limite à une rationalité capable de l'inclure. Nous trouvons là
n'importe quel système de représentations et de croyance constitué en
système d'explication et de réassurance. Les modes d'intégration, de
métabolisation, si on veut, de cette limite, à partir desquels elle va
donc se trouver incluse dans une représentation - réaliste et adulte,
et non plus infantile - de

soi et du monde, intériorisée et acceptée, butent naturellement,
euxrnêmes, sur une difficulté majeure : la mort, qui ne fait pas
partie de l'expérience psychologique du sujet vivant et par laquelle
tout sens échappe, doit être « mise en sens ».

Science, religion, action se donnent là à considérer sous l'angle de
la contribution qu'elles apportent, de façon manifeste ou latente, à
une telle demande de sens. Quant au fond, néanmoins, nous le savons
bien, le problème ne peut que rester pendant, la seule réponse qu'être
une non-réponse.>>

1 commentaire:

Anonyme a dit…

just dropping by to say hi